Prévision des investissements des PME canadiennes pour 2016 | BDC.ca

Les PME canadiennes prévoient investir 111 milliards de dollars en 2016

Partager

Cet article figure dans notre publication mensuelle; la Lettre économique. À lire également dans cette édition:

Perspectives Canada   Perspectives États-Unis   Coup d'oeil sur les indicateurs


Quand les entreprises investissent, on peut s'attendre à ce que l'activité économique s'accélère. Dans cette optique, il est intéressant de connaître leurs intentions d'investissement. Il est également important de comprendre ce qui motive les entreprises à investir et ce qui les décourage de le faire. C'est pourquoi BDC a pris l'initiative de développer l'Enquête sur les intentions d'investissement des entrepreneurs canadiens: perspectives 2016. Cette enquête fournit des renseignements sur l'ampleur des investissements prévus par les petites et moyennes entreprises (PME) en 2015 et en 2016 ainsi que sur leur répartition par région et par industrie. Elle contient aussi de l'information sur les types de projets d'investissement, les obstacles à l'investissement perçus par les PME et les modes de financement des investissements1.

Stabilité des investissements à l'échelle nationale, mais disparités au niveau régional

L'enquête révèle que, globalement, les PME canadiennes prévoient investir 111 milliards de dollars en 2016, soit à peu près le même montant qu'en 2015. Si l'investissement est stable au niveau national, ce n'est toutefois pas le cas au niveau régional. En effet, en Colombie-Britannique, l'investissement des PME devrait augmenter de 14 % en 2016 par rapport à l'année précédente, alors qu'il reculera de 27 % en Alberta. C'est en Ontario que les intentions d'investissement des PME sont les plus élevées en 2016, soit 44 milliards de dollars. Il s'agit d'une hausse de 2 % par rapport à la valeur de l'investissement que les PME ontariennes prévoyaient réaliser en 2015. Dans les autres régions du Canada, les montants investis en 2016 seront à peu près les mêmes qu'en 2015.

Ces résultats indiquent que les intentions d'investissement sont largement influencées par la conjoncture économique. En effet, au moment de l'enquête, la Colombie-Britannique présentait les meilleures perspectives de croissance au Canada, alors que l'Alberta, qui subissait les contrecoups de la chute du prix du pétrole brut, enregistrait un recul de son activité économique.

Une forte proportion des sommes devant être investies provient d'un faible pourcentage de PME

Une forte proportion des montants que les PME prévoient investir, soit les trois quarts, provient de seulement 10 % d'entre elles. Qui plus est, le tiers des sommes est associé aux projets d'investissement de seulement 1 % des entreprises. Parmi celles qui font partie des 10 % en tête du peloton, on en retrouve un nombre beaucoup plus élevé que la moyenne, toutes proportions gardées, qui:

  • affichent de meilleures perspectives de croissance;
  • existent depuis plus de 35 ans;
  • comptent 20 employés ou plus;
  • exportent;
  • investissent à l'extérieur du Canada;
  • exercent leurs activités dans le secteur primaire ou l'industrie manufacturière.

Ces résultats renforcent l'idée selon laquelle un petit nombre d'entreprises exerce une grande influence sur la croissance économique. Ces entreprises à «impact élevé» sont généralement de plus grande taille, croissent plus rapidement, ont plus tendance à prendre de l'expansion sur les marchés internationaux et investissent davantage dans l'innovation que les autres entreprises2.

Les immobilisations détiennent la part du lion, mais les investissements en technologie sont les plus populaires

Globalement, ce sont les investissements dans les immobilisations qui domineront en 2016. En effet, 63 des 111 milliards de dollars (57 %) que prévoient investir les PME seraient consacrés à l'achat d'immeubles et de terrain, à la construction de nouvelles installations ou à des travaux de rénovation majeurs et 21 milliards de dollars (19 %) à l'achat de machinerie, d'équipement et de véhicules. Ce sont cependant les projets d'investissement dans les technologies qui sont les plus populaires: 59 % des PME prévoient investir dans le matériel informatique et les logiciels et 51 % dans le développement d'un site Web ou du commerce électronique, des montants s'élevant en moyenne à 12 100 $ et 14 100 $, respectivement. Fait à noter, les entreprises en forte croissance ont l'intention d'investir significativement plus que les autres dans ces technologies.

Principales motivations: la croissance et la productivité ; principal frein: le manque de confiance en l'économie

L'enquête révèle qu'un grand pourcentage de PME (77 %) qui ont l'intention d'investir visent principalement l'atteinte de leurs objectifs de croissance et qu'une proportion presqu'aussi élevée (75 %) ciblent l'amélioration de la productivité. La perception des obstacles ne fait pas autant consensus. Ainsi, environ la moitié des PME ont déclaré que le manque de confiance en l'économie (48 %) et le manque de personnel qualifié (46 %) constituaient des freins à l'investissement. Les perceptions diffèrent selon le type de PME. Par exemple, 51 % des entreprises en démarrage considèrent que la difficulté à obtenir du financement et les risques associés aux projets constituent les principaux obstacles à l'investissement alors que pour 52 % des PME en forte croissance, le manque de fonds générés par l'exploitation représente le frein le plus important.

La plupart des PME utilisent leurs propres fonds pour financer leurs projets d'investissement

Au moins 80 % des PME dont les projets exigent un investissement relativement peu élevé utilisent leurs propres fonds pour les financer. Quand la somme est importante, les entreprises se tournent vers une source externe. En dépit du fait que les conditions de crédit étaient excellentes au moment de l'enquête, un certain nombre de dirigeants de PME (13 %) ont déclaré qu'ils éprouvaient de la difficulté à trouver le financement nécessaire à la réalisation de leurs projets d'investissement. Le financement est plus difficilement accessible notamment pour les jeunes entreprises en démarrage, les entreprises du secteur de l'extraction minière, gazière et pétrolière et les entreprises qui ont des projets d'investissement à l'étranger.

La faiblesse actuelle de l'économie canadienne incite les dirigeants de PME à se montrer prudents

L'Enquête sur les intentions d'investissement des entrepreneurs canadiens: perspectives 2016 a montré que plusieurs facteurs – dont la conjoncture économique, la capacité de recruter des bonnes ressources et l'accès au financement – influencent les intentions d'investissement des entrepreneurs. Dans le contexte actuel de faible croissance économique il n'est donc pas étonnant de constater que les dirigeants de PME sont prudents et n'ont pas l'intention d'investir davantage que l'an passé. La situation devrait s'améliorer quand l'économie canadienne se renforcera, ce qui redonnera confiance aux entrepreneurs.


1. Selon le Registre des entreprises de Statistique Canada, les petites et moyennes entreprises (1 à 499 employés) représentent 99,8 % de l'ensemble des entreprises du secteur privé.
2. BDC, Entreprises à impact élevé: accélérer la compétitivité du Canada, mai 2015, page 4.

Partager

v17.9.0.10395