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Assiste-t-on à la montée du capitalisme 2.0 en Colombie-Britannique?

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La côte ouest qui montre au reste du Canada à quoi l’avenir pourrait ressembler, cela n’a rien de nouveau. L’Assemblée législative de la Colombie-Britannique est la première au Canada à reconnaître la hausse du nombre d’entrepreneurs rejetant délibérément la primauté des actionnaires. La province débat actuellement d’un projet de loi, la Business Corporation Amendment Act, 2018, qui vise à appuyer les entrepreneurs faisant œuvre utile.

Le projet de loi modifie la Business Corporation Act de la Colombie-Britannique pour permettre la création d’entreprises à vocation sociale (benefit corporations), que l’on définit comme des entreprises ayant un «énoncé de vocation sociale» dans leurs statuts constitutifs.

La province emboîte le pas aux 33 États américains et au District de Columbia qui ont déjà adopté des lois autorisant les entreprises à vocation sociale.

Un mouvement d’entrepreneurs et non d’avocats ou d’universitaires

Qu’est-ce qui a incité nos cousins de la côte ouest à agir? Quel est ce mouvement?

C’est un mouvement porté par de vraies personnes, et non par les concepts juridiques abstraits de l’entrepreneuriat. Quiconque parle de ce mouvement en utilisant le mot «entreprise» ne comprend pas réellement sa nature ou sa portée (c’est souvent le cas des avocats et des universitaires).

Il ne s’agit pas d’un mouvement d’écolos, mais d’un regroupement beaucoup plus vaste ayant comme pierre de touche la vocation sociale. La motivation principale des adeptes de cette philosophie consiste à bâtir des entreprises prospères qui procurent de grands bienfaits à la collectivité. Je le répète, on n’a pas affaire ici à des personnes obsédées par leurs émissions de gaz à effet de serre, mais plutôt à des gens qui souhaitent fournir de bons gagne-pain, contribuer à renforcer les collectivités et adopter des pratiques écologiquement durables.

Ce sont des capitalistes assumés, et non des entre-deux altruistes. Un contact prolongé avec des amis œuvrant dans des organismes de bienfaisance ne changerait pas leurs motivations. Ce qui les distingue de la majorité de leurs pairs, c’est leur refus d’accepter une définition étroite du succès (c’est-à-dire s’en tenir uniquement à l’argent). Cela ne leur ressemble pas.

C’est un mouvement de personnes où chaque membre met son entreprise au service du bien commun. Voyez ce mouvement comme une cohorte de gens motivés par le bien commun, par l’inclusion et par la durabilité.

Ces entrepreneurs sont ambitieux et compétents. Ce ne sont pas des «leviers» abstraits que les gouvernements ou les investisseurs à impact social peuvent actionner pour produire des bienfaits sociaux prédéterminés. N’allez pas croire que les entrepreneurs certifiés B Corp pensent comme la moyenne des gens qui sortent des écoles de commerce. Ne les rebutez pas par une approche normative de gratte-papier ou en insistant sur des données et des mesures excessives.

Capitalisme 2.0: supplanter la primauté des actionnaires

Ces entrepreneurs sont des créateurs qui ne cherchent pas à être plus blancs que blancs ou à redonner à tout prix à la collectivité – des distinctions subtiles, mais essentielles. Les entrepreneurs à vocation sociale créent une grande valeur grâce à leurs entreprises prospères, et les personnes se targuant d’être responsables en disant «voyez comme mon entreprise n’a causé aucun tort» ne les impressionnent guère. Ils se différencient aussi des autres qui ne s’interrogent pas sur la provenance de l’argent dont ils bénéficient.

Pour plusieurs, l’objectif principal est la prospérité inclusive. Les employés sont des personnes, des collègues, des amis et des atouts pour l’entreprise, et non des «centres de coûts». Imaginez.

Enfin, bon nombre sont issus de la deuxième ou de la troisième génération de dirigeants d’une entreprise familiale. Ces jeunes gens souhaitent énoncer clairement les retombées positives de leur entreprise familiale et faire preuve de plus de rigueur à cet égard.

En somme, c’est un mouvement de personnes où chaque membre met son entreprise au service du bien commun. Voyez ce mouvement comme une cohorte de gens motivés par le bien commun, par l’inclusion et par la durabilité.

La somme de leurs succès individuels (et ils en connaissent beaucoup) pourrait bien supplanter la traditionnelle primauté des actionnaires. En d’autres mots, c’est la montée du capitalisme 2.0.

Chers cousins de la côte ouest!

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