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Lettre économique mensuelle

Avril 2018
Article vedette

Réforme fiscale américaine—Qu’est-ce que cela signifie?

Les baisses d’impôt devraient stimuler la croissance et les investissements

Le gouvernement américain a promulgué une réforme fiscale majeure en décembre, qui coûtera 1 500 G$ US sur 10 ans au Trésor. Cette réforme a suscité de vifs débats entre les républicains, qui pensent qu’elle va créer une économie plus prospère, et les démocrates, qui ont dénoncé un accroissement de l’inégalité des revenus et un alourdissement du fardeau de la dette.

Elle devrait soutenir la croissance économique à court terme, mais risque d’entraîner un ralentissement à long terme. Pour le Canada, la question est de savoir si la baisse des taux d’imposition des sociétés va se traduire par une fuite des investissements vers le sud de la frontière.

Que contient la réforme?

L’élément phare de la réforme fiscale américaine (la Tax Cuts and Jobs Act de 2017) est la réduction du taux d’imposition fédéral des sociétés, qui est passé de 35 % à 21 % le 1er janvier. Elle autorise également les entreprises à passer à la dépense leurs investissements dans la machinerie et l’équipement au lieu de les amortir sur plusieurs années, ce qui devrait stimuler ces investissements.

La réforme réduit toutefois le montant des frais d’intérêts que les entreprises peuvent déduire de leur revenu imposable ajusté (ce montant passe de 100 % à 30 %). Par ailleurs, les sociétés qui réalisent des bénéfices à l’étranger seront imposées à des taux réduits aux États-Unis, ce qui revient à favoriser le rapatriement des profits réalisés hors États-Unis.

La réforme prévoit aussi des baisses des taux d’imposition des particuliers, dont une particulièrement généreuse pour les contribuables fortunés. Le taux d’imposition le plus élevé a été ramené de 39,6 % à 37 % et le seuil de la tranche des revenus à laquelle il s’applique a été relevé, passant de 480 000 $ à 600 000 H2 (pour des codéclarants). Elle prévoit également un quasi doublement de la déduction standard pour les particuliers et envisage une suppression éventuelle de l’impôt successoral.

La croissance américaine devrait s’accélérer, au moins à court terme

La plupart des analystes prévoient une accélération de la croissance du PIB à 2,8 % en 2018, les baisses d’impôt engendrant une hausse des bénéfices et des investissements des entreprises. Une étude de Goldman Sachs indique que les entreprises dépenseront 660 G$ US pour améliorer ou remplacer des actifs cette année, ce qui représente une progression de 8 % par rapport à 2017.

Cette expansion a cependant un coût pour les finances publiques. La réforme fiscale et un accord budgétaire distinct propulseront le déficit au-delà de 1 000 G$ US l’an prochain et ajouteront 2 400 G$ US à la dette fédérale au cours des 10 prochaines années.

Le creusement de l’inégalité des revenus et de la dette publique pourrait ralentir la croissance à long terme

Comme les ménages à revenu moyen ou faible dépensent davantage leur revenu disponible et bénéficient moins des nouvelles baisses d’impôt que les mieux nantis, on peut se demander si les dépenses de consommation vont demeurer vigoureuses. Et comme les consommateurs américains représentent les deux tiers de la croissance économique, la croissance globale pourrait décélérer si d’autres secteurs de l’économie ne prennent pas le relais.

Si on prévoit une croissance économique plus forte à court terme, elle ne sera probablement pas suffisante pour éviter la hausse du déficit et de la dette. Puisque le gouvernement dépense plus que ce qu’il gagne, il devra bientôt réduire ses dépenses… ou augmenter les impôts.

Toute future augmentation des impôts signifiera une hausse des coûts pour les entreprises. Celles-ci répercuteront ces coûts sur les consommateurs sous forme de hausses de prix, ce qui créera de l’inflation. Et cela poussera la Réserve fédérale à hausser les taux d’intérêt, peut-être plus vite que prévu, au détriment de la croissance.

Les États-Unis comblent l’écart avec le Canada pour l’impôt des sociétés

La réforme fiscale a rapproché le traitement fiscal des entreprises américaines et canadiennes. Avant l’adoption de la nouvelle législation, le taux d’imposition des sociétés (taux fédéral et étatique combinés) était de 38,9 % aux États-Unis, comparativement à 26,7 % au Canada, selon l’OCDE. Aujourd’hui, le taux américain est passé à 25,8 %, soit 1 % de moins qu’au Canada.

L’élimination de l’avantage canadien à cet égard suscite des inquiétudes parmi les observateurs qui se demandent si les investisseurs ne vont pas préférer investir au sud de la frontière.

Le Canada demeure un pays attrayant pour les investissements des entreprises, entre autres pour son riche bassin de main-d’œuvre bien formée, son système public de soins de santé, l’intégration harmonieuse de ses immigrants et un faible niveau de violence.

Pour savoir ce qu’il en est vraiment, le gouvernement fédéral réalise une analyse détaillée de la réforme fiscale américaine afin d’évaluer tous ses impacts potentiels sur le Canada.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  • La croissance devrait demeurer vigoureuse aux États-Unis, du moins au cours des prochains trimestres.
  • La Fed devrait poursuivre son cycle de resserrement et relever les taux d’intérêt de 25 points de base en juin. La Banque du Canada devrait maintenir le sien à son niveau actuel durant les prochains mois. Dès lors, l’écart entre les taux d’intérêt du Canada et des États-Unis se creusera et exercera une pression à la baisse sur le dollar canadien.
  • L’affaiblissement du huard et la croissance vigoureuse aux États-Unis représentent pour les exportateurs canadiens une occasion de tirer profit d’un marché en pleine croissance grâce à l’avantage concurrentiel que procure une monnaie plus faible.
Perspectives Canada

Malgré un ralentissement en janvier, l’économie canadienne demeure vigoureuse dans la plupart des secteurs

L’économie canadienne s’est contractée de 0,1 % en janvier, par rapport à décembre, essentiellement en raison du recul du secteur minier, pétrolier et gazier (-2,7 % sur un mois) et du secteur immobilier (- 0,5 %). Ensemble, ces secteurs représentent environ un cinquième de la production économique du Canada. Pour le secteur minier, pétrolier et gazier, le recul semble correspondre à une décélération par rapport aux hauts niveaux de croissance enregistrés au milieu de l’été dernier et à un retour à un rythme plus modéré. Pour le secteur immobilier, la baisse entre décembre et janvier s’explique surtout par les transactions faites à la fin de l’année passée afin d’éviter les nouvelles règles sur les prêts hypothécaires, qui sont entrées en vigueur le 1er janvier.

Même si les chiffres de janvier donnent le ton pour le reste de l’année, l’économie devrait quand même progresser par rapport à l’an passé, comme l’indique le graphique ci-dessous. Ce graphique montre aussi la grande volatilité du secteur pétrolier et gazier, qui a dégringolé de près de 10 % en 2009 avant de rebondir de plus de 10 % en 2010. Le deuxième graphique présente l’impact d’un ralentissement de la croissance du secteur immobilier.

Presque tous les autres secteurs, notamment la fabrication, le commerce de gros et de détail, la construction et les services professionnels, ont gagné du terrain en janvier et demeurent à des niveaux élevés comparativement à l’année passée.

Depuis quelques mois, l’économie ralentit et retrouve un rythme plus soutenable. Selon l’Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada, les entreprises anticipent toujours sur une embellie des ventes et les investissements demeurent à des niveaux solides. Elles s’inquiètent toutefois des pénuries de main-d’œuvre et de la hausse des salaires dans certaines régions du pays. En effet, la rémunération hebdomadaire moyenne a augmenté ces derniers mois, surtout dans les régions comme le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique où les pénuries de main-d’œuvre sont les plus marquées.

Comme le montre le graphique ci-dessus, les régions qui ne produisent pas de pétrole sont aux prises avec des contraintes de capacité, et les entreprises offrent des salaires plus élevés pour attirer et fidéliser les travailleurs dont elles ont besoin. Les augmentations du salaire minimum semblent aussi pousser les salaires à la hausse, notamment dans le secteur des services.

Bien que les entreprises continuent à subir des pressions concurrentielles qui les obligent à maintenir leurs prix bas, l’inflation globale augmente progressivement et a atteint 2,2 % en février. Cela est en partie attribuable à la hausse des prix des carburants. Les mesures de l’inflation fondamentale privilégiées par la Banque du Canada sont un peu moins élevées, mais augmentent aussi depuis l’an dernier.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Si votre entreprise est exposée au secteur immobilier ou au secteur pétrolier et gazier, sachez que ces secteurs connaissent un ralentissement et pourraient retrouver un rythme d’expansion plus durable.
  2. Pour attirer et fidéliser les bons employés, vous devrez peut-être offrir des salaires plus élevés. D’autres avantages peuvent cependant les attirer et vous permettre de maîtriser vos coûts. Avez-vous pensé aux stratégies présentées dans notre étude Préparez votre entreprise pour l'avenir : Tirez parti des tendances technologiques et démographiques pour rester compétitif?
  3. Avec des taux d’intérêt relativement bas, mais en hausse, et l’augmentation des salaires, c’est le bon moment pour mettre à jour vos technologies, moderniser vos équipements ou faire tout investissement qui vous permettra d’accroître l’efficacité de votre entreprise.
Perspectives États-Unis

Guerre commerciale : quelles conséquences pour les États-Unis?

Probablement moins graves que ce qu’en disent les manchettes

La croissance américaine a été de 2,3 % en 2017 et, selon la plupart des analystes, elle sera de l’ordre de 2,8 % en 2018, les réductions d’impôt au fédéral soutenant les bénéfices des entreprises. La croissance de l’emploi est solide (avec en moyenne 200 000 emplois créés chaque mois au cours de la dernière année) et le taux de chômage demeure bas, à 4,1 %.

Si l’économie va si bien, pourquoi l’administration Trump prend-elle le risque d’une guerre commerciale?

Pendant sa campagne, le président a promis d’amener la croissance du produit intérieur brut à 4 %. Les États-Unis exportent toutefois moins qu’ils n’importent, ce qui crée un déficit commercial qui pèse sur la croissance. Et le pays avec lequel les échanges commerciaux des États-Unis engendrent le plus grand déficit commercial est la Chine (déficit commercial de quelque 375 G$).

L’administration Trump souhaite réduire ce déficit d’au moins 100 G$, selon Peter Navarro, conseiller de la Maison-Blanche. Donald Trump a donc demandé à la Chine d’en faire plus pour ouvrir son marché aux entreprises américaines. Et il a aussi pris des mesures.

Tarifs douaniers: les États-Unis ont ouvert les hostilités

Le président Trump a annoncé des tarifs douaniers sur les importations, de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, ainsi que des mesures ciblant pour 50  G$ d’importations chinoises liées aux droits de propriété intellectuelle et au transfert de technologies dans les équipements de télécommunication, l’électronique grand public et d’autres biens. Le 3 avril, les États-Unis ont publié une liste de 1 333 produits qu’ils importent de la Chine sur lesquels ils imposeront des droits additionnels de 25 %. Ces produits sont par exemple les télévisions à écran plat, les appareils médicaux, les pièces d’avion et les batteries. Morgan Stanley estime que ces droits et tarifs auront un impact minime sur l’économie chinoise (une baisse de la croissance de seulement 0,1 point de pourcentage). Par ailleurs, il est toujours prévu que le département du Trésor impose de nouvelles restrictions sur les investissements des entreprises chinoises exerçant leurs activités aux États-Unis.

La Chine a indiqué à plusieurs reprises qu’elle ne souhaitait pas une guerre commerciale. Plus tôt cette année, le pays a annoncé son intention de lever ou d’assouplir les restrictions imposées aux investisseurs étrangers dans les secteurs de la finance, de la fabrication, des télécommunications, des services médicaux, de l’éducation, des soins aux aînés et des véhicules à énergie alternative.

Cependant, en représailles à l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium par l’administration Trump, Beijing a à son tour annoncé l’imposition de tarifs équivalant à 3 G$ sur 128 produits que la Chine importe des États-Unis. Cette mesure inclut des droits de 15 % sur des produits comme les fruits, le vin, l’éthanol et les tuyaux en acier, et de 25 % sur des produits comme le porc et l’aluminium recyclé. Ensuite, après l’annonce des États-Unis d’imposer des tarifs douaniers sur 1 333 produits, le gouvernement chinois a déclaré qu’il imposerait un prélèvement additionnel de 25 % sur 106 produits représentant 50 G$, y compris le soja, le bœuf, le coton, les automobiles, les produits chimiques et les avions construits par Boeing et General Dynamics Corporation. La Chine a de plus déposé une plainte à l'Organisation mondiale du commerce afin de s'opposer aux mesures tarifaires américaines concernant les biens chinois.

Quelles seront les conséquences sur l’économie américaine et mondiale?

Les tarifs sur les importations américaines d’acier et d’aluminium n’auront probablement pas beaucoup d’impact sur la Chine puisqu’elle ne représente que 7 % des importations américaines d’acier et 10 % des importations d’aluminium, selon la Banque fédérale de réserve de Dallas. Par contre, les tarifs imposés par la Chine sur les automobiles et les avions américains risquent de faire plus mal. Les avions et pièces d’avion ont constitué les premières exportations américaines vers la Chine l’an passé, totalisant plus de 16 G$. Et GM vend plus de voitures en Chine qu’aux États-Unis.

Il est quand même difficile d’évaluer quelle sera l’incidence de toutes ces mesures sur l’économie américaine. La liste établie par les États-Unis vise des produits qui sont censés bénéficier du programme chinois intitulé « Made in China 2025 », qui met l’accent sur les micropuces avancées, les voitures autonomes et la robotique, mais exclut les produits considérés comme perturbateurs pour la croissance économique et la consommation américaines, comme les vêtements, les jouets et les téléphones intelligents. Il semble peu probable que nous évoluions vers une guerre commerciale mondiale d’envergure.

Nous sommes certainement très loin de la situation de 1930 lorsque les États-Unis ont adopté la Loi Hawley-Smoot. Cette loi a déclenché une guerre commerciale qui a mené à une multiplication par deux des droits de douane à l’échelle mondiale et à une division par deux des échanges commerciaux. La plupart des experts s’accordent à dire qu’elle a prolongé la Crise de 1929.

Si tout le monde parle des risques d’une guerre commerciale mondiale ces dernières semaines, il faut rappeler que les choses ont beaucoup changé depuis la Grande Dépression, notamment avec des mécanismes comme l’Organisation mondiale du commerce et les accords de libre-échange régionaux qui servent de protections contre toute guerre commerciale totale synonyme de récession. Bloomberg Economics a estimé qu’une guerre commerciale coûterait à l’économie mondiale environ 470 G$ d’ici 2020, soit 0,5 % de sa production.

De plus, l’économie américaine est remarquablement robuste et devrait le rester au moins à court ou moyen terme. Si les entreprises profitent des baisses d’impôt pour investir dans des machines et de l’équipement neufs et améliorés, la productivité devrait croître, ce qui devrait soutenir la hausse des salaires sans générer d’inflation.

Une croissance continue de l’emploi conjuguée à une hausse régulière des salaires appuiera les dépenses de consommation qui sont et devraient rester le principal moteur de la croissance économique américaine.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. La croissance sera forte aux États-Unis cette année, et les dépenses de consommation en demeureront un moteur important. Les consommateurs américains soutiendront également la croissance mondiale compte tenu de leur appétit pour les importations. Une forte économie américaine et une forte croissance mondiale seront favorables à la croissance économique canadienne.
  2. Les États-Unis devraient continuer à durcir le ton concernant les échanges commerciaux. Il faudra toutefois attendre la mise en œuvre concrète de toutes les mesures avant de pouvoir évaluer leur impact.
Revue du marché du pétrole—février 2018

Le prix du baril de pétrole demeure à 60 $ US alors que les stocks diminuent et la demande augmente.

Baisse des stocks et rééquilibrage du marché

Les stocks de pétrole de l’OCDE ont reculé et se situent juste au-dessus de leur moyenne sur cinq ans (voir le graphique). Les stocks ont bénéficié d’une hausse saisonnière en janvier, mais l’analyse préliminaire de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) indique un recul en février.

Les principaux facteurs de la baisse des stocks sont d’une part le respect, par l’OPEP et ses partenaires, de leur engagement à réduire leur production et, d’autre part, des activités de raffinage plus élevées que d’habitude, en partie en raison des températures glaciales en Amérique du Nord et en Asie (Japon et Corée).

L’OPEP et d’autres pays producteurs de pétrole respectent leur engagement à la lettre

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les autres pays qui se sont joints aux efforts de réduction de l’offre de 1,8 million de barils par jour ont même largement dépassé leur cible, à 147 % en février. (Ce niveau élevé s’explique par la production moins importante que prévu au Venezuela. Voir le Point sur le marché du pétrole de février). L’augmentation des recettes publiques dans ces pays—ils génèrent actuellement plus de revenus grâce à la hausse des prix, malgré la baisse de la production—alimente les discussions sur le prolongement de cet engagement jusqu’à la fin de 2018 et pendant les trois à six premiers mois de 2019. Il est aussi question d’un accord de 10 à 20 ans entre l’Arabie saoudite et la Russie, selon Reuters.

Activités de raffinage record et baisse des stocks

Les activités de raffinage record à l’échelle mondiale au quatrième trimestre de 2017 ont contribué à faire reculer les stocks de pétrole. Elles ont cependant ralenti au premier trimestre de 2018, le taux d’utilisation des capacités des raffineries américaines passant de 94 % en décembre à 91 % en janvier. Les raffineries indiennes et chinoises ont toutefois accru leur production par rapport à l’année précédente, et l’AIE prévoit que 2018 sera une année record pour les raffineries mondiales.

Hausse de la demande et accélération de la baisse des stocks

Étant donné la forte demande constatée dans les tout premiers mois de 2018, l’AIE a revu à la hausse ses prévisions de croissance de la demande pour 2018, légèrement au-dessus de 1,5 million b/j, principalement sous l’effet de la demande aux États-Unis, en Turquie, en Pologne, en Inde et au Brésil.

L’Arabie saoudite et la Russie—les principaux architectes de l’accord de réduction de la production—se sont engagés à poursuivre leurs efforts de réduction et à mettre fin à cet accord de façon ordonnée. La hausse de la demande de pétrole signifie que les stocks vont continuer à baisser, ce qui sera favorable à la hausse des prix.

En résumé

Le maintien et le respect de l’engagement à réduire la production, l’activité record des raffineries et la vigueur de la demande vont soutenir un prix du baril autour de 60 $ US au cours des prochains mois.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada maintient son taux d’intérêt directeur inchangé

La Banque du Canada a maintenu le taux directeur inchangé à l’issue de la réunion du comité de la politique monétaire le 18 avril 2018. Si l’inflation s’est accélérée, elle reste inférieure à la cible de la Banque et, compte tenu de l’incertitude persistante découlant du protectionnisme grandissant de notre voisin du sud, la Banque a préféré ne pas relever les taux.

Le huard en chute libre en mars

Le huard s’est déprécié par rapport au billet vert pour un deuxième mois consécutif depuis le début de 2018, clôturant à 77,55 cents US à la fin mars. Il s’est établi en moyenne à 77,3 cents US au courant du mois, et a atteint 76,4 cents US, un creux en près de neuf, suite à l’assouplissement des indicateurs économiques au Canada et d’un regain protectionnisme au sud de la frontière. Les réactions encourageantes des Américains, ces derniers temps, à la table des négociations de l’ALENA sur le secteur automobile devraient toutefois être favorables au huard.

La confiance des entreprises recule

En mars, le Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a perdu une partie du terrain qu’il avait gagné au début de l’année. L’indice a diminué de 1,6 point, s’établissant à 60,7. Ce recul est notamment dû à la baisse de la proportion des propriétaires qui déclarent que leur entreprise est en bonne santé, atteignant 38 %, soit un creux en 16 mois. La confiance des propriétaires de PME s’est détériorée surtout dans le secteur du commerce (de détail et de gros) et le secteur manufacturier. D’un autre côté, les propriétaires d’entreprise du secteur des ressources naturelles ont été titrés les plus optimistes enregistrant une hausse de 8,1 points comparativement à février. Globalement, un chiffre supérieur à 60 reste assez favorable et signifie que la confiance des entreprises est à un bon niveau malgré ce léger recul. Si près d’un entrepreneur sur cinq prévoit embaucher plus d’employés à temps plein au cours des prochains mois, 61 % d’entre eux estiment que les salaires représentent un obstacle pour leur entreprise.

Les conditions de crédit demeurent bonnes

Les institutions financières poursuivent le resserrement progressif de leurs taux d’intérêt, mais le taux d’intérêt effectif pour les entreprises est demeuré bas et stable ces dernières semaines. Il était de près de 3,4 % à la fin de mars, une hausse de 0,54 point de base depuis que la Banque du Canada a commencé à relever son taux. Les entreprises continuent de bénéficier de conditions de crédit favorables dans l’ensemble, car les banques commerciales n’ont pas encore transféré la totalité des 75 points de hausse de la Banque du Canada depuis juillet 2017.

Indicateurs clés : Canada

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