Lettre économique mensuelle

Novembre 2022
Article vedette

Que faut-il attendre du ralentissement à venir?

Les perspectives économiques se sont rapidement assombries en deuxième moitié d’année. La force de l’inflation, jumelée aux importantes hausses de taux d’intérêt décrétées par les banques centrales à travers le monde pour y faire face, inquiètent de plus en plus de ménages, d’entreprises et d’économistes. La situation pèse également sur les perspectives canadiennes alors que des institutions financières ont déjà brandi le spectre d’une récession.

Peu importe le terme utilisé pour décrire l’état de l’économie dans les mois à venir, ou même les prévisions qui y font écho, une chose est certaine: l’économie canadienne est appelée à ralentir au tournant de 2023.

Il importe davantage de savoir comment la situation affectera l’économie. La lettre économique de ce mois-ci brosse un portrait des industries plus à risque d’éprouver des difficultés l’an prochain.

Ce que la cause du ralentissement nous indique

Le ralentissement économique a été causé, sans surprise, par le resserrement des conditions de crédit. Après plus d’une décennie à jouir de faibles taux d’intérêt, les ménages, les entreprises et les gouvernements doivent maintenant composer avec des coûts de financement bien plus élevés et une inflation qui exerce une forte pression sur leurs budgets.

Évidemment, ce n’est pas la première fois que l’économie canadienne est confrontée à une période de resserrement de sa politique monétaire. Il y a donc des impacts plus faciles à voir venir que lorsque le recul de l’activité économique provient d’un choc inattendu, à l’image de la COVID-19.

Les entreprises plus à risque d’éprouver des difficultés en 2023 sont celles dont l’activité repose sur la consommation discrétionnaire, financée par emprunt ou dont l’activité est liée au développement des États-Unis.

Le contexte postpandémique dans lequel l’économie évolue présentement apporte tout de même quelques nuances par rapport aux derniers épisodes semblables de resserrement de conditions de crédit.

Érosion du pouvoir d’achat – la consommation discrétionnaire dans la mire

La consommation discrétionnaire englobe un florilège de sous-secteurs qui ne sont pas liés les uns aux autres, si ce n’est qu’ils dépendent tous de la confiance des consommateurs. Il s’agit de secteurs qui fluctuent davantage avec les perturbations de l’économie puisqu’ils ne sont pas essentiels. On y retrouve entre autres les biens de consommation durables, les vêtements et les services aux consommateurs comme les hôtels, les loisirs, les restaurants et les détaillants.

La hausse du taux d’intérêt et de l’inflation gruge le pouvoir d’achat des consommateurs, ce qui les amène à allouer une plus grande part de leurs budgets vers des dépenses de base, notamment les denrées alimentaires, le logement et le transport. Ce sont d’ailleurs ces catégories de consommation qui connaissent les plus importantes hausses de prix. Une fois l’épicerie faite, le loyer payé et le montant nécessaire pour se rendre au travail dépensé, il reste de moins en moins de latitude dans le budget pour la consommation discrétionnaire.

Le marché du travail tendu s’accompagne de hausses salariales significatives. Mais, même si les travailleurs canadiens ont profité ces dernières années d’augmentations de revenus plus élevés qu’habituellement, ce n’est toutefois pas assez pour suivre la hausse du coût de la vie sans changer ses habitudes de consommation.

Le petit bémol est que plusieurs secteurs d’activité jouissent encore de la demande refoulée, héritée de la pandémie. L’engouement pour les voyages et les sorties devraient se tempérer au rythme de l’impact graduel des hausses de taux dans l’économie, mais le ralentissement s’annonce moins abrupte, n’eût été des confinements des deux dernières années.

Emprunter pour dépenser: les Canadiens mettent la pédale douce

Quand les coûts de financement augmentent, les premiers secteurs à en ressentir les effets sont évidemment les achats d’envergure, car ceux-ci sont typiquement financés par emprunt. Le secteur immobilier et l’industrie de la construction viennent évidemment en tête.

Depuis la première hausse de taux annoncée par la Banque du Canada, en mars 2022, les ventes de propriété résidentielles au pays ont ainsi chuté de 36 % et le prix moyen de 17 %. Ce ralentissement devrait se poursuivre dans les prochains mois.

Les taux d’intérêt hypothécaires connaissent la plus importante augmentation depuis les 30 dernières années, ce qui tempère non seulement la demande pour les nouveaux emprunts, mais se reflète aussi directement sur les paiements de ceux qui ont des prêts à taux variables et constitue également un fardeau de taille pour les ménages dont le renouvellement approche.

Le manque de logements à l’échelle nationale et la rareté de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction adoucit le ralentissement qui devrait déjà avoir été commencé sur les mises en chantier, et ce malgré les hausses de prix et de coût d’emprunt. Celles-ci ont bondi de 11 % en septembre par rapport à août. Près de 300 000 unités annualisées ont été mises en chantier au courant du mois, soit le niveau le plus élevé en près d’un an.

L’achat de véhicule a aussi tendance à diminuer plus rapidement que d’autres biens en période de ralentissement économique. Encore une fois, le contexte postpandémique vient nuancer cette tendance puisque les consommateurs à la recherche d’un véhicule pendant les deux dernières années se sont heurtés à des délais importants et une flotte restreinte.

Ralentissement mondial: le manufacturier au front

Historiquement, la fabrication industrielle tend à être plus durement touchée en période de difficultés économiques – particulièrement lors de ralentissement mondial. La mondialisation a eu un impact important sur le co-mouvement des cycles économiques internationaux. Malgré la multiplication des accords de libre-échange ces dernières années, les exportations canadiennes demeurent tributaires en majorité des États-Unis. C’est ce qui explique une grande partie du lien serré qui existe entre nos deux économies. Le secteur manufacturier est significativement plus exposé au développement nord-américain que les autres. Alors que 75 % des exportations canadiennes se dirigent vers les États-Unis, 65 % sont des produits manufacturiers.

Les manufacturiers sont d’autant plus vulnérables au ralentissement économique qui se trame ces temps-ci. D’une part, le ralentissement se fera sentir dans le monde entier. Les problèmes énergétiques en Europe et la crise de la dette immobilière en Chine assombrissent davantage les perspectives de croissance mondiale déjà en baisse à cause du resserrement des conditions financières.

D’autre part, ce ralentissement passera par une baisse de la demande pour les biens durables et les matériaux de construction. Les industries manufacturières de métaux et minéraux, de bois d’œuvre, de machineries et de meubles seront plus touchées par le ralentissement, tandis que les fabricants du secteur agroalimentaire, de produits pharmaceutiques et de matériel de transport devraient continuer à jouir d’une bonne demande. La force du dollar américain pourrait également tempérer marginalement le ralentissement des exportations et, par conséquent, du secteur manufacturier.

En somme, face à la montée des taux d’intérêt, l’économie canadienne est appelée à ralentir. Le ralentissement ne frappera pas toutes les industries au même moment ni avec la même force, mais toutes les entreprises ont intérêt à se préparer à ce qui les attend. Personne ne se fait renverser par un train qu'il voit arriver – apprenez comment préparez votre entreprise au ralentissement économique adéquatement.

Perspectives Canada

L’économie canadienne tient toujours le coup

L’économie canadienne aura agréablement surpris en août. Alors que les prévisions de Statistique Canada pointaient vers une croissance nulle, le PIB a finalement augmenté de 0,1 % par rapport à juillet.

L’économie aurait même continué sur sa tendance des derniers mois, en septembre, avec une autre hausse mensuelle similaire. L’activité économique au pays devrait dès lors avoir atteint une croissance annualisée de 1,6 % au troisième trimestre.

Le secteur des services ressort grand gagnant

Les industries œuvrant dans le secteur des services auront vraisemblablement su capitaliser sur la fébrilité de la saison estivale. Sans grande surprise, le secteur de l’hébergement et de la restauration a continué à bénéficier d’une bonne demande pour ses services. La demande refoulée dont profite ce secteur était donc toujours palpable avant l’arrivée de l’automne. Cet engouement est toutefois appelé à se modérer dans les prochains mois, mais le ralentissement pourrait être décalé par rapport aux autres secteurs qui ont réouvert plus tôt pendant la pandémie.

Le PIB généré par le commerce de détail a rebondi en août de 1,2 %. Les ventes au détail ajusté pour l’inflation avaient chuté significativement de 2,0 % en juillet, mais ce déclin était principalement dû au recul des ventes aux stations-service.

La baisse du prix de l’essence en août semble avoir redonné l’élan nécessaire aux consommateurs pour vaquer à leurs occupations estivales et se remettre à dépenser, bien que modestement. Les perspectives de ventes en septembre sont toutefois en baisse et les gains observés en août n’auront pas été suffisants pour contrebalancer complètement les pertes de juillet. Il s’agit d’un signe que les consommateurs sont de plus en plus prudents devant la montée des taux d’intérêt et l’inflation.

La construction recule davantage

L’activité économique dans l’industrie de la construction (le PIB de l’industrie) a reculé pour un cinquième mois consécutif en août.

Toutefois, les mises en chantier demeuraient toujours très élevées malgré la baisse enregistrée par rapport aux niveaux record atteints récemment. Elles sont également reparties à la hausse en septembre. C’est d’autant plus surprenant, compte tenu de la montée des taux d’intérêt ces derniers mois, puisque la construction neuve est habituellement le secteur qui ralentit le plus dans un cycle de resserrement.

Un taux de chômage toujours très faible

En octobre, 108 000 emplois ont été créés (+0,6 %), cette hausse touchant surtout l’emploi à temps plein aura plus que compensé les pertes encourus entre mai et septembre. Le taux de chômage s’est maintenu à 5,2 % malgré le ralentissement de la croissance économique.  La vague de départs à la retraite se poursuit. Le nombre de postes vacants au pays s'est aussi maintenu très élevé en août, soit légèrement sous le million.

La pression sur le marché du travail ne dérougit vraisemblablement pas, malgré les défis auxquels fait face l’économie canadienne. Les augmentations salariales ont également poursuivi leurs fortes croissances en octobre (+5,6 % sur an, un nouveau record).

L’inflation demeure trop élevée pour la Banque du Canada

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation a atteint 6,9 % en septembre (un léger ralentissement comparé au 7,0 % d’août). Il s’agit d’un taux jugé encore trop rapide par la Banque du Canada qui a relevé le taux directeur de 50 points de base supplémentaire le 26 octobre. Le taux directeur est désormais à 3,75 % - soit 350 points supérieurs au niveau affiché en début d’année.

Le rapport sur la politique monétaire exposait pour une très rare fois l’inflation de court terme mesuré sur trois mois. Certaines catégories de l’indice des prix à la consommation se détendent, tandis que d'autres se sont redressés encore davantage au cours de la période, note la banque centrale. La pression sur les prix s’estompe dans les secteurs plus sensibles au taux d’intérêt, tel que les biens durables et le logement, mais ce n’est pas le cas pour le panier d’épicerie.

Même si la Banque du Canada a ralenti son rythme d’accroissement des taux, cette hausse devrait encore se poursuivre. La dernière augmentation demeure significativement plus élevée qu’à l’habitude dans un cycle de resserrement typique et la Banque centrale devrait procéder au début de décembre à un dernier relèvement cette année.

L’impact pour les entreprises

  • L’économie canadienne aura finalement su tirer son épingle du jeu durant l’été. Ce dernier trimestre de croissance positive apporte ainsi un peu de réconfort face l’incertitude économique grandissante et le ralentissement qui approche, puisque les entreprises disposent encore de quelque temps pour profiter de cette croissance.
  • Les consommateurs se montrent de plus en plus prudents et ce même si le marché du travail demeure prospère. Les entreprises ont toutes intérêt à se préparer à un éventuel ralentissement de la demande. Apprenez comment y parvenir grâce au prochain webinaire de BDC.
  • La Banque du Canada a ralenti le rythme d’accroissement des taux en octobre, mais ce n’est toujours pas la fin du resserrement. Ne tardez pas si vous avez des projets qui requièrent du financement, car les taux remonteront encore un peu plus en décembre.
Perspectives États-Unis

La croissance américaine est enfin de retour

Le PIB américain a finalement cessé son déclin au troisième trimestre en enregistrant une croissance annualisée de 2,6 %. L’activité économique de juillet à septembre aura été suffisante pour contrebalancer complètement le ralentissement survenu en première moitié d’année. Les premières estimations pour le dernier trimestre suggèrent une croissance de 3,6 %.

Les ralentissements importants que connaissent les industries productrices de biens et le marché résidentiel ne sont toujours pas suffisants pour pousser la Réserve fédérale à ralentir le rythme de ses hausses de taux d’intérêt.

La consommation de biens perd encore du terrain

Les consommateurs américains ont ralenti leurs achats de biens depuis le début de 2022 au profit des services. Cette tendance s’est poursuivie au troisième trimestre et touche les biens durables (-0,8 %) et non durables (-1,4 %). Le ralentissement de la demande américaine envers les biens s’est également reflété sur les importations durant l’été.

Le commerce international aura été le plus important contributeur à la croissance du PIB au dernier trimestre. Ce gain provient essentiellement des exportations de biens qui ont augmenté de 17,2 % pendant cette période, tandis que les importations de biens ont chuté de 8,7 %.

L’économie américaine bénéficiait déjà d’une bonne croissance de ses exportations nettes au T2, mais les gains ont plus que doublé en T3. Le dollar américain s’est toutefois grandement apprécié par rapport à la plupart des autres devises depuis septembre, ce qui pourrait faire retourner la situation au dernier trimestre.

Le déclin du résidentiel s’accélère

L’investissement résidentiel a décliné pour un sixième trimestre consécutif. La chute de 26,4 % est attribuable à la baisse de la construction de nouvelles maisons unifamiliales et aux transferts de propriété.

Cette baisse s’apparente fortement au déclin subit au deuxième trimestre de 2020, soit au cœur de la crise de la COVID-19. Il s'agit également de la plus forte réduction depuis la crise financière mondiale de 2008. L'investissement résidentiel avait déjà chuté de 18 % au deuxième trimestre de cette année.

La Fed garde le cap

Contrairement à la Banque du Canada, qui a déjà ralenti sa vitesse de resserrement monétaire, la Réserve fédérale a maintenu le cap en adoptant une quatrième hausse de 75 points de base lors de sa rencontre du 2 novembre. L’ampleur des hausses de taux pourrait toutefois commencer à ralentir dès décembre, mais l’inflation fondamentale continue de surprendre à la hausse – celle-ci a atteint 6,7 % en septembre, son plus haut niveau en 40 ans.

De plus, plusieurs participants du comité fédéral d'open market (FOMC) de la Réserve fédérale étaient toujours d’avis que le risque d’en faire trop peu pour contenir l’inflation l’emportait sur celui d’en faire trop, trop vite. Rappelons d’ailleurs que même si la prochaine hausse de taux tablait sur 0,50 %, il s’agit d’un resserrement historiquement élevé.

L’impact pour les entreprises

  • Même si la croissance économique est revenue aux États-Unis, les gains économiques qu’en retireront les entreprises canadiennes s’avéreront plus limités que ce à quoi nous étions habitués par le passé.
  • La demande américaine pour les biens et l’industrie de la construction perdent des plumes rapidement. Les exportations canadiennes vers les États-Unis étant majoritairement tributaires de l’industrie manufacturière, les secteurs des matières premières et du commerce de détails et de gros auront donc plus de difficultés dans les prochains mois à capitaliser sur la croissance renouée au sud de la frontière.
  • L’inflation américaine semble toujours plus difficile à contenir qu’au Canada. Les taux d’intérêt aux États-Unis augmenteront vraisemblablement plus rapidement qu’ici, ce qui devrait exercer une pression supplémentaire à la baisse sur le dollar canadien.
Point sur le marché du pétrole

Les prix remontent tranquillement

Les principaux indices de références du pétrole brut ont tous deux terminé le mois d’octobre en légère hausse. Le Brent s’échangeait à 92$US le baril et le WTI à 86$US le baril à la fin du mois. Il s’agit de la première croissance mensuelle des prix du brut depuis mai.

Les confinements reprennent en Chine

La Chine est le principal importateur de brut mondial de par l’importance de son secteur manufacturier. C’est aussi le pays où les mesures pour limiter la transmission de la COVID-19 restent sévères. Une recrudescence de cas dans nombreux villages s’est traduite (une fois de plus) en de nouveaux confinements stricts.

La croissance économique chinoise a enregistré un fort rebond de 3,9 % au troisième trimestre. Cette reprise plus vigoureuse se heurtera toutefois à la persistance de la politique zéro-COVID, à la crise de l’endettement immobilier et évidement au ralentissement économique mondial. Ces obstacles à la croissance chinoise entraîneront un ralentissement de la demande de brute.

Le baril pourrait atteindre 100$US dans les prochaines semaines

Malgré les perspectives de ralentissement, l’organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) aura vraisemblablement eu gain de cause. L’organisation a en effet déclaré le mois dernier qu’elle entendait réduire sa production de 2 millions de barils par jour dès novembre – un signal évident pour les analystes que le cartel mise sur un baril autour de 90$US.

L’offre américaine sera-t-elle au rendez-vous?

La divergence d’intérêt entre l’OPEP+ et les États-Unis saute aux yeux. Le premier veut maintenir ses revenus élevés, ce qui passe par un prix du baril élevé, tandis que l’autre souhaite ralentir l’inflation pour soutenir les consommateurs.  Cette différence crée beaucoup d’incertitude sur les perspectives de l’offre à court terme.

La production de brut américaine a redécollé en août en atteignant 12 millions de barils par jour – le volume le plus important depuis le début de la pandémie.

Ces résultats sont surprenants compte tenu que les entreprises productrices de pétrole n’entendaient pas augmenter leur production. Si l’offre américaine poursuit cet élan, elle pourrait apporter un peu de répit et contrecarrer en partie les réductions annoncées par l’OPEP et ses alliés.

Au-delà de cette hausse surprenante, l’administration Biden puise dans la réserve stratégique de pétrole américaine depuis un an dans le but de modérer la pression sur les prix. Cette dernière mesure n’a jamais été une stratégie durable pour contenir la montée des prix du brut, mais le gouvernement n’a toujours pas annoncé la fin de ces initiatives. L’inventaire de la réserve est désormais à 33 % sous le niveau affiché à pareille date l’an dernier et à son plus bas niveau depuis 1984.

En bref…

La diminution de l’offre de pétrole par l’OPEP et ses alliés, ainsi que l’arrêt possible de la mise en marché de barils issue de la réserve stratégique américaine, pourrait pousser les prix encore plus haut l’an prochain. La production américaine a surpris à la hausse récemment, mais la pression sur l’offre pourrait contrebalancer complètement les inquiétudes de ralentissement de la demande relative à la politique zéro-COVID du principal importateur de brut mondial, la Chine. Un baril à 100$US est un risque probable même face au ralentissement économique qui approche.

Autres indicateurs économiques

Hausse de 50-points et non la dernière

La Banque du Canada a ralenti le rythme de l’augmentation de son taux directeur le 26 octobre mais cette récente hausse demeure significative du point de vue historique. Ce n’est vraisemblablement pas la dernière augmentation qui touchera l’économie canadienne. D’ailleurs les données de l’emploi d’octobre et les augmentations salariales importantes laissent présager que la banque centrale devra continuer sur sa lancée un peu plus longtemps pour maîtriser l’inflation et ce, même si elle sait pertinemment que les effets de hausses passées mettent un certain temps à cheminer dans l’économie. Le taux directeur est maintenant à 3,75 % et nous nous attendons à ce que celui-ci culmine à 4,5 % d’ici mars 2023.

Le huard vole bas

La faible reprise des prix du pétrole qui s’est amorcé aura limité les pertes potentielles du taux de change auxquelles on aurait pu s’attendre en octobre. Le dollar canadien se maintient à 0,73 $US depuis quelques semaines.

L’écart entre les taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis devraient toutefois continuer à exercer une pression à la baisse sur la devise canadienne à moyen-terme.

La confiance des entreprises est de plus en plus inquiétante

Face à l’incertitude grandissante, le niveau de confiance des entreprises a peu varié ces derniers mois et se maintient faible. Nonosbtant, en octobre, l'indice à long terme du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) enregistrait une autre baisse marginale mensuelle. L’indice s’approche donc encore un peu plus de la barre du 50. Un indice supérieur à 50 implique qu’il y a davantage d’entreprises optimistes quant à l'avenir que l’inverse. L’indice a atteint 51,4 en octobre.

Indicateurs clés: Canada