Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Lettre économique mensuelle

Septembre 2021
Article vedette

à quoi s'attendre de la quatrième vague?

Le nombre de nouveaux cas quotidiens de Canadiens atteints par la COVID-19 est en hausse depuis le début août.

La propagation du variant Delta entraîne une quatrième vague qui fait à nouveau peser des risques sur l’économie canadienne, qui devrait toutefois s’en sortir sans trop de séquelles. Les vagues se suivent certes, mais ne se ressemblent pas.

À quoi ressemblera l’environnement d’affaires cet automne dans un tel contexte? Nous nous intéressons ce mois-ci à trois facteurs que les entreprises doivent prendre en considération pour se préparer adéquatement à la quatrième vague.

1. Un taux de vaccination enviable

Le succès de la campagne de vaccination auprès de la population canadienne est le premier facteur d’importance. Le Canada affiche un des meilleurs taux de vaccination parmi les pays du G7, alors que les deux tiers de sa population était totalement vacciné au début de septembre.

Cette réussite se reflète évidemment dans le nombre de nouveaux cas, mais plus important encore dans le nombre d’hospitalisations. Même si la vaccination prévient l’apparition de symptômes, elle n’empêche pas systématiquement la transmission du virus.

Ainsi, la distanciation, les masques et la limitation des rassemblements devraient rester en vigueur pour contrer cette nouvelle vague.

La majorité des commerces s’est déjà adaptée à ces mesures, mais ils devront aussi composer avec de nouvelles mesures comme l’imposition du passeport vaccinal pour fréquenter certains lieux. Somme toute, la vaccination devrait limiter les fermetures et les perturbations économiques à un minimum dans les prochaines semaines.

2. Risques et limites persisteront pour certains secteurs

Le risque zéro n’existe toujours pas en ces temps de pandémie, mais ce niveau diffère selon l’industrie. Alors que bon nombre d’industries œuvrant dans le secteur des biens ont totalement récupéré leur niveau d’activité pré-pandémique, la reprise des secteurs des services tire encore de la patte.

Chaque nouvelle vague est une épée Damoclès planant au-dessus des secteurs de la restauration, des arts et spectacles, du divertissement et du commerce de détail qui ont principalement écopés des vagues précédentes au Canada.

Les mesures actuelles auxquelles sont confrontées les entreprises devraient persister durant la quatrième vague. La capacité des salles de réception et de spectacle demeurera limitée, les voyages d’affaires ne reprendront probablement pas cette année et les évènements en présentiel se feront plus rares.

L’industrie touristique était encore loin d’avoir récupéré en juin, mais l’ouverture des frontières aux voyageurs pleinement vaccinés aidera à prolonger la saison cet automne. Ceci dit, les entreprises du secteur demeurent les plus à risque de devoir s’adapter à de nouvelles mesures restrictives, selon la progression des cas et l’émergence de nouveaux variants.

3. La situation internationale pèse sur les chaînes d’approvisionnement

Même si la situation sanitaire est relativement bonne au Canada et que la quatrième vague demeurera sous contrôle, les entreprises ne sont pas à l’abri de difficultés reliées à la COVID-19 pour autant.

La pandémie a rapidement apporté son lot d’obstacles pour les industries productrices de biens qui, œuvrant dans une petite économie ouverte, s’approvisionnent à l’étranger en tout ou en partie. Ces défis perdureront encore plusieurs mois.

Parmi ceux-ci, notons le prix de nombreuses matières premières qui a monté en flèche après une forte appréciation de la demande pour certains produits et une offre qui prend du temps à s’adapter. On n’ouvre pas une nouvelle mine du jour au lendemain.

La bonne nouvelle: ces industries commencent à s’adapter et certains prix redescendent vers des niveaux plus soutenables. Ce fut le cas notamment des producteurs de bois d’œuvre.

La pression sur les coûts de production induite par le prix des matières premières devrait graduellement s’améliorer. Cependant, les problèmes d’approvisionnement pour certains produits et les pénuries de conteneurs mettront plus de temps à se rétablir.

La réouverture des économies aux quatre coins du globe a engendré une forte demande pour les conteneurs. Le réapprovisionnement des inventaires afin de répondre à la demande de biens de consommation, de vêtements, de pièces et autres matériaux intermédiaires nécessaires à la fabrication, a contribué à l’augmentation de la demande pour ces conteneurs. Le problème est que plusieurs ports ont fermé durant la pandémie afin de freiner la propagation dans certains pays. Plus récemment, à la fin mai, certains territoires d’une région chinoise où se trouve l’un des plus importants ports d’exportation par conteneurs a été forcé de fermer. Chaque fermeture se solde par des bateaux amarrés devant des ports qui demeurent ainsi incapables de traiter l’amas de cargaison qui s’y est accumulé entre temps.

Toutes perturbations auront un effet démesuré sur les coûts de transport et les délais de livraison de marchandise, et ce pendant une longue période. Des problèmes d’approvisionnement sont à prévoir pour le temps des fêtes.

L’impact pour votre entreprise

  • Le taux de vaccination au Canada est relativement élevé par rapport à d’autres pays développés. L’impact de la quatrième vague sur les entreprises et l’économie devrait donc être moins important. On ne s’attend pas à un nouveau renforcement des mesures sanitaires.
  • Les entreprises de services à contacts élevés demeurent les plus à risque de devoir s’adapter à de nouvelles mesures restrictives. Si c’est le cas de votre entreprise, considérer ce risque dans votre planification stratégique.
  • Même si la situation sanitaire au Canada est enviable, la pandémie fait encore des ravages dans plusieurs pays. Les restrictions internationales entraînent des pénuries et des problèmes d’approvisionnement. Les entrepreneurs, dont l’activité dépend du commerce international, que ce soit par l’importation ou l’exportation, devraient planifier en conséquence.
Perspectives Canada

Essoufflement de la reprise économique

Alors que la majorité des économistes (incluant l’équipe de BDC) s’attendait à ce que l’économie canadienne ait bien amorti l’impact de la troisième vague grâce aux réouvertures de juin, le PIB canadien a enregistré un premier recul trimestriel depuis la reprise amorcée l’an dernier. Le PIB s'est en effet contracté à un taux annualisé de 1,1 % entre le premier et le deuxième trimestre de 2021.

Au terme du deuxième trimestre, l’activité économique a tout de même cru de 0,7 % en juin après deux mois de baisse, pour atteindre 98,5 % du sommet pré-pandémique de février 2020. Ce recul provient essentiellement du ralentissement des exportations et du secteur résidentiel ainsi que des pénuries de main-d’œuvre et de matériel.

Les exportations font un bond en arrière

Les exportations canadiennes ont reculé de 4 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent (15 % en rythme annualisé). Ce bond en arrière, entièrement attribuable au secteur des biens car les exportations de services ont continué leur ascension, a causé un recul de près de 5 points à la croissance du PIB.

L’exportation de services représentant un peu plus de 15 % des exportations totales canadiennes, ce ne fut pas suffisant pour contrebalancer les pertes enregistrées par les deux principaux secteurs d’exportation de biens du Canada soit le secteur énergétique (-7,9 %) et l’automobile (-14,8 %).

Les pénuries que connaissent les chaînes d’approvisionnement dans le secteur automobile (notamment de semi-conducteurs) pèsent considérablement sur l’industrie. La rareté a d’ailleurs forcé la fermeture d’usines automobiles au Canada le printemps dernier. Malgré une reprise de la production pour certaines en juin, l’approvisionnement demeure un enjeu et continuera de freiner l’industrie encore plusieurs mois, ce qui pourrait donc se refléter à nouveau dans les exportations au prochain trimestre.

Ralentissement marqué du résidentiel

Le secteur résidentiel a un impact important sur la reprise. Les industries de la construction et des services immobiliers, qui représentent environ 20 % de l’économie canadienne, ont grandement contribué à la remontée du PIB à la fin de 2020 et au début de 2021.

Mais, le ralentissement observé sur le marché de la revente immobilière ces derniers mois s’est reflété dans les plus récentes données du PIB. L’investissement résidentiel a nui, à hauteur de 1,35 point, à la croissance au deuxième trimestre.

Même s’il a diminué de 3,3 % en T2, l’investissement résidentiel demeure historiquement très élevé. L’investissement résidentiel a trois composantes: les transactions immobilières, la construction, et la rénovation.

La faiblesse de l’offre, sur le marché de la revente, limite les futures transactions. Les nouvelles constructions et la rénovation, les deux composantes principales de l’investissement résidentiel, étaient toujours en hausse au dernier trimestre.

Les niveaux demeurent élevés, mais les premiers indicateurs pour le troisième trimestre montrent également des signes de ralentissement de ces derniers: les mises en chantier ont diminué de 3.2 % en juillet par rapport à juin et les demandes de permis de bâtir ont aussi reculé durant la même période.

La consommation a la mine basse

Selon un sondage de la Banque du Canada, 75 % des répondants qui ont accumulé de l’épargne excédentaire durant la pandémie comptait en dépenser une bonne partie dans les mois à venir. Ceci ne s’est pas concrétisé jusqu’à présent alors que la consommation des ménages s’est montrée plus frêle en T2.

Avec une croissance de 0,2 %, les consommateurs semblent avoir réalloué le budget qu’ils dirigeaient vers l’achat de bien au profit des services plutôt que d’augmenter leurs dépenses totales.

Les pénuries limiteront la croissance

L’économie se serait contractée de 0,4 % en juillet, estime Statistique Canada. Puisqu’il s’agit de données préliminaires, il est difficile d’expliquer un tel recul alors que la réouverture de l’économie canadienne était pourtant bien enclenchée. Il s’agit également d’une des périodes les plus fastes pour l’industrie touristique, qui a le potentiel de connaître une très forte croissance considérant son retard par rapport aux autres industries canadiennes.

La situation pourrait être attribuable aux pénuries de main-d’œuvre qui ralentissent la croissance. Cette rareté de travailleurs, à laquelle font face les entreprises depuis la réouverture de l’économie, a atteint un sommet sans précédent.

Des difficultés d’acheminement et une offre incapable de répondre à la forte demande pour certains produits peuvent également refroidir le boom de consommation auquel on s’attendait. Plusieurs entreprises sont alors contraintes à limiter leurs heures d’ouverture ou connaissent des délais de livraison importants, limitant ainsi le potentiel de consommation des ménages.

L’emploi continue sur sa lancée en août

L’économie canadienne a ajouté plus de 90 000 en août. Sans grande surprise, la majorité des gains s’est faite dans les secteurs de l’hôtellerie et des services de restauration (+74 600) et des arts, de la culture et des loisirs (+23 900) qui ont continué à bénéficier de l'assouplissement des mesures sanitaires et de la saison touristique. D’ailleurs, la majorité de ces emplois ont été créés en Ontario (+53 000) où la réouverture s’est accélérée à la fin juillet seulement.

L’impact sur votre entreprise

  • Malgré l’incertitude entourant la quatrième vague, la vaccination et les nouveaux types de mesures instaurés pour y faire face devraient limiter son impact économique au Canada.
  • La demande est toujours élevée, mais un retour à la normale semble s’être amorcé. Les entreprises devraient donc rester bien occupées, mais elles auront le temps de souffler un peu plus entre deux clients.
  • Les pénuries de main-d’œuvre sont bel et bien de retour et forcent plusieurs commerçants à limiter leur offre. La compétition est de plus en plus féroce, essayez de préparer vos offres d’emplois en conséquence.
Perspectives États-Unis

Fin de la reprise en V aux États-Unis

Le produit intérieur brut américain a augmenté de 6,6 % au second trimestre de 2021. Cette hausse impressionnante fait suite à une hausse de 6,3 % au premier trimestre. Ce rythme de croissance ne devrait toutefois pas continuer durant la seconde moitié de l’année.

Vers une croissance plus modérée

L’économie américaine aura gagné la course des pays du G7 comme étant le seul dont le PIB a retrouvé son niveau d’avant la pandémie. La croissance devrait toutefois ralentir dans les prochains mois alors que le variant Delta continue de faire des ravages dans certains États, que les industries se heurtent à des goulots d’étranglement persistant et que les transferts aux ménages arrivent à leur fin.

Le variant Delta a touché les États-Unis en avril et s’est propagé sur le territoire américain qui ne compte que 53 % de sa population pleinement vaccinée. L’économie américaine, qui avait été épargnée par la troisième vague que nous avons connue au Canada ce printemps, n’aura pas été capable d’échapper à une nouvelle vague.

La transmission du virus s’étant amorcé il y a déjà un bon moment, on peut s’attendre à ce que l’impact sur l’activité économique demeure somme toute modéré puisque les restrictions les plus sévères semblent effectivement choses du passé. Cette nouvelle vague ravive toutefois l’aversion au risque des consommateurs, tel que reflété dans les indices de confiance et les plus récentes données sur les dépenses de consommation.

Les dépenses en services, comme les restaurants et le transport, pourraient ralentir encore davantage à cause du report du retour au bureau et les risques de transmission.

Parmi les autres facteurs qui pourraient freiner légèrement la croissance de la consommation, notons la fin graduelle des stimulus fiscaux et des suppléments à l’assurance emploi qui tempéreront l’accroissement du revenu disponible pour le reste de 2021.

Les prix refroidissent le marché immobilier

Les prix des logements américains ont bondi à cause de la pandémie, une situation similaire à celle observée au Canada. Après plusieurs mois de croissance soutenue, l’investissement résidentiel a levé le pied au dernier trimestre en reculant de 11,5 %.

Les transactions pourraient même diminuer d’ici la fin de 2021. L’indice de la National Association of Realtors révèle que les contrats d’achat en attente ont diminué en juin et juillet, ce qui pourrait suggérer un ralentissement du marché car ces contrats entraînent des ventes un à deux mois plus tard.

L’offre limitée aura d’ailleurs poussé l’indice des prix des maisons neuves en hausse de 18,4 % sur un an en juillet.

Les problèmes continuent pour le manufacturier américain

Les défis que connaît l’industrie manufacturière depuis la pandémie sont les mêmes partout: le prix élevé des matières premières, la rareté de certains biens intermédiaires et la forte compétition pour le transport de marchandises. La dernière enquête sur les perspectives manufacturières aux États-Unis montre toutefois des signes d’amélioration des conditions malgré la persistance des enjeux.

Les délais de livraison des fournisseurs ont ainsi diminué en août et on dénombrait des pénuries pour 27 différents produits (une baisse considérable comparée aux 36 rapportés en juillet). Les dirigeants ont même indiqué une diminution de la pression sur les prix de production. Ces nouvelles relativement bonnes sont toutefois contrebalancées par la pénurie de main-d’œuvre qui touche le secteur.

L’emploi continue de récupérer… à pas de tortue

Si le PIB s’est remis à vitesse grand V de la crise de la COVID-19, on ne peut pas en dire autant pour l’emploi américain. L’économie enregistre encore un retard substantiel par rapport à son niveau pré-pandémique.

Le nombre de salariés n’a augmenté que de 235 000 en août, après une hausse cumulative de plus de 2 millions en juin et juillet. L’économie américaine serait donc encore à court d’environ 5 millions d’emplois avant d’atteindre le dernier sommet de février 2020.

Le taux de chômage a clôturé la saison estivale à 5,2 %. Le hic est que le taux de participation dans le marché du travail américain est toujours bien en deçà de ce qui prévalait avant la pandémie (61,7 % comparativement à 63,4 %). Résultat: il y avait encore plus de 9 millions de postes à pourvoir en juin.

L’impact pour votre entreprise

  • La consommation américaine devrait se tempérer dans la seconde moitié de l’année alors que certains programmes de soutien fédéraux prennent fin et que l’incertitude accentue l’aversion aux risques des consommateurs. Ceci pourrait ralentir les exportations canadiennes davantage.
  • La pandémie aura engendré une multitude de facteurs nocifs pour la reprise de l’emploi au pays. Maintenant que les pénuries de main-d’œuvre frappent les États-Unis, la compétition pour le recrutement international s’avérera plus difficile pour les entrepreneurs canadiens.
  • Le marché résidentiel montre ses premiers signes d’accalmie chez nos voisins du Sud, mais l’offre ne réussit toujours pas à répondre pleinement à la demande. Les hausses de prix pourraient continuer à décourager les futurs acheteurs et entraîneraient du même coup une baisse de la demande pour les matériaux de construction.
Point sur le marché du pétrole

Un débalancement à prévoir?

En août, les principaux indices de références du brut, le Brent et le WTI, se sont échangés en moyenne à 70 $US le baril et 68 $US le baril respectivement.

Les indices ont légèrement repris à la hausse au début septembre, mais la tendance récente pourrait faire volte-face.

La demande ralentit sur fond du variant Delta

Il n’y a pas que l’Amérique du Nord qui doit jongler avec une nouvelle vague de COVID-19. Le variant Delta a fait son chemin aux quatre coins du globe, et ce dans des pays à fort taux de vaccination ou non.

Dans les pays européens et nord-américains où les personnes plus vulnérables sont majoritairement vaccinées, la mobilité n’a pas été trop affectée par la recrudescence des cas ces derniers jours et demeure favorable à une hausse de la demande de pétrole.

Ailleurs, la situation est moins rose et des mesures plus strictes ont été réintroduites. Les déplacements ne semblent toutefois pas autant affectés que lors des vagues précédentes. Le variant Delta semble quand même avoir un impact sur la demande mondiale de pétrole.

Ce serait notamment le cas en Asie où certains clients de l’Arabie Saoudite auraient diminué leurs commandes récemment. Le pays producteur aurait dès lors réduit le prix de ses barils sur le marché asiatique, signe que la compétition entre les producteurs pourrait s’intensifier alors que l’incertitude concernant la demande future augmente avec chaque nouvelle vague. Certains gouvernements sont également prêts à puiser dans leurs réserves stratégiques. Il s’agit là d’un autre élément qui pourrait ralentir la demande de brut pour la fin de l’année.

Dans l'ensemble, la demande mondiale de pétrole a été revue à la baisse en raison du risque posé par le nombre croissant de cas de COVID-19. La demande devrait continuer d’augmenter dans la seconde moitié de 2021, mais moins rapidement que ce qui était anticipé plus tôt cette année.

L’entente de l’OPEP est reconduite pour octobre

La production des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) a atteint un sommet en près de 18 mois en août, soit depuis avril 2020 alors que l’économie mondiale était mise sur pause.

Après des rencontres houleuses au début de juillet, qui n’aboutissaient pas et qui auront créé une onde de choc et beaucoup de volatilité sur le marché du pétrole, l’organisation est arrivée à une entente assurant la levée graduelle de sa limite de production avant la fin du mois.

Le premier septembre, les pays ont décidé de reconduire l’entente conclue plus tôt cet été. Les membres pourront donc augmenter leurs productions en octobre également. Cette entente stipule que 400 000 barils par jour (b/j) supplémentaire pourront être acheminés sur le marché tous les mois.

Ainsi après avoir augmenté de 400 000 b/j l’offre en septembre, un autre 400 000 b/j s’ajoutera en octobre. La prochaine rencontre est prévue pour le 4 octobre, mais l’OPEP+ semble être plutôt optimisme, selon les documents officiels. L’organisation a révisé à la hausse ses prévisions quant à la demande de pétrole pour 2022 en dépit de la montée des cas de COVID-19.

L’offre devrait donc demeurer soutenue dans les prochains mois, malgré l’arrêt d’une importante partie de la production américaine causée par l’ouragan Ida dans le golfe du Mexique.

En résumé

Finalement, le variant Delta apporte son lot d’incertitudes quant à son impact sur la mobilité et donc la direction que prendra la demande de pétrole pour la fin de l’année. La production devrait toutefois continuer à augmenter malgré ces incertitudes et le ralentissement aux États-Unis dû à l’ouragan Ida. Un certain débalancement entre la demande et l’offre pourrait donc induire une pression à la baisse sur le prix du brut. On dénote d’ailleurs déjà des signes de montée de la compétition chez les producteurs, mais tant que la pandémie ne sera pas sous contrôle dans le reste du monde, il est difficile de dresser un portrait définitif du marché du pétrole.

Autres indicateurs économiques

Pas de changement à la politique monétaire

La Banque du Canada n’a apporté aucun changement à la politique monétaire lors de la dernière annonce du 9 septembre. Le taux directeur restera au plancher de 0,25 % et l’institution poursuivra le rythme du programme d’achat d’actif à hauteur de 2 milliards de dollars par semaine. Malgré le repli du PIB au second trimestre, les données encourageantes du marché de l’emploi pourraient justifier l’annonce d’un nouveau ralentissement du rythme des achats d’actifs à la rencontre d’octobre.

Le huard a perdu un peu de plumes durant l’été

Le dollar canadien a été révisé à la baisse durant l’été. Après avoir atteint près de 0,83 $US il y a trois mois, le huard a clôturé le mois d’août plus près de 0,79 $US. La résurgence des cas de COVID à cause de la propagation du variant Delta aura ravivé l’aversion aux risques des investisseurs et avec elle, la demande pour les valeurs refuges (lire dollar américain). Malgré la correction des prix de certaines matières premières, les termes d’échange demeurent favorables au dollar canadien. Tant que l’incertitude de la quatrième vague ne se sera dissipée, le CAD devrait osciller près de 0,80 $US.

Les entreprises demeurent confiantes face à la 4e vague

Les entreprises semblent garder le moral malgré l’augmentation des cas de COVID au pays selon le plus récent sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Le baromètre des affaires de la FCEI aura à peine reculé en août avec un indice à 67,1 comparé à 69,4 le mois précédent.

La quatrième vague n’est probablement pas le seul facteur ayant tiré l’optimisme des entreprises vers le bas en août. Le taux d’utilisation des capacités était en hausse tout comme le nombre de commerces dont les pénuries de main-d’œuvre freinent la croissance. Le manque de travailleurs qualifiés est un obstacle majeur pour près de 50 % des répondants le plus haut niveau depuis 2009 selon la fédération.

La montée en flèche de l’inflation

L’inflation au Canada, telle que mesurée par la variation annuelle de l’indice des prix à la consommation, a atteint 4,1 % en août. Ces récentes augmentations sont dues à la réouverture de l’économie, les goulots d’étranglement de certaines ressources (p. ex. la pénurie de semi-conducteurs), le prix de l’essence et les prix des logements qui poursuivent leurs tendances ascendantes.

La banque du Canada a récemment écarté l’importance qu’elle donne habituellement à deux des trois mesures de l’inflation fondamentale soit l’IPC-trim et l’IPC-médian, qui continuent toutes deux à augmenter depuis le début de l’année. La mesure de l’IPC-commun, la seule mesure qui est toujours en deçà de 2 %, aura donc un plus grand impact sur la direction de la politique monétaire dans l’avenir.

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