Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Lettre économique mensuelle

Décembre 2021
Article vedette

L’heure juste sur les finances des ménages canadiens : panique ou optimisme?

Une solide croissance économique repose essentiellement sur les épaules des ménages. Or, même si leur richesse a augmenté pendant la pandémie, leurs vulnérabilités financières engendrent beaucoup d’incertitudes.

Avec l’inflation qui diminue leur pouvoir d’achat, jumelée à la frénésie qu’a connue le marché immobilier et la hausse prochaine des taux d’intérêt, les ménages sont-ils toujours en bonne posture pour soutenir l’économie en 2022?

L’épargne des ménages : un couteau à double tranchant

S’il y a bien eu un élément économique positif de cette pandémie au Canada, c’est probablement l’accroissement de l’épargne des ménages. En 2020, les mesures sanitaires et les confinements à répétition ont limité la capacité des ménages à dépenser. Les dépenses gouvernementales ont aussi grandement contribué à augmenter le revenu des particuliers.

Résultat : près de 300 milliards de dollars en épargne excédentaire auraient été accumulés au pays depuis le début de la pandémie, ce qui représente plus de 10 % du PIB. C’est énorme!

La Banque du Canada a d’ailleurs identifié cette épargne excédentaire comme un risque pour l’inflation. Si les ménages en venaient à dépenser encore davantage, alors que la pression est déjà très forte sur l’offre, l’économie risquerait de surchauffer.

L’immobilier : source de richesse, d’endettement et de plus en plus de risque

Cela peut sembler curieux mais, malgré des niveaux d’épargne faramineux, l’endettement général a tout de même augmenté pendant la pandémie. L’accroissement de la dette hypothécaire en est la cause.

La frénésie immobilière et la montée des prix des logements s’expliquent notamment par le déséquilibre entre l’offre et la demande. Les inventaires sur le marché de la revente ont continué à diminuer malgré des niveaux déjà très faibles.

Par ailleurs, la demande a été stimulée par les confinements et les nouveaux besoins générés par la popularité du télétravail, ainsi que par la baisse des taux d’intérêt. Dès le début de la crise au printemps 2020, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur au plancher.

L’anticipation de la reprise économique au début de 2021 aura poussé les taux fixes à la hausse, avant les taux variables qui suivent davantage les variations du taux directeur. Plus de la moitié des nouveaux prêts hypothécaires consentis au troisième trimestre de 2021 étaient à taux variable. Ce revirement de situation rend les ménages plus vulnérables aux changements de taux de la Banque du Canada que par le passé. On compte également une part plus importante d’hypothèques dont le ratio prêt-valeur est élevé à cause de la récente flambée des prix.

Ne pas sous-estimer l’effet de richesse

Les ménages canadiens ont vraisemblablement profité des fonds accumulés afin de rembourser certaines dettes et investir dans le marché résidentiel. Une autre partie importante de la cagnotte aura aussi été investie sur les marchés boursiers.

Grâce aux bonnes performances des marchés financiers et de l’appréciation des prix des logements en 2021, la richesse des ménages s’est accrue considérablement.

Ce type d’actif n’est pas liquide et ne peut donc pas être dépensé pour soutenir directement l’activité économique. Il serait donc surprenant que l’épargne excédentaire se dissipe trop rapidement dans l’économie et pousse les prix à la hausse dans un élan incontrôlable.

Par contre, l’effet de richesse, engendré par l’appréciation de ces marchés indiquent que les dépenses de consommation continueront d’augmenter dans les prochains mois, ce qui est somme toute une bonne nouvelle pour l’économie.

L’impact pour votre entreprise

  • L’important niveau d’épargne accumulé par les ménages pendant la pandémie continuera de soutenir la croissance, et ce même si l’inflation diminuera le pouvoir d’achat des Canadiens.
  • L’effet de richesse engendré par la bonne performance des marchés résidentiels et boursiers devrait également contribuer à maintenir une demande solide.
  • Les consommateurs semblent demeurer prudents malgré la réouverture des secteurs de services et des frontières. La demande refoulée devrait se normaliser plus graduellement cette fois, dans le contexte de hausse de taux d’intérêt.
Perspectives Canada

Les hauts et les bas de la reprise économique canadienne

A priori, on pourrait penser que l’activité économique au troisième trimestre a été meilleure que prévu. Pourtant, malgré une croissance impressionnante de 5,4 % en terme annualisé au troisième trimestre de 2021, le PIB représentait toujours seulement 98,6 % du niveau prépandémique. Et ce, parce que la contraction de 3,2 % enregistrée au printemps a été pire que la diminution de 1,1 % estimée par Statistique Canada initialement.

Malgré cette révision, l’activité a indéniablement repris durant l’été au Canada grâce à la réouverture de l’économie et aux assouplissements sanitaires. Les dépenses de consommation des ménages et les exportations ont nettement compensé le recul de l’investissement résidentiel.

Pour l’ensemble du trimestre, la plupart des secteurs d’activités ont connu une croissance positive au Canada (13 sur 20 précisément). La majorité des gains provenant évidemment des services ayant des contacts plus étroits avec la clientèle, principalement l’industrie de l’hébergement et de la restauration (+27,7 % par rapport au deuxième trimestre). Le secteur des biens s’est dans l’ensemble contracté de 0,9 % pendant cette période.

Le manufacturier devrait commencer à s’améliorer tranquillement

Le PIB se serait redressé de 0,8 % en octobre, selon les analyses préliminaires de Statistique Canada. Cette croissance serait assez généralisée, mais le rebond serait particulièrement vif dans le secteur manufacturier dont la performance a été à tout le moins houleuse ces derniers mois.

La pénurie de semi-conducteurs explique en grande partie ces récents déboires, dont le repli de 1,7 % en septembre. Le secteur devrait recommencer à contribuer positivement à l'activité économique grâce à la reprise de la production de pièces automobiles et aéronautiques.

Les difficultés du secteur résidentiel

La hausse des prix de l’immobilier est à la fois une cause et une conséquence du recul de l’investissement résidentiel (-31 % au troisième trimestre). Stimulée par la faiblesse des taux d’intérêt et le besoin de plus grand espace engendré par le télétravail, la vigueur de la demande a fait bondir les prix de l’immobilier un peu partout au Canada en 2021.

Les inventaires de maisons existantes à vendre étant très faibles, les prix ont grimpé en flèches. Aujourd’hui, certains acheteurs sont découragés par les prix du marché et d’autres n’arrivent tout simplement pas à trouver parmi les offres disponibles.

Le recul de l’investissement résidentiel se reflète aussi dans l’industrie de la construction (-3,9 % au T3). Même si les mises en chantier demeurent historiquement élevées, elles ont reculé encore davantage en octobre.

La demande pour les projets de rénovation ralentit également à cause des retards de livraisons provoqués par les goulots d’étranglement des chaînes d’approvisionnement et de la réallocation du budget des ménages vers d’autres services depuis leurs réouvertures. L’engouement pour le résidentiel pourrait toutefois renaître dans les prochains mois, alors que certains ménages se rueront pour financer leurs projets avant la remontée des taux d’intérêt.

Encore des gains au chapitre de l’emploi

L’économie canadienne a créé 154 000 emplois en novembre. Le rythme de création d’emploi a rebondi fortement par rapport à octobre. Depuis septembre l’emploi a récupéré pleinement son niveau atteint avant la crise. Les gains impressionnants de novembre ont propulsé le niveau d’emploi bien au-delà du sommet prépandémique de février 2020.

Plusieurs employeurs peinent toujours à recruter du personnel : en septembre, il y avait plus d’un million d’emplois disponibles au Canada. Ce qui sous-entend que les compétences des travailleurs potentiels ne correspondent pas nécessairement à celles des travailleurs requis. Malgré tout, le taux de chômage à 6.0 % demeure supérieur au plancher atteint avant la pandémie.

L’impact pour votre entreprise

  • Malgré la bonne performance du troisième trimestre, il reste encore beaucoup à faire avant de retrouver le niveau d’activité économique prépandémique. La situation est toujours compliquée du côté de l’offre, mais les ménages sont en bonne posture pour soutenir l’économie. L’évolution du nouveau variant Omicron pourrait toutefois entacher les perspectives économiques à court terme.
  • L’emploi continue d’augmenter au pays et rend le recrutement de plus en plus difficile. Les travailleurs disponibles ne correspondent peut-être pas exactement à ce que vous recherchez. Pensez à développer un programme de formation interne afin d’outiller adéquatement de futurs employés potentiels.
  • Les secteurs manufacturier et résidentiel ont ralenti face aux vents contraires, mais ces derniers pourraient bénéficier d’un rebond momentané. Les ménages et les entreprises ont tout intérêt à devancer leurs projets d’investissement avant la montée des taux de 2022.
Perspectives États-Unis

L’économie repose toujours sur des bases solides

L’activité économique américaine amorce le quatrième trimestre sur de bonnes bases. Outre la marginale révision à la hausse de la croissance du PIB américain en T3 (de 2,0 % à 2,1 %), plusieurs indicateurs économiques sont retournés au vert récemment, même si l’évolution de la pandémie se répercute toujours sur l’économie et la confiance.

La demande américaine soutenue par le marché du travail

L’inflation, qui a grimpé à 6,2 % en octobre 2021, a ainsi atteint un sommet de 31 ans. Les hausses de prix ne semblent toutefois pas avoir trop effrayé les consommateurs dont les dépenses ont rebondi de 1,3 % en octobre, après une piètre performance en septembre. On s’attend à ce que les ménages américains poursuivent sur cet élan, grâce à une période des fêtes un peu moins entachée par la pandémie et à la vigueur du marché du travail.

En novembre, l’emploi américain a continué de croitre en ajoutant 210 000 emplois et faisant baisser le taux de chômage encore un peu plus à 4,2 %.

La demande de travailleurs a été forte ces derniers temps, car le marché de l’emploi américain met plus de temps à se remettre de la crise que l’économie qui a déjà dépassé le niveau prépandémique de son PIB. Il manque encore 4 millions de travailleurs pour atteindre ce niveau en matière d’emploi.

La compétition plus féroce bénéficie aux travailleurs dont les salaires ont entamé une tendance à la hausse.

Demandez et vous recevrez. Pas si vite...

Être trop occupé est-il pire que de ne pas l’être assez? Malgré la vertigineuse augmentation des prix aux États-Unis, la demande demeure forte chez nos voisins du sud. Évidemment, cet engouement continue d’étourdir nombreux producteurs.

La demande a beau être vigoureuse, l’offre est toujours plafonnée par les goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement. Pendant ce temps, les délais de livraison demeurent élevés.

Il y a quand même des signes d’amélioration à l’horizon : les coûts de transport ont arrêté de grimper et la production automobile a repris, signe que les pénuries s’amenuisent bien que toujours présentes. L’indice des directeurs d’achat a reculé, mais l’optimisme demeure élevé.

Omicron s’empare des marchés

Alors que la vague de COVID-19 provenant du variant Delta est dans le rétroviseur de l’économie américaine, voilà qu’un nouveau variant Omicron vient semer l’incertitude sur les marchés.

Au moment d’écrire ces lignes, nous détenons encore de trop peu d’informations médicales concernant ce variant pour en tenir compte formellement dans nos prédictions. D’ici là, les marchés évolueront au rythme de ces nouveaux développements qui mèneront à des épisodes de volatilité.

En contrepartie, on aurait pu croire que la politique monétaire était assurée d’une plus grande stabilité depuis que le président Biden a reconduit Jerome Powell à la direction de la Réserve fédérale américaine.

Pourtant, la vision de la Fed face à l’inflation montante semble avoir changé et pourrait donc surprendre dans les prochains mois. Même si déjà certains membres du comité de direction souhaitaient voir la fin du programme d’achat d’actifs devancé plus tôt qu’à la mi-juin, le président reconduit a fait volte-face en adoptant un ton plus pressant quant au resserrement de sa politique afin de contrôler l’inflation. 

La croissance de l’emploi et des salaires réussit à maintenir la confiance des consommateurs à un niveau supérieur à celui enregistré au début de la pandémie mais, la recrudescence des cas de COVID-19 et l’inflation ont miné les plus récents indices de confiance.

L’impact pour votre entreprise

  • La demande américaine demeure robuste. Malgré le ralentissement observé en septembre et la hausse de l’inflation en octobre, la vigueur du marché du travail devrait favoriser la consommation durant la période des fêtes cette année. Les exportations canadiennes devraient pouvoir en bénéficier également.
  • Malgré des signes d’amélioration, la production fait toujours face à des défis de taille qui perdureront encore l’an prochain.
  • La stabilité au comité de direction de la Fed est de bon augure pour les marchés qui sont vulnérables aux développements du variant Omicron qui pourrait venir brouiller les cartes.
Point sur le marché du pétrole

Puiser dans les réserves stratégiques de pétrole : bonne ou mauvaise idée?

Dans un effort d’augmenter l’offre de brut, afin de diminuer les prix et ainsi apporter un peu de répit aux consommateurs américains à l’approche des fêtes, le président Biden a annoncé qu’il puiserait dans les réserves stratégiques en ajoutant 50 millions de barils sur le marché.

Le président a ainsi emboîté le pas à la Chine, à l’Inde, au Japon, à la Corée du Sud et au Royaume-Uni qui ont eux-mêmes puisé dans leurs réserves stratégiques.

Qu’est-ce que les réserves stratégiques?

Les réserves stratégiques existent essentiellement pour assurer la pérennité énergétique des pays en cas d’un manque important de pétrole. Le recours à ces inventaires est typiquement réservé au soutien d’urgence lors d’un désastre naturel ou de la guerre qui mènerait à une crise énergétique. Il s’agit davantage d’une mesure visant à assurer l’accès en termes de quantité et non d'abordabilité.

Les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont même le devoir de conserver une quantité de pétrole équivalente à au moins 90 jours de la quantité de brut importé net de l’année précédente. Les pays qui sont exportateurs nets d’or noir, dont les États-Unis, ne sont donc pas tenus de respecter cette entente bien qu’ils le fassent quand même.

En réaction à la crise énergétique de 1973, les États-Unis créèrent la plus importante source de réserve de pétrole en 1975. Aujourd’hui, c’est plus de 600 millions de barils de brut qui sont conservés pour assurer la pérennité du pays si un manque de pétrole en sol américain survenait.

Est-ce que ce sera suffisant pour stabiliser les prix?

Probablement pas. Il s’agit avant tout d’une démarche symbolique.

Les 50 millions de barils seront trop peu pour avoir un impact à la pompe. Les Américains consomment environ 20 millions de barils par jour. La mesure annoncée par les autorités américaines représente à peine plus de deux jours de demande intérieure.

Mais l’objectif derrière la synchronisation des pays qui ont récemment adopté cette mesure est de mettre davantage de pression sur l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+).

Le marché du pétrole est actuellement sous-alimenté alors que la demande a repris plus rapidement qu’anticipé et que le cartel refuse toujours de déroger à leur entente actuelle, ce qui maintient les prix du brut élevés.

Les principaux indices pétroliers ont atteint des sommets en sept années récemment, oscillant autour de 85 $US/b. Suite à l’annonce du Président Biden, les prix se sont quand même révisés légèrement à la baisse sur le marché du brut, mais c’est le nouveau variant Omicron qui aura eu un réel impact sur les prix.

La pression n’aura pas été suffisante face au nouveau variant

Malgré l’effet de courte durée sur les prix et la demande de la Maison-Blanche pour augmenter la production, à leur dernière rencontre, les membres de l’OPEP+ ont décidé de ne pas modifier leur politique.

Le cartel suit encore de très près l’évolution de la pandémie. De nouvelles restrictions ont déjà été réintroduites à cause du nouveau variant Omicron et du nombre de cas de COVID-19 qui repart en hausse en Europe, ce qui pourrait ralentir la demande dans les prochaines semaines. L’incertitude du nouveau variant a d’ailleurs déjà tirée les prix vers un niveau plus convenable.

En bref…

L’augmentation de l’offre de pétrole provenant des diverses réserves stratégiques ne sera pas suffisante pour rééquilibrer le marché du brut de manière soutenable. La coordination des pays participants aura un effet de courte durée seulement sur les prix. L’OPEP et ses alliés n’ont aucun intérêt à déroger de leur entente actuelle qui vise l’augmentation graduelle de l’offre, surtout face à l’incertitude qu’apporte le nouveau variant.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada se montrera prudente

En octobre, la Banque du Canada annonçait la fin de l’assouplissement quantitatif et indiquait que le premier relèvement des taux d’intérêt pourrait subvenir dès avril 2022. La dernière annonce du 8 décembre ne détonait pas substantiellement de la précédente. La Banque se montrera probablement plus prudente dans son resserrement de la politique monétaire, car celle-ci se dit préoccupée de l’endettement hypothécaire au pays.

Le dollar canadien a reculé sous les 0,78 $US

La devise canadienne s’est maintenue autour des 0,79 $US ces dernières semaines, un recul par rapport à sa moyenne annuelle. Plus récemment, en début décembre, le huard a glissé sous les 0,78 $US. Même si la baisse des prix du marché du pétrole n’est pas étrangère à cette dépréciation, l’incertitude entraînée par le variant omicron sur les marchés a également contribué à la baisse du dollar vis-à-vis son penchant américain.

La confiance des entrepreneurs remonte tranquillement

En novembre, l’indice de confiance des entrepreneurs de la FCEI a augmenté de quelques points supplémentaires. Depuis sa chute importante en septembre, l’indice n’a toujours pas retrouvé les niveaux élevés connus durant l’été et se chiffrait donc à 62,2 en novembre. Un indicateur supérieur à 50 indique que les entrepreneurs s’attendent à une amélioration de l’environnement d’affaires au cours des 12 prochains mois. Toutefois, l’indicateur à plus court terme (trois prochains mois), grimpé à 49,8, démontre que les entrepreneurs voient les réouvertures d’un bon œil, bien que conscient que les défis demeurent. Bref, les entrepreneurs sont réalistes face aux difficultés économiques des prochains mois, mais sont d’avis que l’économie reprendra de la vigueur à plus long terme.

Indicateurs clés: Canada

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