Comment devenir entrepreneure ou entrepreneur

Il y a des étapes au parcours entrepreneurial, notamment décider si cela vous convient, et obtenir les compétences et le soutien nécessaires. Voici ces étapes.

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Devenir entrepreneure ou entrepreneur peut être un défi colossal. Avez-vous ce qu’il faut? Par où commencer? Quelles compétences vous faut-il et comment les acquérir?

«L’entrepreneuriat ne convient pas à tout le monde, mais certaines personnes sentent qu’elles sont destinées à lancer une entreprise», dit Jane Somerville, directrice générale, Services de la division, Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (principal programme d’aide à l’innovation du Canada pour les petites et moyennes entreprises) et ancienne directrice générale de District 3, un incubateur d’entreprises en démarrage de l’Université Concordia, à Montréal.

«Il n’est pas nécessaire d’avoir une maîtrise en administration des affaires ou un diplôme pour lancer une entreprise, dit-elle. «Cependant, si vous possédez certaines caractéristiques entrepreneuriales au départ, cela vous aidera. Vous pourrez ensuite acquérir certaines compétences entrepreneuriales de base au fur et à mesure que vous bâtirez votre entreprise et la ferez croître.»

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Qu’est-ce qu’une entrepreneure ou un entrepreneur?

Une entrepreneure ou un entrepreneur est une personne qui fonde, possède et exploite une entreprise.

Au-delà de cette définition de base, il est difficile de généraliser quant au type de personnes attirées par l’idée de démarrer leur propre entreprise.

La communauté des entrepreneures et entrepreneurs est de plus en plus diversifiée. Un sondage que BDC a mené en 2019 auprès de 1 025 propriétaires d’entreprise du Canada a permis de tracer un portrait intéressant des entrepreneures et entrepreneurs du Canada. Voici quelques-unes des conclusions de ce sondage:

  • Vingt-huit pour cent des personnes sondées étaient des femmes, une augmentation par rapport aux 11 % constatés il y a 40 ans.
  • Les nouvelles arrivantes et nouveaux arrivants étaient deux fois plus susceptibles de lancer une entreprise que les personnes nées au Canada.
  • Le nombre de Canadiennes et Canadiens de moins de 35 ans ayant lancé une entreprise a augmenté de 80 % entre 2014 et 2018.

«Les propriétaires d’entreprise forment un groupe hétérogène, sauf pour certaines caractéristiques relatives à leur façon de penser ou de se sentir, explique Jane Somerville. On commence ensuite à voir des similitudes intéressantes.»

Motivations et points communs des entrepreneures et entrepreneurs

Les entrepreneures et entrepreneurs ont bien d’autres motivations que l’argent. La plupart lancent leur entreprise pour devenir leur propre patronne ou patron. Dans le cadre du sondage de BDC, lorsqu’on leur a demandé pourquoi elles et ils avaient choisi l’entrepreneuriat, la réponse la plus populaire, donnée par 70 % des personnes ayant répondu, était «indépendance, autonomie, flexibilité».

Un peu plus d’une personne sur deux a parlé de passion ou d’épanouissement personnel. Le tiers des répondantes et répondants ont invoqué des raisons financières.

Facteurs de motivation pour devenir entrepreneure ou entrepreneur

Jane Somerville ajoute que nombre d’entrepreneures et d’entrepreneurs ont un autre facteur de motivation: le désir de faire bouger les choses et de contribuer à la société ou à l’économie. «Les propriétaires d’entreprise ont souvent une idée qui, de leur avis, changera le monde ou sauvera des vies, dit-elle. Je crois que l’ambition de faire le bien est aussi importante que tout autre facteur de motivation.»

Principales caractéristiques des entrepreneures et entrepreneurs

1. Les entrepreneures et entrepreneurs sont à l’aise pour résoudre des problèmes complexes. Elles et ils ont tendance à se sentir à l’aise de vivre dans un monde où tout n’est pas blanc ou noir. «Lorsque vous concevez votre modèle d’affaires, il n’y a pas de “bonne” réponse quant aux éléments que vous pouvez y intégrer. Lorsque vous commencez à opérationnaliser votre idée, il n’y a pas qu’une façon de le faire, explique Jane Somerville. Certaines personnes ont du mal à supporter cette incertitude.»

2. Les entrepreneures et entrepreneurs ont une meilleure tolérance au risque. Elles et ils sont à l'aise d'assumer des risques financiers supérieurs à la normale. «Les propriétaires d’entreprise n’ont pas de filet de sécurité, explique Jane Somerville. Une mauvaise décision peut avoir une incidence sur leurs possibilités d’avoir un salaire ou de payer leur personnel.»

3. Les entrepreneures et entrepreneurs ont un esprit indépendant. Elles et ils aiment généralement disposer de l’autonomie et de la liberté nécessaires pour prendre leurs propres décisions, même si, comme le souligne Jane Somerville, «elles et ils ont néanmoins d’importantes obligations envers leur clientèle, les investisseuses et investisseurs ainsi que leur personnel, pour ne nommer que quelques-unes des importantes parties prenantes pour leur entreprise.»

4. Les entrepreneures et entrepreneurs innovent. Elles et ils ont souvent une façon de penser originale, ou une façon différente de faire ou de voir les choses ou de lancer une idée qu’elles et ils veulent concrétiser. «L’idée de faire quelque chose qui n’a jamais encore été fait les stimule, dit Jane Somerville. Elles et ils acceptent de courir le risque de se tromper, juste pour avoir la possibilité d’essayer.»

Le sondage que BDC a mené en 2019 révèle davantage les motivations des entrepreneures et entrepreneurs du Canada.

  • Les trois quarts des répondantes et répondants ont indiqué avoir composé avec l’insécurité financière, un stress important et l’absence d’avantages sociaux. Pourtant, 90 % se disaient satisfaites et satisfaits sur le plan professionnel.

Satisfaction autodéclarée chez les entrepreneures et entrepreneurs

L’entrepreneuriat n’est pas fait pour les âmes sensibles. Les personnes qui se lancent en affaires doivent être conscientes des risques.

BDC offre en ligne un outil gratuit d’autoévaluation de votre potentiel entrepreneurial qui peut vous aider à décider si l’entrepreneuriat est pour vous. L’outil vous invite à indiquer dans quelle mesure vous êtes d’accord avec un peu plus de trente énoncés, tels que:

  • Je suis assez curieuse ou curieux et je suis constamment en quête de nouvelles découvertes.
  • La réussite est surtout une affaire de chance.
  • J’aime diriger les autres.

L’outil attribue une note pour les facteurs de motivation, les aptitudes et les attitudes relativement à l’entrepreneuriat.

Étapes à suivre pour devenir entrepreneure ou entrepreneur

Il n’y a pas d’étapes établies que toutes les personnes désireuses de se lancer en affaires doivent suivre. Mais selon l’expérience de Jane Somerville, vous augmenterez vos chances de succès en suivant trois étapes de base:

  • Faites une autoévaluation.
  • Obtenez ce que Jane Somerville appelle les «compétences minimales viables au bon moment» nécessaires en fonction de l’étape du parcours entrepreneurial où vous vous situez.
  • Utilisez ces compétences avec détermination et avec l’aide des spécialistes et des autres personnes de votre entourage qui vous conseillent.

Voici chaque étape en détail.

1. Faites une autoévaluation.

L’entrepreneuriat n’est pas pour tout le monde. Cela peut être stressant, exiger de longues heures de travail et nécessiter des compétences que vous ne possédez peut-être pas ou que vous ne savez pas comment acquérir.

Un bon moyen de déterminer à quel point vous êtes prête ou prêt est de faire une autoévaluation. Jane Somerville recommande de vous renseigner sur ce qu’il vous faudra faire. «L’entrepreneuriat n’est pas fait pour les âmes sensibles. Les personnes qui se lancent en affaires doivent être conscientes des risques. Plus elles en sauront sur ce qu’il leur faudra, plus cela facilitera leur parcours entrepreneurial.»

Lorsqu’elle dirigeait District 3, Jane Somerville a préparé une autoévaluation de base pour les propriétaires d’entreprise. Cette autoévaluation, intitulée Modèle de Compétence de l’Entrepreneur Startup, comprend sept compétences réparties en deux phases.

La première phase est surtout axée sur les compétences requises pour valider et définir l’idée d’affaires et la deuxième, sur la mise en œuvre de celle-ci. Il est toutefois important de se rappeler que le démarrage et l’exploitation d’une entreprise sont tout sauf linéaires.

  • Phase 1: Valider l’idée de votre startup
    • Identifier votre client et votre marché
    • Guider votre startup
    • Concevoir votre produit minimum viable
  • Phase 2: Croître votre startup
    • Bâtir une équipe forte
    • Gérer les finances et le juridique
    • Croître les revenus
    • Financer votre startup

Chacune des sept compétences est subdivisée en sous-compétences qui décrivent les tâches précises requises pour chaque grande compétence. Par exemple, pour la première compétence, «Identifier votre client et votre marché», les sous-compétences sont:

  • Explorer l’adéquation recherche-marché
  • Prioriser les segments de clients
  • Prioriser les individus dans le segment de clients
  • Définir votre proposition de valeur
  • Mener des entrevues avec efficacité
  • Définir votre positionnement
  • Analyser les risques et les opportunités de marché

Vous n’avez pas à savoir faire tout cela avant de démarrer votre entreprise. Vous pouvez l’apprendre petit à petit. Vous pouvez aussi bien utiliser ce cadre avant de vous lancer en affaires, pour décider si vous voulez acquérir ces compétences, que par la suite, pour vous soutenir dans votre parcours d’acquisition de compétences entrepreneuriales.

«En tant que propriétaire d’entreprise, vous ne pouvez pas vous contenter de vous concentrer sur le marketing ou le financement. Vous devez en savoir suffisamment sur tous les aspects de l’exploitation d’une entreprise pour pouvoir prendre des décisions stratégiques liées à ces fonctions, explique Jane Somerville. Vous devez déterminer si vous aimeriez faire ce que les propriétaires d’entreprise doivent faire. C’est la première étape. Pour décider de façon éclairée si vous voulez vous lancer dans l’entrepreneuriat, vous devez savoir tout ce que vous aurez à faire.»

Elle ajoute qu’en faisant l’autoévaluation, les entrepreneures et entrepreneurs potentiels ressentent du soulagement. «Elles et ils ne savent pas quel pourrait être leur parcours entrepreneurial. Cela en terrifie plusieurs. L’autoévaluation leur montre qu’après tout, ce n’est pas si terrifiant», dit-elle en ajoutant que l’on peut acquérir ces compétences au fil du temps.

2. Commencez à apprendre

La prochaine étape est de commencer à apprendre. Mais par où commencer? Ne vous découragez pas devant la liste de compétences nécessaires, dit Jane Somerville, dont le mantra pour les entrepreneures et entrepreneurs est de se concentrer uniquement sur les compétences nécessaires selon l’étape précise de leur parcours entrepreneurial.

Qu’est-ce que cela signifie? Par exemple, si vous voulez «Identifier votre client et votre marché», vous devez être en mesure de faire certaines choses pratiques, comme établir les segments de clientèle prioritaires et définir votre proposition de valeur.

Concentrez-vous sur l’acquisition des compétences nécessaires à ce moment précis.

«Toutes les connaissances et compétences que vous obtenez doivent être utiles à votre entreprise, souligne Jane Somerville. Votre objectif est de réduire les interférences et de vous concentrer sur l’acquisition des compétences nécessaires pour faire avancer votre idée ou votre entreprise jusqu’à la prochaine étape importante.»

Vous n’avez pas à acquérir toutes les compétences en même temps. Ce que vous devez faire, c’est vous concentrer ce que vous devez apprendre maintenant. «Même si vous souhaitez en savoir plus sur le financement par actions, si vous êtes à trois ans d’une ronde de financement par actions, il ne vous sert à rien d’y consacrer beaucoup de temps dès maintenant», explique-t-elle.

Ce processus d’apprentissage s’applique aux entreprises en démarrage comme aux entreprises établies. «Il faut toujours penser à la prochaine étape, indique Jane Somerville. Que vous démarriez une entreprise, en réinventiez une ou lanciez un nouveau secteur d’activité au sein de votre entreprise, la première chose à faire est de valider les besoins du marché: y a-t-il des segments de clientèle potentielle qui s’y intéressent?» Elle ajoute que pour pouvoir répondre à cette question en toute confiance, vous devrez posséder des compétences de base. «Vous ne devez pas passer directement à l’exécution.»

«Généralement, une nouvelle entreprise se concentre sur trois facteurs commerciaux, qui sont l’acquisition de clientèle, le financement et les produits, dit-elle. Les étapes importantes sur le plan du financement et des produits servent généralement à favoriser l’acquisition de clientèle, qui a une importance cruciale. Mais il est difficile d’obtenir suffisamment de financement pour continuer à fonctionner jusqu’à ce que l’on commence à acquérir une clientèle et des revenus. Il y a de nombreuses compétences importantes à acquérir pour pouvoir atteindre ces étapes de façon plus rapide et efficace.»

3. Mettez vos apprentissages en pratique avec de l’aide

La mise en pratique mène à la perfection. Une fois que vous avez acquis une nouvelle compétence, vous devrez la mettre en pratique jusqu’à ce qu’elle devienne une deuxième nature, un réflexe. Par exemple, si vous avez préparé votre modèle d’affaires et qu’un aspect du marché a changé, assurez-vous de retourner examiner votre modèle d’affaires pour voir s’il faut l’adapter aux nouvelles réalités du marché.

«Vous n’avez pas à tout faire vous-même. Il y a du soutien dans l’écosystème entrepreneurial, alors profitez-en», conseille Jane Somerville.

Ce soutien peut provenir d’autres propriétaires d’entreprise de votre réseau, de mentores et de mentors, de réseaux de mentores et de mentors, de programmes offerts par des accélérateurs et des incubateurs, ou même de votre comptable ou de votre banque. Vous pouvez aussi mettre sur pied un comité consultatif pour votre entreprise ou embaucher une ou un spécialiste externe pour vous aider dans des domaines comme l’efficacité opérationnelle ou la planification stratégique.

L’entrepreneuriat est-il pour tout le monde?

Non. Pour décider si l’entrepreneuriat vous convient, pensez aux caractéristiques de la plupart des propriétaires d’entreprise et aux compétences que vous devrez acquérir, et déterminez si cela vous convient. Une autoévaluation pourrait vous être utile.

Mais même si vous décidez que vous n’êtes pas faite ou fait pour devenir propriétaire d’une entreprise, il vous sera utile d’en apprendre davantage sur ce que cela implique. «Connaître les aptitudes nécessaires pour gérer une entreprise est précieux pour tout le monde», affirme Jane Somerville.

«Il est important de savoir quel rôle vous jouez dans le succès d’une organisation. Quel que soit votre rôle, vous aurez peut-être tout de même à offrir un service, à trouver des fonds pour un projet ou à gérer d’autres personnes. N’importe qui peut tirer parti d’un état d’esprit entrepreneurial et de la connaissance de ce que cela représente.»

Qu’est-ce qui fait une bonne entrepreneure ou un bon entrepreneur?

Selon Jane Somerville, les propriétaires d’entreprise négligent souvent l’importance de perfectionner leurs compétences. «Plusieurs se précipitent pour mettre en œuvre leur idée d’entreprise sans y avoir suffisamment réfléchi avant, par exemple en vérifiant que leur idée d’entreprise est vraiment souhaitable, réalisable et viable», dit-elle.

Elle affirme que la plupart des entrepreneures et entrepreneurs ont une grande intuition, mais qu’«il est important de développer délibérément ses compétences entrepreneuriales». Paradoxalement, dit-elle, si vous vous lancez trop rapidement, cela peut finir par vous ralentir et vous faire dépenser de l’argent pour rien.

Les compétences entrepreneuriales sont étroitement liées au succès des entreprises. Le sondage de BDC a révélé que les entrepreneures et entrepreneurs qui ont de meilleures compétences sur le plan technique et en gestion en tirent des avantages dans deux domaines:

  • Un meilleur rendement de l’entreprise. Selon le sondage de BDC, une hausse d’un point des compétences en gestion (sur une échelle de 1 à 10) augmente de 3,1 % la probabilité que l’entreprise ait un rendement élevé. Une hausse semblable des compétences techniques fait grimper cette probabilité de 2,9 %.
  • Un plus grand sentiment de satisfaction. Une hausse d’un point des compétences en gestion fait bondir de 10,7 % la probabilité qu’une entrepreneure ou un entrepreneur soit très satisfaite ou satisfait.

Notes moyennes sur le plan des compétences techniques et en gestion, par degré de satisfaction

Ressources pour devenir entrepreneure ou entrepreneur

On trouve en ligne une multitude de renseignements gratuits sur les connaissances entrepreneuriales de base. Jane Somerville recommande de commencer par:

L’organisme à but non lucratif Futurpreneur Canada, qui est partenaire de BDC, est une autre bonne source d’information, de mentorat et de financement pour le démarrage d’entreprises.

Cherchez également des ateliers, des séminaires et d’autres occasions d’apprentissage offerts en ligne ou en personne par des incubateurs d’entreprises, des accélérateurs et des programmes d’entrepreneuriat universitaires ou collégiaux.

Dans quel domaine faut-il étudier pour devenir entrepreneure ou entrepreneur?

En ce qui concerne la formation en entrepreneuriat, Jane Somerville suggère de simplement vous concentrer sur les compétences nécessaires pour faire passer votre entreprise à la prochaine étape. Elle ajoute qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme en administration des affaires ou de faire d’autres études formelles pour démarrer une entreprise. «Il est toujours excellent de s’éduquer, mais la plupart des propriétaires d’entreprise apprennent en cours de route. Il y a beaucoup d’apprentissage pratique.»

Prochaine étape

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