De jeune entreprise à leader mondial: comment une compagnie canadienne a trouvé sa formule de croissance
En 1997, lorsque Rob Madej a lancé une entreprise de développement de logiciels à Toronto, il n’avait pas l’ambition d’en faire une entreprise mondiale.
À l’époque, ses ambitions étaient modestes.
«Je trouvais que ce serait déjà extraordinaire de bâtir une entreprise qui vaudrait un jour 1 million de dollars», se rappelle Rob Madej, PDG de PureFacts Financial Solutions.
Aujourd’hui, PureFacts emploie environ 200 personnes et sert une clientèle dans quelque 20 pays. Son logiciel aide de grandes firmes de gestion de patrimoine à gérer leurs revenus, leur tarification, leur rémunération et la rentabilité de leur clientèle. L’entreprise a des bureaux au Canada, aux États-Unis, au Portugal, en Suisse et au Royaume-Uni.
Sa plateforme exclusive de gestion du rendement des revenus utilise des données propulsées par l’intelligence artificielle (IA) pour aider les firmes de gestion de patrimoine et de gestion d’actifs à:
- maximiser leur potentiel de revenus;
- automatiser les opérations complexes liées aux revenus;
- améliorer les décisions par les conseillères et conseillers;
- accélérer une croissance rentable.
PureFacts a été reconnue à plusieurs reprises, y compris cette année, dans le palmarès annuel AI FinTech 100, qui regroupe les 100 entreprises des services financiers les plus innovatrices en IA.
Le passage de PME à entreprise mondiale dans les technologies de gestion de patrimoine ne s’est toutefois pas fait du jour au lendemain. Rob Madej a développé l’entreprise graduellement, grâce à une croissance disciplinée, à des investissements stratégiques et à une passion pour l’apprentissage continu.
Cette formule rejoint de près les constats de recherche de BDC sur les entreprises qui réussissent à passer du statut de petite entreprise à celui d’entreprise de plus grande taille: elles investissent dans leur personnel, améliorent leur efficacité et réinvestissent continuellement dans l’innovation.
Dans le cas de PureFacts, cette innovation continue a de plus en plus pris la forme d’investissements dans l’IA, non pas comme initiative distincte, mais comme prolongement de son intérêt de longue date pour les données et l’analytique.
Investissez dans votre entreprise, mais ne dépassez pas vos moyens. Si votre entreprise gagne 1 000 $, ne dépensez pas 1 100 $.
Rob Madej
PDG, PureFacts Financial Solutions
Résoudre le problème d’un client: l’idée qui a tout déclenché
Avant la naissance de PureFacts, Rob Madej dirigeait LynxDev, une entreprise qui développait des logiciels sur mesure pour une clientèle variée. Au fil du temps, l’entreprise s’est davantage tournée vers le secteur des services financiers. Un jour, un client a constaté une lacune importante dans la gestion de patrimoine et a mis l’équipe au défi de bâtir une solution.
Rob Madej raconte: «Il nous a dit : “C’est le logiciel qui manque sur le marché. Si vous le développez, les firmes vont se bousculer pour l’acheter."».
Le logiciel a connu du succès, si bien qu’en 2010, la demande avait pris tellement d’ampleur que Rob Madej a transformé le logiciel en entreprise distincte servant le secteur de la gestion de patrimoine: PureFacts.
Au départ, la croissance était mesurée et réfléchie. Rob Madej et son épouse, Karen Madej, ont bâti l’entreprise ensemble tout en élevant leurs trois enfants. Pour eux, le travail, la vie familiale et la communauté étaient interreliés.
Pendant près de 10 ans, PureFacts s’est développée surtout grâce aux revenus provenant de sa clientèle, plutôt qu’au moyen d’investissements externes.
Rob Madej a d’abord financé la croissance de l’entreprise au moyen des flux de trésorerie disponibles, en résistant à la tentation de dépenser au-delà des moyens de l’entreprise.
«Investissez dans votre entreprise, mais ne dépassez pas vos moyens, dit-il. Si votre entreprise gagne 1 000 $, ne dépensez pas 1 100 $.»
Cette approche a limité les risques et donné à l’entreprise une ressource précieuse: du temps.
Il est très important de vous entourer de personnes expérimentées.
Rob Madej
PDG, PureFacts Financial Solutions
Dépasser le stade du démarrage
À mesure que PureFacts prenait de l’expansion, les défis changeaient.
Au cours des premières années, croître signifiait trouver une clientèle et bâtir des produits. Avec la croissance de PureFacts, le défi est devenu de bâtir l’organisation nécessaire pour soutenir une entreprise plus grande.
Les leçons les plus difficiles touchaient le personnel: il était non seulement nécessaire de recruter des talents, mais aussi de remercier les personnes, douées et appréciées malgré tout, quand leurs compétences ne correspondaient plus aux besoins de l’entreprise.
«C’étaient toujours les décisions les plus difficiles», dit Rob Madej.
En même temps, les dirigeants investissaient beaucoup dans la création d’une culture d’appartenance.
Rob Madej mentionne que le partenariat que sa conjointe Karen et lui ont bâti au fil des ans a joué un grand rôle à cet égard. À mesure que PureFacts grandissait, le couple créait des occasions pour le personnel de bénéficier du succès de l’entreprise.
Les Madej ont lancé un programme d’actionnariat du personnel permettant aux employées et employés d’acheter des actions de l’entreprise à prix réduit. De nombreux membres du personnel y ont adhéré, leur donnant une participation directe dans le succès de l’entreprise.
Le couple a aussi cherché des conseils externes. À mesure que l’entreprise gagnait en maturité, ils ont créé un comité consultatif composé de cadres d’expérience, qui remettaient en question leurs hypothèses et les aidaient à prendre des décisions majeures.
«Je recommande cela à n’importe quel propriétaire d’entreprise, dit Rob Madej. Il est très important de vous entourer de personnes expérimentées.»
Rob Madej a également passé deux ans dans le Programme direction croissance de BDC, qui l’a aidé à apprendre comment bâtir une équipe de direction et accéder à du capital. Les revenus de PureFacts étaient inférieurs à 3 millions de dollars quand Rob Madej s’est joint au programme, un stade que la recherche de BDC désigne comme le plus difficile à traverser pour les entreprises canadiennes.
Nous n’avions pas besoin de chercher du capital. Nous avons choisi de le faire. Cela signifiait que nous pouvions accueillir des investissements externes à des conditions qui convenaient à l’entreprise.
Rob Madej
PDG, PureFacts Financial Solutions
Investir pour atteindre le prochain stade de croissance
En 2020, PureFacts était solidement établie au Canada et prête pour sa prochaine étape de croissance. L’entreprise visait à devenir une cheffe de file mondiale des technologies de gestion de patrimoine en prenant de l’expansion à l’international et en réalisant des acquisitions.
Pour y arriver, elle avait toutefois besoin de plus de capital qu’elle ne pouvait en générer à l’interne.
Plutôt que de se tourner immédiatement vers du financement par capitaux propres, l’entreprise a d’abord eu recours à du financement par emprunt pour soutenir sa stratégie de croissance.
Cette décision a permis à PureFacts d’acquérir une entreprise européenne, d’étendre sa présence à l’international et de poursuivre sa croissance tout en conservant le contrôle de l’entreprise.
Ce n’est qu’en 2024, après avoir atteint une taille importante, que l’entreprise a conclu une transaction d’investissement majeure.
Comme PureFacts avait passé des années à bâtir une entreprise rentable, elle a pu approcher les investisseuses et investisseurs externes en position de force.
«Nous n’avions pas besoin de chercher du capital, dit Rob Madej. Nous avons choisi de le faire. Cela signifiait que nous pouvions accueillir des investissements externes à des conditions qui convenaient à l’entreprise.»
Karen Madej est du même avis. «Lorsque vous ne dépendez pas de l’argent de quelqu’un d’autre, vous avez plus de marge de manœuvre pour négocier la meilleure entente», dit-elle.
Rester curieux et investir dans l’IA
Rob Madej, qui a étudié les mathématiques pures à l’Université de Waterloo, s’intéresse depuis longtemps aux données, à l’analytique et à l’IA. Il a été influencé par les écrits du mathématicien et physicien Roger Penrose, dont les idées au sujet des limites de l’intelligence des machines l’ont incité à explorer les liens entre les mathématiques, l’intelligence et le calcul.
Cette curiosité a contribué à tracer la trajectoire de PureFacts. Bien avant que l’IA générative devienne un sujet courant, l’entreprise intégrait déjà à sa plateforme des modèles analytiques, des outils d’optimisation des revenus et d’autres capacités fondées sur les données.
«Pour moi, les données étaient à la base de tout», dit Rob Madej.
En 2019, l’entreprise a accéléré ses efforts dans le domaine de l’IA en achetant une firme de consultation en IA. Aujourd’hui, PureFacts investit plus de 10 millions de dollars par année en recherche-développement, et des capacités d’IA sont intégrées à ses produits et à ses opérations internes. Sa plateforme utilise l’IA pour aider les firmes de gestion de patrimoine à analyser les données de la clientèle, à repérer des occasions de croissance rentable et à offrir un service plus personnalisé. À l’interne, l’IA soutient le développement de logiciels, les essais, les ressources humaines et la gestion de projets, ce qui aide l’entreprise à innover plus efficacement.
Rob Madej précise toutefois que l’IA n’a pas représenté un virage stratégique soudain. C’était plutôt la suite logique d’un engagement de longue date à utiliser les données et l’analytique pour aider sa clientèle à prendre de meilleures décisions.
«Les données et l’analytique faisaient partie de tout ce que nous faisions», dit-il.
Pour d’autres dirigeantes et dirigeants d’entreprise, la leçon n’est pas de copier une stratégie technologique précise. Il s’agit plutôt de faire preuve de curiosité, de continuer à apprendre et de prêter attention aux tendances émergentes.
Vous pouvez devenir numéro un dans votre domaine, ici même au Canada.
Rob Madej
PDG, PureFacts Financial Solutions
Une réussite canadienne
PureFacts travaille avec certaines des plus grandes institutions financières au monde tout en continuant de croître à partir de son siège social au Canada.
Pour Rob Madej, un des aspects les plus gratifiants du parcours de PureFacts a été de prouver que des entreprises canadiennes peuvent être concurrentielles sur la scène mondiale.
«Vous pouvez être numéro un dans votre domaine, ici même au Canada», dit-il.
Rob Madej aimerait que plus d’entrepreneures et d’entrepreneurs retiennent ce message. PureFacts est devenue un succès mondial sans déménager son siège social, ni abandonner ses racines canadiennes. Il espère que cet exemple encouragera d’autres fondatrices et fondateurs à voir plus grand.
Avec du recul, il affirme qu’il n’existe pas de secret unique à la croissance de l’entreprise. Le succès de PureFacts repose sur une combinaison d’investissements disciplinés, d’innovation continue, de gens de talent et d’une perspective à long terme.
Pour Rob Madej, le conseil probablement le plus important, c’est de faire preuve de ténacité.
«Les propriétaires d’entreprise me demandent toujours quel est le secret, dit-il. Je leur réponds: “N’abandonnez jamais. N’abandonnez jamais. Continuez à travailler".»
Prochaine étape
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