3 tendances qui auront un impact sur les exportations en 2021

Les exportateurs canadiens doivent élaborer de nouvelles stratégies pour faire face à de nombreux défis externes
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Le choc de la pandémie, on le sait, a été brutal. La fermeture forcée de nombreux pans de l'économie dans les premiers mois de 2020 a provoqué une sévère récession au Canada et dans le reste du monde.

Comment comprendre les marchés mondiaux dans cet environnement d’affaires en mutation? Et comment faire sa place comme exportateur en 2021?

Voici trois grandes tendances à surveiller en 2021 ainsi que des conseils pour permettre aux exportateurs canadiens de bien s’adapter aux changements rapides qui transforment les marchés internationaux.

1. Protectionnisme accru

Un protectionnisme accru, particulièrement aux États-Unis qui constituent notre principal partenaire commercial, nuit aux perspectives de vente des exportateurs canadiens, fait valoir Diego Crespel, ancien analyste d’affaires à BDC Services-conseils.

«Les périodes de crise économique déclenchent souvent l’apparition de réflexes protectionnistes», note M. Crespel, en précisant que la crise économique liée à la COVID-19 survient par ailleurs dans un contexte de tensions commerciales majeures entre les deux plus grandes puissances mondiales, à savoir la Chine et les États-Unis.

Ces évolutions réglementaires, souvent imprévisibles en période d'instabilité, demandent une vigilance accrue de la part des entrepreneurs présents sur les marchés concernés.

Ces entrepreneurs doivent assumer le coût des ajustements requis pour s’adapter à l’évolution du contexte (réglementation, risque politique, taux de change, crise sanitaire). Ces coûts peuvent représenter de réelles contraintes (financières, temps) pour des entreprises qui doivent parallèlement faire face à de nombreux obstacles.

Conseil: Diversifiez vos marchés géographiques

N’abandonnez pas un marché où les sentiments protectionnistes sont en hausse s’il est encore viable. Mais il est important de considérer d’autres marchés ou encore de penser à prendre de l’expansion ailleurs au Canada.

À cet égard, la mise en œuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne ouvre de nouvelles portes aux exportateurs d’ici. L’Europe représente moins de 10 % de nos exportations et les entreprises canadiennes devraient tirer profit de l’élimination des tarifs et de procédures administratives moins lourdes.

L’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste donne aussi un meilleur accès à certains marchés clés comme le Japon, le Vietnam, le Pérou ou encore le Chili.

La diversification géographique est d’autant plus importante que, selon plusieurs études, les entreprises qui développent de nouveaux marchés enregistrent une croissance plus rapide en termes de revenus et de bénéfices.

2. Vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement

Le Canada compte plus de 165 000 entreprises qui importent des biens et plus de 45 000 entreprises qui en exportent, selon Statistique Canada. Ces importations représentent 33 % du PIB du Canada et les exportations, 32 %.

Or, la pandémie a également mis en lumière la vulnérabilité des secteurs d’activité canadiens de toute taille, y compris celle de nombreuses petites et moyennes entreprises, face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

«La fermeture d’entreprises manufacturières, jumelée aux contraintes et à l’augmentation rapide des coûts en matière de transport, a mis à mal les chaînes d’approvisionnement. La plupart des entreprises, qui n’avaient pas prévu d’alternative, devront revoir leur stratégie pour mieux faire face à ces risques et diversifier leur chaîne d’approvisionnement», suggère Diego Crespel.

Conseil: Faites une analyse des risques liés à votre chaîne d’approvisionnement

L’analyse des stocks est un bon point de départ pour faire face aux bouleversements des chaînes d’approvisionnement. Cela vous aidera à définir les priorités, à établir les stocks disponibles pour la production et les ventes, et à évaluer les risques de rupture.

Une façon simple de classer vos stocks est de réaliser une analyse ABC. Le principe en est que 20 % de vos stocks représentent 80 % du chiffre d’affaires de votre entreprise. Dans un contexte de pénurie des ressources, l’objectif est de concentrer vos efforts sur les produits qui auront une incidence importante sur vos opérations.

Vous pourrez ensuite cerner les risques dans votre chaîne d’approvisionnement. Un moyen simple de le faire consiste à diviser votre chaîne d’approvisionnement en risques entrants (la façon dont les ressources vous parviennent) et sortants (la façon dont les produits parviennent à vos clients).

À la lumière de cet exercice, vous devrez peut-être revoir votre politique et vos paramètres en matière de stocks, comme les stocks de sécurité et les commandes minimales.

3. Transition rapide au commerce en ligne

La pandémie a aussi révélé «l’importance du commerce en ligne et le retard des entreprises d’ici à faire le virage vers l’économie numérique», observe Diego Crespel.

Les entreprises qui avaient déjà amorcé cette transition, ou qui ont profité de la crise pour faire mettre en place des services de commerce électronique, ont d’ailleurs généralement été moins touchées. Résultat: les ventes en ligne sont maintenant perçues comme une priorité par 24 % des PME canadiennes selon un rapport de recherche de BDC.

Ce nouvel enthousiasme pour le commerce en ligne pourrait être de bon augure pour les exportations canadiennes. En effet, une étude de BDC parue en 2019 concluait que les entreprises ayant établi une stratégie d’expansion sur de nouveaux marchés fondée sur leur stratégie numérique étaient 2,8 fois plus susceptibles d’exporter.

Conseil: Songez à exporter au moyen des places de marché en ligne

Les places de marché en ligne comme Amazon sont un moyen attrayant pour commencer à exporter. En quelques clics, votre entreprise peut se retrouver devant une vaste clientèle internationale bien établie, soutenue par de puissantes infrastructures de marketing et d’exécution.

Mais pour obtenir de bons résultats, il ne suffit pas d’y afficher vos produits et d’attendre que les commandes affluent. Pour réussir en ligne, vous devez utiliser les places de marché en ayant un objectif précis en tête. Elles peuvent, par exemple, servir à compléter des canaux de vente existants ou à tester à peu de frais vos produits sur un nouveau marché.

Il est également important de choisir les bons produits. Le succès se résume parfois à offrir des prix compétitifs, ce qui signifie qu’il y a peu de place pour l’erreur. C’est pourquoi il est recommandé de créer un plan financier avant de commencer à vendre en ligne.

Ce plan devrait prendre en compte tous les coûts, notamment:

  • les frais d’expédition et de retour de marchandises;
  • les salaires des développeurs Web;
  • le budget marketing (p. ex., Google Ads) et le coût d’acquisition des clients; 
  • les droits et licences de la plateforme; 
  • les frais de paiement en ligne. 

Cette analyse vous permettra de savoir si vous pouvez être compétitif au niveau de vos prix et du volume de ventes que vous devez atteindre pour être rentable.

Positionez-vous maintenant pour préparer la sortie de crise

La pandémie a causé une crise économique sans précédent. Mais les entreprises ont toujours fait preuve d’une grande résilience. La réouverture progressive de l’économie mondiale alimentera aussi la reprise des exportations canadiennes. Il est donc essentiel de se positionner aujourd’hui pour pouvoir tirer avantage de la croissance économique mondiale qui viendra quand la pandémie aura été contrôlée.

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