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Lettre économique mensuelle

Mars 2020
Article vedette

Qu’est-ce que le coronavirus signifie pour votre entreprise?

Étant donné l’évolution rapide de la situation, il est difficile d’évaluer pleinement l’impact économique de l’épidémie de coronavirus ainsi que les mesures de précaution mises en œuvre par les gouvernements. Au début du mois de mars, l’Agence de la santé publique du Canada a évalué que le risque pour la santé publique associé au coronavirus était faible au pays.

Évaluation des répercussions de l’épidémie actuelle sur l’économie canadienne

Bien que l’économie de l’Asie et de l’Europe souffre davantage des répercussions du virus, l’économie canadienne sera également affectée. Les sections suivantes examinent plus en profondeur les conséquences pour notre économie. Il est à noter que la présente lettre ne suppose pas qu’il y aura un verrouillage de l’économie comme ce fut le cas dans le Hubei, et comme c’est le cas présentement en Italie.

Baisse des prix du pétrole – Les restrictions concernant les voyages, les fermetures d’usines et le ralentissement global de l’activité économique ont entraîné une baisse du prix du West Texas Intermediate (le principal pétrole de référence en Amérique du Nord), le faisant passer d’environ 60 $ US le baril (prix moyen en décembre 2019) à 45 $ US le baril à la fin février. Les prix du pétrole se sont effondrés au début de mars pour d’autres raisons, qui sont décrites en détail dans la section portant sur le pétrole de la présente lettre.

La baisse des prix du brut a des conséquences directes sur les provinces productrices de pétrole qui se répercuteront dans le reste du pays.

Réduction du tourisme – Les interdictions de voyager, les annulations continues de vols et l’aversion généralisée pour les voyages auront une incidence directe sur les industries canadiennes du tourisme et des voyages.

Selon Statistique Canada, environ 4,8 millions de voyageurs ont visité le Canada durant les trois premiers mois de 2019; ils ont dépensé en moyenne 1,6 milliard de dollars dans le pays.

Compte tenu des annulations de vols et des avertissements aux voyageurs, nous nous attendons à ce que le tourisme et les voyages d’affaires au Canada diminuent considérablement au cours des premier et deuxième trimestres. Si vous exploitez une entreprise dans le secteur du tourisme et des voyages, attendez-vous à une période plus difficile au cours des prochains mois. La situation devrait s’améliorer pendant l’été, mais elle pourrait à nouveau se dégrader à l’automne lorsque le temps froid facilitera la propagation du virus.

Perturbations de la chaîne d’approvisionnement – Les fermetures d’usines prolongées en Chine ont entraîné des perturbations de la chaîne d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Ces perturbations auront des répercussions sur les entreprises canadiennes, car la Chine joue un rôle beaucoup plus important dans les chaînes d’approvisionnement mondiales que lors de l’épidémie de SRAS en 2003.

Selon un rapport publié par RBC, environ 10 % des importations canadiennes de biens intermédiaires proviennent de la Chine. Il y aura également des répercussions causées par les perturbations des chaînes d’approvisionnement américaines. Une part beaucoup plus importante, environ 50 %, des importations de biens intermédiaires du Canada proviennent des États-Unis. Nous prévoyons que ces perturbations donneront lieu à une baisse de la production industrielle au Canada aux premier et deuxième trimestres.

Faiblesse des marchés financiers et de la confiance – À la fin février et en mars, les marchés financiers ont subi d’importantes pertes, perdant le terrain gagné au cours des 18 derniers mois. L’incertitude associée au virus n’a pas seulement une incidence sur les marchés boursiers, elle réduit la confiance des consommateurs et les dépenses, et elle a un impact négatif sur les investissements des entreprises.

La réduction des taux d’intérêt au début du mois vise à calmer les marchés boursiers et à faciliter une reprise une fois que la propagation du virus aura ralenti.

Comparaison avec le SRAS

L’épidémie de SRAS en 2003 est un point de comparaison intéressant. Bien que le SRAS ait pris naissance en Chine et à Hong Kong, il y a eu une éclosion concentrée à Toronto, qui a causé 43 décès en Ontario.

À l’époque, les secteurs de l’hébergement, du transport aérien et du tourisme ont été durement touchés, surtout à Toronto. La Banque du Canada estime que le SRAS a réduit la croissance du PIB du Canada de 0,6 point de pourcentage au deuxième trimestre de 2003.

Toutefois, l’économie s’est redressée relativement rapidement au cours de la deuxième moitié de 2003, affichant une croissance de 2 % au cours de l’année. Cela montre à quel point une économie peut se rétablir rapidement lorsqu’une épidémie est maîtrisée et que les craintes pour la santé publique s’atténuent.

Quelles seront les conséquences sur l’économie canadienne?

Il est actuellement trop tôt pour tirer une conclusion au sujet de l’incidence du COVID-19, donc nous évaluons l’évolution de la situation. Toutefois, nous sommes conscients que les éclosions virales passées ont eu des répercussions temporaires sur l’économie. Le graphique ci-dessous illustre le PIB réel de l’Ontario lors de l’épidémie de SRAS en 2003. Il convient de noter que le creux indiqué en rouge est suivi d’une reprise ayant commencé directement après que le virus soit disparu au troisième trimestre de l’année.

Cela dit, la guerre des prix du pétrole entre l’Arabie saoudite et la Russie constitue une différence notable entre l’Ontario en 2003 et la situation actuelle. La faiblesse des prix du pétrole aura des conséquences économiques importantes sur les régions productrices de pétrole qui se répercuteront dans le reste du pays. L’ampleur des conséquences dépendra de la durée de la dispute entre l’Arabie saoudite et la Russie. La guerre des prix du pétrole entre l’Arabie saoudite et la Russie est traitée plus en détail dans l’onglet pétrole de la présente lettre.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Pensez à votre chaîne d’approvisionnement. Communiquez avec vos fournisseurs et demandez-leur quelle est leur exposition au risque et quels sont leurs plans d’urgence en cas de perturbation de l’approvisionnement.
  2. Les répercussions du virus varieront d’un secteur à l’autre. Si vous êtes un propriétaire d’entreprise dans un secteur de services comme l’hébergement, l’alimentation et les boissons, ou le tourisme, attendez-vous à être plus durement touché et à ce que la situation s’améliore au cours de la deuxième moitié de l’année.
  3. Pensez à des plans d’urgence. Comment allez-vous assurer la sécurité de votre milieu de travail et faire en sorte que votre entreprise poursuive ses activités si l’épidémie s’aggrave au Canada? Apprenez à planifier en cas d'urgence et de catastrophe en lisant cet article.

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Perspectives Canada

L’économie canadienne mise à rude épreuve pour un autre trimestre

L’année s’amorce difficilement pour l’économie canadienne qui avait déjà montré des signes importants de ralentissement à la fin de 2019. À preuve: la croissance de l’économie n’a été que de 0,3 % au quatrième trimestre. Ce pire rendement de l’année, mais néanmoins fidèle aux prévisions de la Banque du Canada, portait ainsi à seulement 1,6 % l’augmentation du PIB en 2019.

L’activité économique a été pénalisée l’an dernier par le repli des investissements des entreprises et résidentiels, par moins de 1 % chacun. Par ailleurs, les dépenses de consommation et publiques ont été les moteurs de l’économie, bien que leurs croissances aient également ralenti.

Or, le rebond économique auquel on pouvait s’attendre en début d’année tardera sans doute à se concrétiser. L’économie canadienne n’est pas au bout de ses peines et la croissance sera probablement encore limitée par des facteurs temporaires, du moins au premier trimestre.

La croissance encore la cible de perturbations temporaires

Les craintes entourant le coronavirus (Covid-19) s’accentuent et la pandémie mondiale pourrait freiner l’investissement et ralentir l’activité industrielle du pays. L’impact de la pandémie se fait déjà sentir sur les marchés boursiers et le ralentissement chinois nuit à de nombreuses matières premières – incluant le pétrole. Le blocage ferroviaire a également affaibli la croissance économique canadienne.

De virus vers guerre de prix du brut

La crise entourant le coronavirus s’est répercutée sur le marché du pétrole. Le ralentissement de la demande de pétrole a entraîné une baisse des cours du brut de 35 % entre début janvier et début mars. On comptait alors sur une intervention de l’OPEP afin de contrer la baisse des prix mondiaux.

À la dernière rencontre de l’OPEP avec ses partenaires, l’organisation n’a pas su rallier la Russie à sa proposition de retirer 1,5 million de baril supplémentaire par jour du marché afin de rééquilibrer l’offre et la demande et ainsi aider les cours du brut. Aucune entente ne fut conclue sur la prolongation des coupures actuelles non plus donc à compter du 1er avril 2020, les producteurs pourront pomper la quantité de pétrole qu’il désire.

En représailles au refus de la Russie de coopérer, l’Arabie Saoudite a déclenché une véritable guerre de prix lundi le 9 mars. Les producteurs saoudiens ont vendu leur baril à 29,05 $ cette journée-là afin de prendre des parts de marché de leur compétiteur Russe.

La dernière guerre de prix du brut remonte à 2014 et avait plongé le Canada en récession technique. Considérant l’importance du pétrole pour certaines provinces canadiennes et ses termes de l’échange, les baisses substantielles de prix du brut que l’on observe limiteront la croissance davantage cette année. La question est maintenant de savoir combien de temps cette guerre de prix peut perdurer. Pour en apprendre davantage, consultez l’article du mois sur le pétrole.

Blocage ferroviaire: vers un déraillement de l’économie?

Le réseau ferroviaire est au cœur de l’économie canadienne. Voilà pourquoi le blocage des chemins de fer assurant le transport de marchandises d’un océan à l’autre constitue un obstacle de plus à la croissance pour le premier trimestre de 2020, alors que l’économie doit déjà composer avec les bouleversements causés par le coronavirus et des faibles prix du pétrole. (Consultez l’article du mois pour avoir de plus amples détails). Les conteneurs d’outre-mer se sont entassés dans les ports en février et les commerçants peinaient alors à s’approvisionner adéquatement.

Outre le secteur du transport ce blocage ferroviaire aura un impact sur plusieurs industries. Qu’il s’agisse du secteur manufacturier, énergétique, des produits chimiques, des matières premières et de l’agriculture, les industries prisent en souricière par la paralysie du transport par rail sont légion.

Les mises à pied annoncées par des entreprises directement touchées par les blocages témoignent d’ailleurs de leur impact sur l’économie. Le Canadien National a licencié temporairement 450 travailleurs, tandis que VIA Rail a emboîté le pas avec des mises à pied temporaires de près de 1 000 employés. Malgré ces représailles économiques, l’économie canadienne a créé plus de 30 000 emplois en février.

Il s’agit de la deuxième interruption des transports ferroviaires en quelques mois seulement. En novembre dernier, lorsqu’une grève au CN a entraîné une suspension partielle du transport par rail au pays, le PIB généré par l’industrie du transport avait reculé de 0,6 %. Ce ralentissement a également coïncidé avec une baisse du commerce international. Cette paralysie ferroviaire avait en effet affecté le commerce par rail et, par conséquent, autant les exportations que les importations.

Toutefois, la baisse du PIB généré par l’industrie du transport en novembre fut plus que contrebalancé par une hausse de 1,5 % en décembre. L’impact sur le secteur spécifique du transport par rail fut également modéré par des hausses dans les autres moyens de transport, comme le transport aérien.

Cette fois-ci, ce genre d’alternative pourrait atténuer encore plus l’impact économique causé par les blocus. Plusieurs entreprises se sont en effet tournées vers le camionnage pour s’approvisionner et le réseau de transport aérien de personnes a compensé en partie la fermeture de quelques trajets clés. L’entreprise Porter a d’ailleurs affirmé que la demande pour les vols Montréal-Ottawa-Toronto a fortement augmenté. Mais, tant pour les entreprises que pour les voyageurs, ces deux options demeurent nettement plus coûteuses que le transport par rail.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. La croissance économique canadienne sera probablement plus modeste en ce début d’année, mais devrait rebondir par la suite. Apprenez comment préparer votre entreprise pour un ralentissement ici.
  2. Les perturbations du transport par rail en février auront causé de véritables casse-têtes pour plusieurs entreprises, malgré la résolution du conflit, on peut s’attendre à ce que les effets de débordements continuent à se faire sentir pour un moment avant le retour à la normale. Attendez-vous à une période de transition et planifiez vos opérations en conséquence.
  3. Les entreprises dépendantes du secteur pétrolier ou opérant dans les provinces productrices de pétrole connaîtront une période plus difficile. Entreprenez un plan de contingence pour passer par-dessus la baisse des cours du brut.

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Perspectives États-Unis

La croissance toujours entre les mains des consommateurs

La croissance de l’économie américaine reposera encore cette année sur les épaules des consommateurs, semble-t-il. Pourtant, l’amélioration des conditions financières et l’accueil favorable réservé à la conclusion d’une première entente commerciale avec la Chine laissaient présager un regain de l’investissement et du secteur industriel pour prendre la relève en 2020. L’éclosion du coronavirus Covid-19 vient maintenant brouiller les cartes.

L’impact du virus sur la croissance américaine

Les États-Unis ont été relativement épargnés par la pandémie. Jusqu’à maintenant du moins. N’empêche: les effets néfastes du virus sur l'économie chinoise auront assurément des répercussions sur l’économie américaine, bien que l’ampleur demeure incertaine. La Réserve fédérale a d’ailleurs abaissé son taux directeur de 0,5 point de pourcentage en réponse à ce risque croissant. C’est la première fois depuis 2008 que la Fed révise son taux spontanément c.-à-d. en dehors du calendrier planifié.

Outre l’impact évident sur le tourisme et les exportations, la Chine est un joueur clé des chaînes d’approvisionnement américaines. L’arrêt des usines chinoises pourrait entraîner des difficultés d’achats de biens intermédiaires nécessaires à la production américaine. Ainsi, une fermeture d’usine en Chine pourrait pousser une entreprise aux États-Unis à suspendre aussi ses opérations, faute d’intrant nécessaire à la production du bien en question. Le virus pourrait donc avoir des conséquences dommageables sur le secteur industriel qui peinait déjà à se remettre de la guerre commerciale de 2019. En revanche, ce conflit sino-américain a peut-être déjà amené des entreprises américaines à se tourner vers différents fournisseurs, ce qui réduirait le risque de ralentissement industriel aux États-Unis.

Dans la foulée de la propagation du coronavirus dans de nouveaux pays et compte tenu de la vitesse à laquelle il continue de voyager, les autorités sanitaires américaines s'attendent finalement à ce que ce nouveau virus se répande davantage aux États-Unis. Les marchés financiers américains et étrangers ont fortement chuté depuis cette annonce. Les investisseurs craignent de plus en plus un impact négatif important sur l'économie. Le risque de contagion additionnelle aux États-Unis et la confirmation que l’épidémie s’avère être une une pandémie entachent du même coup les perspectives de croissance des investissements.

L’économie américaine sera donc essentiellement soutenue à nouveau cette année par la bonne santé financière des ménages et les dépenses de consommation. D’ailleurs, les récents indices de confiance faisaient encore foi du sentiment positif des consommateurs américains. De plus, les revenus disponibles des ménages américains ont augmenté en janvier. L’emploi a progressé de 273 000 et les salaires de 3 % en février.

Ce que ça signifie pour le Canada

L’importance de la croissance économique américaine pour le Canada est indéniable. Bien que les prévisions aux États-Unis avoisinent toujours 2 %, ce qui est favorable aux perspectives économiques canadiennes, une croissance menée par les investissements et le secteur industriel profitent davantage au Canada que celle soutenue par la consommation.

Au total, 65 % des exportations de biens canadiens vers les États-Unis font en effet partie de la chaîne de production américaine. La croissance américaine profite donc davantage aux entreprises canadiennes lorsqu'elle repose sur la production industrielle ou l’investissement, plutôt que sur la consommation. Évidemment, ce ne sont pas tous les biens intermédiaires ou en machinerie et équipement qui sont liés au secteur manufacturier et aux chaînes de production à proprement parler. Par exemple, le marché du bois d’œuvre ou les autres matériaux semi-fini utilisés dans la construction vont continuer de bénéficier d’une croissance américaine soutenue par les ménages.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Bien que la consommation ralentit, un marché du travail vigoureux et des taux d’intérêt bas devraient continuer de soutenir les dépenses des ménages et les investissements résidentiels.
  2. Les entreprises dépendantes de la production industrielle américaine pourraient connaître un trimestre plus difficile qu’anticipé malgré l’érosion des conflits commerciaux.
  3. Un ralentissement plus marqué du secteur manufacturier et de l’investissement des entreprises aux États-Unis pourrait se répercuter sur les exportations canadiennes et limiter la croissance du pays en début d’année, et ce même si le huard est favorable aux exportateurs canadiens.

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Point sur le marché du pétrole

Les prix du pétrole: après le Covid-19, une guerre de prix

La peur d’un ralentissement économique à l’échelle mondiale et la régression de l’économie chinoise causées par le coronavirus ont rapidement frappé les marchés du pétrole. Les prix mondiaux du brut ont chuté de plus de 10 $ le baril en un seul mois. Le Brent est même tombé sous les 54 $/baril en février – un creux en plus d’un an. La plus récente et importante baisse des prix du pétrole est abordée à la fin de cet article.

Évidemment, les yeux de la planète sont maintenant rivés sur la Chine. Il en va de même pour les principaux intéressés par les marchés pétroliers, car la demande chinoise est l'un des plus important déterminant des prix du pétrole de nos jours.

L’importance de la demande chinoise

La Chine est un joueur clé pour plusieurs marchés de produits de base, dont le pétrole. En fait, elle est le plus grand importateur de pétrole au monde. Tout changement dans la demande chinoise entraîne donc des répercussions majeures sur le marché du brut. L’Agence internationale de l’énergie y prévoit un repli de la demande de pétrole de 1.1 Mb/j durant le premier trimestre de 2020 et de 345 kb/j durant le second.

Le ralentissement brutal de la demande chinoise de pétrole s'explique par les difficultés rencontrées par deux secteurs à forte intensité pétrolière ; les usines sont arrêtées et le transport aérien est limité. En fait, la baisse de la demande chinoise est considérée comme le plus grand choc affectant les marchés pétroliers depuis la crise financière mondiale de 2008-2009.

Les marchés réagissent fortement au développement entourant le virus

Les investisseurs se montrent très réactifs aux nouvelles concernant le virus. Alors qu’une certaine stabilité s’était installée en Chine vers la mi-février, les prix du brut ont commencé à regagner une partie du terrain perdu. Mais, quelques jours plus tard, on annonçait que le coronavirus s’était propagé davantage à travers le globe. L’aggravation de la situation dans de nombreux pays comme l’Italie, la Corée du Sud et l’Iran a alimenté les préoccupations d’un ralentissement mondial plus sévère qu’initialement anticipé. Résultat: les marchés financiers ont réagi fortement et les prix du baril de pétrole ont rechuté.

L’OPEP peut-elle servir de remède?

Avant même que la demande de pétrole mondiale diminue, et que le Covid-19 alimente la volatilité, le marché s’inquiétait déjà d’une offre excédentaire depuis décembre 2019. L’entrée de nouveaux joueurs comme le Guayana, le Brésil et la Norvège ainsi que la production croissante de brut américain ne présageaient rien de bon pour les prix mondiaux alors qu’on s’attendait déjà à une croissance plus modeste de la demande. La situation avait d’ailleurs motivé l’OPEP et ses partenaires à réviser à la hausse les coupes de production du premier trimestre. Une décision prise avant l’avènement du virus.

Depuis un certain temps, des opinions divergentes planent au sein de l’organisation, notamment entre la Russie et l’Arabie Saoudite. La Russie peine à se rallier aux réductions imposées précédemment et ne respecte pas ses engagements auprès de l’OPEP+, tandis que l’Arabie Saoudite a adopté de manière volontaire des limites de production plus sévères que celles convenues par le groupe.

L’organisation et ses principaux partenaires se sont réunis encore une fois, le 6 mars dernier, pour discuter des mesures à prendre face au virus. Durant cette rencontre, l’OPEP a tenté de convaincre ses partenaires de couper la production de 1,5 million de barils par jour. L’organisation n’a su rallier un joueur clé, la Russie.

L’Arabie Saoudite a alors déclenché une guerre de prix du brut afin d’accroître la pression sur la Russie en tranchant son prix de 10 %. En fait, les deux pays exportateurs de pétrole se préparent à inonder le marché. Dans leur mire se trouve également le schiste américain. En dépit des efforts de l’OPEP+ de réduire son offre pour soutenir les prix, la production américaine n’a cessé d’augmenter.

La grande question est maintenant combien de temps cette guerre de prix peut-elle durer? Selon le ministre des finances russe, le pays peut soutenir sa production pendant 6 à 10 ans avec un prix de 25-30 dollars le baril. La majorité des analystes pensent qu’il s’agit davantage d’une question de mois.

Les producteurs américains et canadiens de pétrole ne sont pas contrôlés par l’État. Ils doivent donc se plier au marché et aux conditions financières que les banques voudront bien leur accorder dans un environnement risqué de bas prix. Plusieurs compagnies nord-américaines connaîtront des temps difficiles si le pétrole continue de s’échanger à des niveaux aussi bas que ceux observés ces derniers jours.

À la lumière du fort ralentissement de la demande et de la nouvelle menace d’augmentation de l’offre, les prix du brut demeureront bas pour la majeure partie de l’année. Des prix aussi faibles entraînent les pays importateurs à remplir leurs inventaires de brut. Les effets de la guerre de prix se feront donc sentir sur les marchés même advenant une résolution, car les inventaires soutiendront les faibles prix par la suite.

En résumé

Le marché du pétrole n’a pas échappé à la pandémie de coronavirus. La demande chinoise pour le brut a chuté drastiquement depuis l’émergence du virus et la crainte de propagation se fait sentir sur les marchés. Incapable d’arriver à une entente, l’OPEP et la Russie ont déclenché une guerre de prix du brut alimentant les craintes des investisseurs. En réaction, les prix mondiaux ont chuté et les producteurs vont probablement opérer dans un environnement de faible prix pour une bonne partie de l’année.

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Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada abaisse son taux

La Banque du Canada a décidé d’abaisser son taux directeur à 1,25 % le 4 mars, une coupe de 0,5 point. La Banque a emboîté le pas de son homologue américain la Réserve fédérale, qui avait annoncé une baisse de 0,5 point la veille. La raison derrière ces baisses de taux est la même: les risques posés par la pandémie du Covid-19, bien que les deux pays soient relativement épargnés (jusqu’à présent du moins). Les fondamentaux de l’économie américaine demeurent solides alors que des facteurs temporaires et la guerre de prix du pétrole entachent davantage les perspectives économiques canadiennes.

Le dollar toujours plus faible

Un des principaux déterminant de la direction du dollar est le prix du pétrole. Le ralentissement de la demande chinoise de pétrole brut en réaction à la pandémie et la guerre de prix déclenchée par l’OPEP ont fait chuter les prix des cours mondiaux. L’incertitude générée par le virus pousse également les investisseurs vers les actifs refuges comme le dollar américain. Sous la pression de ces deux facteurs, le huard a perdu quelques plumes et s'échangeait à 0,73 $ US en début mars.

La confiance des PME s’est améliorée

Bien que la majorité des PME demeurent plutôt pessimistes envers les perspectives économiques pour la prochaine année, notre plus récent sondage sur les intentions d’investissements démontre que la confiance des PME s’améliore. La balance d’opinion des entrepreneurs envers l’économie mondiale et américaine est toujours en terrain négatif, c’est-à-dire qu’une plus grande proportion d’entreprises présage un environnement économique mondial et américain défavorable pour les 12 prochains mois. La proportion d’entreprises plus optimiste a toutefois augmenté de 15 points de pourcentage entre le dernier trimestre de 2019 et le premier trimestre de 2020. Les entrepreneurs se montrent également plus optimistes envers l’économie canadienne dans son ensemble et l’économie provinciale qui leur est propre. Le sondage fut conduit auprès de 1 000 entrepreneurs entre le 15 janvier et le 7 février 2020, période où le Covid-19 était circonscrit en territoire chinois et ou le blocus ferroviaire était plutôt limité. La peur d’une pandémie s’étant accentuée durant les dernières semaines, fort à parier que la confiance des entreprises s’érode le mois prochain, à moins que la situation ne s’améliore.

Les conditions de crédits de plus en plus favorables à l’investissement

Les taux d’intérêt effectifs auxquels font face les ménages et les entreprises ont poursuivi leur descente au cours du mois de février. Ceux-ci ont diminué de manière assez marginale, mais ceci laisse quand même présager un assouplissement des conditions de crédits au Canada. Comme prévu, les craintes entourant la pandémie du Covid-19 ont fait leur bout de chemin sur les marchés obligataires. La demande pour les obligations de l’État a augmenté et a poussé les taux de rendement à la baisse ce qui explique pourquoi les Canadiens ont maintenant accès à des taux plus avantageux qu’il y a un mois. L’abaissant du taux directeur par la Banque du Canada aura également des répercussions à la baisse sur les taux d’emprunts des Canadiens dans les prochains mois. Si les effets de la pandémie continuent de s’aggraver, il y a fort à parier que les baisses de taux d’intérêt se poursuivront.

Indicateurs clés: Canada

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