Qu’est-ce qu’un.e entrepreneur.e?
Une entrepreneure ou un entrepreneur est une personne qui crée, possède ou dirige une entreprise. Que ce soit dans l’agriculture, le commerce de détail, la fabrication ou les services, les entrepreneures et entrepreneurs prennent des risques pour bâtir leur succès. Dans bien des cas, ces personnes bousculent les pratiques établies et transforment leur secteur.
Au-delà de cette définition, trouver une réponse unique à la question «Qu’est-ce qu’une entrepreneure ou un entrepreneur?» reste complexe, explique Étienne St-Jean, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la carrière entrepreneuriale et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Selon lui, les avis divergent: certaines personnes estiment qu’on devient entrepreneure ou entrepreneur en lançant son entreprise, d’autres seulement lorsqu’on embauche du personnel, tandis que d’autres encore réservent ce titre aux entreprises en croissance, parlant autrement de propriétaires d’entreprise.
Sa définition est claire: «Quelqu’un qui crée, ou qui possède et gère, une entreprise», explique-t-il, ce qui comprend les propriétaires-gestionnaires de petites et moyennes entreprises, y compris les personnes qui ont racheté une entreprise. «Tant que vous contrôlez l’orientation stratégique de l’entreprise, vous êtes entrepreneure ou entrepreneur.»
Être entrepreneure ou entrepreneur, c’est tracer sa propre voie. «C’est un choix de carrière. Vous avez choisi de ne pas travailler pour un salaire», précise Étienne St-Jean.
Tant que vous contrôlez l’orientation stratégique de l’entreprise, vous êtes entrepreneure ou entrepreneur.
Étienne St-Jean
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la carrière entrepreneuriale et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières
Qu’est-ce qui fait de quelqu’un une entrepreneure ou un entrepreneur?
Pour Brian King, professeur au Département d’entrepreneuriat et d’innovation de HEC Montréal, les caractéristiques qui définissent un bon entrepreneur sont les mêmes que celles qui définissent une athlète, un journaliste ou une médecin très performante : «Toutes les caractéristiques qui mènent les gens au succès sont présentes chez les entrepreneures et entrepreneurs.»
Une étude de BDC publiée en 2025 révèle que 40 % des propriétaires d’entreprise au Canada citent l’indépendance comme principale motivation pour devenir entrepreneurs.
La motivation principale des entrepreneures et entrepreneurs
Principales raisons qui motivent le lancement d’une entreprise, dominées par l’indépendance (40 %) et la liberté financière (20 %).
Source: BDC, sondage sur l’état de l’entrepreneuriat
Comment devenir entrepreneure ou entrepreneur
Il existe des compétences naturelles essentielles à l’entrepreneuriat. D’autres peuvent être développées par l’expérience ou la formation, ou encore être apportées par une personne de confiance qui fait partie de votre projet.
Certaines étapes clés facilitent le parcours, comme choisir le bon produit ou service et établir des réseaux solides, afin de développer vos idées et de les mettre en marché.
Déterminez si l’entrepreneuriat vous convient
Avant de décider de devenir entrepreneure ou entrepreneur, prenez le temps d’examiner vos compétences et votre type de personnalité.
En général, l’entrepreneuriat vous convient si vous :
- avez constamment besoin d’apprendre
- acceptez des projets difficiles
- êtes à la recherche de solutions
- tolérez l’ambiguïté
- avez besoin de passer à l’action
- voulez être votre patron ou patronne
Vous doutez d’avoir la fibre entrepreneuriale? Vous aimeriez vérifier si cette voie est la bonne pour vous? Essayez l’autoévaluation du potentiel entrepreneurial, un outil gratuit de BDC, pour évaluer votre potentiel.
Lorsque vous obtiendrez vos résultats, rappelez-vous que, bien que les traits de caractère soient importants, les circonstances personnelles, le milieu et l’expérience, ainsi que le moment choisi pour le projet, peuvent être des facteurs clés pour prédire le succès d’un.e entrepreneur.e potentiel.le.
Développez les compétences nécessaires
En tant qu’entrepreneure ou entrepreneur, vous gagnerez en confiance et réduirez votre stress en développant les compétences nécessaires à la gestion de votre entreprise. Investir dans votre perfectionnement contribue directement à la croissance de vos activités.
Les compétences en gestion comprennent:
Les compétences techniques comprennent:
- la gestion financière
- les ventes et le marketing
- la gestion des ressources humaines
- la planification stratégique
La délégation est également une compétence clé. Brian King souligne que les entrepreneurs qui réussissent comprennent qu’ils ne peuvent pas tout faire seuls. Les investisseurs et investisseuses partagent d’ailleurs ce point de vue. Former une équipe aux compétences complémentaires augmente les chances de succès.
Bref, les propriétaires d’entreprise qui tentent de tout gérer rencontrent souvent des difficultés, surtout par manque d’expertise dans certains domaines. À l’inverse, celles et ceux qui réussissent ont tendance à s’entourer d’équipes solides et à déléguer des responsabilités clés.
Trouvez un créneau novateur
Demandez-vous si votre produit ou service se distingue réellement. Trouver son créneau, puis créer de la valeur plutôt que copier l’existant, permet d’atteindre des marges durables.
«Vous devez faire preuve d’innovation et vous différencier. Ouvrir un restaurant alors qu’il y en a déjà beaucoup dans votre ville, ce n’est pas très novateur», confirme Étienne St-Jean.
Obtenez du soutien
De nombreuses organisations accompagnent les entrepreneures et entrepreneurs en démarrage, dont Futurpreneur, les accélérateurs d’entreprises, les incubateurs d’entreprises et les fonds de démarrage.
Brian King suggère de demander conseil à des personnes qui réussissent. «Entrez en contact avec des gens de votre secteur d’activité; ils vous aideront réellement», dit-il, affirmant que de nombreuses personnes sont prêtes à aider la relève entrepreneuriale.
Tous les propriétaires d’entreprise ne feront pas face aux mêmes défis lorsqu’ils ou elles lanceront une nouvelle entreprise, souligne Étienne St-Jean, qui étudie le processus de lancement des entreprises. «Pour certaines personnes, le processus est simple: ils ou elles établissent le plan, ont les contacts, et le capital. En quelques étapes seulement, ils ou elles sont en affaires. Pour d’autres, il faut procéder par essais et erreurs et acquérir des compétences.»
«Certaines entrepreneures et certains entrepreneurs ont l’information et les ressources nécessaires pour aller de l’avant. Mais celles et ceux qui ne les ont pas sont toujours partagés entre l’établissement d’un plan et son exécution. Elles et ils font ce qu’on appelle de l’effectuation, c’est-à-dire travailler avec ce qu’elles ou ils ont à ce moment-là», explique Étienne St-Jean.
Selon Brian King, la plupart des étudiantes et étudiants devraient attendre d’avoir une certaine expérience sur le terrain avant de se lancer en entrepreneuriat. «Je n’encourage pas nos étudiantes et étudiants de premier cycle à se lancer en affaires dès la fin de leurs études. Je crois qu’il vaut mieux aller travailler pour quelqu’un et acquérir les compétences nécessaires.»
Il donne l’exemple d’une étudiante qui a travaillé pour une grande entreprise et qui est devenue une experte du marketing numérique. Lorsqu’elle a repéré une occasion d’affaires dans le secteur des technologies, elle a convaincu deux personnes de son entourage d’occuper des postes de direction. Elle s’est lancée en affaires grâce à ses nouveaux talents. «C’est elle qui a réussi à établir des liens dans les médias sociaux et à susciter l’enthousiasme des gens à l’égard de l’entreprise.»
Les entrepreneures et entrepreneurs à temps partiel
Une entrepreneure ou un entrepreneur à temps partiel, aussi appelé hybride, est une personne qui lance une nouvelle entreprise tout en exerçant une autre activité professionnelle. Par exemple, vous pourriez décider de quitter votre poste salarié d’ingénieur en robotique une fois que votre entreprise en démarrage spécialisée dans l’intelligence artificielle devient viable. Ou peut‑être êtes‑vous une nouvelle mère qui poursuit sa passion pour les chaussures pour bébé durant son congé de maternité, et dont les premières ventes finissent par se transformer en entreprise rentable. Certaines personnes parlent alors d’entreprises parallèles, d’activités secondaires ou d’entreprises à temps partiel.
Sur le plan financier, les entrepreneures et entrepreneurs à temps partiel partent d’une situation plus sécuritaire.
«Pour certaines personnes, la nouvelle entreprise est un moyen de compléter leur salaire. Certaines resteront à temps partiel et ne veulent que les nouveaux revenus tirés de l’activité entrepreneuriale», explique Étienne St‑Jean. Il mentionne l’exemple de ses amis qui ont fondé une distillerie de gin. Après un an et demi d’activité, les ventes vont bien. Cependant, certains des associés occupent toujours leurs emplois principaux.
«Avant de démissionner, ils veulent s’assurer que les affaires vont bien.»
L’entrepreneuriat au Canada est vaste et diversifié
Les entrepreneures et entrepreneurs représentent une part importante de l’économie canadienne.
Le pays compte environ 1,1 million de petites et moyennes entreprises, qui emploient près de 7,9 millions de personnes et génèrent près de la moitié du produit intérieur brut du secteur privé.
Chaque année, des dizaines de milliers de Canadiennes et Canadiens de tous âges et de tous horizons choisissent de lancer leur entreprise.
L'écart entre les taux d’entrepreneuriat masculin et féminin au Canada
Les entrepreneurs sont définis comme des travailleurs indépendants bénéficiant d'une aide rémunérée. Le taux d'entrepreneuriat est le rapport entre ces entrepreneurs et la population totale âgée de 15 ans et plus pour chaque groupe analysé.
Source: Statistique Canada: Statistique Canada, tableaux spéciaux de l'Enquête sur la population active, calculs de la BDC.
La capacité de lancer une entreprise ne devrait pas être limitée par le genre, l’origine ou l’âge. À BDC, nous adaptons nos conseils aux entrepreneures et entrepreneurs qui peuvent faire face à des défis que la population en général ne rencontre pas.
Voyez les différents types de soutien que vous pouvez recevoir si vous faites partie des groupes suivants:
Entrepreneuriat et risque
La plupart des nouvelles entreprises survivent à leurs cinq premières années. Après cinq ans, environ 70 % des entreprises du secteur de la production de biens et 68 % de celles du secteur des services sont toujours en activité.
Les entreprises échouent en raison de facteurs macroéconomiques, comme la domination des marchés par de grands acteurs, mais aussi de facteurs microéconomiques, par exemple lorsqu’une personne n’est pas prête à se lancer en affaires.
Étienne St‑Jean observe que de nombreuses personnes qui souhaitent devenir entrepreneures ou entrepreneurs ont des attentes irréalistes. «Les gens pensent qu’ils vont travailler pour leur compte, sans patron.ne, et gagner beaucoup d’argent. Ils pensent à Elon Musk et à Mark Zuckerberg.»
La plupart des spécialistes s’entendent pour dire que faire des recherches en amont, trouver des mentors, former une bonne équipe et acquérir des expériences variées avant de se lancer en affaires augmente les chances de réussite lors du démarrage d’une entreprise.
Le défi consiste toujours à trouver un avantage sur la concurrence, un avantage qu’elle ne peut tout simplement pas copier immédiatement.
Brian King
Professeur au Département d’entrepreneuriat et d’innovation, HEC Montréal
L’entrepreneuriat et le stress
Les entrepreneures et entrepreneurs continuent de faire face à des niveaux de stress élevés, et de nouvelles données tirées d’une étude de BDC publiée en 2025 montrent à quel point la santé mentale affecte leur productivité.
Alors que l’incertitude économique et politique s’accentue, tout comme les événements et crises mondiales, plus du tiers (36 %) des propriétaires d’entreprise affirment que des enjeux de santé mentale nuisent à leur capacité de travailler au moins une fois par semaine.
L’impact est encore plus marqué chez les entrepreneures et entrepreneurs plus jeunes: 60 % des personnes de moins de 40 ans déclarent une interférence hebdomadaire, comparativement à 19 % chez les personnes de 50 ans et plus.
Sur une note plus positive, de nombreuses entrepreneures et de nombreux entrepreneurs prennent des mesures concrètes pour améliorer leur santé mentale. Au cours de la dernière année, 35 % ont consulté un professionnel, dont 57 % des entrepreneures et entrepreneurs de moins de 45 ans. Les personnes ayant obtenu du soutien ont constaté des effets positifs clairs:
- 47 % ont observé une diminution de l’anxiété
- 40 % ont amélioré leur gestion du stress
Plus de la moitié (51 %) ont cherché de l’aide après avoir reconnu leurs propres difficultés, tandis que 35 % y ont été encouragées par leur famille ou leurs amis. Cela souligne à quel point les réseaux personnels jouent un rôle clé dans le bien être.
Comment les entrepreneures et entrepreneurs aident l’économie
Les entrepreneures et entrepreneurs sont devenus les moteurs économiques du Canada et, comme le souligne Étienne St‑Jean, elles et ils contribuent aussi à stimuler l’innovation et la croissance: «En présence d’une nouvelle entreprise qui se lance dans quelque chose de plus novateur, les entreprises établies sont obligées de changer, d’affronter cette nouvelle concurrente. Il s’agit donc d’un facteur d’innovation, d’un facteur de croissance.»
Mais toute cette activité entrepreneuriale peut aussi présenter des aspects négatifs.
«Certaines personnes hautement qualifiées seraient aussi accueillies à bras ouverts par des entreprises établies. Mais elles sont trop occupées à essayer de lancer leur propre entreprise», explique Étienne St-Jean.
Il ajoute qu’un grand nombre de petites et moyennes entreprises ont actuellement besoin de personnel et qu’elles se développeraient mieux dans un contexte où des travailleuses et travailleurs qualifiés, dont certaines entrepreneures et certains entrepreneurs en difficulté, seraient plus disponibles.
L’entrepreneuriat dans un contexte difficile
L’incertitude économique, la hausse des coûts et l’affaiblissement de la demande pèsent sur les entreprises partout au pays. Bien que l’inflation ait ralenti, elle demeure élevée dans plusieurs secteurs, ce qui continue de comprimer les marges et la rentabilité.
Les contraintes du marché du travail persistent également. Même si les pénuries de main‑d’œuvre ne constituent plus la principale préoccupation à l’échelle nationale, le recrutement de personnes possédant des compétences précises reste difficile, ce qui limite la croissance de nombreuses petites et moyennes entreprises.
Parallèlement, les entrepreneures et entrepreneurs font face à une intensification de la concurrence, à des perturbations liées aux droits de douane et à des défis persistants dans les chaînes d’approvisionnement. Les tensions commerciales, la volatilité des taux de change et l’évolution rapide des technologies complexifient la planification et les opérations, en particulier pour les entreprises manufacturières et exportatrices, les obligeant à s’adapter simplement pour demeurer concurrentielles.
Quels ont été vos principaux défis au cours des 12 derniers mois?
Malgré tout, la plupart des entrepreneures et entrepreneurs choisiraient le même parcours
Malgré les vents contraires sur le plan économique et les pressions du quotidien, l’engagement envers l’entrepreneuriat demeure remarquablement fort chez les propriétaires d’entreprise au Canada.
Selon le Rapport BDC sur l’état de l’entrepreneuriat, 92 % des entrepreneures et entrepreneurs affirment qu’ils choisiraient de démarrer une entreprise de nouveau s’ils devaient recommencer. Cette donnée va bien au‑delà des résultats financiers. Elle reflète un attachement profond à l’indépendance, au sens donné au travail et à la possibilité de bâtir quelque chose qui leur appartient.
Dans ce contexte, être entrepreneure ou entrepreneur ne consiste pas seulement à surmonter des défis. C’est aussi faire, encore et encore, le choix de construire quelque chose.
Pour en savoir plus sur la bonne gestion d’une nouvelle entreprise, consultez la collection d’articles de BDC sur les compétences de l’entrepreneur.e.