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Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Cette jeune entrepreneure mise gros sur le commerce électronique… et touche le gros lot

La vente en ligne a permis à Savannah Tardif de décupler son chiffre d’affaires dans les mois suivant la pandémie
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Savannah Tardif

Avant la crise sanitaire qui a frappé le pays en mars, moins du tiers des ventes de Be-U Cosmétiques provenait du Web. Mais Savannah Tardif, la présidente et fondatrice, avait déjà l’intention de changer les choses.

Sa jeune entreprise, fondée à Montréal en 2018, fabrique et vend des produits de soins pour la peau. Avec une stratégie qui repose sur une offre personnalisée, l’entreprise a lancé son deuxième site Web à l’été 2019. Alors que le premier site vendait uniquement ses produits pour le corps, la nouvelle mouture lui a permis d’élargir la gamme de produits offerts, notamment en y ajoutant les produits de soins pour le visage.

«Quand la pandémie est arrivée, ça nous a aidés d’être en ligne, reconnaît Mme Tardif. On n’a pas eu besoin de se créer un site en vitesse. Nous avions déjà notre stratégie.»

Cet investissement s’est avéré très payant pour Mme Tardif. Ses ventes en ligne lui ont permis de multiplier son chiffre d’affaires par 10 dans les mois suivant le début de la pandémie, et sa croissance se poursuit.

Décupler les ventes grâce au Web

Un client qui visite le nouveau site Web de Be-U Cosmétiques est invité à répondre à des questions relatives à sa peau. Est-elle sèche? Sensible? Luisante? Les pores sont-ils dilatés? L’idée, explique Mme Tardif, est de recommander le bon produit, et aussi la bonne routine de soins, à la bonne personne. «On se voit comme un cosméticien en ligne, dit-elle. On veut offrir sur le Web les conseils que le client aurait en pharmacie.»

Be-U Cosmétiques’

Si cette stratégie était judicieuse avant la pandémie, alors que les ventes en ligne semblaient déjà être la voie de l’avenir, elle s’est révélée cruciale durant la crise. «À un certain moment, nos ventes en magasin ont diminué à presque zéro», explique Mme Tardif.

La vente en ligne aura ainsi permis à l’entreprise de prendre son élan malgré ce ralentissement de ses ventes en magasin. Au début de l’automne, alors que le déconfinement s’opérait depuis quelques mois, les ventes en ligne de Be-U Cosmétiques représentaient 80 % de son chiffre d’affaires. L’entreprise comptait aussi, notamment grâce au commerce en ligne, augmenter ses ventes ailleurs au pays.

Cette situation est représentative du moteur de croissance qu’a pu être le commerce en ligne pour plusieurs entrepreneurs canadiens pendant la pandémie de coronavirus. Les PME qui tiraient au moins la moitié de leurs revenus de la vente en ligne avant la pandémie avaient presque deux fois plus de chances de voir leur chiffre d’affaires augmenter durant la crise, selon une étude de BDC publiée en 2020.

Des problèmes bienvenus

Croître aussi rapidement amène son lot de défis. Comment Be-U Cosmétiques et sa fondatrice ont-elles tiré leur épingle du jeu?

D’une part, Mme Tardif a décidé de miser encore davantage sur le marketing numérique.

Son approche repose sur trois piliers. Le premier? Les campagnes publicitaires sur Facebook. Elle analyse les statistiques de chaque campagne, comme le coût par achat, pour déterminer quelle approche est la plus rentable.

«Nous faisons beaucoup de tests, dit Mme Tardif. C’est ce qui génère une grande partie de nos ventes. Durant la pandémie, nous avons donc augmenté nos dépenses à mesure que l’on voyait nos ventes augmenter, ce qui faisait ensuite augmenter nos ventes encore plus. C’était un vrai cercle vertueux.»

Le second pilier est celui de la collaboration avec des influenceurs. En juillet, par exemple, Be-U Cosmétiques a travaillé avec une influenceuse qui a parlé de ses produits pendant six semaines.

Le troisième pilier est le marketing par courriel. «Une fois par mois, on envoie un coupon-rabais, dit Mme Tardif. Ça nous permet de générer beaucoup de ventes, et c’est le meilleur retour sur l’investissement parce que la plateforme courriel ne coûte presque rien à gérer.

Be-U Cosmétiques

Pour assurer sa croissance, l’entreprise a d’autre part dû dénicher de nouveaux fournisseurs, parce que ses stocks étaient insuffisants pour répondre à la demande. Le défi était doublement difficile à relever du fait que les délais de livraison étaient de trois à quatre fois plus longs qu’à l’habitude.

«Les gens voulaient commander en ligne, alors nous avons été transparents, et nous avons d’emblée signalé que nos délais seraient plus longs», raconte Mme Tardif. L’entreprise ajoutait parfois des produits gratuits, quand un acheteur attendait depuis longtemps, dans le but de protéger la relation client et de s’assurer qu’il achète de nouveau.

Un bel avenir grâce au Web

La pandémie connaîtra peut-être une autre vague. Mais Be-U Cosmétiques reste prête à servir son marché. Forte de son succès, l’entreprise vise maintenant à lancer à l’automne une autre campagne marketing avec quatre ou cinq influenceuses. C’est d’ailleurs ce à quoi servira en partie son prêt obtenu auprès de BDC. La différence servira à s’approvisionner en stocks en vue d’une deuxième vague et à préparer une troisième refonte de son site Web.

«Les ventes en ligne, c’est l’avenir, dit Mme Tardif. On va donc continuer de les soutenir.»

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