Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Lettre économique mensuelle

Novembre 2020

Article vedette

Investissements en technologie: une priorité des entrepreneurs

2020 aura représenté un défi de taille pour la majorité des entrepreneurs canadiens. Bien que les programmes d’aide du gouvernement aient contribué à pallier le manque de liquidités de plusieurs entreprises, celles-ci doivent mettre en place un plan de relance pour la sortie de crise – dont la date demeure incertaine.

Cette lettre économique met en lumière les priorités des entrepreneurs et leurs intentions d’investissement dans ces circonstances. Les nouvelles habitudes des consommateurs sont également abordées.

Liquidités, puis technologie

Dans notre étude publiée en octobre La réplique – comment les entrepreneurs s’adaptent à la pandémie, nos économistes Sylvie Ratté et Isabelle Bouchard ont fait état des résultats d’une enquête réalisée auprès de 1 000 entrepreneurs et 2 000 consommateurs visant à mieux comprendre le positionnement des entrepreneurs du pays pour planifier l’après-crise.

Le redressement des finances est la priorité majeure de près de 40 % des entrepreneurs qui comptent être en opération dans un an. Et ce, à cause des emprunts contractés par plusieurs pour survivre financièrement à une chute brusque des revenus, notamment au cours du confinement printanier. En effet, la proportion de PME dont l’endettement représente plus de 25 % de leurs revenus a plus que doublé cette année, passant de 10 % à 22 %.

Plusieurs répondants souhaitent également se constituer un fonds de prévoyance plus robuste pour des imprévus futurs. Cela pourrait se faire au détriment de nouveaux investissements, du moins à court terme (voir la prochaine section).

Les entrepreneurs conviennent néanmoins que la pandémie a accéléré l'adoption de nouvelles tendances. Ainsi, trois de leurs cinq priorités (tirer parti de la technologie, miser sur le télétravail, vendre en ligne) nécessiteront davantage d’investissements en technologies. Malgré une prudence accrue quant à la gestion des liquidités, ils sont davantage conscients du nouveau contexte dans lequel ils opèrent.

Des entrepreneurs prudents, mais clairvoyants

Les intentions d’investissement demeuraient toutefois faibles, indique l’enquête d’octobre. Pour l’ensemble des secteurs, une majorité d’entrepreneurs prévoyaient réduire leurs investissements au cours des 12 prochains mois (une marge négative de 9 points de pourcentage). Une décision qui est conforme à la volonté première de redresser les finances.

Ces intentions à la baisse sont comparables à celles recensées en juillet. Elles ne sont pas surprenantes puisque nous sommes en pleine deuxième vague d’infections à la COVID-19 et que de nombreux entrepreneurs attendent d’avoir une meilleure idée de l’évolution de la pandémie avant de prendre des décisions à plus long terme.

Sur une base sectorielle, seule l’industrie des ressources offrait des perspectives positives (+9). La situation dans le secteur manufacturier (-18) s’était particulièrement détériorée depuis l’été. Le commerce de gros et de détail – plus affecté par les mesures de distanciation sociale – affichait également des intentions d’investissement négatives (-2).

Ces faibles intentions d’investissement s’expliquent davantage par une réticence à investir dans des actifs tangibles, tels les bâtiments (-17) et les machines et le matériel (-8), constate-t-on.

L’incertitude quant à la durée des mesures sanitaires et l’importance accrue du télétravail expliquent en partie cette prudence quant aux intentions d’investissement en bâtiments et en rénovations. Une réévaluation des besoins en espace physique sera effectuée dans plusieurs secteurs d’activité d’ici la résolution de la pandémie.

En ce qui concerne les investissements en machines et matériel, les entrepreneurs attendent des précisions quant à la trajectoire de la reprise économique – celle-ci dépendant de l’évolution du virus et de la mise au point d’un vaccin efficace.

Finalement, la bonne nouvelle: une (faible) majorité d’entreprises comptent investir davantage dans leurs actifs technologiques au cours des 12 prochains mois (+2). Ces investissements visent notamment l’efficacité du télétravail, l’amélioration des plateformes transactionnelles et le déploiement d’outils de cybersécurité, tous des éléments qui continueront de prendre de l’importance au cours de la prochaine décennie.

Un consommateur de plus en plus branché

Notre équipe d’économistes publiera en fin novembre un nouveau rapport sur les plateformes transactionnelles, intitulé Atteindre la rentabilité sur le web: comment être compétitif en commerce électronique. Ce document partagera les stratégies en ligne qui, selon nos experts, sont les mieux adaptées à la réalité des PME canadiennes.

La pandémie aura accéléré la transition des consommateurs canadiens vers le commerce en ligne et, du même coup, la nécessité pour les entreprises d’investir dans une plateforme transactionnelle.

En 2015, seules 5,8 % des ventes au détail étaient réalisées en ligne au Canada, comparativement à 7,2 % aux États-Unis, selon la firme spécialisée en commerce électronique, eMarketer. Le Canada a toutefois rattrapé son retard alors que les ventes en ligne représentaient 11 % des ventes totales dans les deux pays, en 2019. Ce ratio devait grimper à 15 % en 2022.

Ce pronostic précédait toutefois la pandémie. Le commerce électronique a effectivement bondi pendant le confinement et demeure élevé, comme le démontre Statistique Canada qui rapporte les ventes effectuées en ligne depuis 2016 (notez que ces chiffres excluent les ventes de consommateurs canadiens auprès de détaillants établis à l’étranger et sont donc plus faibles). Les ventes en ligne des détaillants canadiens sont passées de 2 % à 4 % des ventes totales, entre 2016 et 2019. En avril dernier, elles ont bondi à plus de 10 % et demeurent supérieures à 5 % depuis. Les PME canadiennes davantage présentes en ligne ont moins subi les contrecoups du confinement printanier, selon nos sondages internes.

En tenant compte des détaillants étrangers, une règle de pouce suggèrerait que plus de 15 % des ventes actuelles sont effectuées en ligne. Alors que plusieurs provinces font face à une deuxième vague d’infections, et que certains gouvernements provinciaux ont renforcé les mesures sanitaires en vigueur, les consommateurs se tourneront probablement davantage vers les plateformes numériques pour leurs achats des Fêtes et pour les mois à venir.

À retenir: les consommateurs, confinés à la maison, conserveront leurs nouvelles habitudes. La pandémie aura accéléré des tendances que l’on voyait émerger pour la prochaine décennie. Les entrepreneurs canadiens, devant concurrencer avec le reste du monde pour des parts de marché locales, constatent encore plus l’importance d’investir dans une plateforme numérique fiable et flexible.

L’impact sur les entrepreneurs

  1. Les conditions économiques difficiles ont forcé les entreprises à revoir à la baisse leurs intentions d’investissement au cours des 12 prochains mois. En général, les entrepreneurs accordent leur priorité principale au redressement de leurs finances.
  2. Malgré un climat empreint d’incertitudes, nos sondages indiquent qu’une majorité d’entrepreneurs ont l’intention d’accentuer leurs investissements en technologie.
  3. Tirer profit de la technologie, miser sur le télétravail ainsi que vendre en ligne représentent trois des cinq priorités des entrepreneurs pour la prochaine année.
  4. La BDC conseille d’ailleurs ses clients depuis longtemps quant au développement d’une stratégie en ligne. Ces articles pourraient orienter votre stratégie:

Perspectives Canada

L’état de l’économie canadienne au tournant de la deuxième vague

La situation sanitaire s’est détériorée au cours des dernières semaines et menace la reprise économique en cours.

Heureusement, les statistiques publiées ces dernières semaines font état d’une économie qui s’était bien positionnée pour affronter la deuxième vague d’infections à la Covid-19 observée dans la plupart des provinces.

La reprise du PIB continue de surpasser les attentes en août

L’économie canadienne a connu une croissance de 1,2 % en août, alors que 15 secteurs sur 20 ont poursuivi leur remontée entamée en mai. Selon Statistique Canada, les données préliminaires suggèrent une croissance de 0,7 % en septembre. Si ces attentes sont comblées, l’économie carburerait alors à 96 % de son sommet précédant la pandémie.

Du côté de la production de biens, la construction (+1,5 %) et le secteur manufacturier (+1,2 %) affichent de bonnes performances et se retrouvaient respectivement à 98 % et 96 % du niveau observé en février dernier.

Dans le secteur des services, la croissance était vigoureuse dans les services professionnels (+2,2 %) et d’hébergement et de restauration (+ 7,3%), ainsi que dans le domaine des arts, des spectacles et des loisirs (+13,7 %). Ces deux derniers secteurs demeuraient fortement affaiblis par la crise, n’atteignant respectivement que 72 % et 53 % de leur niveau d’activité précédant la crise.

Les ressources naturelles (83 % du niveau de février) et le secteur du transport et de l’entreposage (79 %) sont d’autres industries où la reprise demeurait moins robuste.

Après une croissance annualisée d’environ 45 % au troisième trimestre, la reprise devrait nettement ralentir d’ici la fin de l’année. La deuxième vague qui frappe le Canada – bien que moins importante que celle observée aux États-Unis et en Europe – a de nouveau forcé l’imposition de mesures partielles de confinement dans plusieurs provinces, ce qui ralentira les activités dans certains secteurs, dont la restauration, le transport et les loisirs.

Ces nouvelles restrictions, jumelées à la crainte de contracter la Covid-19, entraîneraient une croissance annualisée du PIB à peine positive (de 1 % à 3 %) au dernier trimestre de 2020. La contraction annuelle du PIB serait alors d’environ 5,5 %.

En date du 5 novembre, le nombre de cas d’infections quotidiennes à la Covid-19 était en hausse, à environ 86 par million d’habitants.

Emplois en hausse en octobre

Le marché du travail canadien a ralenti en octobre, alors que 83 600 emplois nets se sont ajoutés. Ainsi, 2,4 des 3 millions d’emplois perdus au printemps sont maintenant comblés, ce qui représente un taux de récupération de 79 %, comparativement à 54 % aux États-Unis. Le taux de chômage a légèrement diminué, passant de 9,0 % à 8,9 %.

L’enquête, menée pendant la semaine du 12 octobre, tient donc compte des nouvelles mesures sanitaires imposées en Ontario et au Québec. Dans ces deux provinces, l’emploi a sous-performé, affichant un recul de 12 900 au Québec, notamment.

Une analyse sectorielle suggère également que les nouvelles restrictions ont eu un impact négatif sur le dynamisme du marché du travail. L’emploi était en baisse dans les services d’hébergement et de restauration (-48 200), ainsi que dans le secteur de de l’information, de la culture et des loisirs (-11 300). Le secteur des services professionnels (+41 800) a permis de compenser en partie ces pertes.

En octobre, le nombre d’emplois occupés était de 3,3 % inférieur au niveau enregistré avant la crise. Cette situation est comparable à l’écart observé au creux de la crise financière de 2008-2009 (-2,5 %). Nous continuons d’anticiper un rétablissement complet du marché du travail au dernier semestre de 2022, le temps que les secteurs les plus affectés puissent reprendre pied.

L’impact sur les entrepreneurs

  1. La reprise économique s’est poursuivie, alors qu’on estime que le PIB du Canada atteignait en septembre 96 % de son niveau précédant la pandémie. Cela correspondrait à une croissance du PIB d’environ 45 % en rythme annualisé au troisième trimestre.
  2. Le ralentissement du marché du travail (+83 600 emplois) était attendu, alors que de nouvelles restrictions visant à contrer la pandémie avaient été mises en place en début octobre. Les secteurs les plus affectés lors du premier confinement risquent de connaître un hiver difficile.
  3. L’économie ralentira donc de façon significative, au cours des prochains mois, alors que sa progression dépendra principalement de l’évolution de la pandémie. Pour l’instant, le nombre de nouveaux cas d’infections quotidiens est en hausse, à environ 86 par million d’habitants. Des mesures additionnelles sont possibles si la situation devait empirer.
  4. La croissance annualisée du PIB devrait se situer entre 1 % et 3 % au dernier trimestre de 2020. La contraction annuelle de l’économie canadienne serait alors d’environ 5,5%.

Perspectives États-Unis

Place à l’administration Biden

Conformément aux attentes, le PIB des États-Unis a connu une hausse marquée au troisième trimestre de 2020. Les signaux divergent toutefois quant à l’état actuel de l’économie.

D’une part, les incertitudes liées à l’élection américaine sont maintenant derrière nous. Mais la division du pouvoir potentiel avec le Sénat risque de compliquer la mise en place d’un plan de relance économique.

Inversement, l’évolution du marché de l’emploi demeure décevante, tandis que la confiance résiste pour l’instant à l’augmentation des cas d’infections à la Covid-19, qui atteignent de nouveaux sommets.

Une élection partagée

Joe Biden a été élu 46e président des États-Unis et prendra les rênes du pays à compter du 20 janvier 2021. Les marchés boursiers, qui craignaient une élection contestée, à l’image de celle de Bush/Gore en 2000 ont ainsi été rassurés.

Au Sénat, les Démocrates n’ont pas remporté suffisamment de sièges (à ce jour) pour obtenir la majorité. La nouvelle administration Biden et la majorité potentiellement républicaine devront donc faire des compromis pour adopter un plan de relance économique. Plusieurs promesses de campagne de Biden ne seront probablement pas réalisables d’ici 2022, notamment des investissements en infrastructures, en éducation et dans les énergies renouvelables.

Pour plus de détails sur le plan économique du 46e président américain, consultez la lettre économique du mois dernier, qui discutait de l'impact économique pour le Canada d’une potentielle victoire démocrate.

Entretemps, les attentes pour un plan d’aide provisoire demeurent et sont source d’incertitudes sur les marchés. Les revenus des ménages ont diminué de 10,2 % en rythme annualisé au troisième trimestre de 2020.

Il n’est pas clair si une entente surviendra pendant les derniers mois de la présidence de Trump. Autre source de volatilité potentielle: les cas d’infections à la Covid-19 atteignent de nouveaux sommets quotidiens, alors que 121 000 nouveaux cas ont été recensés le 5 novembre (332 cas quotidiens par million d’habitants, au cours de la dernière semaine).

Le PIB bondit au troisième trimestre

L’économie américaine a connu une croissance annualisée record de 33,1 % du PIB au cours du troisième trimestre (juillet à septembre), selon l’estimation préliminaire du Bureau of Economic Analysis. Cette hausse succédait à deux trimestres de contraction (T1: -5,0 %; T2: -31,4 %), découlant de l’arrivée de la pandémie en sol nord-américain et d’un premier confinement à grande échelle.

Les dépenses de consommation ont bondi de 40,7 % – portées principalement par la hausse des achats de biens durables (+82,2 %). Limitées par le maintien de divers mesures sanitaires, les dépenses en services augmentaient néanmoins de 38,4 %.

Les investissements fixes non-résidentiels affichaient une croissance de 20.3 %, mais seule la sous-composante de l’équipement gagnait du terrain (+70,1 %). Les investissements en structures (-14,6 %) et en propriété intellectuelle (-1 %) continuaient leur chute entamée au tournant de la crise.

Les exportations augmentaient de 59,7 %, tandis que les dépenses gouvernementales reculaient de 4,5 %.

Malgré ces chiffres encourageants, force est de constater qu’il reste du chemin à faire avant le rétablissement complet de l’économie américaine. Le PIB des États-Unis accusait après tout un retard de 3,5 % par rapport à son sommet atteint à la fin de 2019.

La consommation était en baisse de 3,3 %, par rapport à ce dernier trimestre de 2019, à cause principalement d’un repli des dépenses en services (-7,7 %). L’investissement affichait globalement un recul de 2,9 %, dû principalement à la faiblesse de l’investissement non-résidentiel (-4,9 %, dont une contraction de 14 % en structures). La baisse des exportations était plus importante (-15,3 %) que celle des importations (-7,1 %), contribuant à la détérioration du solde commercial des États-Unis. Les améliorations des prochains trimestres dépendront du contrôle (ou non) de la pandémie.

À court terme, la croissance du PIB devrait ralentir au cours du dernier trimestre de 2020 et pourrait être à peine positive, selon l’évolution de la situation sanitaire. Au mieux, l’économie américaine n’atteindra de nouveaux sommets qu’au dernier trimestre de 2021.

La création d’emplois demeure tiède

Le rapport mensuel d’octobre sur l’emploi est un premier indice de l’évolution de l’économie au quatrième trimestre.

La création de 638 000 emplois nets en octobre représente un léger ralentissement par rapport aux 672 000 emplois nets ajoutés en septembre. Le taux de chômage est passé à 6,9 %, une baisse par rapport à septembre (7,9 %).

Les pertes d’emplois cumulatives en 2020 demeurent élevées, alors que le bilan de l’année se chiffre présentement à 9,6 millions d’emplois en moins. Seuls 54 % des emplois perdus en mars et avril ont maintenant été récupérés. Cette proportion est beaucoup plus faible que celle observée au Canada (79 %).

Autre signe inquiétant: le taux d’activité demeure bien plus faible qu’à l’amorce de la crise (61.7 % en octobre 2020; 63.3 % en octobre 2019), ce qui pourrait causer des dommages à long terme au marché du travail.

La confiance tient bon malgré la progression du virus

Malgré la hausse des cas d’infection à la Covid-19, l’incapacité du Congrès à approuver un plan de relance de l’économie et l’incertitude entourant l’élection présidentielle, la confiance a fait preuve de résilience en octobre.

L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board s’est replié légèrement, à 100,9. Ce niveau est comparable à celui du début de l’été (98,3), mais demeure de loin inférieur au score moyen de 2019 (128). La chute du revenu disponible au troisième trimestre les amènera probablement à gérer leur budget de manière plus serrée au cours des prochains mois.

Les entreprises du secteur manufacturier ont pour leur part affiché une hausse d’optimisme, alors que l’indice ISM est passé à 59,3, un sommet remontant à septembre 2018. Un indicateur supérieur à 50 indique qu’une majorité d’entreprises s’attendent à des conditions plus favorables au cours de la prochaine année. Les intentions d’embauche (53,2) et les nouvelles commandes (67,9) ont fait les gains les plus importants, et 15 des 18 sous-secteurs notaient une amélioration de leur situation. La confiance du secteur des services (ISM non-manufacturier) était en légère baisse, déclinant à 56,6.

L’impact sur le Canada

  1. L’élection de Biden devrait mener à une normalisation des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Toutefois, la rhétorique protectionniste américaine pourrait se poursuivre tant que la reprise économique ne sera pas plus durable.
  2. La croissance du PIB est appelée à ralentir de façon significative au cours prochains trimestres. La faible récupération observée sur le marché du travail et le resserrement de mesures sanitaires pour contrer la pandémie en sont les deux raisons principales.
  3. La confiance des ménages et des entreprises demeure stable, malgré la détérioration de la situation face à la pandémie. Une progression sera possible une fois l’annonce d’un vaccin au cours des prochains mois.

Point sur le marché du pétrole

La situation européenne menace la reprise du pétrole

Après plusieurs mois de stabilité, les cours de pétrole ont connu plus de volatilité ces dernières semaines. Malgré une production stable, les perspectives entourant la demande se sont détériorées, particulièrement à court terme.

En général, les cours demeurent 30 % inférieurs aux prix affichés avant la pandémie, alors que leur reprise demeure moins significative que celle de nombreux autres produits de base, dont les métaux.

Le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) ont connu leur mois le plus difficile depuis le printemps dernier, affichant un recul d’environ 10 % en octobre. En date du 5 novembre, leurs valeurs respectives se situaient à 41 $US et 39 $US le baril. Le Western Canadian Select (WCS) a suivi cet élan, atteignant 29 $US.

La volatilité récente s’explique à la fois par l’élection américaine, et par l’impact pressenti de la pandémie sur la demande internationale en pétrole.

La reprise de la demande montrait déjà des signes d’essoufflement

La consommation d’essence aux États-Unis témoigne de la vigueur de la demande en pétrole. Lors du premier confinement, la demande en essence avait d’abord chuté de plus de 50 % aux États-Unis. Ensuite, la reprise a été vigoureuse à mesure que les États ont rouvert leurs économies.

Le Bureau of Economic Analysis estime toutefois que cette reprise s’était pratiquement interrompue en septembre, alors que la hausse de la demande n’a été que de 1,5 %. Avec plus de 25 % de la demande à rattraper, force est de constater que la reprise montrait déjà de sérieux signes d’essoufflement.

Depuis, la situation s’est probablement détériorée. La nouvelle vague d’infections à la Covid-19, qui frappe simultanément l’Europe et l’Amérique du Nord, aura un impact important sur la demande en pétrole. Déjà, en septembre et en octobre, les déplacements étaient stables ou en léger recul tant en Amérique du Nord que dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Allemagne (relativement épargnée lors de la première vague), indiquent les rapports de Google sur la mobilité de la communauté.

Les confinements annoncés dans la plupart des plus grandes économies européennes, notamment en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, se répercuteront sur la demande en transport au cours des mois à venir. Malgré des mesures moins strictes qu’au printemps dernier (les écoles restent ouvertes, pour la plupart), les gens seront appelés à minimiser leurs déplacements.

La situation est moins claire aux États-Unis qui continuent d'annoncer des cas en hausse (121 000 cas le 5 novembre). Le président-élu, Joe Biden, a réitéré sa confiance au docteur Anthony Fauci, directeur de la NIAID aux États-Unis, qui est d’avis qu’un reconfinement pourrait être nécessaire pour venir à bout de la vague frappant le pays. Les intentions de Trump, pendant les deux derniers mois de sa présidence, sont encore inconnues.

Est-ce que le niveau de production saura s’ajuster?

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) notait un léger recul de l’offre de 0,6 million de baril par jour (mb/j) en septembre, portant la production internationale à 91,1 mb/j. Cela représente une réduction de 8,7 mb/j comparativement à septembre 2019.

Entretemps, les membres de l’OPEP+ ont continué de respecter leur entente sur les réductions de la production. Aux États-Unis, les fermetures partielles causées par des ouragans en août ont depuis entraîné une hausse de la production marginale, estime l’AIE.

Selon l’organisation, la production canadienne aurait reculé en septembre, après une fuite partielle sur l’oléoduc Polaris. La production canadienne serait ainsi légèrement inférieure à 5 mb/j – une réduction d’environ 20 % comparativement à il y a un an. L’AIE s’attend à ce que la production canadienne atteigne de nouveaux sommets (environ 5,7 mb/j) vers la fin de 2021.

Il demeure toutefois improbable que les prix en 2021 atteignent les niveaux de 2019. Bien que la réduction de la production en septembre ait permis un léger recul des inventaires, ceux-ci demeuraient autour des 3,2 milliards de barils.

Étant donné l’impact du nouveau confinement européen (et potentiellement nord-américain), l’accumulation de stocks dépendra donc de la réactivité des producteurs face à une détérioration de la demande en pétrole. Si certains peuvent se permettre des cours plus faibles du brut, ce n’est pas le cas de ceux qui dépendent en grande partie des royautés du pétrole pour financer leurs programmes sociaux.

En résumé

Le pétrole a connu un mois d’octobre difficile, alors que l’incertitude liée aux élections américaines et la recrudescence des cas d’infections à la Covid-19 ont pesé sur les perspectives de la demande.

Les mesures de confinement en Europe (et peut-être en Amérique du Nord) risquent de peser sur la demande en pétrole au cours des prochains mois. D’ailleurs, la reprise s’essoufflait même avant la vague actuelle d’infections.

Les stocks élevés de pétrole pourraient forcer les grands producteurs à limiter leur production au cours des prochains mois. Une accumulation additionnelle des stocks limiterait encore plus la hausse des cours du pétrole à moyen terme.

Autres indicateurs économiques

Un taux directeur à sa valeur plancher de 0,25 % jusqu’en 2023

Lors de sa plus récente annonce sur le taux directeur, la Banque du Canada a sans surprise maintenu son taux du financement à un jour à sa valeur plancher de 0,25 %. Elle le maintiendra à ce niveau jusqu’au retour de l’inflation à sa cible de 2 %, prévu au cours de 2023.

La banque centrale entend du même coup poursuivre son programme d’assouplissement quantitatif, pour une période indéterminée, tout en orientant davantage ses achats d’actifs vers des obligations à long terme – la catégorie d’actifs qui a le plus d’influence sur les taux d’emprunt des ménages et des entreprises. À ce jour, la Banque du Canada détiendrait 34 % des obligations émises par le gouvernement fédéral.

Le rythme d’achats d’obligations devrait graduellement ralentir, passant de 5 milliards de dollars par semaine à 4 milliards de dollars. Selon la Banque, qui a fait ces annonces le 28 octobre, ces ajustements combinés fourniront une détente monétaire similaire à celle observée depuis la mise en place du programme en mars dernier.

Le bilan de la Banque du Canada s’est allégé de 10 milliards de dollars en septembre, alors que la hausse des obligations du gouvernement du Canada a été largement compensée par la diminution des Bons du Trésor et des titres achetés dans le cadre de conventions de revente. Les actifs détenus par la Banque du Canada, qui représentent un peu plus de 20 % du PIB, demeurent moins importants que ceux de la Réserve fédérale américaine (légèrement inférieurs à 40 % du PIB américain).

Le dollar canadien reste autour des 0,76 $US

Malgré l’incertitude qui plane sur l’économie internationale, le huard s’est maintenu autour des 0,76 $US, soit son niveau moyen des cinq derniers mois.

Une détérioration de la situation – résultant d’une deuxième vague qui empire et de l’imposition de mesures de confinement plus importantes à l’échelle de la planète – pourrait entraîner une dévaluation de la devise canadienne. L’évolution de la pandémie aurait également un impact sur les cours de pétrole, un déterminant important de la valeur du dollar (voir la section sur le pétrole).

Perte d’optimisme du côté des entrepreneurs

Alors que les cas d’infections à la Covid-19 augmentent dans la plupart des provinces, un retour des mesures visant à contrer la deuxième vague en cours amène les entrepreneurs à réviser leurs perspectives à la baisse.

L’indice du Baromètre des affaires de la FCEI a ainsi reculé de 6 points, passant à 53,3. Les entrepreneurs, avec un indicateur supérieur à 50, continuent de s’attendre à une amélioration de leur situation au cours des 12 prochains mois. À l’instar de l’évolution de la pandémie, l’indicateur à plus court terme est plus pessimiste, à 35,6.

Dix secteurs sur 13 affichaient un recul, plus particulièrement les services des transports (-6,6), d’hébergement et de restauration (-5,7), ainsi que la santé et l’éducation (-8,1).

Dans la foulée de la deuxième vague, le gouvernement fédéral maintient ses programmes de soutien aux entreprises, dont la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC) et l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC). Les entrepreneurs doivent rester à l’affût des différents programmes offerts (cliquer sur ce lien pour une liste complète, et les détails pour chacun des programmes).

L'inflation demeure sous sa cible

L’inflation demeurait faible en septembre, passant de 0,1 % à 0,5 %, en rythme annualisé.

Cette faible inflation est principalement attribuable à la réduction des prix de l’essence sur un an (-10,7 %) et des vêtements et chaussures (-4,1 %). Les pressions inflationnistes étaient les plus importantes pour le logement (+1,7 %), les soins de santé et soins personnels (+1,6 %), ainsi que pour l’alimentation (+1,6 %).

L’inflation, estime la Banque du Canada, devrait demeurer en deçà de la fourchette cible de 1 à 3 % jusqu’au début de 2021.

Elle s’attend également à ce que l’inflation demeure sous la cible de 2 % tout au long de la période de projection. Le retour à 2 % devrait survenir en 2023 au plus tôt – condition minimale avant de procéder à une première hausse de son taux directeur.

Indicateurs clés: Canada

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