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Comment cet entrepreneur a risqué le tout pour le tout afin de bâtir une entreprise florissante

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Martin Paquette - Comment cet entrepreneur a risqué le tout pour le tout afin de bâtir une entreprise florissante

Martin Paquette n’hésite pas à repartir à zéro quand il le faut. Il a travaillé comme éducateur spécialisé dans un centre de détention pour jeunes contrevenants, a été policier et a commencé à investir dans l’immobilier au début de la vingtaine.

À 30 ans, il retourne de nouveau à la case départ. Il vend sa maison et tout ce qu’il possède, et emménage dans le sous-sol de ses parents pour suivre sa passion pour le bien-être et les spas-nature.

Après trois ans, il ouvre son premier établissement thermal, Nordik Spa-Nature, dans le pittoresque village de Chelsea, dans la région de l’Outaouais, au Québec. Dix ans plus tard, Nordik se décrit comme le plus grand spa en Amérique du Nord, accueillant plus de 150 000 visiteurs chaque année.

Un deuxième établissement le spa Thermëa, a ouvert ses portes à Winnipeg en 2014, et l’ouverture d’un troisième établissement est prévue l’an prochain près de Toronto. Il gère aujourd’hui avec son partenaire d’affaires Daniel Gingras les 345 employés du Groupe Nordik, qui est promis à une croissance encore plus fulgurante.

Voici ce que Martin Paquette a à dire sur:

...son premier emploi

Mes parents travaillaient pour le gouvernement. Ce n’est donc pas dans ma famille que j’ai acquis l’esprit d’entreprise ; c’est quelque chose que j’ai développé avec le temps.

Je ne réussissais pas très bien à l’école, mais j’excellais dans les sports. Mon rêve était de devenir joueur de hockey professionnel.

À 18 ans, je n’avais pas été repêché dans la ligue nationale et ma carrière de hockeyeur a pris fin. Il fallait que je me tourne vers autre chose, mais je ne me voyais pas dans un bureau.

J’aurais aimé devenir policier ou pompier. Cependant, comme je n’avais pas de très bonnes notes à l’école, j’aurais difficilement pu être admis au programme de techniques policières, mais j’ai obtenu un diplôme collégial en éducation spécialisée.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir du succès dans mes études, parce que je faisais quelque chose qui me plaisait. J’ai décroché mon premier emploi dans un centre de détention pour jeunes contrevenants.

...trouver sa passion

Comme je gagnais de l’argent, j’ai acheté un immeuble de quatre logements. J’en louais trois et je vivais dans le quatrième.

Alors que je m’entraînais pour le marathon d’Ottawa, je suis allé dans un spa. Après 20 minutes, j’étais aussi détendu que si je venais de courir pendant trois heures.

J’étais aux anges. Je suis rentré à la maison et j’ai commencé à penser à tout laisser tomber pour m’en aller dans le domaine de la santé et du bien-être et ouvrir un spa.

...recommencer à zéro

J’ai vendu ma maison et mon quadruplex et, à 30 ans, j’ai complètement changé d’orientation. J’ai recommencé à zéro. Je suis allé vivre dans le sous-sol de mes parents.

Pendant que je travaillais à mon projet de spa, je gérais des projets de construction à temps partiel pour arriver à joindre les deux bouts. J’ai fini par acheter un terrain à Chelsea pour ouvrir Nordik Spa Nature, mon premier établissement.

Le démarrage d’une entreprise entraîne beaucoup d’incertitude, ce qui n’est pas facile à vivre. Ça m’a pris trois ans pour trouver du financement, obtenir les permis municipaux et ouvrir le spa. Les gens n’arrêtaient pas de me dire qu’un projet qui prenait autant de temps ne verrait jamais le jour.

...atteindre le succès financier

Je savais que ça marcherait. C’est important de garder foi en son projet pour se montrer convaincant auprès des banquiers, des partenaires d’affaires et des clients.

Nous avons débuté avec un projet de 3 millions de dollars à Chelsea, il y a 10 ans. Cette année, nos actifs atteindront 33 millions de dollars. Mon principal objectif, en créant une entreprise, était d’être libre ; il n’a jamais été question de devenir multimillionnaire.

Je ne me suis jamais versé de dividendes, à part le salaire dont j’avais besoin pour vivre. Le fait de réinvestir nos profits dans l’entreprise a été la clé de notre succès.

...les défis de l’expansion

Les plus grands défis se posent quand l’entreprise va bien et qu’on décide de prendre de l’expansion. On a presque l’impression de recommencer à zéro. On a beau avoir beaucoup d’expérience, cela reste quand même un nouveau projet.

En 2012, nous avons décidé d’ouvrir un spa à Winnipeg. L’emplacement était excellent, tout comme la clientèle.

Malheureusement, les conditions hivernales sont très difficiles au Manitoba et le marché de la construction est différent de celui du Québec. Ce projet qui devait prendre 12 mois en a pris 24. C’est aussi là que nous avons eu le plus de dépassements de coûts. Nous avons finalement ouvert Thermëa en décembre 2014.

Nous avons beaucoup appris de cette expérience, en particulier l’importance de travailler avec les bonnes personnes. Il est indispensable d’avoir des partenaires compétents et impliqués.

...accomplir sa vision

Le Groupe Nordik prend de l’essor de différentes façons. Nous achetons des propriétés, nous ouvrons des spas et nous cherchons à en exploiter d’autres pour différents propriétaires. Nous travaillons présentement à établir un troisième spanature, à Whitby, à l’extérieur de Toronto, que nous comptons ouvrir en 2017.

Nous prévoyons agrandir notre spa de Winnipeg, probablement d’ici les 24 prochains mois. Nous voulons aussi bâtir des hôtels à Chelsea et à Toronto. Notre vision est d’offrir une expérience de détente unique et inoubliable dans tous nos établissements.

Il est impossible de tout contrôler quand une entreprise est en pleine croissance. Une bonne équipe vous permet d’alléger votre fardeau et d’avoir plus de temps pour penser à des stratégies d’affaires et atteindre vos objectifs. Nous avons une équipe de gestionnaires très compétents.

...faire ce que l’on aime

Je fais partie d’un groupe de chefs d’entreprise appelé TEC Canada. Nous sommes 14 dans mon groupe et nous nous rencontrons une fois par mois. Quand nous avons un problème, nous pouvons en discuter et demander aux autres ce qu’ils en pensent. La plupart du temps, certains membres du groupe ont déjà vécu une situation similaire et peuvent nous donner des conseils.

Souvent, quand on se lance en affaires, on se fixe des objectifs, mais on oublie la chose la plus importante – avoir du plaisir à les atteindre. J’aime diviser un gros projet en petits objectifs et célébrer chaque fois qu’on en a atteint un. À la fin de la semaine, c’est pour moi une grande satisfaction de prendre une bière avec mon équipe et de dire: «On a bien travaillé!»

Ma fille de huit ans passe en premier et mon entreprise, en deuxième. Je valorise beaucoup plus le développement de la confiance en soi que la réussite scolaire dans son éducation. L’école est importante, mais la confiance en soi est primordiale.

Cela m’a pris beaucoup de temps à avoir suffisamment confiance en moi pour me lancer en affaires. Je croyais que seuls ceux qui réussissaient bien à l’école étaient capables de fonder une entreprise. Mais dès que j’ai commencé à faire ce que j’aimais, tout est devenu possible.

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