5 erreurs à éviter pour les jeunes entrepreneurs | BDC.ca
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Jeunes entrepreneurs: 5 leçons à ne pas apprendre à vos dépens

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Quand vous gérez une jeune entreprise, son succès ou son échec dépend de vos décisions. Nous avons donc demandé à cinq entrepreneurs de nous parler d’erreurs importantes qu’ils ont commises, de la manière dont ils les ont corrigées et des leçons qu’ils en ont tirées, et ce, afin d’aider d’autres jeunes entrepreneurs à ne pas les imiter.

«Nous avons continué jusqu’à ce que nos comptes clients atteignent les six chiffres.»

Joel Pinel, WOW Factor Media

Joel Pinel, 30 ans
Propriétaire – WOW Factor Media (Moose Jaw, Saskatchewan)

Lorsque j’ai lancé mon entreprise d’impression et de marketing il y a six ans, mes priorités étaient d’accroître nos ventes et de nous faire connaître. On faisait tout pour obtenir des contrats, et on pensait au paiement plus tard. Nous envoyions les factures en espérant que les comptes fournisseurs de nos clients finissent par les remarquer et nous payer. Quelle naïveté!

Nous faisions le travail, nous payions nos employés et tous nos matériaux, et nous ne voyions pas l’argent avant 60, 120, voire 180 jours.

Nous avons continué ainsi jusqu’à ce que nos comptes clients atteignent les six chiffres. Tous ces travaux étaient réalisés et facturés, et leur paiement était en retard. La pression commençait à être intenable pour l’entreprise.

Nous avons finalement embauché quelqu’un pour faire le suivi des comptes clients et récupérer l’argent. Nous avons également mis en place des procédures structurées pour le règlement des factures ainsi qu’un formulaire standard de paiement. Aujourd’hui, nous nous faisons payer automatiquement la moitié du montant dès le départ, et nous offrons un rabais de 2 % aux clients qui paient le montant intégral immédiatement. Nous ne payons pas non plus à nos vendeurs leur commission tant que nous n’avons pas été payés en totalité.

La situation s’est nettement améliorée. Nous sommes payés dans les délais. Je n’avais donc aucune bonne raison de m’inquiéter que les clients aillent voir ailleurs. Ils sont tout à fait disposés à payer.

Leçon apprise

Les entrepreneurs font des erreurs, mais si elles sont corrigées et qu’ils ne refont pas la même deux fois, tout ira bien.

«J’ai alors compris: tout était dans ma tête.»

Toni Desrosiers, Abeego Designs

Toni Desrosiers, 35 ans
Propriétaire – Abeego Designs (Victoria, Colombie-Britannique)

Depuis que j’ai lancé mon entreprise il y a six ans, je savais que je devais mettre en place des processus clairs. Mais j’ai été tellement occupée à jouer les pompiers à longueur de journée que je ne l’ai jamais fait. Quand vos revenus augmentent de 40 % par année, l’idée d’avoir en plus à documenter des processus est une folie.

Notre produit, une pellicule d’emballage alimentaire enduite de cire d’abeille à la fois réutilisable et antibactérienne, est fabriqué à la main; par conséquent, chaque fois que nous embauchons quelqu’un, nous devons le former à la fabrication du produit. La courbe d’apprentissage est longue, et l’évaluation de la performance des employés est difficile.

Lorsque j’ai su que ma directrice de l’exploitation partait en congé maternité, j’ai alors compris: tout était dans ma tête. Et dans la sienne. Mais comme elle s’en allait, il fallait que je recommence à zéro pour former quelqu’un d’autre.

C’est là que j’ai entrepris de documenter les processus et les procédures dans un manuel. À présent, dès que je fais quelque chose qui est intuitif pour moi, je le note par écrit quand j’ai terminé le travail.

Chaque fois que je refais ce travail, je relis mon document et y apporte des ajustements. J’encourage tous les membres de mon équipe à contribuer. C’est un effort collectif. Nous traduisons notre façon de faire en processus enseignables. Cela nous permettra d’être plus productifs et facilitera la formation des nouveaux employés.

Leçon apprise

J’aurais dû commencer à documenter les procédures dans un manuel dès le départ. Sans processus clairs, vous ne pourrez jamais croître, car vous aurez constamment le nez dans votre entreprise.

«C’est comme si j’avais eu des lunettes fumées.»

Louis-Philippe Noël, Innvue

Louis-Philippe Noël, 35 ans
Propriétaire – Innvue (Québec, Québec)

Cela fait 10 ans que j’ai mon entreprise de services de technologie et d’information pour l’industrie hôtelière.

L’été dernier, cela faisait environ un an que nous n’avions pas eu un contrôle serré de nos finances. Trouver la bonne personne en comptabilité s’était avéré un défi de taille.

Je voyais les revenus rentrer, je voyais les chèques que je signais, mais je n’avais pas le portrait financier complet de mon entreprise.

Lorsque nos états financiers ont été mis à jour à la fin de l’exercice, j’ai eu une énorme surprise: des dépenses que je n’avais pas vues passer. Les revenus avaient augmenté, mais les dépenses avaient progressé à un rythme beaucoup plus élevé.

Nous avons mis en place des pratiques comptables solides et réussi à embaucher la bonne personne pour s’occuper de nos finances. Pour ce qui est de nos états financiers, nous en faisons maintenant chaque mois.

Dépasser un peu son budget sur des revenus de 4 millions de dollars, ce n’est pas la fin du monde. Ça n’a pas été une mauvaise année, mais ça n’a pas non plus été l’année exceptionnelle que nous aurions pu avoir.

Par contre, pour moi, cela a été une grosse erreur. Ne pas avoir un aperçu des indicateurs financiers de l’entreprise sur une base régulière, c’est comme si j’avais eu des lunettes fumées. Dans ma tête, je pensais voir clair, alors qu’en réalité j’avais une vision imprécise.

Leçon apprise

On ne peut pas améliorer ce qu’on ne mesure pas. Il ne faut jamais négliger l’importance d’avoir les bonnes informations sur son entreprise et il faut s’entourer de personnes compétentes et de confiance.

«J’aurais dû être patient au lieu d’y aller à fond de train tout de suite.»

Shep Ysselstein, Gunn’s Hill Artisan Cheese

Shep Ysselstein, 32 ans
Propriétaire – Gunn’s Hill Artisan Cheese (Woodstock, Ontario)

Nous avons connu un gros problème de production au début, lorsque nous avons ouvert notre fromagerie en 2011. La recette de mon fromage avait été testée des dizaines de fois au fil des ans, mais je n’en avais jamais fait plus de 10 kilos à la fois.

Quand j’ai ouvert la fromagerie, j’ai essayé de faire le plus de fromage possible en une fois afin de constituer des stocks. J’ai commencé à faire 150 kilos par jour, cinq jours par semaine.

Nous en avons vendu à des amis et à des proches, nous en avons donné à des banques alimentaires, mais nous avons dû en jeter. Nous avons perdu de l’argent.

J’aurais dû produire de plus petites quantités, attendre et voir le résultat, puis produire plus, au lieu d’y aller à fond de train tout de suite.

Nous avons modifié certaines choses à notre ferme pour éviter que cela se reproduise. Nous ajoutons maintenant une autre bactérie pour inhiber la bactérie responsable.

Nous produisons du fromage depuis trois ans, et nos ventes ont doublé chaque année.

Leçon apprise

Soyez suffisamment préparé avant de vous lancer. Ce n’est pas parce que ça marche à petite échelle que ça va marcher à grande échelle.

«J’ai sous-estimé le pouvoir du marketing en ligne.»

Paula MacPherson, Southgate Dentistry

Paula MacPherson, 32 ans
Propriétaire – Southgate Dentistry (Bedford South, Nouvelle-Écosse)

J’aurais dû adopter les médias sociaux plus tôt. Quand j’ai ouvert mon cabinet il y a trois ans, je venais tout juste de m’inscrire sur Facebook.

Je savais que les médias sociaux étaient un outil de marketing important pour certaines entreprises comme les magasins de vente au détail ou les restaurants, mais je n’avais pas saisi leur potentiel pour les soins de santé. Comme je débutais avec Facebook, je ne m’en servais pas de façon optimale. Je comptais davantage sur des méthodes de marketing traditionnelles comme des envois de publicité et je n’avais pas conscience du pouvoir des médias sociaux pour le marketing. Ils vous permettent d’atteindre beaucoup plus de monde, souvent à un coût moindre, voire gratuitement.

Au cours des trois dernières années, je me suis familiarisée avec les médias sociaux, dont Facebook. J’ai appris quels messages intéressent les gens, quel contenu suscite l’intérêt de clients potentiels et quand il est judicieux de payer pour accroître la diffusion d’une publication. Au cours de la dernière année, j’ai senti que je maîtrisais mieux ces outils.

J’ai 800 «J’aime!» sur ma page Facebook, ce que je considère comme extraordinaire pour un cabinet dentaire de la Nouvelle‑Écosse. Je les dois en grande partie à l’intérêt qu’a suscité ma présence, l’année dernière, parmi les finalistes au Prix jeune entrepreneur BDC 2014. Ça a été un vrai cours intensif pour savoir comment commercialiser mon entreprise et moi avec!

Ma présence en ligne a débouché sur de nouveaux patients pour le cabinet, c’est certain. Je publie des messages sur Facebook jusqu’à trois fois par semaine. Nous voulons des messages de qualité qui informent et intéressent nos clients.

Leçon apprise

Ne sous‑estimez pas le pouvoir, la facilité et la simplicité du marketing en ligne.


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