Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Lettre économique mensuelle

Mai 2021

Devinez qui est de retour? Eh oui, l’inflation

Les pressions inflationnistes sont revenues au galop durant la pandémie. Après plus d'une décennie de faible taux d'inflation, les indicateurs montrent des signes de hausse des prix. L'IPC a ainsi dépassé 2 % en mars. De nombreux entrepreneurs sont confrontés à des augmentations de coûts et pensent de plus en plus refiler la facture aux consommateurs. Mais n’ayez crainte de son retour définitif, l'inflation ne durera probablement pas trop longtemps.

L’effet de base gonfle les pressions inflationnistes

Il existe plusieurs mesures de l’inflation au Canada, mais sa définition reste la même. Le taux d’inflation est le changement d’un indice de prix, calculé par rapport au niveau mesuré à la même période l’année précédente.

L’indice des prix ayant chuté drastiquement au début de la pandémie en mars 2020, même une augmentation marginale de l’indice des prix aurait résulté en un taux d’inflation élevé en mars 2021.

L’indice des prix à la consommation (IPC) est retourné au niveau atteint avant la pandémie (en février 2020), uniquement en octobre. Les taux d’inflation des prochains mois seront donc mathématiquement élevés.

Les hausses de prix sont quand même bien réelles

En dépit de l’effet de base, il y a bel et bien des augmentations de prix. Plusieurs facteurs nous démontrent que l’inflation est de retour, mais son passage devrait s’avérer éphémère.

Un facteur clé de la hausse de l’inflation vient de l’augmentation des prix des produits de base durant la dernière année. En fait, les coûts de production sont dans l’ensemble à la hausse. Plusieurs facteurs expliquent cette poussée des prix.

Premièrement, la pandémie a renversé les comportements habituels des consommateurs. La demande de services fut limitée par les mesures sanitaires, tandis que la consommation de biens a augmenté.

La demande pour les produits comme les métaux et minerais, le bois et les produits agricoles a bondi durant la pandémie. Le hic, c’est que l’offre de ce type de produit a besoin de temps pour s’ajuster et ne peut donc pas répondre à des hausses soudaines de demande comme celles vécues actuellement.

La pandémie a également engendré des goulots d'étranglement dans le secteur du transport maritime, mettant encore plus de pression sur les coûts de production industrielle.

Ces hausses pourraient s’accentuer

Les politiques monétaire et fiscale très stimulantes ont, entre autres, engendré une croissance extrêmement rapide des agrégats monétaires. Il y a donc beaucoup de liquidité dans l’économie.

Bien qu’il y ait encore beaucoup d’incertitude quant à l’aboutissement de la pandémie, l’accélération de la campagne de vaccination devrait mener à la réouverture complète de l’économie canadienne d’ici quelques mois. Cette réouverture pourrait accélérer soudainement la vitesse à laquelle l’argent circule dans l’économie, ce qui pourrait aussi accentuer les pressions inflationnistes.

La Banque du Canada mise sur une correction modérée de l’épargne des ménages accumulée pendant la pandémie. Qu’arriverait-il, toutefois, si les ménages décidaient d’en consacrer davantage à la consommation? Et oui: plus d’inflation. C’est un risque bien réel alors que certaines économies rouvertes ont subi les effets de cette frénésie d’achat.

Mais, il y a un mais….

Il est important de distinguer les pressions inflationnistes à court-terme ou transitoires de celles qui sont systématiques et structurelles. D’une part, les prix des produits de base devraient certes continuer à augmenter cette année, et probablement pendant une bonne partie de 2022. Mais l’offre s’ajustera et sera alors capable de répondre à la demande, ce qui devrait ramener les prix à des niveaux plus soutenables.

Il ne faut pas non plus oublier que même si l’économie s’est montrée résiliente aux nouvelles vagues du virus, l’incertitude demeure et des mesures restrictives sont toujours en place à travers le pays. Plusieurs tendances de consommation observées depuis quelque temps ne perdureront pas dans un environnement post-COVID. Les préférences de consommation devraient se réajuster avec la réouverture des économies, de même que l’allocation budgétaire des ménages aux différents postes de dépenses.

D’autre part, la Banque du Canada a déjà adopté une politique monétaire moins souple. Elle a devancé toutes les autres banques centrales et a commencé à réduire son achat massif d’actifs hebdomadaire, passés de 4 à 3 milliards de dollars. Elle pourrait d’ailleurs mettre complètement fin à ce programme d’assouplissement quantitatif d’ici la fin de l’année, ce qui devrait calmer un tant soit peu les anticipations d’inflation.

On ne parle pas d’un retour définitif

Nul doute, l’inflation sera en hausse durant les prochains mois. Mais on ne s’attend pas à revivre la grande remontée des années 70-80 tant et aussi longtemps que les politiques monétaire et fiscale s’adapteront à la situation économique.

Mais attention, une inflation transitoire n’est pas synonyme d’inertie prolongée non plus. La Banque du Canada rehaussera le taux directeur éventuellement. En fait, de meilleures perspectives économiques ont ramené la révision au taux directeur à 2022, plutôt que 2023.

L’impact sur votre entreprise

  • Des pressions inflationnistes sont bien présentes et les entrepreneurs sont aux premières loges des hausses de coût importantes. La bonne nouvelle: les consommateurs devraient être capables d’absorber une partie de ces hausses.
  • L’inflation prévue dans les prochains mois ne devrait pas être le début d’une nouvelle tendance, mais bien un effet transitoire de la relance économique.
  • La réouverture de l’économie et des perspectives économiques favorables devraient quand même pousser la Banque du Canada à augmenter le taux directeur dès la deuxième moitié de 2022. Ceci dit, tout durcissement à la politique monétaire se fera lentement et graduellement.

Canadian economy at a glance

Un premier trimestre au-delà des attentes

On le répète depuis quelques mois, mais l’économie canadienne a su bien résister à la pandémie en 2021 dans l’ensemble. Sa performance est telle que la Banque du Canada a revu sa prévision de croissance à 6,5 % pour l’année. C’est une amélioration de 2,5 points de pourcentage comparativement aux projections initiales de janvier.

Et ça continue

La croissance mensuelle du PIB s’est poursuivie en février avec un gain de 0,4 % par rapport à janvier. Il s’agit du dixième mois consécutif d’augmentation au pays.

Malgré tout, il manque encore quelques points au PIB global avant d’atteindre le niveau de février 2020 (avant la pandémie). Les secteurs ayant des contacts plus étroits avec les consommateurs ont encore du fil à retordre. La dernière vague de COVID-19 et les restrictions sanitaires pour en limiter la propagation continuent de freiner leur reprise.

Les estimés préliminaires de Statistique Canada suggèrent une hausse du PIB de 0,9 % en mars – ce qui marquerait la plus forte croissance mensuelle depuis août 2020, soit depuis le début de la deuxième vague.

Une croissance mensuelle de cette envergure laisse augurer une reprise complète du PIB au début de l’été. Mais, une reprise généralisée de l’économie canadienne ne sera possible qu’une fois l’immunité collective atteinte, ce qui pourrait prendre plus de temps.

Quand ouverture rime avec croissance

La consommation est au cœur d’une reprise économique. Sans grande surprise, les ventes au détail ont connu une bonne croissance en février, ayant augmenté de 4,8 % en dollars et de 4,3 % en volume par rapport à janvier.

Évidemment, ces bons résultats sont en partie attribuables à la réouverture de certains commerces qui avaient fermé en janvier. Les ventes ont été particulièrement impressionnantes au Québec qui a enregistré une croissance de 19 % par rapport au mois précédent.

Cette performance prouve une fois de plus qu’une fois les restrictions levées, les consommateurs sont présents et prêts à dépenser. Par contre, ces données laissent également entendre que la reprise pourrait être désynchronisée entre les provinces qui font face à des situations bien différentes les unes des autres.

Le commerce en ligne continue d’être une option pour les régions où les magasins sont toujours fermés ou lorsque les produits disponibles sont limités par les mesures sanitaires. Les ventes en ligne ont reculé de janvier à février – probablement en raison de la réouverture des commerces avec pignons sur rue dans certaines provinces – mais demeurent en forte augmentation par rapport à l’an dernier.

Les ventes en ligne ont augmenté de 114,5 % en janvier et de 89,6 % en février par rapport à la même période l’année précédente.

Un pas en avant et un autre en arrière

L’emploi a reculé de 207 000 en avril. Comme prévu, les gains enregistrés en mars par les secteurs de la restauration, de l’hébergement, des arts et de la culture ont été totalement éclipsés en avril. Ce fut le cas pour le secteur du commerce de gros et détail également. La nouvelle vague de COVID-19 est encore une fois à blâmer…

Il manque toujours un demi-million d’emploi au pays avant de retrouver le niveau atteint avant la pandémie. Le recule dans le secteur de l’hébergement et de la restauration représente 70 % du déficit global canadien de l’emploi.

Le pouls de l’emploi suit le rythme des infections. Maintenant que plusieurs provinces ouvriront la vaccination à tous dans les prochaines semaines, la table est mise pour une solide reprise de l’emploi dès juin.

L’impact pour votre entreprise

  • La campagne de vaccination gagne du terrain dans l’ensemble du pays. Bien qu’il soit encore difficile pour les entreprises d’en sentir les effets, à cause de la troisième vague et des restrictions qui se poursuivent, la réouverture de l’économie est à nos portes.
  • Le commerce de détail a connu une bonne croissance en février, ce qui démontre que les entrepreneurs doivent garder ceci en tête: quand les commerces ouvrent, les consommateurs y dépensent.
  • La troisième vague et les nouvelles mesures sanitaires auront eu raison du marché du travail en avril. Cependant, une fois de plus, l'immunité collective grâce aux vaccins se dessine devant, ce qui est de bon augure pour un assouplissement des restrictions et une reprise de l'emploi.

U.S. economy at a glance

Vers un nouveau sommet

Les États-Unis ont été plutôt lents à réagir à la pandémie initialement. Il y a plus d’un an, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifiait la COVID-19 de pandémie, les mesures sanitaires chez nos voisins du sud demeuraient vagues. Les États-Unis font d’ailleurs état d’un bilan assez désastreux avec plus de 29 millions de cas et plus d’un demi-million de décès. Toutefois, depuis le début de l’année et l’avènement d’une campagne de vaccination sans précédent, les États-Unis ont rattrapé leur retard dans leur lutte contre le virus. Sa performance économique en témoigne.

L'économie retrouve sa taille d'avant la pandémie

La reprise américaine semble légèrement devancer la relance canadienne. Fort d’une augmentation de 6,4 % au rythme annualisé lors du premier trimestre de 2021, par rapport aux trois derniers mois de 2020, le PIB américain est maintenant moins d’un 1 % sous le niveau qui prévalait avant la crise (T4 2019).

Les chèques du plan de relance ont probablement porté fruit. Les Américains ont reçu cette aide financière directement dans leurs poches à deux reprises durant le trimestre, un premier versé en janvier et le second en mars. Les dépenses des consommateurs américains ont alors bondi de 10,7 %.

L’augmentation des revenus réels disponibles (+61,3 %) et du taux d’épargne laisse présager qu’une bonne part de ces transferts dorment encore dans les comptes de banque des consommateurs. L’épargne des ménages américains a atteint 20 % du revenu disponible au premier trimestre.

L’assouplissement des mesures sanitaires se poursuit dans tout le pays. Les ménages ayant les poches pleines devraient donc continuer à soutenir une croissance rapide au deuxième trimestre.

L’emploi retourne au neutre

L’assouplissement des restrictions et l’impulsion des plans de relance n’auront pas eu la portée à laquelle on s’attendait sur le marché de l’emploi en avril. Alors que le consensus anticipait des gains au-delà du million d’emplois, l’économie américaine en a ajouté seulement 266 000 durant le mois. D’autre part, les données de mars ont été révisées à la baisse à 770 000. Une diminution de presque 150 000 emplois comparée à la prévision initiale de 916 000.

Les gains, même si décevants, proviennent principalement des entreprises en lien direct avec les consommateurs et sont donc grandement attribuables à l’assouplissement des mesures restrictives au pays. Le secteur des loisirs et de l’hébergement, notamment, a progressé de 331 000 entre mars et avril. Le rebond de la population active a contrecarré la baisse potentielle du taux de chômage qui est passé de 6,0 % à 6,1 %.

La Réserve fédérale est campée

Malgré l’optimisme et la solide reprise économique, rien ne semble ébranler la Réserve fédérale.

Non seulement le président Jerome Powell n’a-t-il rien changé à la politique monétaire, mais il n’a même pas laissé planer l'ombre d'un doute d’en modifier sa direction, ne serait-ce que marginalement. La Réserve fédérale estime que les craintes d’inflation de long terme sont infondées et martèle que les effets de base et des facteurs transitoires alimenteront l’inflation dans les prochains mois.

Place à la croissance

Malgré le portrait très rose du premier trimestre, il y a encore place à la croissance pour l’économie américaine. Premièrement, la demande intérieure est forte et le secteur des services traîne derrière celui des biens. Or, la réouverture de l’économie est de bon augure pour le secteur des services. Déjà en mars, l’indice des directeurs d’achat du secteur a atteint le chiffre étonnant de 60,4. L'indice du mois d'avril était encore plus élevé, à 64,7, un record absolu qui annonce une forte expansion du secteur.

Deuxièmement, le pays affiche encore des capacités excédentaires en matière de main-d’œuvre, alors qu’il reste au-delà de 8,2 millions d’emplois à recouvrir avant d’atteindre le sommet de février 2020.

L’impact sur votre entreprise

  • La demande américaine a déjà bien récupéré et la tendance devrait se poursuivre dans les prochains mois. En tant que principal partenaire, les entreprises canadiennes devraient bénéficier de cette effervescence.
  • Contrairement à la Banque du Canada, la Réserve fédérale n’a pas modifié sa politique monétaire et les propos de son président J. Powell ne laissent présager aucun durcissement de la politique monétaire américaine de si tôt. Ceci devrait pousser le dollar canadien à s’apprécier par rapport à la devise américaine. Préparez-vous à une hausse du taux de change.
  • La reprise de l’emploi a du retard sur celle de l’économie et de la consommation aux États-Unis. Le bilan du marché du travail d’avril donne raison à la Réserve fédérale comme quoi un retour inclusif au plein-emploi prendra plusieurs mois malgré un contexte économique et sanitaire favorable.

Oil market update

Le pétrole remonte, mais la pandémie regagne du terrain

Les indices de référence du pétrole ont augmenté malgré la recrudescence mondiale de cas de COVID-19. Le baril de Brent s’échangeait à 67 $US et le baril américain de WTI a oscillé légèrement en deçà, à 64 $US.

La reprise de l’économie américaine et la faiblesse de son dollar, jumelées à des perspectives économiques plus fortes à l’échelle mondiale, l’ont emporté sur les inquiétudes liées à l’augmentation des cas de COVID-19 dans le monde, spécifiquement en Inde, depuis la mi-avril. Mais la situation est maintenant alarmante dans ce pays qui est un important importateur de pétrole.

Où s’en va la demande de brut?

La demande de pétrole dépend de l’évolution de la pandémie dans le monde et de la reprise économique. Or, en ce moment, ces deux forces s’opposent.

Bien que les nouveaux cas quotidiens de COVID-19 atteignent un sommet mondialement, la demande de pétrole a été revue à la hausse par plusieurs observateurs. Les perspectives économiques se sont améliorées dans plusieurs pays industrialisés et la réouverture de ces économies devrait compenser en partie les ralentissements ailleurs sur la planète.

Les perspectives américaines viennent en tête de liste. Celles-ci n’ont pas seulement gagné en force, mais la campagne de vaccination se déroule à une telle vitesse que tous les Américains éligibles devraient avoir reçu au minium une première dose avant la fin juin. Ce qui laisse présager un devancement de la réouverture complète de leur économie. Même la ville de New York s’attend à rouvrir complètement dès le 1er juillet.

Étant évidemment le principal consommateur de produit pétroliers, le retour à une quasi normalité des activités dans ce pays explique en grande partie la révision de la demande mondiale de pétrole par l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport d’avril. Elle prévoit une augmentation de la demande de 5,7 Mb/j en 2021, par rapport à l’année précédente, pour atteindre 96,7 Mb/j. Les prévisions au premier trimestre ont baissé à cause des confinements en Europe, mais les révisions haussières pour les trimestres subséquents contrebalancent davantage la perte du début d’année.

Ces prévisions ont été faites avant que la situation ne dégénère davantage en Inde – troisième plus grand consommateur de brut – qui fait face à une véritable crise humanitaire.

Les répercussions sur la demande de pétrole seront probablement plus importantes que ce à quoi s’attendaient initialement plusieurs analystes, alors que les chaînes d’approvisionnement se verront chamboulées une fois de plus.

Et l’offre? C’est plus simple…

Alors que les anticipations quant à la demande de pétrole balancent d’un côté et de l’autre à chaque mois, la direction que prendra l’offre dans les prochains mois est plus limpide: vers le haut. L'organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, connus sous le nom d'OPEP+, se sont entendus pour augmenter la production dès ce mois-ci.

Déjà en avril, la production de pétrole de l'OPEP a augmenté malgré l'accord de l'organisation visant à maintenir les réductions de production au cours du mois. Cependant, la production a tout de même augmenté car certains membres de l'OPEP, dont l'Iran, ont été exemptés de ces restrictions.

Malgré les sanctions américaines, l'Iran a réussi à augmenter ses exportations de brut. Sa production a atteint 2,5 millions de barils par jour en avril, selon une enquête de Reuters. Il s'agit d'une augmentation de 200 000 barils par rapport à mars.

En bref…

Les prix du brut ont remonté tranquillement en avril alors que les perspectives économiques s’améliorent dans plusieurs pays industrialisés. La forte croissance attendue suite à la réouverture de l’économie américaine aura poussé plusieurs analystes à réviser à la hausse leurs prévisions de demande mondiale de pétrole.

Cependant, la situation épidémiologique s’est rapidement dégradée en Inde, brouillant ainsi ces anticipations à court et moyen terme. D’autre part, l’offre de pétrole de l’OPEP a déjà commencé à augmenter en avril, à cause de la situation en Iran, et augmentera davantage en mai puisque les limites imposées par l’entente sont en partie levées désormais. Au final, les prix devraient demeurés dans leur fourchette actuelle.

Other economic indicators

Changement de cap à la Banque du Canada

Tel qu’anticipé, le Gouverneur Macklem a annoncé le 21 avril le durcissement de la politique monétaire canadienne en réduisant le rythme du programme d’assouplissement quantitatif. La Banque procédait à l’achat d’obligations gouvernementales à hauteur d’au moins 4 milliards de dollars par semaine depuis l’automne. Ce sera désormais 3 milliards de dollars. Considérant le bon déroulement de la campagne de vaccination au pays et la résilience de l’économie canadienne depuis la deuxième vague de COVID-19, la Banque a revu à la hausse les perspectives économiques dans son plus récent rapport. On y souligne également que la hausse du taux directeur pourrait être devancée à la deuxième moitié de 2022 plutôt qu’en 2023.

Le huard grimpe à 0,82 $US

Le dollar canadien se maintient au-dessus de 0,80 $US depuis quelques semaines. La montée en flèche des prix des matières de base était en grande partie responsable de l’appréciation du huard depuis le début de l’année. Plus récemment, l’annonce de la Banque du Canada de diminuer son programme d’achat d’obligations, devançant ainsi toutes les autres grandes banques centrales, dont la Réserve Fédérale, a propulsé le huard plus haut encore. En un peu plus d’une dizaine de jours, le dollar canadien a gagné deux cents sur le dollar américain. Au début du mois de mai, il se trouvait au-dessus de 0,82 $US, un sommet en près de quatre ans.

La 3e vague de COVID-19 entache l’optimisme des entrepreneurs en avril

Selon les derniers résultats de l’enquête auprès des entreprises de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), la confiance des entreprises envers l’économie canadienne pour les douze prochains mois a légèrement reculé en avril par rapport à mars. L’indice de long-terme a perdu presque cinq points, mais demeure plutôt positif à 63.4. L’indice de court-terme, qui évalue les perspectives sur trois mois, lui, est resté plutôt stable passant de 52.2 en mars à 50.8 en avril. Il y a donc autant d’entrepreneurs qui s’attendent à de meilleurs résultats pour les trois prochains mois que ceux qui entrevoient une performance plus faible. Ces données de la FCEI confirment qu’il est toujours difficile pour les entreprises de voir la lumière au bout du tunnel. L’accumulation des restrictions sanitaires semble l’emporter sur le bon déroulement des campagnes de vaccinations au pays.

La vaccination s’accélère au pays

La vaccination est probablement le meilleur baromètre de l'économie ces jours-ci. La reprise économique est limitée par les restrictions imposées pour lutter contre la propagation du virus, et non en raison de contraintes économiques (contrairement aux récessions précédentes).

Les restrictions et confinements ont été levées dans la majeure partie du Royaume-Uni en avril grâce au succès de la campagne de vaccination. Plus de 50 % des adultes britanniques sont désormais vaccinés. Les États-Unis suivent de près avec 45 % de la population adulte vaccinée. Par conséquent, l'économie américaine devrait également rouvrir complètement ses portes d'ici la fin du mois de juin.

C'est encourageant pour l'économie canadienne qui lutte encore contre une 3e vague du virus et pour les entreprises contraintes de fermer. En effet, la bonne nouvelle est que la vaccination s'est accélérée dans le pays et que l'accès aux vaccins a été élargi dans plusieurs provinces. Bien qu'il faille attendre quelques mois avant d'atteindre l'immunité collective, l'économie pourrait rouvrir dans les prochaines semaines. Par exemple, la Saskatchewan a atteint le premier seuil de vaccination contre le COVID-19 prévu dans son plan de réouverture et est prête à entamer la première phase de son plan. Si la situation aux États-Unis et au Royaume-Uni est une indication de ce que l'avenir réserve au Canada, les propriétaires d'entreprises devraient s'en réjouir.

Indicateurs clés: Canada

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