La solution d’un entrepreneur à la pénurie de main-d’œuvre | BDC.ca

Pénurie de main-d’œuvre: la solution d’un entrepreneur

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Chaque matin, six autobus parcourent jusqu’à 100 kilomètres pour transporter des travailleurs à l’usine de transformation du homard de David Deveau, située à la pointe sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Ces autobus font partie des initiatives de M. Deveau afin de trouver suffisamment de personnel pour exploiter son entreprise, Riverside Lobster International. Or, chaque jour, il se retrouve à court de 25 à 30 employés, voire plus.

«C’est très décevant, surtout quand on voit grand, confie l’entrepreneur. J’aimerais poursuivre notre croissance, mais nous sommes limités par le manque de main-d’œuvre.»

À de nombreux égards, Riverside Lobster est au bon endroit, au bon moment. La demande internationale pour le homard canadien a explosé, tout comme les prix. M. Deveau décrit son emplacement comme étant «idéal», puisqu’il se trouve à proximité de certaines des meilleures zones de pêche au homard au monde.

Mais en plus de nuire aux activités de l’entreprise de M. Deveau, la pénurie de main-d’œuvre chronique freine ses plans d’expansion axés sur une série de nouvelles activités, dont la transformation des carapaces de homard.

Exportation des produits de l’entreprise

Annuellement, Riverside Lobster, une cliente de BDC, transforme 5,5 millions de kilos de homards vivants et cuits à ses installations de Meteghan River, en Nouvelle-Écosse. La quasi-totalité est exportée vers les marchés en forte expansion aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Le problème de main-d’œuvre de Riverside Lobster, qui compte 270 employés, s’aggrave en raison de la multiplication des départs à la retraite des baby-boomers. Mis à part la main-d’œuvre déjà manquante, M. Deveau indique qu’il aurait besoin d’une centaine d’employés supplémentaires pour réaliser ses projets d’expansion. Ceux-ci comprennent la transformation du crabe ainsi que la transformation des carapaces de homard en produits destinés à la préparation de nourriture pour animaux et à des applications industrielles.

Selon une nouvelle étude de BDC intitulée Préparez votre entreprise pour l’avenir: tirez parti des tendances technologiques et démographiques, un nombre grandissant d’entreprises auront du mal à trouver des travailleurs alors que les baby-boomers prennent leur retraite et que la croissance de la main-d’œuvre canadienne ralentit. Le problème sera plus prononcé dans les provinces de l’Atlantique, où l’on projette une croissance démographique négative au cours des années à venir.

Riverside Lobster fait tout en son pouvoir pour trouver des employés et les garder. En plus d’offrir du transport par autobus, elle offre à ses employés un salaire nettement supérieur au salaire minimum, de même que des régimes de retraite et de soins de santé. Elle a aussi essayé de rendre le travail physiquement moins exigeant pour les travailleurs plus âgés en achetant de nouveaux équipements. Elle songe même à aménager une garderie sur place pour attirer des travailleurs plus jeunes.

«Nous essayons de couvrir tous les angles, mais ce n’est pas facile, souligne M. Deveau. La main-d’œuvre pose un obstacle. Elle est essentielle. Notre réussite dépend d’elle.»

J’aime pouvoir contrôler mon destin. En me levant le matin, j’adore pouvoir décider ce que je vais accomplir et la façon dont je vais le faire.

David Deveau

Propriétaire, Riverside Lobster International

L’immigration comme solution

Selon M. Deveau, l’immigration représente l’unique solution à long terme. Il est très élogieux à l’égard de l’éthique de travail et de l’attitude positive des immigrants qu’il emploie actuellement et prévoit en embaucher d’autres.

Chaque année, grâce au Programme des travailleurs étrangers temporaires mis en place par le gouvernement fédéral, Riverside Lobster emploie quelques douzaines d’employés provenant principalement du Mexique et du Chili.

M. Deveau ajoute qu’il préfère cependant embaucher des résidents permanents et participe au Programme pilote d’immigration au Canada atlantique. Lancé cette année, ce programme permet aux entreprises d’embaucher des travailleurs qualifiés ou des diplômés étrangers qui peuvent présenter une demande de résidence permanente. Grâce à celui-ci, Riverside Lobster espère pouvoir embaucher de 20 à 30 employés par année au cours des trois prochaines années.

Le travail acharné et l’entrepreneuriat ont toujours fait partie de la vie de M. Deveau. Son père exploitait une petite usine de transformation du poisson, et il a lui-même démarré une scierie alors qu’il n’avait que 22 ans. En plus de scier du bois, il fabriquait des caisses à homard à partir de rebuts de bois.

En 1997, lorsque les caisses à homard en plastique ont gagné en popularité, il a décidé de créer Riverside Lobster pour acheter et vendre des homards vivants. En 2009, il a ouvert une usine de cuisson et de congélation des homards.

M. Deveau indique qu’il ne se verrait pas autrement qu’en propriétaire d’entreprise.

«J’aime pouvoir contrôler mon destin. En me levant le matin, j’adore pouvoir décider ce que je vais accomplir et la façon dont je vais le faire.»

Modernisation des équipements

L’an dernier, Riverside a investi des sommes importantes dans l’achat d’une machine de transformation à haute pression pour faciliter l’extraction de la chair de homard. Elle a également acquis un nouveau cuiseur à vapeur qui nécessite moins de combustible et qui améliore le rendement et la qualité.

M. Deveau affirme qu’il va continuer de chercher des employés, mais ajoute que le gouvernement doit faire davantage pour s’attaquer aux pénuries de travailleurs.

«Nous devons agir pour corriger ce problème, car il ne va pas se régler de lui-même.»

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