Comment maximiser la valeur de votre entreprise en vue de sa vente

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La population canadienne vieillit et les entrepreneurs ne font pas exception à la règle. En fait, près de 60 % des propriétaires de PME au Canada ont au moins 50 ans.

Résultat: le Canada connaît actuellement une importante vague de transferts d’entreprise à mesure que les membres de la génération du baby-boom prennent leur retraite.

Une étude de BDC réalisée en 2021 auprès de 1 500 propriétaires de PME au Canada indique qu’au cours des cinq prochaines années, 9 % de ces propriétaires prévoient vendre leur entreprise à des personnes autres que les membres de leur famille ou de la direction.

«Un nombre important de propriétaires d’entreprises songent à prendre leur retraite et à vendre leur entreprise», constate Sylvie Ratté, économiste principale à BDC. «Avec autant de vendeurs sur le marché, la concurrence pourrait être vive, surtout pour les propriétaires qui n’ont pas entrepris de démarches adéquates pour préparer la vente de leur entreprise.»

Les propriétaires d’entreprise pourraient perdre de l’argent

Comme le ou la propriétaire d’une maison qui met celle-ci en vente, les propriétaires d’entreprise qui décident de se défaire de ce qui est généralement leur actif le plus important voudront en tirer le maximum. Et comme c’est le cas pour une maison, une préparation rigoureuse est essentielle à une vente d’entreprise réussie.

Malheureusement, une étude de BDC réalisée en 2017 indique que beaucoup de propriétaires d’entreprise ne prennent pas les décisions judicieuses qui leur permettront d’accroître le prix de leur entreprise avant leur départ.

Parmi les propriétaires d’entreprise qui souhaitent se retirer sans acquérir une autre entreprise:

  • 71 % hésitent à prendre des risques pour améliorer le rendement de leur entreprise;
  • 52 % sont peu disposés à en assurer la croissance.

«Ce type d’approche prudente pourrait faire baisser la valeur marchande de ces entreprises et même compromettre les projets de retraite de leurs propriétaires», avertit Sylvie Ratté.

Mieux suivre les résultats financiers

D’autres problèmes peuvent influencer le prix de vente d’une entreprise, notamment une comptabilité mal tenue ou des liquidités insuffisantes pour la poursuite des activités.

L’étude de BDC de 2017 indique également que près de 42 % des propriétaires d’entreprise qui pensent vendre leur entreprise à un tiers qui ne fait pas partie de leur famille semblent n’avoir déployé que très peu d’efforts, voire aucun, pour améliorer leurs finances. La plupart n’ont pris aucune mesure pour optimiser leurs flux de trésorerie en prévision d’une vente.

«Cette inaction n’annonce rien de bon pour la valeur future de leur entreprise, souligne Mme Ratté. Une entreprise dont les flux de trésorerie sont solides, qui est bien gérée et dont la croissance est soutenue sera bien plus attrayante pour les acheteurs.ses.»

Une entreprise dont les flux de trésorerie sont solides, qui est bien gérée et dont la croissance est soutenue sera bien plus attrayante pour ceux qui achètent.

Les grandes entreprises sont mieux préparées

Selon l’étude de BDC de 2017, les perspectives sont plus prometteuses pour les propriétaires de grandes entreprises. En effet, ils semblent mieux préparés à la transition que l’ensemble des entreprises canadiennes sondées.

Par exemple, les propriétaires d’entreprise employant 20 personnes ou plus étaient plus à même de faire croître leur entreprise. 63 % ont déclaré qu’ils prévoyaient poursuivre l’expansion de leur entreprise avant de la vendre, comparativement à seulement 48 % de l’ensemble des PME canadiennes.

Qui plus est, ces propriétaires suivent de plus près leurs résultats financiers. Les deux tiers des grandes entreprises ont des pratiques de présentation de l’information financière rigoureuses, et elles sont plus susceptibles d’avoir pris des mesures pour maximiser les bénéfices.

Enfin, les propriétaires d’entreprise employant au moins 20 personnes semblent se préoccuper davantage de la continuité des activités. Seulement 3 % de ces propriétaires prévoient liquider l’entreprise et vendre les actifs, contre 22 % pour l’ensemble des PME canadiennes.

6 conseils pour optimiser la valeur de votre entreprise

«Il existe quelques moyens assez simples que les propriétaires d’entreprise peuvent prendre pour vendre leur entreprise au meilleur prix», explique Trevor Allibon, directeur général, Capital de croissance et transfert d’entreprise au bureau d’Ottawa de BDC Capital. «Malheureusement, ils ne sont pas toujours appliqués.»

M. Allibon donne les six conseils suivants aux propriétaires d’entreprise qui veulent en accroître la valeur avant leur départ.

1. Investissez dans votre entreprise et améliorez-la jusqu’au moment de la vente

Une entreprise dont le potentiel est limité parce que ses locaux et son équipement sont désuets vaut généralement beaucoup moins qu’une entreprise qui a entretenu ses immobilisations.

2. Augmentez vos profits et conservez vos liquidités dans l’entreprise

Le meilleur moyen d’augmenter la valeur de votre entreprise est de présenter une performance et des bénéfices conséquents au cours des dernières années.

3. Tenez des documents financiers détaillés et fiables

Pour rassurer les acheteurs.ses quant à la solidité de votre entreprise, ayez en main des états financiers audités sur trois ans ou des rapports financiers pour vos trois derniers exercices préparés dans le cadre d’une mission d’examen.

4. Permettez à votre entreprise de se démarquer

Pour susciter l’intérêt à l’égard de son entreprise, il suffit parfois de tenir à jour sa présence en ligne ou de recueillir les témoignages favorables de la clientèle.

5. Faites des recherches à l’extérieur de votre marché local

Il est parfois difficile de trouver des gens sérieux pour acheter, surtout quand l’entreprise est établie en région. Pensez à vous tourner vers les grands centres urbains pour obtenir des conseils et dénicher des acheteurs.ses potentiels.les.

6. Obtenez de l’aide de l’extérieur

Songez à consulter des personnes clés, comme vos banquiers.ères, votre comptable et votre avocat.e, qui pourront vous aider à trouver des acheteurs potentiels sérieux. Vous voudrez peut-être aussi embaucher un ou une spécialiste en transfert d’entreprise.

Pour en savoir plus sur le marché des fusions et acquisitions au Canada, téléchargez gratuitement le rapport de BDC: L’acquisition d’entreprise: une stratégie porteuse de croissance

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