Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Lettre économique mensuelle

Décembre 2020

Article vedette

Ça va (mieux) aller: 2021 enfin à nos portes

21 éléments qui façonneront la reprise en 2021

L’année qui tire à sa fin laissera un goût amer dans la bouche de bien des entrepreneurs. Heureusement, 2021 est déjà prometteur, malgré des défis encore importants à résoudre. Cette lettre économique présente 21 éléments qui auront un impact sur le climat macroéconomique dans lequel les entrepreneurs évolueront.

Les perspectives sanitaires

1. Au cours des prochains mois, la trajectoire de l’économie dépendra avant tout de la progression de la pandémie. Bien que le nombre de nouveaux cas d’infections à la COVID-19 soit plus faible au Canada qu’ailleurs dans le monde (graphique), plusieurs provinces mettent en place de nouvelles mesures visant à limiter la propagation du virus. Règle générale, plus les règles sont strictes, plus l’économie s’en trouve affectée. On ne s’attend pas à un relâchement avant le printemps.

2. L’arrivée d’un vaccin semble proche. Plusieurs sociétés pharmaceutiques rapportent des taux d’efficacité surpassant les 90 % – une avancée inédite en si peu temps. En attente d’approbation des autorités sanitaires, bien des questions demeurent quant à la logistique de leur distribution à l’échelle planétaire.

Le Canada a commandé suffisamment de doses pour théoriquement atteindre l’immunité collective. Mais, des goulots d’étranglement pourraient forcer la vaccination prioritaire de certains groupes. Ce qui entraînerait, pendant un certain temps, le maintien de mesures sanitaires et de restrictions qui seraient toutefois moins sévères que maintenant.

L’économie canadienne

3. Une contraction de l’économie prévue de 5,5 % en 2020 sera suivie en 2021 par une croissance du PIB canadien de 4 % à 4,5 %, selon la disponibilité d’un vaccin à grande échelle. Le ralentissement de l’économie canadienne, observé au dernier trimestre de 2020, devrait se poursuivre en début d’année.

4. Quelques secteurs se sont bien tirés d’affaire en 2020, dont le commerce de détail et le marché de l’immobilier. L'aide continue au revenu disponible des ménages affectés par la pandémie devrait soutenir la consommation. Le repli important de l’immigration en 2020, combiné à des conditions de prêts hypothécaires plus contraignantes, pourraient limiter le potentiel du secteur immobilier, particulièrement dans les centres urbains.

5. Les investissements demeureront globalement faibles, alors que les entrepreneurs prioriseront l’amélioration de leur situation financière. Ils ont néanmoins l’intention d’investir davantage en technologie, notamment pour améliorer leurs capacités de vendre en ligne et de travailler à distance.

6. Pour les secteurs plus affectés par la pandémie, comme l’hébergement (graphique), le transport ou la restauration, la reprise sera malheureusement limitée en 2021. Malgré la venue prochaine d’un vaccin, des mesures sanitaires pourraient être maintenues jusqu’à l’atteinte de l’immunité collective. Le tourisme international devra également attendre quelques années avant de s’en remettre complètement.

7. Oubliez les scénarios de reprise économique en U, V, W, ou L. Il est de plus en plus clair que la reprise en cours suit une forme en K: une reprise rapide pour certains secteurs de la société (V), tandis que d’autres subissent l’essentiel des conséquences économiques liées à la pandémie (L). Les femmes, les jeunes et les immigrants ont également moins bien profité que la moyenne de la reprise économique entamée en mai, selon les statistiques sur l’emploi.

8. La situation sanitaire limitera la reprise de la demande en pétrole au moins pour la première moitié de l’année. Les stocks élevés accumulés à ce jour laissent entrevoir des perspectives limitées de hausses de prix. Le maintien des cours actuels dépendra donc du maintien de la coopération de l’OPEP+. L’opposition de l’administration Biden à Keystone XL représente également un risque pour les producteurs canadiens. (voir l’onglet sur le pétrole pour plus de détails).

9. Le dollar canadien, qui s’est raffermi depuis le début de la reprise, devrait se maintenir dans une fourchette de 0,75 $US à 0,78 $US, en l’absence de soubresauts notables pour le marché du pétrole. La convergence anticipée des politiques monétaires des deux pays jusqu’en 2023 devrait limiter la volatilité du huard face au dollar américain.

10. Il faudra suivre de près le taux de survie des entreprises. Nos sondages indiquent que 87 % des entrepreneurs canadiens s’attendent à être toujours en activité dans un an. Moins les entreprises seront inactives longtemps, plus leurs chances de rebondir seront élevées.

En août, il y avait 9 % moins d’entreprises actives qu’en moyenne en 2019. La situation s’est probablement détériorée depuis, dans la foulée du renforcement de mesures sanitaires dans plusieurs provinces. Le gouvernement s’efforce de maintenir en place des programmes d’aide pour venir en aide aux entrepreneurs. Plus d’entreprises fermeront leurs portes, plus laborieuse sera la reprise économique.

Sur la scène internationale

11. Les yeux resteront tournés vers la Chine. Première frappée par le virus, l’économie chinoise a depuis connu une reprise en V qui en fait la seule grande économie à afficher une croissance du PIB en 2020 (1,9 %). Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à une croissance de 8,2 % en 2021.

12. 2021 sera également une année de reprise dans l’ensemble des économies avancées. Les pays les plus touchés d’Europe en 2020, dont la France, l’Italie et le Royaume-Uni, devraient connaître une croissance excédant les 5 %, selon le FMI qui ne s’attend toutefois pas à ce qu'ils retrouvent l’an prochain leur niveau d’activité économique précédant la crise.

13. Les exportations de biens avaient repris du mieux au cours de l’été, atteignant 95 % du niveau atteint l’année précédente, selon l’OCDE. Néanmoins, des courants protectionnistes continuent de gagner du terrain. En octobre, le FMI recensait 120 nouvelles restrictions aux exportations en 2020. Cette tendance est à surveiller pour les exportateurs canadiens.

14. Dans le même ordre d’idée, le 31 décembre marquera la mise à exécution du Brexit. Au moment d’écrire ces lignes, une entente entre le gouvernement britannique et l’Union européenne n’était pas encore signée. Les perspectives d’un Brexit dur demeurent, avec des conséquences économiques qui pourraient être lourdes (tarifs, contrôles douaniers étanches, défis logistiques liés à la frontière avec l’Irlande).

15. En contrepartie, de nouveaux accords de libre-échange pourraient contrer ces tendances au protectionnisme. En novembre, le Royaume-Uni et le Canada se sont entendus sur la poursuite des termes de l’Accord économique et commercial global qui demeurent également en vigueur entre le Canada et l’Union européenne.

À l’autre bout du monde, le plus vaste accord de libre-échange vient d’être signé: le Partenariat régional économique global (RCEP). Cet accord regroupe 15 économies de l’Asie-Pacifique, dont l’Australie, la Chine, la Corée du sud et le Japon, représentant 30 % du PIB mondial. Cette entente pourrait mettre de la pression sur l’administration Biden pour réintégrer l’accord transpacifique.

16. La protection de l’environnement devrait revenir à l’avant-scène au cours des prochaines années. La volonté du nouveau président Biden de voir les États-Unis rejoindre l'accord de Paris donnera le ton. L’engagement formel du Canada à atteindre la carboneutralité d’ici 2050 pourrait influencer la mise en place de nouvelles mesures environnementales.

17. Il y aura peu d’élections notables en 2021, sauf celle d’octobre en Allemagne qui marquera la fin des 16 ans d’Angela Merkel comme chancelière du pays. L’élection en Iran pourrait avoir un impact sur la géopolitique au Moyen-Orient.

Aux États-Unis

18. Après une contraction du PIB de 3,6 % en 2020, la reprise se poursuivra aux États-Unis et son économie devrait croître de 3 % à 3,5 % en 2021.

19. Le deuxième tour des élections sénatoriales en Géorgie le 5 janvier aura un impact important sur la mise en application de l’agenda du président-élu Joe Biden, qui entre officiellement en fonction le 20 janvier. La victoire des deux démocrates (jugée improbable à l’heure actuelle) donnerait le contrôle du Sénat aux Démocrates. Tout autre résultat nécessiterait des compromis avec les Républicains de la chambre haute, du moins jusqu’aux élections de mi-mandat de 2022.

20. Une entente sur la prolongation du plan d’aide économique sera nécessaire, sans quoi plus de 10 millions d’Américains perdront leurs prestations de chômage financées par le gouvernement fédéral d’ici la fin de 2020. Cette incapacité du Congrès à s’entendre pourrait avoir un impact notable sur la consommation en 2021, en plus du coût humain qu’elle entraîne.

BDC et les entrepreneurs

21. Finalement, la ténacité des entrepreneurs sera nécessaire, alors que 2020 sera une année à oublier pour plusieurs. La BDC publie régulièrement du contenu visant à conseiller et renseigner sa clientèle quant aux façons de tirer son épingle du jeu dans ce contexte particulier. Joyeuses Fêtes!

Perspectives Canada

Un élan freiné par la deuxième vague

Alors que la croissance ralentit, les déficits demeureront élevés pendant plusieurs années

Les données économiques brossent le portrait d’une reprise, entrée dans sa deuxième phase, qui sera plus lente et laborieuse.

Le revenu des ménages, demeuré plus élevé qu’avant la crise, a contribué à soutenir les ventes au détail au troisième trimestre. Pendant ce temps, des déficits d’envergure s’accumuleront ces prochaines années, indique la mise à jour économique automnale du gouvernement fédéral dont l’aide financière a contribué à augmenter le revenu disponible.

Croissance record au troisième trimestre

L’économie canadienne a connu au troisième trimestre (juillet à septembre) la croissance la plus fulgurante de son histoire (+40,5 % en taux annualisé), rapportait Statistique Canada. Cette augmentation faisait évidemment suite au pire trimestre (-38,1 % annualisé) jamais enregistré.

Le PIB réel était toujours en recul de 5,3 % par rapport au dernier trimestre (T4) de 2019. Derrière cette perte de terrain se cachent toutefois des secteurs en croissance. Ainsi, malgré une baisse des dépenses des ménages de 5 %, la consommation de biens est en hausse de 4,8 % sur cette même période. Comme les mesures sanitaires affectent davantage les services, les dépenses dans ce secteur demeuraient en baisse de 12,4 % par rapport au T4 2019.

Autre dénouement inattendu: les investissements immobiliers surpassaient de 10,3 % ceux enregistrés au T4 2019.

En revanche, les investissements des entreprises étaient en baisse (-13,5 %) par rapport au niveau précédant la crise. Les exportations affichaient un recul de 8,7 %, comparativement à T4 2019. Cette baisse est principalement attribuable aux difficultés liées aux exportations de services (-21,5 %). Les exportations de biens étaient en baisse de 5,5 % pendant cette même période.

L’élan des derniers mois tire vraisemblablement à sa fin. Le resserrement des mesures sanitaires risque d’affecter la performance de plusieurs industries. Les données préliminaires suggèrent une croissance du PIB de 0,2 % en octobre – la plus faible depuis l’amorce de la reprise. Une telle performance amènerait l’activité économique à 4 % de son sommet antérieur.

Les gains futurs seront plus difficiles à engranger. Il faudra probablement attendre jusqu’à 2022 pour retrouver les sommets précédents. Notre scénario de base table sur une période de récupération d’environ 27 mois. L’efficacité du programme de vaccination pourrait retrancher quelques mois à cette projection.

Le revenu des ménages toujours plus élevé qu’à l’ère pré-COVID

Les Canadiens ont continué de bénéficier des programmes d’aide au cours du troisième trimestre. Le revenu disponible, qui a légèrement reculé comparativement au T2 2020, était 8 % plus élevé qu’avant la crise.

Les transferts des administrations publiques sont 41 % plus élevés qu’au début de l’année, alors que la rémunération des employés, grâce à la récupération d’emplois ces derniers mois, n’affiche qu’un retard de 1 %.

Les ventes de détail battent ainsi de nouveaux records et le taux d’épargne reste élevé, atteignant les 14,6 % au T3 2020. Cela est de bon augure pour la consommation au cours des prochains mois, malgré l’état la pandémie.

Ces résultats se font toutefois en contrepartie de déficits historiques.

Le déficit canadien atteindrait 381,6 milliards de dollars pour l’année 2020-2021 (17,5 % du PIB), estimait le gouvernement fédéral lors de sa mise à jour automnale du 30 novembre. Il pourrait même atteindre les 400 milliards de dollars si la deuxième vague devait empirer.

Ce déficit historique serait suivi d’au moins cinq autres années de déficits, dont celui de l’an prochain qui atteindrait 121,2 milliards de dollars. L’énoncé économique mettait aussi la table pour des dépenses de stimulation qui pourraient atteindre les 100 milliards de dollars, pendant trois ans, lorsque l’économie sera en mesure de les absorber.

La dette fédérale excèdera les 50 % pour la première fois depuis la fin des années 1990.

19 % des emplois toujours à récupérer

Autre évidence du ralentissement de la croissance: 62 100 emplois nets ont été créés en novembre au Canada, portant le total à 2,4 millions depuis mai. Cela correspond à 81 % des 3 millions d’emplois perdus en début de crise, ce qui se compare favorablement aux 56 % d’emplois récupérés aux États-Unis.

Le taux de chômage canadien est passé de 8,9 % à 8,5 %.

À l’instar du PIB, le ralentissement de l’économie risque de limiter la création d’emplois au cours des prochains mois, comme en témoigne la perte de 23 800 emplois dans le secteur de l’hébergement et de la restauration.

À ce jour, le niveau d’heures travaillées dans ce secteur atteint seulement 74 % de celui observé en février dernier. Il faudra probablement attendre le printemps avant d’y voir une création d’emplois significative.

L’impact sur les entrepreneurs

  • Après une croissance record au troisième trimestre, la table est mise pour une fin d’année moins vigoureuse. La situation continuera de s’améliorer, mais à un rythme plus faible, particulièrement au cours des prochains mois.
  • La prochaine phase de la reprise nécessitera ainsi l’immunité de masse, qui passe par un programme de vaccination efficace. D’ici-là, les ventes au détail et les exportations connaîtront des gains plus limités.

Perspectives États-Unis

À l’aube d’un «hiver sombre»

Alors que la pandémie s'aggrave, les données économiques sont mitigées

Le mois de novembre a vu une nette augmentation des cas d’infections quotidiens à la COVID-19 – fracassant même les records de quelque 200 000 à la veille des célébrations du Thanksgiving. Même si certains indicateurs économiques demeurent vigoureux, les données liées à l’emploi montrent un ralentissement certain de l’économie.

Entre le besoin de contrôler la pandémie et le désir de tenir l’économie à flot, le président-élu Joe Biden a averti les Américains qu’un «hiver sombre» est à leurs portes.

Le pays faisait néanmoins preuve d’une certaine confiance et résilience. Les marchés boursiers ont accueilli favorablement la nomination de Janet Yellen au Trésor, ainsi que le début de la transition vers une nouvelle administration à compter du 20 janvier prochain.

De bonnes nouvelles, mais l’emploi déçoit

Il y a eu des nouvelles encourageantes ces dernières semaines. D’abord, l’estimation de la croissance du PIB pour le troisième trimestre restait inchangée, à +7,4 % (+33,1 % annualisé). En octobre, les ventes au détail étaient en hausse de 0,3 %, soit une augmentation de 5,7 % sur un an. La croissance était aussi au rendez-vous pour les mises en chantier (+4,9 %) et les ventes de biens durables (+1,3 %).

Cet élan ne s’est toutefois pas répercuté sur le marché du travail en novembre: 245 000 emplois se sont ajoutés à l’économie américaine, portant la création totale à 12,3 millions depuis le début de la reprise économique (56 % des 22,2 millions d’emplois perdus au printemps). Le taux de chômage est passé à 6,7 % – son niveau le plus faible depuis le début de la pandémie.

Le ralentissement du marché du travail était attendu, dans la mesure où plusieurs États ont resserré leurs mesures visant à contrer la propagation du virus. Les licenciements, qui demeurent historiquement élevés, ne donnent pas de signes d’amélioration depuis la fin de l’été et ont même été en hausse pendant deux semaines consécutives en fin novembre. Avec la faible croissance économique anticipée dans les prochains mois, ces nouveaux licenciements ne se traduiront pas en de nouvelles embauches avant un certain temps.

L’expiration de mesures d’urgence menace les liquidités des ménages

Le revenu personnel a reculé de 1 % en octobre, mais restait plus élevé qu’en début d’année (+4 % par rapport en janvier). Ce recul mensuel est attribuable à la réduction des transferts du gouvernement aux ménages (-6 %), qui n’a pas été compensée par la hausse de la rémunération des employés (+1 %), tributaire de la progression moins rapide du marché de l’emploi.

Les transferts sont toujours en hausse de 20 % par rapport à leur niveau précédant la crise. Ils font cependant l’objet d’une discorde politique au Congrès, et ce, malgré l’incertitude entourant la reprise économique.

Les allocations de chômage mises en place en mars dans le cadre du plan de relance CARES Act, viennent à expiration le 31 décembre. Environ 13 millions d’Américains toucheraient présentement de telles prestations. Si certains chômeurs pourraient obtenir un supplément d’aide de leurs États respectifs, cette option risque de ne s’appliquer qu’à un nombre restreint d’entre eux.

Une entente semble improbable d’ici le début du mandat de Joe Biden, le 20 janvier 2021. L’aide aux ménages risque donc d’être reportée à février et ce climat d’incertitude les amènerait à être plus prudents au cours des prochains mois.

La confiance au rendez-vous, malgré les circonstances

Les ménages étaient moins confiants en novembre, selon l’indicateur du Conference Board qui est passé de 101,4 à 96,1 – un creux remontant à août. Ce résultat était relativement prévisible, compte tenu des effets de la troisième vague qui fait rage aux États-Unis. Les intentions liées aux achats de biens durables (nouvelle voiture, maison) étaient par ailleurs en hausse.

On note une légère détérioration pour les entreprises œuvrant dans le secteur manufacturier. L’indice ISM est passé de 59,3 à 57,5. Le recul de la composante liée à l’emploi (53,2 à 48,4) a contribué à cette variation mensuelle.

Le secteur des services a connu une tendance similaire. L’indice ISM est effectivement passé de 56,6 à 55,9.

Finalement, notons la nomination au Trésor américain de Janet Yellen, qui deviendrait la première femme à occuper ce rôle advenant sa confirmation par le Sénat. Les marchés boursiers ont particulièrement apprécié la nouvelle, alors que l’ancienne présidente de la Réserve fédérale est reconnue comme étant favorable aux mesures budgétaires expansionnistes.

L’impact sur le Canada

  • La détérioration de la situation liée à la pandémie, jumelée au marché du travail vacillant, laisse entrevoir des difficultés pour l’économie américaine au cours des prochains mois.
  • Une entente pour un plan de relance économique tarde. Il faudra probablement attendre que la prochaine administration prenne les rênes, ce qui repoussera probablement à février l’aide aux ménages toujours affectés par la pandémie.
  • Ces conditions posent un risque à la consommation américaine et, par conséquent, aux exportations canadiennes qui avaient présenté une embellie ces derniers mois.

Point sur le marché du pétrole

L’optimisme lié au vaccin entraîne une hausse du pétrole

La deuxième vague a moins d’impact sur les cours que les perspectives d’un retour à la quasi-normale dans la deuxième moitié de 2021

Après un mois d’octobre volatil, les cours du pétrole ont connu une hausse ininterrompue en novembre, au point d’atteindre des niveaux équivalents à ceux de mars dernier, avant l’imposition de mesures de confinement à l’échelle de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

Le cours du West Texas Intermediate (WTI), l’indice de référence nord-américain, est passé de 39 $ à 46 $US le baril. Le Western Canadian Select (WCS) a affiché la même tendance, alors que les prix ont augmenté de 28 à 34 $US.

Les prochaines sections détaillent les attentes liées au marché du pétrole pour l’année à venir.

Une reprise de la demande en deux temps

En date du mois d’août, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la demande en produits liés au pétrole commençait à stagner aux États-Unis: la demande en essence demeurait relativement inchangée (-10 % par rapport à 2019), tout comme celle en carburant pour avions (-40 %).

Malgré des plans de déconfinement progressifs annoncés en France et en Allemagne à partir de janvier, la tendance globale ne risque pas de s’améliorer. L’Europe et l’Amérique du Nord, qui sont la source de 40 % de la demande internationale en pétrole, verront leurs citoyens limiter leurs déplacements, au moins jusqu’au printemps.

Ce sont donc les perspectives à plus long terme qui ont permis aux cours de pétrole de gagner du terrain. Deux vaccins en cours de développement (Pfizer/BioNTech et Moderna) sont particulièrement prometteurs, affichant à ce jour des taux d’efficacité surpassant les 90 %. Une distribution rapide du vaccin pourrait entraîner la fin de la sévérité des mesures actuelles de confinement avant l’automne prochain.

Une reprise plus normale des déplacements devrait s’ensuivre, bien que le télétravail risque de se prolonger. Le tourisme international ne retournera probablement pas à ses sommets antérieurs avant plusieurs années. D’autant que le transporteur aérien australien Qantas prévoit exiger des preuves d’immunité à la COVID-19 avant de desservir ses clients à l’international. Son PDG s’attend également à l’adoption d’une telle pratique par l’ensemble de l’industrie. Ce genre d’obstacles pourrait retarder le retour à la normale de plusieurs industries dépendant de la bonne tenue du tourisme.

Bref, l’AIE anticipe une croissance de la demande en pétrole de 91,3 millions de barils par jour (mb/j) à 97,1, en 2021. Le retour aux 100 mb/j ne serait atteint qu’en 2022.

Les producteurs devront demeurer disciplinés

Malgré des différends entre certains membres de l’OPEP+, l’offre en pétrole a su s’ajuster au ralentissement de la demande lors de la première vague d’infections à la COVID-19. Après plusieurs mois de reprise, la stagnation de la demande au cours des prochains trimestres pourrait tester la patience des membres de l’OPEP+, qui ont à ce jour respecté avec discipline leurs coupures de production.

Après une surproduction notable lors de la première moitié de 2020, l’AIE prévoit que la demande devrait néanmoins surpasser la production au cours des derniers mois de l’année, et entraîner une diminution des stocks qui demeuraient élevés en septembre, à près de 3,2 milliards de barils.

Le retrait de 7,7 mb/j de production de l’OPEP+ des marchés pétroliers devait passer à 5,8 mb/j de janvier 2021 à avril 2022. Plusieurs experts s’attendaient toutefois à ce que le niveau actuel de réduction soit largement reconduit au cours des prochains mois, étant donné le degré d’incertitude actuel lié à la demande. Or, les producteurs se sont justement entendus sur une hausse limitée de 0,5 mb/j. Ces perspectives ont contribué à l’élan des prix du brut ces dernières semaines.

Selon les estimations de l’AIE, si ces coupures n’étaient pas reconduites, la production se maintiendrait à environ 95 mb/j en 2021. Ce niveau serait inférieur à la demande projetée et donc suffisant pour entraîner une diminution des inventaires de pétrole brut accumulés lors des deux premiers trimestres de 2020, ce qui laisserait toutefois les stocks élevés au moins jusqu’en 2022.

L’impact sur le Canada

L’élan actuel est prometteur pour les producteurs canadiens.

La confiance des consommateurs et des entrepreneurs, globalement, demeure élevée dans les circonstances. Les perspectives d’un retour à la quasi-normale dans la deuxième moitié de 2021 sont de bons augures pour le secteur pétrolier. Les nouvelles entourant l’échéancier de distribution à grande échelle d’un vaccin auront un impact sur les cours du pétrole.

Les prix actuels encouragent la reprise des activités de forage dans les provinces productrices de pétrole. La production canadienne devrait ainsi retrouver ses sommets de 2019 dès l’an prochain, estime l’AIE.

Toutefois, les perspectives à plus long terme demeurent incertaines et les investissements dans le secteur s’en trouveront plus limités – ce qui risque de prolonger le temps nécessaire pour le plein rétablissement de l’économie albertaine. La transition vers les énergies renouvelables et le passage progressif à des voitures moins énergivores continuera d’empiéter sur le besoin en or noir.

Autres indicateurs économiques

La banque centrale demeure prudente

La prudence reste de mise alors que l’économie canadienne fera face à de nombreux défis au cours des prochaines années, a prévenu le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, lors de sa déclaration préliminaire devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes, le 26 novembre dernier.

Entre autres, les investissements des entreprises devraient rester modérés avant de rebondir. Ce que confirment nos sondages sur les intentions d’investissements: à l’exception des investissements en technologie, les entrepreneurs seront prudents avant de délier les cordons de la bourse. Le redressement de leurs finances aura préséance.

M. Macklem s’attend également à ce que la politique de détente monétaire exceptionnelle se poursuive tant que l’économie tournera sous son potentiel, soit jusqu’en 2023. Il en va de même de son programme d’assouplissement quantitatif.

Le dollar canadien atteint les 0,78 $US

La devise canadienne s’est maintenue autour des 0,77 $US ces dernières semaines et a même atteint 0,78 $US en début décembre.

Même si l’élan du marché du pétrole n’est pas étranger à cette appréciation, c’est principalement une dépréciation du dollar américain face à plusieurs devises internationales qui explique la force relative du huard.

La confiance des entrepreneurs se maintient malgré la deuxième vague

En novembre, l’indice de confiance des entrepreneurs de la FCEI a augmenté pour la première fois depuis juillet, gagnant 2,4 points pour atteindre 55,7. Un indicateur supérieur à 50 indique que les entrepreneurs s’attendent à une amélioration de l’environnement d’affaires au cours des 12 prochains mois.

Toutefois, le recul de l’indicateur à plus court terme (trois prochains mois) à 35,2 montre que les entrepreneurs sont bien conscients de la détérioration de la situation causée par la propagation de la pandémie. Bref, les entrepreneurs sont réalistes face aux difficultés économiques des prochains mois, mais sont d’avis que l’économie reprendra de la vigueur à plus long terme.

L’ensemble des secteurs était en territoire expansionniste (plus de 50), exception faite du secteur de l’hébergement et de la restauration (48,6). Un résultat prévisible, dans la mesure où ce secteur est le plus touché par les nouvelles mesures de confinement. Le taux de capacité d’utilisation est demeuré stable à 70,6 %, ayant peu varié depuis août, et correspond au ralentissement attendu du PIB au quatrième trimestre.

Les hausses de prix accélèrent

Le taux annuel d’inflation est passé de 0,5 % à 0,7 % en octobre, un sommet depuis le début de la pandémie. L’inflation fondamentale, qui exclut les biens et services dont les prix sont les plus volatils, a également atteint son niveau le plus élevé depuis février, à 1,8 % (moyenne des trois mesures de la Banque du Canada).

La faiblesse de l’économie a pesé sur les prix de l’essence (-12,4 % sur un an) et des vêtements et chaussures (-4,0 %). L’inflation a pris du tonus pour les aliments, passant de 1,6 % à 2,3 % en octobre, mais est demeurée stable dans l’ensemble des autres secteurs.

Bien que plusieurs entreprises rapportent des hausses de coûts attribuables aux mesures sanitaires, la faiblesse persistante de la demande en empêche plusieurs de refiler une partie de la facture aux consommateurs. Les programmes d’aide gouvernementaux aux ménages continuent de soutenir la consommation et de limiter les pressions à la baisse sur les prix.

La Banque du Canada s’attend à ce que l’inflation n’atteigne sa cible de 2 % qu’en 2023.

Indicateurs clés: Canada

BDC LÉM décembre 2020 indicateurs clés Agrandir le tableau

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