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Lettre économique mensuelle

Mars 2018
Article vedette

Que sont les chaînes de blocs et quel intérêt présentent-elles pour votre entreprise?

Cette nouvelle technologie pourrait avoir des répercussions majeures dans différents domaines de l’industrie

On entend beaucoup parler du bitcoin dans les médias ces derniers temps, mais c’est en fait la technologie derrière cette cryptomonnaie qui pourrait révolutionner la façon de faire des affaires. Cette technologie s’appelle la chaîne de blocs et plusieurs projets sont en cours pour développer à partir de celle-ci des applications utiles pour de nombreux domaines de l’industrie.

Comment ça fonctionne? En termes simples, les chaînes de blocs correspondent à des enregistrements numériques de détenteurs d’actifs qui sont continuellement mis à jour. Les renseignements des transactions, comme la date, l’heure et le montant des transactions ainsi que les participants concernés, sont chiffrés dans un bloc qui est ensuite joint à d’autres blocs pour former une chaîne.

Toutes les personnes participant à une chaîne de blocs ont accès à la même information, ce qui garantit la transparence et le rapprochement continu des opérations. Comme ces chaînes sont présentes sur de nombreux ordinateurs, il n’existe aucune version centralisée de l’information à laquelle un pirate informatique pourrait s’attaquer. De plus, l'utilisation de la technologie de cryptage fait en sorte qu'il n’est plus nécessaire d’avoir recours à un tiers de confiance pour vérifier l’information vous concernant et la transaction que vous souhaitez effectuer.

Aucune vérification centralisée des transactions

Aucune autorité centrale ne contrôle les chaînes de blocs et c’est l’une des raisons pour lesquelles le bitcoin et les autres cryptomonnaies sont si fascinants. Elles ne sont pas contrôlées par une banque centrale ou un administrateur unique. Au lieu de cela, les transactions entre utilisateurs sont vérifiées et enregistrées dans une chaîne de blocs en utilisant la technologie de cryptage.

Mais la technologie des chaînes de blocs ne se limite pas aux cryptomonnaies et elle peut servir à bien d’autres fins. C’est la raison pour laquelle plusieurs grandes entreprises y investissent, notamment Microsoft, IBM (avec plus de 400 projets de chaînes de blocs en cours dans le monde), Unilever et Toyota.

Elles cherchent à exploiter les chaînes de blocs à différentes fins, par exemple pour lutter contre la fraude numérique, gérer les chaînes d’approvisionnement industriel et retracer la provenance des produits alimentaires partout dans le monde. Mais l’impact de cette nouvelle technologie ne se limite pas aux grandes entreprises. Votre entreprise pourrait également être touchée dans un avenir rapproché.

Certains exemples concrets d’application de la technologie des chaînes de blocs

Le secteur des services financiers commence à utiliser la technologie des chaînes de blocs afin de créer de nouveau services et d’économiser sur les coûts.

Par exemple, la Bourse d’Australie a récemment annoncé qu’elle commencerait à utiliser les chaînes de blocs pour régler les transactions. Cette technologie sera utilisée pour enregistrer les détentions d’action et gérer la compensation et le règlement des transactions par capitaux propres.

Un autre exemple d’application des chaînes de bloc dans les services financiers nous vient de l’entreprise Abra. Celle-ci utilise une plateforme de transfert d’argent qui permet aux travailleurs à l’étranger d’envoyer de l’argent dans leur pays d’origine en 54 devises différentes. Les travailleurs peuvent ainsi transférer de l’argent rapidement et à moindre coût en utilisant cette plateforme plutôt qu’un fournisseur de services traditionnels, comme Western Union, qui impose des frais équivalents en moyenne à 7 % du montant envoyé, selon la Banque mondiale.

Rendre la gestion des aliments plus sécuritaire et responsable

Un autre projet utilisant la technologie des chaînes de blocs a été lancé par le Fonds mondial pour la nature et trois entreprises qui collaborent afin d’assurer un approvisionnement en thon reposant sur une exploitation responsable de la ressource dans l’océan Pacifique. ConsenSys (une entreprise de chaînes de blocs), TraSeable (une société informatique) et SeaQuest Fiji (une entreprise de pêche et de transformation du thon) utilisent une chaîne de blocs pour garantir la traçabilité du thon pêché et vendu.

Des pêcheurs jusqu’aux poissonneries et aux épiceries locales en passant par les courtiers en poissons, chaque transaction est consignée dans une chaîne de blocs. Les consommateurs peuvent ainsi être rassurés quant à la qualité du thon qu’ils achètent et à la gestion responsable et légale de cette ressource.

Suivi des marchandises et règlement des paiements

Dans la logistique des chaînes d’approvisionnement, l’utilisation combinée des chaînes de blocs, des contrats intelligents et de l’Internet des objets permettra aux entreprises d’effectuer le suivi des expéditions de marchandises et de régler les paiements lorsque certaines conditions sont respectées (p. ex., lorsque le produit est livré). Maersk, la plus importante compagnie maritime au monde, a commencé à tester la technologie des chaînes de blocs l’an dernier pour faire le suivi de ses cargaisons en collaboration avec les autorités douanières néerlandaises, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis et les entreprises qui expédient les marchandises.

Les petites entreprises pourraient également profiter de cette technologie. Imaginez une épicerie dont les stocks sont en baisse. Il serait possible de programmer des récipients intelligents contenant les produits afin d’informer un grossiste qu’on doit les réapprovisionner. Le grossiste communiquerait ensuite avec une entreprise de camionnage pour passer prendre les produits et les livrer au détaillant. Chaque étape pourrait être enregistrée et les paiements réglés au moyen d’une chaîne de blocs, car toutes les opérations seraient vérifiées.

Une technologie qui évolue et s’améliore

Malgré son potentiel, la technologie des chaînes de blocs en est encore à ses débuts. Il reste à résoudre trois problèmes importants avant qu’elle puisse être utilisée à grande échelle, soit la consommation d’énergie, les vitesses de traitement et la compatibilité entre les diverses chaînes de blocs.

  • La vérification des transactions avant leur ajout aux chaînes de blocs consomme beaucoup d’énergie, car ce sont des ordinateurs qui effectuent tous les calculs et résolvent les équations par essais et erreurs. Des entreprises technologiques travaillent à développer des solutions qui permettraient de maintenir la sécurité du processus tout en réduisant sa consommation d’énergie.
  • D’autre part, le temps de traitement est lent en raison de tous les calculs à effectuer. Mais, des experts cherchent des façons de simplifier les calculs et d’augmenter le nombre de transactions.
  • Il existe présentement de nombreuses chaînes de blocs, certaines publiques et d’autres privées, qui ne peuvent communiquer entre elles. La prochaine génération technologique des chaînes de blocs parviendra probablement à régler ce problème.

Conclusion

Les chaînes de blocs ont le potentiel de transformer de nombreuses industries. Utilisée seule, cette technologie permet de vérifier et d’effectuer le suivi des transactions. Utilisée conjointement avec l’Internet des objets et les contrats intelligents, elle permet de rendre les transactions plus efficaces.

Il reste à voir à quelle vitesse et dans quelle mesure cette technologie va modifier l’économie.

Quel sera l’impact de cette technologie sur les entrepreneurs?

  • Si vos activités vous amènent à vérifier des transactions de toutes sortes, vous devriez chercher à déterminer les répercussions que pourrait avoir cette technologie sur votre entreprise. Il suffit de voir les risques associés aux activités de compensation et de règlement des actions pour constater à quel point de nombreuses fonctions de post-marché et d’autres services pourraient être affectés.
  • Si vous faites partie d’une chaîne d’approvisionnement, vos partenaires pourraient exiger que vous commenciez à effectuer un suivi numérique de vos processus. Et plus particulièrement, si vous êtes un fournisseur auprès de grandes entreprises, vous devriez commencer à réfléchir à la place que vous occupez dans les chaînes d’approvisionnement de vos clients et à la possibilité qu’ils vous demandent de participer à une chaîne de blocs.
  • Si vous fournissez des biens à des clients ou à d’autres entreprises, pourriez-vous profiter du retraçage de vos produits jusqu’à leur origine? Songez aux prix supérieurs qu’obtiennent les poissonniers lorsqu’ils vendent leur thon en garantissant aux clients une exploitation responsable de la ressource.
Perspectives Canada

L’excellente fiche de pointage pour le Canada en 2017 est de bon augure pour 2018

Après l’excellent premier semestre de 2017, l’économie canadienne a ralenti et affiché au quatrième trimestre un taux de croissance annualisé de 1,7 %. Pour l’ensemble de l’année, le Canada a enregistré une croissance de 3,0 %—la meilleure parmi les pays du G7—sous l’impulsion d’une croissance mondiale synchronisée menée par les États-Unis ainsi que de la remontée des prix du pétrole, qui ont alimenté l’expansion généralisée observée à travers le pays.

Le secteur de la production de biens a rebondi l’an dernier avec une augmentation de 4,6 % après des reculs consécutifs en 2015 et en 2016, tandis que l’industrie des services maintenait une croissance bonne à 2,8 %.

L’économie étant surtout stimulée par la consommation, les ventes au détail, en hausse de 5,4 %, ont été solides, particulièrement dans les secteurs des véhicules à moteur, des produits électroniques et des matériaux de construction. L’endettement des consommateurs a encore grimpé, les emprunts en vue de l’achat d’une maison s’ajoutant à l’acquisition de biens durables. Compte tenu de la hausse de 8,5 % du prix des maisons observée l’an dernier, le gonflement de 5,5 % des prêts aux ménages sur les 12 derniers mois ne surprend pas. Cela dit, il y a eu ralentissement de la croissance du crédit au dernier trimestre, tant sur le plan des prêts hypothécaires que sur celui des prêts à la consommation.

Un fait qui importe est l’intensification considérable des investissements des entreprises au cours des derniers mois de l’année, lesquels ont progressé de 8,6 % en 2017, comparativement à une baisse de 8 % en 2016. Les entreprises ont principalement investi dans les machines et le matériel, un secteur qui a grimpé de 6 % l’an dernier. Selon la Banque du Canada, une grande partie de nos importations sont liées aux investissements des entreprises. Cela signifie que bien que le commerce ait plombé la croissance l’an dernier, ces dépenses en immobilisations sont de très bonnes nouvelles, car elles contribueront à la capacité de croissance de l’économie et à l’amélioration de la productivité. En 2017, la croissance de la productivité de la main-d’œuvre s’est améliorée pour s’établir à 2,1 %, contre seulement 0,6 % en 2016.

Les gouvernements ont également contribué à la croissance l’an dernier, représentant environ 15 % du total, et ces dépenses se poursuivront. En effet, selon le plus récent budget fédéral, le gouvernement enregistrera des déficits d’un peu moins de 1 % du PIB pour les prochaines années. Selon ce budget, le gouvernement consacrera 4 milliards de dollars, répartis sur cinq ans, au financement de l’innovation dans des domaines comme la recherche fondamentale, l’informatique avancée et les données massives. Un soutien financier est également prévu pour les femmes entrepreneurs des secteurs à forte croissance, ainsi qu’une réduction du taux d’impôt sur le revenu des petites entreprises, qui passera de 10,5 % à 10 % à compter du 1er janvier 2018, puis à 9 % dès le 1er janvier 2019.

Le marché du travail reflète l’expansion économique observée puisque 355 000 nouveaux emplois, essentiellement à temps plein, ont été créés au cours des 14 derniers mois. À 5,8 %, le taux de chômage demeure bas partout au pays, témoignant d’une forte demande et d’une population vieillissante.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Parallèlement à la hausse continue des taux d’intérêt, les entreprises pourraient assister à une baisse des dépenses des consommateurs provoquée par une diminution du revenu disponible des ménages.
  2. Si vous n’avez pas encore mis à niveau votre matériel ou vos technologies ou n’avez pas investi dans un nouvel équipement ou de nouveaux actifs technologiques, vous devriez envisager de le faire avant de vous faire devancer par la concurrence.
  3. De plus, compte tenu des excellents rendements enregistrés partout au pays, l’exportation vers d'autres provinces pourrait être une avenue intéressante.
Perspectives États-Unis

L’économie américaine est-elle en train de surchauffer?

La croissance économique au sud de la frontière demeure solide, mais certains observateurs craignent une surchauffe. Selon eux, la hausse des rendements des obligations est un signe probant du retour de l’inflation. Bien que cela ne semble pas encore être le cas, nous assistons actuellement à un resserrement graduel des conditions de crédit.

Aux États-Unis, la croissance vigoureuse freine l’offre

Le produit intérieur brut des États-Unis a progressé de 2,5 % au quatrième trimestre de 2017 et de 2,3 % pour l’ensemble de l’année. Des signes indiquent que des contraintes pourraient peser sur l’offre dans certains secteurs de l’économie. Par exemple, les coûts d’expédition de fret par voie terrestre semblent grimper alors que les entreprises de camionnage font face à une pénurie chronique de conducteurs et que les compagnies de chemin de fer doivent composer avec des retards survenant après les coupes des années précédentes dans les effectifs et le matériel. La hausse des coûts de carburant et de transport des marchandises finira par faire monter les prix à la consommation.

Parallèlement, la rémunération horaire moyenne a augmenté de 2,8 % en janvier, par rapport au même mois l’an dernier, et de 2,6 % en février, en progression par rapport aux 2,55 % enregistrés en moyenne pour l'année 2017. Les inquiétudes au sujet d’une hausse de l’inflation sont également nourries par la faible croissance de la productivité de la main-d’œuvre. Celle-ci n’a pas suivi la montée des salaires en 2017 et n’a grimpé que de 1,2 %.

Les indicateurs de l’inflation ne pointent pas encore vers une surchauffe

Cependant, ces facteurs ne se sont pas encore traduits par des prix plus élevés. Aux États-Unis, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1 % en janvier (1,8 % si l’on exclut l’énergie et les aliments) par rapport à l’an dernier, tandis que la mesure de l’inflation privilégiée par la Réserve fédérale américaine s’établissait à 1,5 %, soit un peu moins. Depuis 2011, l’inflation est demeurée inférieure à la cible de 2 % de la Fed.

Différentes théories sont avancées pour expliquer la timidité de l’inflation observée dans la plupart des économies développées. Deux raisons plausibles sont le vieillissement de la population et l’économie du partage (pensons à Uber et à AirBnb), toutes deux mentionnées dans un récent commentaire de la Banque fédérale de réserve de Saint-Louis. Plus précisément :

  • une population vieillissante peut exercer des pressions à la baisse sur les salaires lorsque les travailleurs âgés possédant des compétences particulières quittent leurs emplois mieux rémunérés tout en demeurant sur le marché du travail. Certains travailleurs âgés qui doivent continuer de travailler, car ils n’ont pas suffisamment d’économies pour leur retraite, se retrouvent parfois dans des postes de premier échelon, tandis que d’autres demeurent sur le marché du travail tout simplement parce qu’ils aiment travailler. Dans tous les cas, ces travailleurs âgés rivalisent avec les plus jeunes;
  • l’économie du partage, dans le cadre de laquelle davantage d’actifs sont utilisés de façon productive, intensifie la concurrence dans différents secteurs et fait ainsi baisser les prix. AirBnb, par exemple, propose aux touristes qui visitent nos villes des chambres auparavant inoccupées dans les maisons, ce qui oblige les hôtels à réduire leurs tarifs pour réussir à attirer ces visiteurs. Cette pression à la baisse contribue au maintien des faibles taux d’inflation que l’on observe actuellement.

Cela dit, certains croient tout de même que des rendements obligataires en hausse annoncent une inflation imminente. Les cours du marché obligataire semblent fondés sur l’hypothèse que la Fed devra, pour contenir l’inflation, relever les taux d’intérêt plus rapidement que ce qu’elle a laissé entendre jusqu’à présent, ce qui aura pour effet d’entraver la croissance.

La hausse des rendements obligataires reflète les inquiétudes quant à l’inflation

Les rendements des obligations à long terme, qui sont liés étroitement aux attentes des participants du marché relativement à l’inflation, ont augmenté d’environ 90 points de base (0,9 %) depuis septembre, tandis que les rendements des obligations à court terme ont crû de près de 100 points de base (1 %), car le marché s’attend à ce que la Fed relève les taux d’intérêt plus rapidement que ce qu’elle avait laissé entendre.

La hausse des dépenses publiques stimule les rendements obligataires

Les dépenses publiques sont le principal facteur qui conduit les acteurs du marché à prévoir une hausse de l’inflation, stimulant ainsi les rendements obligataires. La normalisation du bilan de la Réserve fédérale américaine joue aussi un rôle connexe dans cette situation.

L’on sait qu’une augmentation des dépenses publiques aujourd’hui signifie généralement que les impôts seront plus élevés demain. Et que cet alourdissement du fardeau fiscal futur gonflera les coûts assumés par les entreprises. Celles-ci vont donc récupérer ces coûts auprès des consommateurs en augmentant leurs prix, ce qui déclenchera l’inflation.

Le récent plan fiscal et le dernier accord budgétaire porteront le déficit à plus de 1 billion de dollars américains l’an prochain et ajouteront 2,4 billions de dollars américains à la dette fédérale sur les 10 prochaines années, dont la majeure partie au cours des trois premières. Le plan fiscal réduira les recettes fiscales de 1,4 billion de dollars américains, tandis que l’accord budgétaire visant à repousser le plafond d’endettement accroîtra les dépenses, notamment celles liées à la défense, de 320 milliards de dollars américains sur deux ans.

Nous pouvons déjà constater les répercussions de déficits plus élevés. Ainsi, le Trésor américain a annoncé au début de février l’augmentation, au cours des prochains moins, de la taille des adjudications pour ses bons, ses billets et ses obligations. Le gouvernement doit émettre plus de titres de créance pour couvrir la hausse de ses dépenses ainsi que le manque à gagner en recettes fiscales. Pour convaincre les acheteurs d’acheter ces instruments, il doit en réduire les prix, ce qui en bonifie le rendement (le rendement d’une obligation est inversement proportionnel à son prix).

La mise en œuvre par la Fed d’un programme de normalisation de son bilan est un des facteurs qui stimulent les rendements obligataires. Après la crise financière, la Fed avait acheté de grandes quantités de titres d’État afin de maintenir les taux d’intérêt bas et de stimuler ainsi l’économie. En octobre, la Fed a annoncé qu’elle allait réduire progressivement ses achats d’instruments de la dette publique.

Une croissance supérieure à la rescousse?

L’on s’attend cette année à ce que les entreprises consacrent 660 milliards de dollars américains à l’amélioration ou au remplacement d’actifs, ce qui représente une hausse de 8 % par rapport à 2017 selon une étude de Goldman Sachs. Si le plan fiscal encourage d’importants investissements de capitaux, nous devrions assister à une augmentation de la productivité puisque l’introduction d’immobilisations et leur amélioration rendent l’économie plus efficiente et plus productive. Grâce à cet apport en capital plus important, l’économie produira plus et progressera plus rapidement. Cette croissance plus élevée générera davantage de recettes fiscales, ce qui réduira le déficit, une situation qui pourrait compenser l’incidence du déficit sur l’inflation décrite ci-dessus.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Les entreprises doivent s’attendre à des taux d’intérêt plus élevés aux États-Unis, parallèlement à une croissance vigoureuse, du moins au cours des prochains trimestres.
  2. La Fed devrait relever de 50 points de base son taux d’intérêt directeur d'ici juin, et l’on prévoit que la Banque du Canada laissera le sien inchangé au cours des prochains mois. Par conséquent, le différentiel de taux d’intérêt entre le Canada et les États-Unis augmentera, ce qui exercera une pression à la baisse sur le dollar canadien.
  3. Cet affaiblissement du huard combiné à une solide croissance chez nos voisins du sud pourra être exploité par les exportateurs, qui auront alors accès à un marché en pleine expansion sur lequel ils bénéficieront de l’avantage concurrentiel que leur procure une devise plus faible.
Revue du marché du pétrole—février 2018

Les cours du pétrole ont récemment perdu du terrain par rapport à janvier, mais demeurent élevés. Une hausse de la production aux États-Unis et une appréciation du dollar américain expliquent cette baisse récente.

Les cours du pétrole brut sont restés proches de leurs niveaux les plus élevés des trois dernières années. Les deux références mondiales, le pétrole brut Brent et le pétrole brut West Texas Intermediate (WTI), ont baissé en moyenne de quelques dollars par baril au cours du mois dernier par rapport à l’envol des cours observé à la fin de 2017 et en janvier 2018.

Les producteurs américains continuent d’augmenter leur production…

Les producteurs de pétrole brut américains continuent d’atteindre de nouveaux sommets, avec une production de 10,3 millions de barils par jour pendant la première semaine de mars. La production devrait croître encore et s’établir à une moyenne de 10,6 millions de barils par jour en 2018, selon l’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis. Cette croissance viendra en grande partie du pétrole léger de réservoirs étanches tiré du schiste.

… ce qui devrait aider les États-Unis à se rapprocher de l’autosuffisance

La vigueur du secteur américain de la production pétrolière a eu une incidence remarquable sur la quantité de pétrole que les États-Unis ont besoin d’importer. Le pays importe environ quatre fois moins de pétrole aujourd’hui qu’il y a 10 ans. L’EIA prévoit que la production totale de pétrole et de liquides de gaz naturel aux États-Unis atteindra près de 17 millions de barils par jour d’ici 2023—soit presque le niveau de la demande intérieure de produits pétroliers.

Les États-Unis ont toutefois encore besoin des exportations de pétrole canadiennes

Même si l’on prévoit que les États-Unis deviendront un exportateur net de produits pétroliers d’ici cinq ans, cela ne signifie pas que les raffineries américaines n’auront plus besoin de pétrole brut canadien. Ces dernières ont besoin du pétrole brut lourd de l’Ouest du Canada pour le mélanger au pétrole plus doux et plus léger tiré du pétrole de schiste afin de produire du gazole et de l’essence. La production supplémentaire de pétrole léger de réservoirs étanches est expédiée à un rythme croissant vers l’Asie, principalement la Chine, où il est raffiné pour alimenter l’industrie pétrochimique.

Les exportations de pétrole brut canadien sont importantes pour les raffineries américaines, car elles les aident à maintenir des marges convenables, surtout lorsque l’on voit l’escompte auquel le pétrole brut Western Canadian Select (WCS) se négociait récemment—ce qui s’explique en partie par le retard pris dans la construction des oléoducs Keystone XL et Trans Mountain. Il existe bien une possibilité de transport par rail, mais les transporteurs ferroviaires préfèrent avoir des contrats à long terme avec les producteurs de pétrole, et leurs coûts sont grosso modo du double de ceux d’un acheminement par pipeline d’Edmonton à la côte américaine du golfe.

Les cours du dollar américain et des marchandises évoluent souvent en sens inverse

L’autre facteur ayant légèrement fait baisser les cours du pétrole est l’appréciation du dollar américain.

Les prix du pétrole et de la plupart des autres marchandises sont établis en dollars américains. Lorsque le dollar américain s’apprécie par rapport aux autres monnaies, il faut moins de dollars américains pour acheter ces devises; autrement dit, quand le dollar s’apprécie, cela rend le pétrole plus cher et la demande baisse, ce qui diminuera le prix.

Le dollar américain a baissé par rapport à la plupart des principales monnaies en janvier, ce qui signifie que l’achat d’un baril de pétrole coûte plus de dollars, ce qui augmente le prix du pétrole. La monnaie américaine s’est cependant quelque peu raffermie en février, ce qui a tiré le cours du pétrole vers le bas.

Étant donné les hausses de taux d’intérêt que devrait annoncer la Réserve fédérale américaine (la Fed) ce mois-ci (voir la rubrique relative à l’économie des États-Unis—ajouter un lien), le dollar devrait continuer de s’apprécier. Cela devrait exercer une pression à la baisse sur les cours du pétrole.

En définitive

L’augmentation de la production, notamment aux États-Unis, exerce une pression à la baisse sur les prix. La fluctuation du dollar américain aura aussi des répercussions sur le cours du pétrole—relation inverse. Les cours du pétrole devraient rester dans une fourchette de 55 à 65 $ US/baril au cours des prochains mois.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 1,25 % lors de sa réunion de mars

La croissance économique solide et le resserrement du marché du travail ont incité la Banque du Canada à relever son taux de financement à un jour à 1,25 % en janvier 2018. La banque a campé sur sa position en mars, dans la mesure où les perspectives pour le Canada ont été obscurcies par la volonté protectionniste affichée au sud de la frontière et l’incertitude entourant la renégociation de l’ALENA.

Le huard a baissé en février

Après s’être apprécié de 2,8 % sur un mois par rapport au dollar américain en janvier, le dollar canadien a reculé de 1,3 % en février, pour clôturer le mois à 0,78 (voir graphique). La Banque du Canada semble indiquer qu’elle augmentera son taux directeur plus lentement que la Réserve fédérale américaine, ce qui creusera l’écart entre les taux d’intérêt des deux pays. Cela exercera une pression à la baisse sur le huard par rapport au billet vert. Le Canada évolue plus lentement que les États-Unis en raison de l’endettement élevé de nombreux foyers canadiens et de l’incertitude pesant sur le commerce mondial.

Une confiance des entreprises quelque peu mitigée au pays

L’indice du Baromètre des affaires compilé par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a chuté à 62,4 en février, soit un recul de 0,4 point de pourcentage. Bien que la variation mensuelle ne soit pas importante, le net gain de confiance constaté dans les provinces de l’Atlantique n’a pas suffi à contrebalancer les baisses de confiance observées en Ontario et en Alberta. Certains secteurs du domaine des services, à savoir les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’immobilier, ont vu la confiance fléchir par rapport au mois précédent. Pour le troisième mois d’affilée, les propriétaires d’entreprise s’attendent à ce que les salaires moyens enregistrent une augmentation notable de 2,7 % au cours des 12 prochains mois. La pénurie de main continue de limiter la capacité des entrepreneurs d’augmenter leurs ventes ou leur production; 41,5 % d’entre eux considèrent que le manque de main-d’œuvre qualifiée est une entrave à la croissance. En revanche, un marché du travail plus étroit stimule la demande intérieure (voir graphique), ce qui est une bonne nouvelle pour les entrepreneurs.

Les conditions du crédit se resserrent progressivement pour les entreprises

Le taux d’intérêt effectif pour les entreprises a augmenté d’environ 50 points de base (0,5 %) depuis juillet, lorsque la Banque du Canada a commencé à relever ses taux d’intérêt. La Banque a augmenté son taux directeur de 75 points de base depuis lors. Même si elle n’a pas relevé son taux directeur ce mois-ci, il est probable que les prêteurs commerciaux continueront d’augmenter les taux de leurs prêts pour gérer leurs coûts de financement plus élevés.

Indicateurs clés : Canada

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