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À la rescousse d’un hôtel phare: Robert Risley reconstruit une station balnéaire historique


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Robert Risley, RCR Hospitality Group Limited

Au milieu des années 70, l’ingénieur Robert Risley a décidé d’ouvrir son propre restaurant parce qu’il n’en trouvait aucun à son goût à Halifax. Ce fut le début d’une carrière en tourisme d’accueil qui dure depuis quatre décennies. M. Risley a été propriétaire de plusieurs restaurants à Halifax au fil des ans, s’adaptant pour répondre à l’évolution des goûts des consommateurs et des tendances culinaires. Aujourd’hui, son entreprise, RCR Hospitality Group Limited, exploite sept restaurants à Halifax ainsi que le plus important service de traiteur de la région et gère le Cunard Centre du Quai 23, qui peut accueillir 4 000 personnes. En 1988, M. Risley a acquis le White Point Beach Resort dans le comté de Queens. Puis, en 2011, le pavillon principal de l’établissement a été rasé par un incendie. M. Risley, un client de BDC, s’était promis de le rebâtir en un an, bien qu’on lui eût affirmé que c’était impossible. Il y est parvenu, démontrant encore une fois que rien n’est à son épreuve.

Voici ce que M. Risley a à dire sur:

…les débuts de son entreprise

Après des études en génie mécanique à la Technical University of Nova Scotia, en 1965, j’ai obtenu immédiatement un emploi à Alcan, à Montréal. Au bout de neuf mois, j’ai réalisé que je n’étais pas fait pour travailler pour une grande société. Je suis retourné à Halifax et j’ai démarré une entreprise de produits de construction spécialisés. Cette entreprise, que je détiens avec un associé, est toujours florissante.

J’ai décidé de me lancer dans la restauration au milieu des années 70 parce qu’il y avait très peu de bons endroits où manger à Halifax. Je croyais que ce serait facile pour quelqu’un qui adore la nourriture, mais ce fut loin d’être le cas. Avec le temps, j’ai exploité un grand nombre de restaurants, certains prospères, d’autres pas.

…sur le secteur de la restauration

Ces 20 dernières années, les clients des restaurants de notre région sont devenus plus connaisseurs et plus critiques. J’attribue cela au fait que les gens voyagent davantage. Ils voient ce qui se fait ailleurs dans le monde et s’attendent à trouver les mêmes choses ici.

Le secteur de la restauration est difficile depuis la crise économique de 2008. Nos coûts – de services publics et de main‑d’oeuvre en particulier – continuent de monter en flèche chaque année, mais nous ne pouvons augmenter les prix de nos menus parce que les gens sont très sensibles aux coûts.

Cela signifie que nous devons être aussi efficaces que possible. Nous y parvenons assez bien parce que notre taille nous permet d’acheter en grandes quantités, mais nous ne pouvons faire de compromis sur la qualité des aliments ou le service.

…sur la reconstruction du White Point Beach Resort

En 1988, je me suis associé à un bon ami et à une troisième personne pour acheter le White Point Beach Resort, une station balnéaire de la Nouvelle‑Écosse datant de 1928. Nous avons agrandi l’établissement avec l’aide de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, l’avons doté d’un nouveau centre de congrès et l’avons ouvert toute l’année.

À l’époque, le White Point Beach Resort était comme un puits sans fonds dans lequel on ne cesse d’engloutir de l’argent. Un par un, mes associés se sont retirés. J’étais quant à moi déterminé à aller jusqu’au bout.

BDC nous a énormément aidés. En ce qui concerne le White Point, la Banque s’est montrée très flexible quand nous lui avons demandé s’il était possible de modifier les modalités de remboursement d’un prêt ou de reporter les versements de capital pendant quelques mois. BDC nous a toujours beaucoup soutenus parce qu’elle comprenait la nature cyclique de nos activités.

Le 8 novembre 2011, le pavillon principal du White Point a été la proie des flammes. Ce fut un coup terrible, autant pour les 160 employés qui y travaillaient que pour moi. La question de savoir s’il fallait rebâtir a fait l’objet de nombreuses discussions entre ma femme et moi. Mais, tout bien considéré, je ne voulais pas passer à l’histoire comme celui qui avait mis fin à un établissement historique de la Nouvelle‑Écosse et causé d’incalculables difficultés à tant de gens merveilleux.

J’avais une vision en ce qui concerne la reconstruction, mais aussi des contraintes. Il y avait un certain budget à respecter, et j’étais bien déterminé à rouvrir l’établissement à l’intérieur d’un an. Tout le monde disait que c’était infaisable, ce qui n’a fait que me motiver davantage.

Nous avons constitué une équipe de design et de construction en accord avec ma vision et mon échéancier et avons réalisé le projet en un temps record.

Nous avons au White Point un as du marketing qui s’est employé à susciter l’intérêt du public durant la construction. Nous avions des dizaines de milliers d’adeptes sur Facebook et une webcaméra sur le chantier, qui permettait de suivre la progression des travaux.

Nous avons obtenu du financement pour rénover les chalets situés sur la propriété en même temps que la reconstruction du pavillon principal. Quand nous avons rouvert nos portes, nous avions un pavillon principal tout neuf en plus d’installations existantes joliment rafraîchies. La réaction a été extrêmement positive.

…sur la vie d’entrepreneur

Internet et les médias sociaux ont eu un gros impact sur notre entreprise. Ils nous permettent de susciter l’intérêt des gens pour nos activités. C’est particulièrement vrai pour le White Point. Notre webcaméra continue de filmer sur le vif. Vous pouvez admirer la plage et écouter l’océan en direct.

Il y a toujours place à l’amélioration. Je ne crois pas qu’on puisse jamais se reposer sur ses lauriers et affirmer que les choses sont exactement comme on le souhaiterait.

J’ai toujours su comment embaucher les bonnes personnes. Je pense que c’est essentiel pour n’importe quelle entreprise. L’une des meilleures décisions que j’ai prises a été d’attirer mes cadres supérieurs en leur offrant une participation dans l’entreprise.

Lorsqu’ils démarrent, les entrepreneurs devraient s’assurer de la solidité du secteur qu’ils ont choisi et rédiger un bon plan d’affaires. Il ne reste plus ensuite qu’à se fier à son intuition et à faire le saut. Cela m’a réussi plus souvent qu’autrement.


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