La marge bénéficiaire d’exploitation

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Le bénéfice d’exploitation représente la différence entre les revenus d’une entreprise et ses coûts et dépenses, à l’exclusion des revenus et des pertes provenant de sources autres que ses activités courantes (appelés postes extraordinaires ou ponctuels) et des déductions au titre du revenu, comme les intérêts et les impôts.

La marge bénéficiaire d’exploitation vous indique rapidement la façon dont votre entreprise gère ses ressources.

C’est l’une des trois principales mesures de la rentabilité, les autres étant la marge bénéficiaire brute (soit les revenus moins le coût des produits vendus) et la marge bénéficiaire nette (soit la différence entre le total des ventes et le total des coûts et des dépenses, y compris les intérêts, les impôts ainsi que les éléments ponctuels).

Comment calculer la marge bénéficiaire d’exploitation?

On calcule la marge d’exploitation en soustrayant le coût des produits vendus et les frais de vente, généraux et administratifs (aussi appelés frais d’exploitation ou VGA) des ventes nettes. Cette différence est ensuite divisée par les ventes nettes, puis multipliée par 100 %.

Voici un exemple de la façon de calculer la marge bénéficiaire d’exploitation (selon les données de l’état des résultats de l’entreprise ABC ci-dessous).

Commencez avec la formule de la marge bénéficiaire d’exploitation.

Ventes nettes – (coût des produits vendus + VGA)


Ventes nettes

X 100 % = Marge bénéficiaire d’exploitation

Il faut ensuite remplir la formule avec les informations tirées de l’état des résultats et faire le calcule.

100 000 $(35 000 $ + 25 000 $)


100 000 $

X 100 %

100 000 $60 000 $


100 000 $

X 100 %

40 000 $


100 000 $

X 100 % = 4.0 %

Dans cet exemple, la marge d’exploitation de la Société ABC est de 4 %.

Exemple de coûts indirects Agrandir l'image

Pourquoi les marges bénéficiaires d’exploitation sont-elles importantes?

La marge bénéficiaire d’exploitation vous indique, en un coup d’œil, l’efficacité opérationnelle de votre entreprise.

Tandis que la marge bénéficiaire brute vous indique si vous réalisez des profits sur chaque unité vendue après avoir soustrait la main-d’œuvre, les matériaux et les autres coûts de production, la marge bénéficiaire d’exploitation indique si vous faites des profits après avoir payé le loyer et les services publics, le personnel de marketing et de vente, les frais d’administration, ainsi que l’amortissement des immobilisations corporelles.

«Lorsque vous consultez l’état des résultats, plus vous vous approchez du bénéfice d’exploitation, mieux vous pourrez voir si vous créez une valeur économique totale plutôt que des profits tirés de la vente d’une unité ou d’un service supplémentaire», explique Sean Beniston, partenaire client principal de BDC Services-conseils, à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Si votre bénéfice d’exploitation est supérieur à la moyenne de votre secteur, vous avez probablement un avantage concurrentiel.

Le bénéfice d’exploitation indique-t-il comment votre entreprise se compare aux autres?

La marge bénéficiaire d’exploitation vous permet également de comparer votre entreprise avec d’autres dans le même secteur.

«Il est important de vous comparer avec les autres entreprises de votre secteur», souligne Sean Beniston.

«Si vous avez un restaurant et que vous le comparez avec une grande entreprise de construction navale, par exemple, vous remarquerez que les coûts indirects fixes du constructeur de navires sont beaucoup plus élevés et ne sont donc pas comparables. Si vous faites des comparaisons dissemblables, vous vous jugez injustement.»

Pour certaines entreprises du secteur des services, comme les sociétés de conseils et d’expertise comptable, qui ne fabriquent pas de produits et ne déclarent donc pas de coût des produits vendus, le bénéfice d’exploitation est une mesure de la rentabilité plus appropriée que le bénéfice brut.

Que vous indique le bénéfice d’exploitation sur la compétitivité de votre entreprise?

«Si votre bénéfice d’exploitation est supérieur à la moyenne de votre secteur, vous avez probablement un avantage concurrentiel», affirme Sean Beniston.

«Vous jouissez peut-être d’une bonne gestion ou vous utilisez peut-être vos ressources (actifs, personnel, technologie) plus efficacement que d’autres entreprises.»

Vous pouvez calculer la marge bénéficiaire d’exploitation de votre secteur d’activité en utilisant les Statistiques relatives à l’industrie canadienne sur le site Web d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

Certaines entreprises sont très efficaces en marketing et en publicité, alors elles sont en mesure d’utiliser cet avantage concurrentiel pour garder une longueur d’avance sur la concurrence. D’autres disposent peut-être de produits dotés de technologies supérieures parce qu’elles investissent beaucoup dans la R.-D.

Quel que soit leur avantage concurrentiel, les entreprises doivent en tirer parti si elles ne veulent pas le perdre. «Les avantages concurrentiels ne durent pas éternellement parce que le secteur finit par avoir vent des succès des autres entreprises», explique Sean Beniston.

Toutefois, si vous pouvez maintenir ou améliorer votre avantage concurrentiel, «vous devriez en tirer parti le plus longtemps possible», ajoute-t-il.

Comment pouvez-vous améliorer votre marge bénéficiaire d’exploitation?

Déterminez ce qui confère à votre entreprise un avantage concurrentiel et essayez d’en tirer parti, explique Sean Beniston.

«Demandez-vous ce qui permet à votre entreprise d’atteindre des normes plus élevées que celles du secteur en matière de marge d’exploitation et concentrez-vous là-dessus. C’est là que se crée vraiment la valeur économique, c’est-à-dire lorsque vous avez quelque chose que les autres n’ont pas ou que vous faites quelque chose qu’ils ne font pas.»

En revanche, si la marge bénéficiaire d’exploitation de votre entreprise est inférieure à la moyenne, demandez-vous quelles mesures vous devriez prendre pour redresser la situation.

«Lorsque vous examinez les éléments qui composent les frais d’exploitation, vous devriez essayer de comprendre comment équilibrer les dépenses et les avantages. Prenons votre activité de marketing, par exemple. Pouvez-vous trouver des façons d’être plus efficace en matière de coût d’acquisition? Ou encore, utilisez-vous les bons canaux de marketing pour maximiser le rendement des investissements publicitaires, par exemple?»

Certaines entreprises, comme les entreprises d’excavation et de construction, peuvent avoir une dépréciation et des frais d’amortissement très élevés parce que leurs activités exigent beaucoup d’équipement.

«Vous voudrez maximiser le rendement de vos actifs pour favoriser la rentabilité, affirme Sean Beniston. Peut-être que votre équipement est sous-utilisé ou en panne, ce qui fait augmenter vos dépenses proportionnellement aux revenus qu’il génère pour l’entreprise.»

Si vous avez déterminé que la dépréciation et l’amortissement vous coûtent trop cher, vous pourriez décider de remplacer, de réparer ou de vendre votre équipement afin de réduire vos frais d’exploitation et d’améliorer votre marge bénéficiaire d’exploitation.

Sean Beniston ajoute que l’entretien préventif peut augmenter vos coûts à court terme, mais qu’il devrait porter ses fruits à long terme. «Même s’il s’agit d’une dépense initiale, vous n’aurez peut-être pas de pannes catastrophiques à l’avenir qui vous coûteront plus cher.»

Demandez-vous ce qui permet à votre entreprise d’atteindre des normes plus élevées que celles du secteur en matière de marge d’exploitation et concentrez-vous là-dessus. C’est là que se crée vraiment la valeur économique, c’est-à-dire lorsque vous avez quelque chose que les autres n’ont pas.

En quoi le bénéfice d’exploitation diffère-t-il du bénéfice brut?

La principale différence réside dans le fait que le bénéfice brut ne comprend que des dépenses comme la main-d’œuvre, le matériel et d’autres coûts directs de production, tandis que le bénéfice d’exploitation tient également compte des coûts qui ne sont pas directement associés à la production de biens ou à la prestation de services. C’est ce que l’on appelle des frais d’exploitation, des frais de vente, généraux et administratifs (VGA) ou des coûts indirects.

Les coûts indirects ou VGA comprennent le loyer et les services publics, les dépenses de marketing, l’équipement informatique et les avantages sociaux du personnel. Contrairement aux coûts variables de production, les coûts indirects ont tendance à ne pas fluctuer en fonction des volumes de fabrication ou d’achat. Ils sont donc considérés comme des coûts fixes ou semi-variables.

«Les frais d’exploitation ne sont pas nécessairement engagés dans la fabrication d’un bien ou la prestation d’un service, mais il s’agit néanmoins de coûts servant à l’exploitation de l’entreprise», explique Sean Beniston.

Le bénéfice d’exploitation équivaut-il au bénéfice avant intérêts et impôts?

Le bénéfice d’exploitation est parfois appelé bénéfice avant intérêts et impôts (BAII). Cette mesure permet aux entreprises de se comparer par rapport aux autres entreprises de leur secteur, même si leur niveau d’endettement et leurs éléments ponctuels sont différents.

«Par définition, le BAII peut être synonyme de bénéfice d’exploitation», explique Sean Beniston.

«Si vous examinez l’état des résultats, vous prenez vos revenus moins les coûts variables, puis vous détaillez vos coûts fixes pour arriver au bénéfice d’exploitation ou à une variation du BAII.»

Quelle est la différence entre les frais d’exploitation ou coûts fixes, et les coûts variables ou semi-variables?

Selon Sean Beniston, il existe une règle générale qui vous permet de faire la différence entre les coûts variables et les coûts fixes.

«Si vous essayez de déterminer si un coût est fixe ou variable, demandez-vous si vous auriez quand même à assumer cette dépense si vous ne vendiez aucune autre unité. Si la réponse est non, alors c’est un coût variable. Si la réponse est oui, il s’agit d’un coût fixe. Toutefois, des frais peuvent être attribués aux parties variables et aux parties fixes de votre état des résultats. Votre comptable peut les calculer en fonction des coûts afin de créer une description fidèle de la provenance des coûts», dit-il.

Donc, même si les coûts d’exploitation ne contribuent pas directement à la fabrication d’un produit ou à la prestation d’un service, ils constituent une partie, d’ailleurs importante, des coûts d’exploitation d’une entreprise.

«Ils servent à soutenir la fabrication d’un produit ou la prestation d’un service, mais ils n’ont pas nécessairement un rôle direct à jouer dans la fabrication d’un produit ou la prestation d’un service», ajoute-t-il.

Quelles sont les limites de la marge bénéficiaire d’exploitation?

Sean Beniston prévient que l’analyse des frais d’exploitation peut être plus complexe que l’établissement du coût des produits vendus ou des coûts de production variables.

«Le défi lié au calcul du bénéfice d’exploitation est que les VGA comprennent de nombreux éléments. Est-ce que mon marketing est inefficace? Ai-je trop d’immobilisations corporelles? Mon loyer est-il trop élevé? Mes services publics sont-ils trop élevés? Est-ce que nous voyageons trop?»

«Parfois, il est un peu plus difficile de déterminer quel facteur pourrait expliquer pourquoi vous êtes sous la moyenne dans votre secteur d’activité.»

Cependant, si votre marge brute est supérieure à la moyenne du secteur, mais que votre marge bénéficiaire d’exploitation est inférieure à la moyenne, la source du problème devient plus claire.

«Si vous avez une longueur d’avance en matière de bénéfice brut, mais que vous êtes en deçà de la moyenne du secteur en matière de bénéfice d’exploitation, vous pouvez circonscrire ce qui semble être votre problème. S’agit-il de la publicité, des salaires, des autres charges indirectes?»

«C’est une façon de diagnostiquer et d’analyser les aspects sur lesquels vous devez vous concentrer. Le bénéfice d’exploitation est évidemment un indicateur important pour évaluer la viabilité de l’entreprise.»

Qu’est-ce qu’une bonne marge bénéficiaire d’exploitation?

Tout dépend du secteur dans lequel vous exercez vos activités. S’agit-il d’un secteur qui exige des capitaux ou de la main-d’œuvre? Produisez-vous des biens ou offrez-vous des services? Etc.

«Si vous comparez une entreprise avec des concurrents du secteur, le ratio de la marge bénéficiaire d’exploitation vous permettra de comparer des pommes avec des pommes», explique Sean Beniston.

Qu’est-ce qui est le plus important? Le bénéfice d’exploitation ou le bénéfice net?

Il souligne que le bénéfice d’exploitation, le bénéfice brut et le bénéfice net «racontent des histoires différentes».

«Ce que j’aime du bénéfice d’exploitation, c’est qu’il se concentre sur les principales activités d’exploitation de l’entreprise et leur capacité à créer de la valeur économique.»

Les gens qui souhaitent acquérir une entreprise voudront peut-être évaluer le bénéfice d’exploitation pour déterminer si l’entreprise connaîtra du succès de façon continue. «Si vous cherchez à vendre votre entreprise, le bénéfice d’exploitation peut souvent être la première mesure que les gens voudront consulter», ajoute-t-il.

Cela dit, la marge bénéficiaire nette résume, en un seul chiffre, la capacité de la direction à gérer l’entreprise après les impôts et les dépenses, y compris les éléments extraordinaires.

«Le bénéfice net est souvent la mesure que les gens examinent, car il s’agit de ce qui reste une fois que tout a été pris en considération», explique Sean Beniston.

«L’un est-il plus important que l’autre? Non.»

«Les différentes mesures de rentabilité ont leur place, leur moment et leur importance. Aucune d’elles n’a une importance relative plus grande que l’autre, mais chacune raconte une histoire différente sur la viabilité globale de l’entreprise.»

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