Lettre économique mensuelle

Octobre 2021
Article vedette

Préparez-vous à de plus en plus de pressions pour augmenter les salaires

L’inflation et la pénurie de main-d’œuvre font couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Plusieurs s’inquiètent qu’une spirale inflationniste se matérialise au Canada et pour cause, car la pression sur les salaires induite par le manque de travailleurs se fait déjà sentir chez les entrepreneurs. Jusqu’où grimperont les salaires l’an prochain et quel en sera l’impact sur l’économie et votre entreprise?

Demande de main-d’œuvre robuste, les salaires suivront

Nul doute, le pouvoir de négociation se trouve dorénavant entre les mains des travailleurs. Selon un récent sondage BDC, 30 % des entreprises canadiennes peinent à embaucher de nouveaux employés en raison de salaires offerts inférieurs aux attentes des candidats potentiels.

Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, les salaires constituent un facteur déterminant pour les entrepreneurs car, outre le frein à l’embauche, ils ont aussi un grand impact sur la capacité de rétention des employés.

Près de six employés sur 10 planifient changer d’emploi dans la prochaine année parce qu’ils veulent obtenir un salaire plus élevé. Considérant les coûts associés à l’embauche de nouveaux employés et de la compétition qui s’intensifie, les entrepreneurs sont de plus en plus enclins à augmenter les salaires de leurs employés.

Quelle ampleur prendront les hausses salariales en 2022?

En excluant les entreprises qui entendent geler les salaires, les employeurs prévoient accorder une augmentation salariale moyenne de 2,7 % en 2022 (selon une étude de LifeWorks). Il s’agit de la plus forte croissance annuelle attendue depuis les cinq dernières années.

Outre l’ampleur de cette hausse, 2022 est l’année où la part des entreprises (3,3 %) qui gèlera les salaires est la plus faible. L’incertitude, causée par la pandémie ces 18 derniers mois, avait évidemment amené plusieurs entreprises (36 % en 2020 et 12 % en 2021) à bloquer les salaires.

De prime abord, il semble que les provinces où les besoins en main-d’œuvre sont plus aigus connaîtront les plus fortes augmentations salariales. Tout comme les industries dont l’activité économique a repris rapidement, notamment les secteurs des technologies de l’information et de la construction.

L’industrie du commerce de gros connaitra la plus forte croissance des salaires en 2022, selon les prévisions. La multiplication de centres Amazon en sol canadien peut avoir forcé les autres grossistes à augmenter davantage leurs salaires afin de rester compétitif vis-à-vis les offres alléchantes de ce géant du web.

Une hausse considérable est aussi attendu dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement dont la force de travail a été durement affectée par la pandémie. Ces secteurs éprouvent des besoins en main-d’œuvre particulièrement criants en raison des nombreux départs d’employés qui ont changé de secteur d’occupation à la suite des fermetures prolongées durant la COVID-19.

L’impact de la pandémie

Il est difficile, à ce jour, de dresser un portrait clair de l’état de la rémunération du travail au pays. Au début de la pandémie, le Canada a perdu près de 3 millions d’emplois. Le salaire moyen avait alors bondi de 10 % en avril et mai 2020, en variation annuelle. Les augmentations salariales n’étaient pourtant pas en cause, mais plutôt l’élimination durant cette période d’emplois plus précaires avec des salaires moins élevés.

Depuis, plusieurs travailleurs ont pu regagner leurs postes. L’emploi est revenu à son niveau prépandémique en septembre mais sa composition a changé. Le salaire hebdomadaire moyen au pays équivalait à 107 % du niveau enregistré en février 2020 et demeure bien au-delà de l'estimation tendancielle. Lorsque qu’on maintient la composition de l’emploi selon la profession et la durée de l’emploi de 2019, les salaire horaires moyens ont augmenté de 4,6 % en septembre 2021 par rapport à la même période il y a deux ans.

Compte tenu que 49 % des PME ont confié à BDC avoir augmenté leurs salaires afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre dans les récents mois, on peut penser que nombreux travailleurs y ont trouvé leurs comptes même s’il est toujours difficile de réconcilier clairement la croissance des salaires dans les données disponibles.

Le coût de tous les intrants en hausse

Une accélération de la progression des salaires alimenterait l’augmentation des pressions inflationnistes. En vertu des prévisions de croissance de salaire pour 2022, illustrées ci-haut, et des pressions inflationnistes créées par le déséquilibre entre l’offre et la demande découlant de la pandémie, il serait surprenant que les travailleurs obtiennent des gains réels en 2022. Ces augmentations, en effet, ne se reflèteraient pas dans le pouvoir d’achat des ménages.

Outre les intentions d’augmentation de dépenses en capital humain, les entreprises conjuguent depuis un bon moment avec des coûts d’intrants physiques plus élevés. Sans gain de productivité solide, les marges bénéficiaires de plusieurs PME ne leur permettront pas d’absorber de telles hausses bien longtemps.

L’inflation pourrait donc continuer l’an prochain à dépasser la fourchette cible de la Banque du Canada. Un pouvoir d’achat diminué, jumelé aux enjeux de main-d’œuvre au pays, risque d’accentuer la pression sur les salaires l’an prochain.

L’impact sur votre entreprise

  • Soyez prêt à augmenter les salaires et à offrir plus d'avantages aux employés, surtout si vous opérez dans un secteur où le talent est en demande.
  • Demandez de l'aide pour optimiser vos coûts d'intrants afin de compenser l'augmentation des dépenses de main-d'œuvre.
  • Investissez dans la technologie et la formation pour améliorer la productivité de votre entreprise et assurer votre compétitivité.
Perspectives Canada

La réouverture de l’économie engendre son lot de défis

L’emploi a poursuivi sa remontée au cours de l’été, mais l’activité économique a fait volte-face en juillet. À l’amorce du quatrième et dernier trimestre de 2021, certains défis, incluant les enjeux de main-d’œuvre, limiteront la croissance au pays. L’économie canadienne devrait continuer de croître, mais les gains seront plus tempérés que ce qu’on pouvait anticiper au début de l’année.

Un début difficile pour le troisième trimestre

L’activité économique a trébuché en juillet, alors que le PIB a reculé de 0,1 % après une hausse de 0,6 % en juin. Les analyses préliminaires de Statistique Canada indiquent toutefois une reprise de la croissance en août.

L’agence estime pour l’instant que le PIB a alors crû de 0,7 %. L’économie canadienne carburerait ainsi à 98,8 % de son rythme qui prévalait avant la pandémie.

La bonne nouvelle : le recul de juillet s’est avéré moins sévère que prévu.

Une nouvelle phase de rebond… pas pour tous

Alors que la phase de rebond dans plusieurs secteurs des biens s’est amorcée très rapidement au début de la crise, celle-ci tirait déjà à sa fin pour ces secteurs à la même date l’an dernier.

Le secteur de l’hébergement et des services de restauration a été particulièrement vigoureux en enregistrant une croissance de 12,5 % alors que la réouverture des restaurants et des bars s’est poursuivie au pays. L’histoire est similaire pour les secteurs des arts, du divertissement et des loisirs dont l’activité a augmenté de 8,1 %. Il s’agit de la plus forte croissance mensuelle pour ce secteur en un an.

Le rebond que connaissent ces industries n’est pas suffisant pour contrebalancer les défis auxquels se heurtent les principaux secteurs de l’économie canadienne.

Trois secteurs qui en arrachent pour la seconde partie de l’année

Le secteur immobilier représente 13 % du produit intérieur brut canadien. Ce secteur s’est remis rapidement de la crise en regagnant son niveau d’activité prépandémique dès juillet 2020 – évidemment, n’ayant perdu que 5 % au creux de la crise, il n’en fallait pas tant pour remonter la pente.

L’activité sur le marché de la revente immobilière a stimulé une forte reprise pour le secteur au début de 2021, mais l’offre de logement à vendre s’épuise un peu plus chaque mois.

Après trois mois de perte consécutive, la croissance fut anémique pour le secteur en juillet. Les ventes ayant reculé encore un peu plus en août, les perspectives de gains futurs pour le secteur sont faibles.

La réouverture de l’économie n’aura pas été porteur de bonnes nouvelles pour tous. Le secteur du commerce (de détail et de gros), qui compte pour 10 % de l’économie canadienne, a aussi connu un fort rebond au printemps 2020. L’industrie avait réussi à récupérer la perte importante de 26 % de son activité entre avril et septembre 2020 et a su se montrer résiliente face aux fermetures subséquentes entraînées par les deuxième et troisième vagues.

Les réouvertures estivales auront poussé de nombreux canadiens à voyager et à tempérer leurs projets de rénovation. La demande pour les matériaux de construction a diminué, entraînant avec elle le prix à la baisse du bois d’œuvre. Ce phénomène se reflète dans les ventes des grossistes (-12,4 %) et des détaillants (-7,3 %) de ce type de produits en juillet.

Le secteur manufacturier canadien occupe aussi une place importante du PIB (un autre 10 %). La volatilité et les effets adverses liés à la pandémie continuent d’entacher les perspectives du secteur. Alors que la production automobile reprenait en juillet par rapport à juin, grâce à la réouverture d’usines, voilà que le bois d’œuvre et les moulins à scie tirent de la patte.

En tenant compte de la croissance des prix, les ventes manufacturières ont reculé de 1,7 % en juillet. La tendance est à la baisse en terme réel, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation, alors qu’elle augmente en terme nominal. Il apparaît de plus en plus évident que l’offre ne peut pas suivre le rythme de la demande alors que l’industrie continue de se heurter à de nombreux défis.

L’effet domino du Made in China

Une crise énergétique fait présentement rage en Asie, plus particulièrement en Chine où l’énergie se fait de plus en plus rare. Des usines sont notamment forcées de fermer afin de rationaliser l’énergie dans certaines provinces du pays. La Chine est un des plus importants fournisseurs de biens intermédiaires pour le Canada. Le ralentissement de l’activité manufacturière chinoise pourrait avoir des répercussions néfastes au Canada.

Les fermetures d’usines ou de ports chinois, afin de freiner de nouvelles propagations de COVID-19 au pays, étaient déjà un enjeu pour l’économie mondiale. Maintenant que des usines ferment temporairement pour assurer les besoins énergétiques des régions, il y a fort à parier que les problèmes d’approvisionnement s’accentueront durant le reste de l’année. De nouvelles pénuries pourraient également poindre à l’horizon et accentuer les pressions inflationnistes.

L’emploi retourne à son niveau prépandémique en septembre

En septembre, l’économie a créé 157 000 emplois et le taux de chômage est passé de 7,1 % à 6,9 %. L’emploi a donc complètement retrouvé le niveau atteint avant la crise. Toutefois, considérant l’accroissement de la population, le taux d’emploi demeure toujours en deçà de ce qu’il était en février 2020.

Rareté, pénurie, adéquation des compétences… peu importe le nom ou la façon dont on abordera les enjeux de main-d’œuvre auxquels font face les entreprises canadiennes, ces problèmes persistent. Ainsi, des gains au niveau de l’emploi s’avéreront de plus en plus difficiles à faire. Difficile de créer des emplois s’il n’y a personne pour les occuper.

L’impact pour votre entreprise

  • La réouverture complète de l’économie canadienne (à quelques exceptions près) entraîne une nouvelle dynamique. Les secteurs de la restauration et de l’hébergement sont de plus en plus occupés alors que d’autres, fortement sollicités au début de la reprise, ralentissent. C’est le retour du balancier et un pas de plus vers la nouvelle réalité.
  • Les difficultés d’approvisionnement engendrent des pressions sur les coûts de production, mais le secteur manufacturier n’arrive pas à répondre à la demande. La crise énergétique de la Chine pourrait venir accentuer ces problèmes d’approvisionnement. Si vous transigez avec ce pays, essayez de devancer vos commandes pour éviter des délais trop longs.
  • Les enjeux de main-d’œuvre demeurent le principal défi des entreprises canadiennes et le resteront pour encore longtemps. Apprenez comment y faire face dans la plus récente étude BDC sur la pénurie de main-d’œuvre.
Perspectives États-Unis

Des vents contraires se lèvent

L’activité économique américaine a connu jusqu’ici une reprise solide. Le produit intérieur brut a augmenté de 6,6 % au second trimestre de 2021.

Toutefois, l’incertitude monte alors que les plans de relance du gouvernement Biden menacent le plafond de la dette et que la pénurie de main-d’œuvre s’accentue au pays. L’économie américaine devrait néanmoins continuer de bien performer dans la seconde moitié de l’année, mais à un rythme plus modeste.

Une nouvelle source d’incertitude

Une nouvelle source d’incertitude assombrit les perspectives américaines. Pour la première fois en plus de 18 mois, il ne s’agit pas d’un facteur lié à la pandémie, bien que le variant Delta continue à donner du fil à retordre au sud de la frontière. Il s’agit plutôt d’un enjeu qui revient ici et là aux États-Unis : le plafond de la dette.

Les États-Unis pourraient tomber en défaut de paiement dès le 18 octobre si le plafond de la dette américaine n’était pas relevé d’ici là, a averti la secrétaire au Trésor, Janet Yellen. Le plafond de la dette limite légalement la capacité d’emprunt du gouvernement. 

L’issue de la discorde pourrait prendre plusieurs formes, mais on s’attend à une suspension temporaire ou un rehaussement comme ce fut le cas par le passé. L’incertitude qu’engendre cet enjeu est non négligeable et se reflètera vraisemblablement dans les indices de confiance des consommateurs qui ont déjà mine basse ces derniers temps.

Rebond des ventes au détail – l’automobile demeure un boulet

Alors que les ventes automobiles ont reculé pour un quatrième mois consécutif en août, les ventes au détail ont regagné une partie du terrain perdu en juillet avec une augmentation de 0,7 % par rapport aux ventes de juin – signe que le variant Delta fait moins de ravage qu’estimé.

Ce ne sera toutefois pas assez pour voir des gains positifs de l’ensemble de la consommation au troisième trimestre. Les indices de confiance étant en baisse et les acheteurs confrontés à une pénurie de puces électroniques, les ventes de voitures – représentant 20 % des ventes totales au détail – sont en chute libre. Il est difficile de dépenser quand on se heurte à des délais de livraison comme ceux que connaît le marché automobile américain.

Le paradoxe de l’emploi américain se poursuit

Malgré la force de la reprise économique américaine, qui a dépassé son niveau prépandémique au deuxième trimestre de 2021, le pays fait face à une sévère pénurie de main-d’œuvre. Près de 5 millions d’emplois manquaient toujours à l’appel en septembre pour atteindre le niveau de février 2020.

Le taux de chômage américain, qui avait alors atteint un plancher de 3,5 %, se chiffre désormais à 4,8 % en septembre (une amélioration de 0,4 point par rapport au mois d’août). Cependant, les entreprises ont encore du mal à trouver des travailleurs.

Cette situation, selon la Réserve fédérale américaine, est le fruit d’une rotation accrue de la main-d’œuvre, du devancement massif de départs à la retraite, des besoins en matière de garde d’enfant, des difficultés liées à la négociation d’offre d’emploi et des suppléments d’allocations de chômage. Des États américains ont déjà mis fin à cette dernière mesure, ce qui aurait normalement dû soutenir des gains d’emploi dans le pays, mais cette amélioration ne s’y est pas avérée.

Le taux de participation a reculé davantage en septembre. La crise de la COVID-19 pourrait effectivement avoir engendré une diminution importante du bassin de travailleurs potentiels et rien n’assure que ces derniers réintégreront le marché du travail une fois la pandémie révolue.

L’impact pour votre entreprise

  • La consommation américaine a déjà commencé à se tempérer alors que l’incertitude continue de miner la confiance des consommateurs. La situation pourrait ralentir davantage les exportations canadiennes.
  • Les manufacturiers américains peinent à trouver la main-d’œuvre nécessaire pour répondre à leurs besoins. Si vos projets d’investissement reposent sur des technologies américaines, qu’une majorité de vos clients sont des entreprises américaines ou encore qu’elles font partie de vos propres chaînes d’approvisionnement, attendez-vous à des délais de livraison et planifiez en conséquence.
  • Malgré une reprise de l’activité économique, le taux de chômage demeure loin de son niveau prépandémique. La Réserve fédérale devrait continuer à se montrer prudente dans son approche face à la politique monétaire. La discorde liée au plafond d’endettement du gouvernement pourrait créer davantage d’instabilité des finances publiques.
Point sur le marché du pétrole

Une crise énergétique se dessine en Asie et en Europe

Les prix ont grimpé alors que les investisseurs craignaient une insuffisance de l'offre due à la récente hausse de la demande dans certaines régions du monde.

La propagation du variant Delta avait entraîné un repli de la demande de brut chez certains importateurs nets de pétrole cet été. Par exemple, les mesures mises en place par les autorités chinoises pour endiguer la dernière éclosion de COVID-19 ont freiné la mobilité d'environ un tiers, réduisant considérablement la consommation de 890 kb/j.

La bonne nouvelle c’est que la situation semble s’améliorer. Les importations de pétrole de l’Inde ont atteint un pic de trois mois en août alors que les raffineurs de brut ont augmenté leurs réserves. Ces derniers prévoient donc un fort rebondissement après avoir atteint leur plus bas niveau depuis près d'un an en juillet.

La demande repartira en hausse en octobre alors qu’une reprise des activités est attendue en Chine et dans plusieurs autres pays asiatiques, mais la baisse saisonnière des activités touristiques dans les pays développés limitera les livraisons mondiales globales.

L’offre peine à répondre

D'une part, l'ouragan Ida a provoqué l'interruption de 90 à 95 % de la production de pétrole brut et de gaz dans la région du Golfe, tout en endommageant les pipelines et autres structures. L'ouragan est un autre fardeau qui s'ajoute à la liste d'éléments perturbant la reprise de l'offre américaine depuis la pandémie.

D'abord pris de court par le rebond de la demande, les pays de l'OPEP+ peinent à s'adapter aux besoins croissants de brut. Par contre, au cours de l'été, ils ont conclu un accord prévoyant la mise en marché de 400 000 barils supplémentaires à chaque mois par rapport au mois précédent, ce qui ajoutera environ 2 millions de barils par jour (bpj) au marché pétrolier d'ici décembre.

Pourquoi cette récente augmentation de prix alors?

Les cours du baril de Brent ont dépassé les 80 $US et ceux du WTI ont atteint 78 $US au début d’octobre – un sommet en 10 ans.

La récupération complète de la demande de pétrole pourrait être devancée en raison de la crise de gaz naturel qui sévit en Europe et en Asie. La consommation de pétrole pourrait augmenter de près de 6 % si les prix du gaz naturel restent élevés pendant une période prolongée. Malgré tout, lors de la dernière rencontre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) le 4 octobre, les membres du cartel ont pris la décision de ne pas augmenter davantage leur offre.

Alors qu'on s'efforce d'abandonner le charbon et d'accroître l'utilisation de sources d'énergie plus propres, les pays dépendent plus que jamais du gaz naturel pour chauffer les maisons et alimenter les industries.

Mais il n'y a pas assez de gaz pour répondre à cette demande, surtout à cette époque de l'année où les pays de l'hémisphère Nord qui ont des besoins hivernaux tentent de surenchérir pour s'approvisionner.

L’Europe et l’Asie sont particulièrement touchées par cette rareté de gaz naturel. Les inventaires européens sont bas à cause de travaux de maintenance et de l’offre d’exportation russe limitée.

De l'autre côté du globe, l’Asie représente un centre important pour la demande de gaz naturel particulièrement chez les géants industriels chinois. Même si les importations chinoises continuent d’augmenter à un bon rythme, ce ne serait pas suffisant pour alimenter la demande intérieure du pays.

La décision du gouvernement chinois de s’éloigner du charbon – qui se fait d’ailleurs rare et dispendieux ces derniers temps – jumelé à la relance économique générale rend la compétition à l’internationale féroce.

En bref…

Les prix du pétrole sont en hausse. Ces augmentations sont soutenues par une reprise de la demande plus forte qu’anticipée et une offre qui demeure limitée. La rareté de gaz naturel en Asie et en Europe pourrait pousser les pays à accroitre encore davantage la demande de brut dans les prochains mois.

Autres indicateurs économiques

La tâche de la Banque du Canada se complique

Le ralentissement de l’activité économique récemment et l’accumulation de défis auxquels se heurtent les entreprises ne suggèrent pas une forte probabilité de changement à la politique monétaire par la Banque du Canada le 27 octobre prochain. L’enjeu devient plus compliqué pour la banque centrale toutefois alors que les anticipations d’inflation continuent à s’accélérer et les conditions du marché qui prônent une croissance des salaires.

Des forces qui s’opposent devraient maintenir un CAD stable

Le dollar canadien est passé de 0,80 $US au début septembre à moins de 0,78 $US une vingtaine de jours plus tard. Cette descente s’explique essentiellement par l’incertitude qui fut engendrée par les élections fédérales. Depuis la journée électorale, le huard a effectivement repris à la hausse et débute le quatrième trimestre un peu au-dessus de 79 cents. Les plus récentes hausses de prix sur les marchés énergétiques, incluant le pétrole, pourraient pousser le dollar canadien à s’apprécier davantage néanmoins, l’incertitude montante aux États-Unis mitige ce risque jusqu’à présent. La balance de ces effets laisse présager une certaine stabilité du CAD vis-à-vis l’USD aux alentours de 0,80.

Le pessimisme est de retour chez les PME canadiennes

L’incertitude a monté au Canada à la suite du déclenchement de la campagne électorale fédérale mi-août. Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, ce serait la principale explication derrière la chute brutale de l’indice du baromètre des affaires en septembre. La confiance des dirigeants d’entreprises canadiennes a perdu près de 10 points en un seul mois. L’indice est passé de 67.1 en août à 57.8 en septembre. Il s’agit du pire résultat de l’indice depuis novembre dernier alors que l’annonce d’un vaccin efficace contre la COVID-19 se faisait toujours attendre et que le pays affrontait la deuxième vague du virus.

Pressions inflationnistes : une transition qui se fait longue

La pression sur les coûts se poursuit au pays. Outre le fameux effet de base, nombreux économistes s’entendaient pour dire que l’inflation des derniers mois était transitoire. Par transitoire, on veut dire que la croissance des prix résulte du débalancement temporaire entre une offre limitée qui s’est montrée incapable de répondre à la forte demande engendrée par la pandémie et les diverses mesures sanitaires imposées à travers le monde pour y faire front depuis 18 mois. Bien que ces multiples débalancements devraient se rétablir éventuellement, le moment auquel ils se résorberont semble s’allonger un peu plus chaque mois. De nouvelles pressions voient également le jour alors que les pénuries d’approvisionnement se diffusent à travers de nouveaux secteurs de l’économie – c’est l’effet domino. Outre la pression sur les coûts de matériel, la pression sur les salaires s’accentue également alors que les entreprises se heurtent de nouveau à une pénurie de main-d’œuvre. L’inflation pourrait donc s’avérer plus durable qu’initialement anticipée.

Indicateurs clés : Canada

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