Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Faire des affaires dans le nouveau paysage du commerce de détail

Ajustements à faire en temps de pandémie et au-delà
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NoMiNoU, dans la région de Vancouver, et Soccer Maxx, dans la région de Toronto, ont des magasins de détail mais aussi des sites Web de commerce électronique. Ces entreprises ont dû faire des changements pour s’adapter à la pandémie et faire des affaires au fil de la réouverture de l’économie.

Au sujet de leurs activités

NoMiNoU vend des vêtements de sport et de loisirs qui affichent des œuvres d’art originales créées par la défunte mère de la fondatrice de l’entreprise, Jullianna Charlton, ou des œuvres de commande d’artistes autochtones, canadiens et internationaux.

Propriété de Max Bonanno, Soccer Maxx est une entreprise spécialisée dans le soccer. Elle compte dans la région du Grand Toronto trois magasins qui vendent vêtements, chaussures, crampons, matériel et accessoires de marque aux clubs, équipes, arbitres et amateurs de soccer. La plupart des ventes se concentrent dans le secteur de la chaussure.

Internet devient essentiel

Les magasins NoMiNoU et Soccer Maxx ont dû cesser leurs activités pendant la fermeture de l’économie, faisant du commerce électronique un outil de survie.

«Le commerce en ligne était la seule chose qui fonctionnait pour nous», affirme pour sa part M. Bonanno.

«Le hic, précise-t-il, c’est qu’il faut essayer les chaussures à crampons, qui doivent être très bien ajustées pour les performances de haut niveau. Nous recevions beaucoup de retours.»

M. Bonanno souligne toutefois que le site Web aide Soccer Maxx à développer sa marque et à la faire connaître aux clients avant qu’ils se rendent dans l’un de ses trois magasins, maintenant rouverts.

«Avant de venir en magasin, les gens aiment savoir quels styles nous proposons, car cela les aide à prendre des décisions d’achat. Nous pensons que le commerce en ligne prendra de l’ampleur à mesure que les gens nous découvriront et qu’ils connaîtront nos services et notre réputation.»

Mme Charlton indique quant à elle que ce sont les ventes au détail et en gros de NoMiNoU qui occupaient le haut du pavé avant la pandémie, et non les ventes en ligne.

«Le fait que nous ayons déjà un site de commerce électronique actif a été une bonne chose pour mon entreprise», dit-elle.

Les campagnes de marketing en ligne ont fait toute la différence pour NoMiNoU.

«Ironiquement, nous avons été plus occupés qu’en temps normal», précise Mme Charlton.

«Nous avons uni nos efforts et mené des campagnes de marketing en ligne dynamiques en plus de proposer des promotions. Les ventes en ligne ont explosé.»

NoMiNoU a également commencé à recevoir des commandes de plus en plus importantes des États-Unis et d’Europe, et Mme Charlton constate que les clients qui achètent ses vêtements aux motifs d’œuvres d’art ont tendance à collectionner les œuvres d’artistes.

Elle s’attend à ce que son site Web attire des personnes de différents groupes démographiques qui veulent acheter ses vêtements de sport et loisir artistiques. «Je pense que les achats en ligne vont devenir la nouvelle norme.»

Ce que dit notre spécialiste de BDC

Rony Israel, conseiller d’affaires principal, affirme que la COVID-19 a démontré la nécessité du commerce électronique.

«Le commerce en ligne était à la traîne au Canada, et la pandémie a donné le signal qu’il était temps de miser sur cette technologie», soutient-il.

«Ne négligez jamais votre plateforme de commerce électronique, ajoute-t-il. En définitive, ce sera elle qui générera de la valeur même quand les magasins sont ouverts. Ce sera elle aussi qui assurera la survie du commerce de détail.»

En conséquence, selon M. Israel, la concurrence en ligne devrait s’accentuer pour les détaillants au cours des 12 à 18 prochains mois, parce que l’achalandage dans les magasins de détail sera vraisemblablement moindre.

Les entreprises vont devoir investir dans leur site Web et dans le marketing en ligne. Elles devront désormais aller au-delà de la simple vente de leurs produits en ligne et mettre l’accent sur le service et la livraison.

«Mettez en valeur votre service, au-delà des marchandises que vous vendez. La convivialité des sites Web est également un facteur essentiel.»

Rony Israel note de surcroît que les entreprises seront exposées aux médias sociaux, pour le meilleur ou pour le pire. Il ajoute qu’il est important que celles qui utilisent le commerce électronique reçoivent de bonnes critiques en ligne et qu’elles remédient immédiatement aux commentaires négatifs.

«Vous devrez vous concentrer sur la composante “médias sociaux” de votre offre Web, car il sera plus important que jamais de maintenir une excellente réputation en ligne. Il faut toute une vie pour se bâtir une réputation, et quelques secondes seulement pour la détruire», met en garde M. Israel.

Stratégies utilisées par chacune des entreprises

NoMiNoU a décidé de se retourner et de fabriquer des masques de qualité non médicale vendus 20 $ en ligne. Elle en a vendu plus de 6 000, et en a offert d’autres gratuitement avec achat.

«Il est essentiel de définir un créneau et de s’y adapter rapidement, explique Mme Charlton. Nous ne pensions pas fabriquer des masques, mais c’est maintenant devenu une nouvelle source de revenus pour nous.»

Elle estime également que les produits durables d’origine locale seront plus recherchés que jamais.

«Les gens voudront acheter des produits locaux et respectueux de l’environnement. Il était important pour moi que nos produits continuent d’être faits au Canada.»

Pour sa part, M. Bonanno s’est employé à réduire les frais fixes de Soccer Maxx. Les marchandises sont commandées en tenant compte des volumes de ventes antérieurs.

«Nous ne voulons pas nous retrouver avec des stocks dont nous n’avons pas besoin, dit-il. Nous nous adaptons au jour le jour. Nous ne voulons pas dépenser plus que ce que nous gagnons. Nous nous concentrons sur le nombre de clients qui viennent et sur le nombre moyen de transactions par jour.»

«Certains de nos concurrents pourraient devoir fermer tôt ou tard, ce qui nous ouvrirait de nouveaux territoires et la possibilité de franchiser, poursuit-il. Il y a peu de magasins spécialisés dans le soccer dans la région de Toronto, alors les gens saisissent l’occasion de découvrir Soccer Maxx.»

Ce que dit notre spécialiste de BDC

Rony Israel affirme que chaque crise apporte des défis, mais aussi des possibilités.

«Par exemple, non seulement NoMiNoU a-t-elle créé des masques qui sont nécessaires en ces temps sans précédent, mais l’entreprise a maintenant découvert une nouvelle source de revenus, dit-il. NoMiNoU reconnaît également la valeur que les consommateurs accordent à l’achat de produits locaux et fabriqués au Canada.»

Par ailleurs, Soccer Maxx a découvert qu’une présence dans certaines régions géographiques est déterminante, mais que l’entreprise n’a pas besoin de posséder tous les emplacements.

«Le franchisage et les partenariats sont à envisager. Ces options peuvent réduire les coûts d’exploitation et pourraient permettre une expansion rapide», note M. Israel.

Aller de l’avant

Les deux propriétaires affirment que la capacité d’adaptation sera essentielle à mesure que l’économie rouvrira et que les Canadiens feront face à une éventuelle deuxième vague de la pandémie.

M. Bonanno indique qu’il aimerait se lancer dans le franchisage, ajoutant qu’il y a quelques modèles américains intéressants. Il ajoute que les franchisés seraient responsables de leurs stocks et qu’il accorderait une licence de marque Soccer Maxx moyennant une redevance mensuelle.

Selon Mme Charlton, il est important de trouver un créneau et de s’adapter rapidement pour l’occuper. «Sachez ce qui rend votre entreprise spéciale et agissez en conséquence», dit-elle.

L’entrepreneure fait aussi remarquer qu’il faut pouvoir réaffecter les fonds et les employés là où ils sont nécessaires. Par exemple, s’il n’y a pas de salons professionnels, ces fonds peuvent être alloués au marketing en ligne.

Ce que dit notre spécialiste de BDC

La pandémie a remis en question la façon traditionnelle de faire des affaires.

Le principal enseignement à tirer de la réussite de ces détaillants est que les entreprises doivent constamment innover et s’adapter aux besoins changeants de leurs clients, déclare Rony Israel. Les entreprises ne peuvent pas rester immobiles.

«Soit elles croissent soit elles déclinent.»

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