Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social?

Les propriétaires d’entreprises sociales mettent les affaires au service du bien

Temps de lecture: 4 minutes

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L’entrepreneuriat social est un modèle économique utilisé par les entreprises pour aider à résoudre certains des plus grands défis de la planète.

Contrairement au modèle traditionnel, qui se concentre essentiellement sur la génération de profits, les entreprises sociales s’efforcent d’apporter des changements sociaux et environnementaux positifs, tout en réalisant des bénéfices.

«L’entrepreneuriat social consiste véritablement à générer des occasions d’affaires qui ont un impact positif. Il s’agit de mettre votre entreprise au service du bien, en se penchant sur le rôle de l’entreprise dans ce monde et les façons dont elle peut amener un changement positif», explique Michelle Reid, responsable de l’engagement communautaire et de l’activation, B Corp – BDC.

Les propriétaires d’entreprises sociales peuvent cibler des questions sociales, par exemple:

  • réduire les obstacles à l’emploi pour les groupes ou les personnes privés de droits;
  • éliminer les situations d’itinérance au sein de la collectivité;
  • réduire l’incidence de l’entreprise ou du secteur sur l’environnement;
  • améliorer les résultats en matière de santé pour les membres de la collectivité.

Ces entrepreneur.es inscrivent cette orientation sociale et environnementale au cœur de leurs activités et, par conséquent, surveillent la valeur sociale et l’impact environnemental positif qui en découlent, parallèlement aux bénéfices générés par l’entreprise.

L’entrepreneuriat social consiste véritablement à générer des occasions d’affaires qui ont un impact positif.

Comment se lancer dans l’entrepreneuriat social

Aux entrepreneur.es qui commencent à envisager l’utilisation d’ un modèle d’affaires axé sur l’entrepreneuriat social ou le passage à celui-ci, Michelle Reid suggère de remplir l’évaluation «B Impact» pour la certification B Corp. En réalisant cette évaluation, vous obtiendrez une base de référence qui vous aidera à quantifier votre impact par rapport à vos objectifs.

«L’évaluation prend en compte de nombreux aspects tels que la gouvernance, le personnel, la collectivité, la clientèle et l’environnement, et au sein de cela, il y a différents modèles d’affaires et leur impact, dit-elle. Si une organisation se demande comment se lancer, c’est certainement un bon point de départ.»

En plus d’harmoniser le travail que vous effectuez dans votre entreprise avec vos valeurs, l’entrepreneuriat social peut également constituer un avantage concurrentiel. Ce type de modèle d’affaires peut vous aider à prendre de l’avance sur la réglementation gouvernementale ainsi qu’à attirer et retenir du personnel et de la clientèle.

«L’un des plus grands avantages que nous constatons, c’est que les membres du personnel veulent travailler pour une organisation qui a une vocation sociale», explique Mme Reid.

«Les gens se ruent sur ce type d’entreprises et veulent vraiment y travailler, les soutenir et y faire carrière. C’est un atout considérable et un avantage concurrentiel.»

Certification B Corp et entrepreneuriat social

Bon nombre d’entrepreneur.es s’efforcent d’obtenir la certification B Corp pour leur entreprise.

Ces entreprises utilisent un modèle d’affaires axé sur l’entrepreneuriat social. Les entreprises qui obtiennent la certification B Corp (le «B» correspondant à beneficial) ont démontré qu’elles respectent des exigences strictes en matière de reddition de comptes, de transparence, de responsabilité sociale et environnementale et de milieu de travail.

C’est un organisme à but non lucratif appelé B Lab qui accorde cette certification. En 2014, BDC est devenue la première institution financière canadienne à recevoir la certification B Corp.

La croissance de l’entrepreneuriat social

Il peut être difficile de suivre le nombre d’entreprises qui utilisent un modèle d’affaires axé sur l’entrepreneuriat social, car l’entrepreneuriat social est souvent intégré aux modèles d’affaires existants.

En revanche, il est beaucoup plus facile de suivre la croissance des entreprises certifiées B Corp. Celles-ci ont connu une croissance assez spectaculaire ces dernières années. On dénombre actuellement 4 600 entreprises certifiées B Corp dans le monde, comparativement à 500 seulement il y a dix ans. Au cours des deux dernières années, 6 000 autres entreprises ont entamé le processus de certification B Corp.

Le Canada compte 330 entreprises B Corp, et 100 autres sont en cours de certification.

«C’est formidable parce que l’idée n’est plus aussi nouvelle. Les entreprises sont de plus en plus conscientes que c’est la direction que prennent les affaires. C’est quelque chose que de plus en plus d’organisations envisagent maintenant», explique Michelle Reid.

Ce qui est vraiment formidable, c’est de constater que beaucoup de chefs et de leaders d’entreprises se disent: “C’est ce que je veux faire, c’est ce en quoi je crois".

Mme Reid estime que l’entrepreneuriat social jouera un rôle de plus en plus important dans les entreprises du futur.

«Ce qui est vraiment formidable, c’est de constater que beaucoup de chefs et de leaders d’entreprises se disent: “C’est ce que je veux faire, c’est ce en quoi je crois”. Auparavant, les entreprises axées sur l’impact social et la durabilité se sentaient plutôt seules. Au cours des deux dernières années, l’intérêt pour ce domaine a une forte hausse, et c’est très encourageant», dit-elle.

Le rôle de l’entrepreneuriat social dans le développement durable

L’objectif global de l’entrepreneuriat social est de faciliter le développement durable.

Que l’entreprise vise à améliorer l’accès à l’emploi des personnes privées de droits ou à réduire son empreinte carbone, l’accent mis sur l’amélioration des résultats sur le plan social favorise le développement durable dans les collectivités.

«Beaucoup d’entreprises le font déjà et travaillent à la réalisation de certains objectifs de développement durable sans même s’en rendre compte», déclare Mme Reid.

«Il y a des entreprises qui prennent des décisions en vue de réduire leur impact environnemental et d’autres qui œuvrent en faveur de la réduction de la pauvreté parce qu’elles estiment que c’est la bonne chose à faire.»

Quelle est la différence entre les propriétaires d’entreprises sociales et les autres entrepreneur.es?

Les entrepreneur.es à vocation sociale se distinguent par leurs objectifs. Les propriétaires d’entreprises ordinaires se concentrent généralement sur la création de valeur commerciale ou de profits, tandis que les propriétaires d’entreprises sociales cherchent à créer une valeur sociale, c’est-à-dire un avantage pour la société ou la collectivité.

Cependant, avec la montée en puissance des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les domaines de la finance et de la gestion, on demande de plus en plus aux entreprises de tous types de réfléchir à leur impact sur la société et sur l’environnement. Ainsi, la différence entre les propriétaires d’entreprises sociales et les autres entrepreneur.es commence à s’estomper.

Quelle est la différence entre les entreprises sociales et les organisations à but non lucratif?

Les entreprises sociales et les organisations à but non lucratif peuvent avoir des objectifs similaires, mais la manière dont ils sont structurés et financés diffère. Les propriétaires d’entreprises sociales sont des propriétaires d’entreprises qui peuvent réaliser des bénéfices, partager des dividendes et attirer des investisseurs. Les organisations à but non lucratif, comme leur nom l’indique, ne peuvent pas tirer profit de leurs activités et sont donc souvent financées par des dons, des subventions ou des fonds publics.

Passer à la prochaine étape

Essayez l’Autoévaluation de l’entrepreneur.e pour voir si l’entrepreneuriat pourrait vous convenir, ou remplissez l’évaluation «B Impact» pour la certification B Corp pour mesurer l’impact social et environnemental de votre entreprise. Vous aimeriez peut-être aussi entendre d’autres entrepreneur.es raconté leur histoire en lien avec l’entrepreneuriat social dans notre podcast L’effet B Corp.

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