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Lettre économique mensuelle

Juin 2018
Article vedette

Comment l’économie à la demande (« gig economy ») peut vous aider à répondre à vos besoins en main-d’œuvre

Réalisez vos projets sans tracas et à moindre coût

Selon les entrepreneurs canadiens, l’obstacle principal à la croissance de leur entreprise est le recrutement de la main-d’œuvre. Une solution pourrait être de tirer parti de l’économie à la demande, mieux connue en anglais sous gig economy.

L’économie à la demande désigne les gens qui occupent un emploi temporaire ou qui sont chargés de tâches ponctuelles, par opposition aux employés permanents.

On pense d’emblée aux chauffeurs Uber ou aux hôtes AirBnB, mais l’économie à la demande couvre un champ beaucoup plus vaste. Il existe deux types de travailleurs : semi-qualifiés et hautement qualifiés. Les avocats, les architectes, les chauffeurs et les techniciens en réparation participent tous à ce qu’on peut appeler l’économie des services à la demande.

Bien qu’il soit difficile de mesurer cette économie, entre 30 % et 40 % des travailleurs américains ont occupé un « emploi à la demande » en 2017, selon la Réserve fédérale et le Government Accountability Office des États-Unis. Au Canada, Randstad, la plus importante agence de recrutement au pays, estime que l’économie à la demande représente 30 % de la main-d’œuvre (cette estimation s’appuie sur une définition élargie, qui comprend les sous-traitants indépendants, les consultants et les pigistes). Selon le fabricant de logiciels Intuit Canada, d’ici à la fin de la décennie, les travailleurs à la demande pourraient représenter 45 % de la main-d’œuvre canadienne.

Trois facteurs alimentent l’économie à la demande

L’essor de l’économie à la demande semble découler de trois phénomènes.

  • Les changements technologiques : Les plateformes numériques facilitent le jumelage direct des employeurs et des travailleurs sur les marchés en ligne, ce qui diminue le besoin d’avoir recours à des agences de placement temporaire. De plus, ces plateformes fournissent des évaluations (parfois pour l’acheteur et le vendeur), ce qui permet plus de transparence et une prise de décisions éclairées.
  • Une main-d’œuvre qualifiée, mais vieillissante : Certains travailleurs plus âgés doivent travailler, car leur épargne est insuffisante pour financer leur retraite, tandis que d’autres aiment tout simplement leur travail et prennent des contrats occasionnels.
  • Une reprise modeste depuis la Grande Récession : Bon nombre de travailleurs se sont tournés vers l’économie à la demande pour compléter leur revenu. Ce n’est pas surprenant quand on sait que les salaires progressent très lentement depuis 2010, à peine 2 % en moyenne par année au Canada et aux États-Unis. On constate également une augmentation des contrats à temps partiel et temporaires, en particulier aux États-Unis, où beaucoup de travailleurs doivent travailler davantage.

Pourquoi votre entreprise pourrait envisager le recours aux travailleurs à la demande

Grâce à différentes plateformes, les entreprises peuvent avoir accès à des travailleurs qualifiés partout dans le monde pour réaliser des tâches ou des projets précis « à la demande ». Cela peut aider votre entreprise à réduire ses coûts et à prendre de l’expansion.

Économies et flexibilité

En tant qu’entreprise, vous pouvez accroître votre flexibilité et potentiellement réduire vos coûts en embauchant des personnes avec des compétences spécifiques pour réaliser des projets ponctuels. Le fait d’embaucher des contractuels signifie que les avantages sociaux, comme les indemnités pour accident du travail, les cotisations sociales, les vacances, les congés de maladie et les prestations de retraite, ne sont pas versés. Par ailleurs, les honoraires payés à un pigiste sont considérés comme des dépenses d’entreprise, ce qui réduit votre impôt sur les bénéfices. Cependant, afin d’assurer un niveau de qualité adéquat, vous devrez peut-être verser à un contractuel un salaire horaire plus élevé qu’à un employé à temps plein. Les économies de coûts découlent de la flexibilité que vous obtenez en embauchant des personnes uniquement pour accomplir les tâches pour lesquelles vous avez un besoin sporadique.

Si le travailleur à la demande travaille à distance, votre entreprise économise aussi sur les frais liés à la location de bureaux et à l’équipement. Les taux de rémunération refléteront le coût de la vie dans les différents pays, permettant ainsi à votre entreprise de se payer des talents à un taux moins élevé qu’au Canada.

Avant de commencer vos recherches, il est important de clairement définir votre projet et les compétences dont vous avez besoin. Une recherche ciblée fera économiser à votre entreprise temps et argent.

Toutefois, une mise en garde s’impose : vous devez vous assurer de ne pas embaucher un contractuel, alors que vous cherchez en réalité à pourvoir un poste à temps plein. En tant qu’employeur, il est de votre responsabilité de déterminer si une personne qui travaille pour vous est un employé ou un travailleur autonomne. Aux États-Unis, l’Internal Revenue Service a accru la fréquence de ses audits afin d’éviter le classement erroné des catégories d’emploi. Il pourrait en être de même au Canada.

Le statut d’emploi d’une personne influe non seulement sur son statut fiscal, mais aussi sur ses cotisations à l’assurance-emploi, au Régime de pensions du Canada ou au Régime des rentes du Québec, de même que sur son admissibilité aux prestations d’assurance-emploi. Pour en savoir plus, lisez cet article sur la détermination de la différence entre un employé et un entrepreneur indépendant.

Compte tenu de l’expansion de l’économie à la demande, la réglementation gouvernementale pourrait modifier le statut des travailleurs concernés. Par exemple, selon les jugements prononcés par plusieurs tribunaux du travail au Royaume-Uni, les travailleurs à la demande ne sont pas des travailleurs autonomes et ont donc droit, entre autres, à des vacances payées et au salaire minimum.

Améliorez la qualité, augmentez votre productivité et faites croître votre entreprise

Vous pouvez trouver quelqu’un qui possède d’excellentes compétences et une solide expérience et qui aurait normalement droit à un salaire dans les six chiffres si vous l’embauchiez à temps plein. Il peut s’agir d’experts polyvalents ou de personnes ayant travaillé dans divers secteurs d’activité. La bonne personne pourrait aussi donner des conseils stratégiques à votre entreprise.

La plupart des travailleurs à la demande préfèrent établir leurs propres horaires et être libres de choisir quand ils vont travailler. C’est l’idéal pour des tâches propres à un projet dont l’échéancier est serré. Au moment de la signature du contrat, la personne devrait connaître l’échéancier auquel vous vous attendez.

Vous pouvez aussi utiliser des travailleurs à la demande pour réaliser des projets précis, comme une expansion, le lancement d’un nouveau produit ou une mise à niveau de la technologie, ce qui libérera votre personnel à temps plein et lui permettra de se concentrer sur les activités quotidiennes et les projets à long terme.

En outre, le fait d’embaucher des travailleurs à la demande signifie que les coûts engagés pour la formation et le perfectionnement de votre personnel à temps plein peuvent être utilisés plus efficacement, car votre entreprise ne consacrera pas de ressources à la formation d’employés temporaires, et pour cause : ceux-ci devraient déjà posséder les compétences dont vous avez besoin.

Enfin, il est possible que vous soyez satisfait du travail effectué au point de vouloir embaucher ces travailleurs de façon permanente. Si c’est le cas, vous aurez déjà eu l’occasion de tester leurs compétences.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Comme les pénuries de main-d’œuvre sont des obstacles de plus en plus gênants pour la croissance de votre entreprise, n’hésitez pas à recourir aux services de travailleurs à la demande pour vous aider à gérer le flux de travail, réaliser des projets ponctuels ou obtenir des conseils d’expert.
  2. Lisez cet article pour des conseils sur la manière de trouver les travailleurs qui pourront répondre à vos besoins. Voici quelques plateformes numériques qui vous aideront à vous connecter avec des ressources.
    • UpWork (développement Web et mobile, rédaction, comptabilité, modélisation financière, etc.)
    • UpCounsel (services juridiques)
    • Codeable (conception de site Web)
    • Fancy Hands (assistant virtuel)
    • Fiverr (marketing, graphisme, assistant personnel intelligent, voix hors champ, traduction, etc.)
    • FreeLancer (près de 1 000 catégories différentes d’emplois, qui vont de l’entrée de données à la conception de logos, en passant par la conception de maisons)
  3. Le recrutement et la rétention des employés deviendront de plus en plus importants pour votre entreprise. Pour en savoir plus sur ce que font les autres entrepreneurs afin de relever les défis actuels du marché du travail, lisez le rapport de BDC intitulé Préparez votre entreprise pour l’avenir: Tirez parti des tendances technologiques et démographiques.
Perspectives Canada

L’économie canadienne croît modestement au premier trimestre, soutenue par les investissements des entreprises

Malgré l’incertitude entourant les mesures protectionnistes prises par les États-Unis, les entrepreneurs canadiens se sont concentrés sur la forte demande mondiale et ont investi pour faire croître leurs entreprises au cours du dernier trimestre. Ces investissements sont de bon augure pour les prochains trimestres.

Le produit intérieur brut du Canada a augmenté légèrement durant le trimestre, soit de 1,3 % sur une base annualisée. Bien que les ménages aient continué d’acheter des services, ils ont délaissé les biens durables, comme les voitures, et leur consommation a globalement ralenti, avec une croissance d’à peine 1,1 %, soit environ un tiers du rythme moyen des deux dernières décennies.

Une croissance soutenue par les solides investissements des entreprises

Les investissements des entreprises ont bondi de 11,7 % sur une base annualisée. À l’inverse, les investissements résidentiels ont reculé de 7,2 %, ce qui reflète un ralentissement du marché de l’habitation.

Les investissements des entreprises ont été solides au dernier trimestre, dans tous les segments : construction, machines et matériel, et propriété intellectuelle. De nombreuses entreprises fonctionnent pratiquement à pleine capacité, et ces investissements leur permettront d’accroître leur production pour satisfaire la demande. Ils indiquent également que les entreprises suivent des plans de croissance malgré le durcissement de l’approche des échanges commerciaux au sud de la frontière.

Accalmie sur le marché de l’habitation

La faible performance du secteur de l’habitation n’est pas une surprise compte tenu de la hausse des taux d’intérêt, des nouvelles règles sur les prêts hypothécaires et des taxes imposées aux acheteurs étrangers en Colombie-Britannique et en Ontario, ce dont nous avons parlé dans notre article vedette de mai. Le secteur est-il en train de subir une contraction à plus grande échelle? Impossible à dire pour le moment. Les mises en chantier sont en baisse depuis leur sommet de novembre dernier, mais leur moyenne pour les cinq premiers mois de 2018 est toujours supérieure à celle de la même période de 2017.

Selon les données actuelles, nous ne considérons pas que le ralentissement du secteur résidentiel va engendrer un ralentissement plus sérieux de l’économie. Le secteur de la construction a perdu 31 000 emplois ces deux derniers mois, mais l’emploi y demeure plus élevé qu’en mai 2017. Dans l’ensemble, le taux de chômage est demeuré stable durant les quatre derniers mois, à 5,8 %.

Les salaires augmentent : ils ont en moyenne gagné plus de 3 % dans le secteur des services et un peu moins de 2 % dans le secteur des biens ces six derniers mois, par rapport à il y a un an. Ces augmentations devraient soutenir la consommation des ménages dans les mois à venir.

Les tarifs douaniers pourraient freiner la croissance, mais ont peu d’effet pour l’instant

Si le solde net de la balance commerciale a pesé sur la croissance au cours du dernier trimestre, les choses se sont améliorées en avril avec une hausse des exportations et une baisse des importations. Les exportations d’énergie, de métaux et produits minéraux non métalliques, et de biens de consommation ont mené le peloton pendant le mois.

Les tarifs sur les importations d’acier (25 %) et d’aluminium (10 %) aux États-Unis, qui sont entrés en vigueur le 1er juin, vont nuire aux exportations canadiennes de ces produits dans la mesure où ces tarifs accroissent le prix payé par les importateurs américains. La grande question est de savoir si la demande d’acier et d’aluminium (et des produits qu’ils servent à fabriquer) sera suffisamment importante pour que les importateurs américains continuent d’acheter les produits canadiens malgré la hausse de leurs prix. L’industrie pétrolière et gazière ainsi que les secteurs des transports, de la construction et des biens de consommation sont tous de grands utilisateurs de ces métaux et en plein essor actuellement.

Pour l’instant, la menace des tarifs n’a pas freiné les investissements des entreprises au Canada ni aux États-Unis. Si les tarifs sont une simple tactique de négociation du président Donald Trump, ils n’auront pas de véritables effets sur l’économie. Toutefois, s’ils restent en place et que d’autres mesures de rétorsion sont adoptées, il pourrait y avoir un ralentissement de la croissance.

Une hausse des investissements devrait contribuer à contenir l’inflation

L’inflation a reculé en avril par rapport à mars, mais demeure dans la fourchette cible de la Banque du Canada. La plupart des prévisionnistes s’attendent à ce que la Banque du Canada augmente son taux directeur d’un quart de point de pourcentage cet été. La Banque pourrait toutefois attendre un peu plus longtemps si le ralentissement du secteur résidentiel l’inquiète ou qu’elle ne souhaite pas mettre un frein à la hausse des investissements des entreprises qui était attendue depuis longtemps.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Si l’économie conserve un bon rythme, les investissements des entreprises dans leurs capacités devraient contenir l’inflation.
  2. Si vos capacités ne suffisent plus et que vous n’avez pas encore investi, faites-le sans attendre, compte tenu de la hausse du taux d’intérêt.
  3. Si vos contraintes de capacité sont attribuables à une pénurie de main-d’œuvre, lisez notre article vedette du mois de juin sur l’économie à la demande pour trouver des idées.
Perspectives États-Unis

Hausse des investissements et de la croissance aux États-Unis

L’incertitude des prochains trimestres repose sur l’impact d’un conflit commercial

L’économie des États-Unis a progressé à un rythme annualisé solide de 2,2 % au premier trimestre, ce qui s’explique par le bond de 9 % des investissements des entreprises par rapport au quatrième trimestre. Toutes les catégories d’investissement (construction, équipement et propriété intellectuelle) ont enregistré des gains impressionnants.

Durant cette période, la croissance a également été positive dans les autres secteurs de l’économie, à l’exception des investissements résidentiels, qui ont été légèrement inférieurs. Cependant, les exportations nettes sont restées pratiquement stables, et l’incertitude entourant l’imposition de tarifs douaniers sur les importations pourrait brider la croissance en freinant la consommation intérieure et les exportations. Les dépenses des ménages sont habituellement le principal moteur de la croissance américaine. Le ralentissement de leur croissance est lié à la progression des salaires plus faible que prévu.

Poursuite du resserrement du marché du travail, mais légère progression des salaires

Au cours de la dernière année, les employeurs ont créé près de 2,4 millions de nouveaux emplois, ce qui a contribué à la baisse du taux de chômage jusqu’à son plus bas niveau en 18 ans, soit 3,8 %.

Outre le taux de chômage, d’autres signes évidents indiquent un resserrement du marché du travail : le nombre de chômeurs à long terme a reculé de 476 000 durant la dernière année, et les travailleurs découragés (ceux qui font marginalement partie de la population active) retournent au travail.

L’accès à ce bassin de main-d’œuvre sous-utilisé explique pourquoi la croissance des salaires a été relativement atone jusqu’à maintenant, soit 2,7 % par rapport à l’an dernier. Les entreprises arrivent toujours à combler leurs besoins en main-d’œuvre, même si certains secteurs, comme la construction et les transports, ont de plus en plus de difficulté à y arriver.

Hausse des taux d’intérêt, malgré les craintes d’une guerre commerciale mondiale

Globalement, l’économie américaine affiche une croissance soutenue, et l’augmentation des investissements augure bien pour les prochains trimestres. Toutefois, la grande incertitude demeure les répercussions d’un conflit commercial avec le Canada et les autres grandes économies. La décision du président Trump d’imposer des tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, du Mexique et de l’Union européenne, combinée aux mesures de rétorsion de ces pays, nuira ultimement à la croissance économique. Pour le moment, la Réserve fédérale signale d’autres hausses de taux, preuve supplémentaire de l’optimisme des décideurs à l’égard de la vigueur de l’économie.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. L’augmentation des investissements aux États-Unis est une bonne nouvelle pour les entreprises canadiennes qui vendent aux américains.
  2. La hausse du taux d’intérêt aux États-Unis devrait entraîner une dépréciation du dollar canadien par rapport au billet vert, ce qui favorisera les exportateurs canadiens.
  3. La hausse des taux aux États-Unis signifie également que les coûts d’emprunt de gros vont augmenter pour les banques canadiennes, ce qui les incitera à augmenter leurs propres taux. Comme il a été mentionné le mois dernier, si vous prévoyez investir, il pourrait être judicieux de bloquer un taux le plus rapidement possible.
Revue du marché du pétrole—juin 2018

Les prix mondiaux du pétrole ont continué d’augmenter en mai

Les rumeurs d’une hausse de la production des pays membres de l’OPEP pourraient cependant signifier qu’ils ont atteint un plateau.

L’Arabie saoudite et la Russie devraient accroître leur production

Compte tenu de l’équilibre entre l’offre et la demande au premier trimestre de cette année, l’entente conclue en novembre 2016 entre l’Arabie saoudite et la Russie, avec 22 autres pays producteurs de pétrole, visant à réduire la production de 1,8 million de barils par jour semble avoir réussi à faire remonter les prix.

À la fin mai, les ministres de l’Énergie de l’Arabie saoudite et de la Russie ont dit qu’ils pourraient assouplir la réduction de la production.

Selon la banque d’investissement Goldman Sachs, même si l’Arabie saoudite, la Russie et les autres producteurs alimentaient le marché mondial d’un million de barils par jour supplémentaires, cela ne serait pas suffisant pour entraîner une baisse des prix. La diminution de l’offre en provenance du Venezuela, du Mexique et maintenant de l’Iran (en raison de la reprise des sanctions américaines) signifie que les autres pays peuvent se permettre de pomper davantage. (Voir le Point sur le marché du pétrole de mai et de février pour une analyse de ces pays.)

Tous les pays signataires de l’entente pour la réduction de la production se réuniront à la fin de juin à Vienne afin de discuter du calendrier et du volume d’un relèvement de la production.

Hausse prévue des prix du pétrole au Canada

Le 29 mai, le ministre fédéral des Finances a annoncé que le gouvernement du Canada achèterait les actifs de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan pour la somme de 4,5 G$ et assumerait la responsabilité de sa construction jusqu’à ce qu’un acheteur du secteur privé se manifeste. Exportation et développement Canada fournira une garantie d’emprunt pour toute la durée de la saison de construction 2018. Les travaux d’expansion de l’oléoduc ont repris, et la vente sera conclue en août. Bien que le coût final ne soit pas connu, les ministres fédéraux ont indiqué que la contribution des sociétés pétrolières se fera selon l’approche de l’utilisateur-payeur, d'après CTV news.

Jackie Forrest, la directrice principale d’ARC Energy Research Institute, croit que les producteurs de pétrole du Canada bénéficieront de cette décision, car la capacité de transport est maintenant une certitude. Les prix du pétrole brut canadien devraient également augmenter. L’écart de prix entre le Western Canadian Select (WCS) et le West Texas Intermediate (WTI) a commencé à se rétrécir à la fin de mars, compte tenu de la hausse des capacités disponibles du oléoduc Keystone XL et du ralentissement de la production canadienne, entraînant une diminution des réserves. Avec la reprise de la construction de l'oléoduc Trans Mountain, les producteurs pourront compter sur une méthode de transport plus rentable, ce qui signifie que l'écart de prix entre le WCS et le WTI retrouvera son niveau habituel (soit 15/20 $ US de moins pour le WCS), établi en fonction de la distance par rapport au Golfe du Mexique et de la teneur en soufre du pétrole.

En dépit des 15 contestations judiciaires en cours devant la Cour d’appel fédérale, le gouvernement canadien soutient qu’en détenant les actifs, il exerce son autorité afin de s’assurer que le projet sera mené à bien. Pour sa part, Rachel Notley, la première ministre de l’Alberta, a rappelé que l’acquisition de l’oléoduc par le gouvernement fédéral engendrait l'« immunité de la Couronne », ce qui limitera la mesure dans laquelle les lois provinciales s’appliqueront au projet.

Léger ralentissement de la demande sur fond de hausse des prix

Le mois dernier, l'Agence internationale de l'énergie a revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole, de 1,5 Mb/j à 1,35 Mb/j, principalement en raison de la hausse des prix. Lorsque les prix du pétrole ont chuté en 2014, bon nombre de pays en développement, notamment l’Indonésie, l’Inde, la Malaisie et l’Arabie saoudite, ont réduit ou éliminé les subventions du pétrole. Cela signifie qu’à mesure que les prix augmentent, les particuliers en ressentiront les effets de manière plus marquée que par le passé. L’Agence internationale de l’énergie prévoit qu’une progression de 9 % des prix du pétrole entraînerait un recul de la demande d’environ 300 Mb/j.

Conclusion

La hausse des prix du pétrole a cédé suite aux attentes d’une augmentation de l’offre et d’un ralentissement de la croissance de la demande. La diminution des réserves signifie que les prix seront plus sensibles au contexte géopolitique. La solidité des fondamentaux soutient des prix de référence de l’ordre de 55 à 65 $ US le baril et une stabilisation du WCS à environ 15 à 20 $ US le baril en dessous du WTI.

Autres indicateurs économiques

Probable hausse des taux en juillet

Les indices d’une hausse en juillet sont de plus en plus nombreux suivant un discours plus belliciste le 30 mai de la Banque du Canada après avoir maintenu son taux directeur à 1,25 %. Le Conseil de direction a signalé son intention d’adopter une approche graduelle pour apporter des ajustements à la politique monétaire et a soutenu que des taux d’intérêt plus élevés seront justifiés pour maintenir l’inflation près de la cible de 2 %. La Banque continuera de surveiller de près les données à mesure qu’elles sont disponibles et agira en conséquence. Elle suivra particulièrement l’activité dans le secteur du logement, compte tenu de ses piètres résultats au début de 2018, même si elle croit que l’activité du secteur se redressera au prochain trimestre.

Le huard demeure faible sur fond de montée du protectionnisme aux États-Unis

L’augmentation de la probabilité d’une hausse du taux directeur en juillet a entraîné l’appréciation du huard par rapport au billet vert à la fin du mois. La valeur du dollar canadien, qui s’est établie en moyenne à 77,7 cents américains au cours du mois, a gagné près de 1 % dans la foulée de l’annonce faite par la Banque le 30 mai, avant de perdre du terrain au début de juin. La Fed devrait quant à elle relever son taux directeur en juin, soit un mois avant la prochaine réunion de la Banque. Le dollar canadien sera maintenu à un bas niveau par l’élargissement de l’écart entre les taux d’intérêt des deux pays, de même que par l’incertitude entourant nos échanges commerciaux avec les États-Unis et par la montée du protectionnisme au sud de la frontière.

Regain de confiance des PME en mai

La confiance des entrepreneurs canadiens s’est améliorée de six points en mai, selon l’étude de la FCEI sur la confiance des entreprises. L’indice de confiance a atteint 62,5 points le mois dernier, se rapprochant ainsi de la marque de 65 points, attendu par la FCEI lorsque l’économie se rapproche de son plein potentiel. L’Île-du-Prince-Édouard et le Québec sont les provinces les plus optimistes, suivies par l’Ontario, qui a enregistré une augmentation de 7,8 points. En revanche, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador se situent sous la barre des 50 points, ce qui signifie que les propriétaires d’entreprises prévoyant une mauvaise performance au cours de la prochaine année sont plus nombreux que ceux qui prévoient une amélioration de leur performance. Le secteur des ressources naturelles, qui affiche les moins bonnes perspectives au Canada, a perdu 12 points en mai. Le secteur de la finance, de l’assurance et de l’immobilier demeure le plus prometteur, selon les propriétaires d’entreprise interrogés. La pénurie de main-d’œuvre qualifiée constitue toujours le principal obstacle à la croissance de la production. Les propriétaires d’entreprises s’attendent à ce que les salaires progressent de 2,1 % ce mois-ci, soit son rythme le plus lent des douze derniers mois.

Des conditions de crédit toujours favorables

Les entreprises canadiennes continuent de bénéficier de conditions de crédit favorables. Le taux d’intérêt effectif pour les entreprises a atteint 3,49 % à la mi-mai, avant de reculer à 3,42 % au début de juin. Parallèlement, le taux d’intérêt effectif pour les ménages a bondi de sept points de base depuis avril, ce qui s’explique en partie par la hausse des taux hypothécaires. Les taux d’intérêt effectifs pour les entreprises et les ménages augmentent lentement, reflétant la progression de 0,75 point de pourcentage du taux directeur depuis juillet dernier.

Indicateurs clés : Canada

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