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Lettre économique mensuelle

Mai 2019
Article vedette

La cybersécurité: plus importante que vous le croyez!

Internet nous offre un accès sans précédent à l’information et nous permet d’attirer des clients de partout dans le monde, mais des risques accompagnent son utilisation, notamment le cybercrime et les coûts qui y sont associés.

Nous savons que le cybercrime représente une sérieuse menace. Il peut endommager vos biens informatiques, perturber vos activités commerciales et, possiblement, avoir des conséquences dévastatrices sur la réputation de votre entreprise si des données de clients ou d’autres renseignements confidentiels sont volés ou autrement mis en péril.

À l’échelle mondiale, la cybersécurité représente la préoccupation principale de plus de 12 000 dirigeants d’entreprise ayant répondu au sondage du Forum économique mondial. Cependant, moins de la moitié des petites et moyennes entreprises canadiennes considèrent la sécurité des données comme un enjeu important, selon une recherche d’AON.

La portée des risques du cybercrime s’élargit

Les coûts liés au cybercrime à l’échelle mondiale ont été estimés à 600 milliards de dollars pour l’année 2018, une hausse de 20 % par rapport à il y a quatre ans selon le fournisseur de services de sécurité McAfee et le Center for Strategic and International Studies.

Les entreprises sont de plus en plus connectées à Internet par l’intermédiaire de leurs sites Web, de leurs comptes de médias sociaux, du stockage infonuagique et de l’informatique, ainsi que d’autres services et applications. Ces connexions exposent les entreprises au cybercrime et leur multiplication a fait en sorte que les risques ont considérablement augmenté au cours des dernières années.

En outre, à mesure que les entreprises passeront à l’ère numérique et se tourneront vers l’Internet des objets industriel – mettant en relation la technologie opérationnelle, les technologies de l’information et l’Internet – les risques et les coûts du cybercrime augmenteront nécessairement.

Comment les entreprises gèrent-elles les risques?

La majorité des entreprises (76 %) utilisent des antilogiciels malveillants, et un nombre croissant d’entre elles utilisent des filtres antipourriel pour protéger leurs courriels et des pare-feu pour protéger leur réseau.

Malgré cela, environ une entreprise sur cinq a été touchée par des incidents liés à la cybersécurité en 2017, selon un sondage de Statisque Canada mené auprès de plus de 10 000 entreprises canadiennes.

Et de nombreux professionnels de la sécurité croient que ce nombre est beaucoup plus élevé. Les recherches de Scalar Decisions démontrent qu’il s’agit plutôt de trois entreprises sur cinq, alors que Carbon Black a indiqué que quatre entreprises sur cinq avaient subi une atteinte à la cybersécurité l’an dernier.

Les points d’entrée des pirates informatiques

La fraude par courriel représente la forme d’attaque la plus répandue, responsable de 20 % des atteintes à la sécurité. Seulement la moitié des entreprises offrent une formation à leurs employés pour leur permettre de reconnaître et d’éviter les courriels frauduleux, de créer des mots de passe complexes et de naviguer sur le Web de façon sécuritaire.

Selon Statistique Canada, les coûts les plus élevés associés au cybercrime sont liés au stockage infonuagique et à l’utilisation d’appareils personnels pour mener des activités commerciales.

L’utilisation de l’infonuagique pour l’informatique et le stockage de données peut améliorer les résultats de votre entreprise, mais vous devez vous assurer que votre fournisseur de services d’informatique en nuage protège vos données. Moins de la moitié des entreprises ayant utilisé le stockage infonuagique pour des renseignements confidentiels au sujet de leurs stocks, de leurs états financiers, de leurs clients, de leurs fournisseurs ou de leurs partenaires ont utilisé leurs propres mesures de protection des données et de contrôle de la sécurité, telles que le cryptage ou la gestion des droits.

L’utilisation d’appareils personnels peut rendre votre entreprise plus agile, mais cette pratique s’accompagne également de risques. Environ les deux tiers des entreprises permettent l’utilisation d’appareils personnels pour des activités commerciales, et plus de la moitié des petites et moyennes entreprises ne disposent d’aucune mesure de sécurité en place à l’égard de ce type d’utilisation.

Que devriez-vous faire?

Afin de mieux protéger votre entreprise contre les menaces liées à la cybersécurité, voici quelques étapes suggérées par Forrester Research pour assurer la protection de vos données.

  1. Commencez par circonscrire et classer vos actifs de données dans un minimum de trois catégories telles que «hautement confidentiel», «pour diffusion interne seulement» et «public».
  2. Déterminez si vous avez besoin d’archiver les données ou si vous pouvez les supprimer.
  3. Contrôlez l’accès aux données, notamment les données dans le nuage.
  4. Protégez les données contre les attaques et les violations de confidentialité en les cryptant ou en ayant recours à la segmentation, soit le processus qui consiste à changer des renseignements de nature délicate, comme des numéros d’assurance sociale, en une série de chiffres aléatoires appelée jeton. Ce processus rend ces renseignements inutiles pour les cybercriminels qui veulent les vendre et il empêche la violation de la confidentialité si les renseignements sont communiqués à des tiers.

Le plus récent rapport du Centre canadien pour la cybersécurité est une ressource précieuse pour vous aider à protéger votre entreprise contre le cybercrime. Il a été rédigé expressément pour les petites et moyennes entreprises.

Pour obtenir des conseils pour protéger votre site Web, consultez les billets de BDC ici.

Depuis novembre 2018, le gouvernement canadien exige que les entreprises signalent les atteintes à la protection des renseignements personnels. Cela signifie que vous devez être en mesure d’assurer le suivi de vos risques et incidents en matière de cybersécurité.

En résumé

Votre entreprise dépend de vos données, et vos clients, employés et partenaires d’affaires s’attendent à ce que vous les protégiez. Si vous perdez leurs données, vous pourriez perdre votre réputation et même votre entreprise.

Perspectives Canada

L’incertitude pèse sur la croissance économique au Canada, mais le marché du travail fait montre de résilience

La Banque du Canada a récemment abaissé à 1,2 % sa prévision à l’égard de la croissance de l’économie canadienne pour 2019, alors qu’elle se situait à 1,7 % au début de l’année. Les principales raisons de cette révision à la baisse sont l’incertitude entourant le commerce international et les investissements des entreprises, ainsi que la faiblesse des investissements résidentiels.

Mais le marché du travail demeure résilient, ce qui, espérons-le, réduira quelque peu cette incertitude.

L’économie mondiale ralentit

La croissance de l’économie mondiale s’est établie à 3,6 % en 2018, mais elle devrait diminuer pour atteindre 3,3 % cette année, selon le Fonds monétaire international, en raison des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, des hausses de taux d’intérêt aux États-Unis, du resserrement des politiques de crédit en Chine et du Brexit.

Les échanges commerciaux internationaux se sont contractés de 3,5 % depuis octobre 2018, selon le Bureau d’analyse de politiques économiques des Pays-Bas. Et les exportations canadiennes de biens sont faibles dans ce contexte. En particulier, les exportations de métaux, de minéraux et de véhicules automobiles ont diminué cette année, et les exportations de produits forestiers ont ralenti.

Nos exportations d’énergie ont fortement baissé au dernier trimestre, en grande partie à cause de la capacité insuffisante du réseau de pipelines qui a forcé le gouvernement de l’Alberta à imposer des réductions de production afin de diminuer les stocks et de rétablir les prix.

Le Canada ayant une économie ouverte, sa croissance économique dépend du commerce extérieur, puisque les exportations représentent 30 % de son produit intérieur brut. La diminution de la croissance économique mondiale peut avoir une forte incidence sur la croissance du Canada. Cela influe aussi sur notre taux de change, car, s’il y a moins de demande pour les produits que nous vendons à l’extérieur du pays, il y a moins de demande pour le huard sur les marchés mondiaux, ce qui engendre des pressions à la baisse sur la valeur de notre monnaie.

L’incertitude a nui aux investissements des entreprises

À l’échelle mondiale, les entreprises ont fait face à de l’incertitude en ce qui a trait à la demande pour leurs produits et leurs services, la croissance de l’économie mondiale ayant diminué par rapport à 2017. De nombreux investissements ont vraisemblablement été reportés. Au Canada, les investissements des entreprises se sont contractés dans la dernière partie de l’année.

Cependant, selon la plus récente Enquête sur les perspectives des entreprises menée par la Banque du Canada, les intentions d’investissement restent bonnes à l’extérieur des Prairies. Les entreprises du secteur des services, surtout du côté des transports et des technologies de l’information, sont les plus susceptibles d’accroître leurs dépenses en capital, en raison des bonnes perspectives de croissance de leurs ventes.

De fait, le secteur des services a affiché la plus forte croissance récemment. En particulier, les services professionnels, scientifiques et techniques ont progressé de 2,4 % (en taux annualisé) en 2019, comparativement à l’année dernière.

Les investissements résidentiels devraient encore entraver la croissance

Pendant que le marché de l’habitation continue de s’ajuster aux hausses de taux d’intérêt et aux changements de réglementation du gouvernement fédéral et de certaines provinces (Ontario et Colombie-Britannique), la Banque du Canada prévoit que les investissements résidentiels continueront de ralentir en 2019.

Sa contraction de 2,8 % enregistrée l’an dernier pourrait se répéter cette année, étant donné que cela prend souvent quelques années pour que tous les effets des hausses de taux d’intérêt se fassent sentir. Les constructeurs de logements pourraient être réticents à investir substantiellement avant que les prix se stabilisent sur certains marchés.

Le taux directeur devrait demeurer stable

Étant donné cette incertitude, la Banque du Canada devrait maintenir son taux directeur à 1,75 % jusqu’à la fin de l’année afin d’évaluer l’incidence des hausses de taux sur l’évolution de l’économie. L’évolution du commerce international jouera aussi un rôle important dans l’évaluation de la banque centrale.

Le marché du travail impressionne

Le marché du travail demeure robuste, ce qui est une bonne nouvelle. Le taux de chômage se situait à 5,7 % en avril, ce qui est près de son creux historique, l’économie ayant créé plus de 100 000 nouveaux emplois, pour la plupart, des emplois à temps plein et dans le secteur privé. La croissance des salaires a augmenté de 2,5 %, par rapport à il y a un an. Les gains d’emplois sont provenus de diverses provinces et de la plupart des secteurs de l’économie.

En pourvoyant leurs postes vacants avec les bonnes personnes, les entreprises sont mieux en mesure de mener des projets d’investissement en capital pour accroître leur capacité de production. Cela pourrait représenter un tournant pour les investissements des entreprises.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Le huard devrait demeurer sous tension – dans la fourchette allant de 0,74 à 0,75 $ US – étant donné l’importance du commerce extérieur pour l’économie canadienne.
  2. Certains secteurs, dont la construction, et la vente au détail et en gros de matériaux de construction, seront touchés par les ajustements du marché de l’habitation à diverses modifications de politiques, dont les hausses de taux d’intérêt.
  3. Étant donné que la Banque du Canada ne devrait pas modifier son taux directeur et que les banques commerciales ont réduit les taux effectifs de leurs prêts aux entreprises, c’est encore un bon moment pour investir.
Perspectives États-Unis

Forte croissance de l’économie américaine au premier trimestre, mais recul de la consommation

L’économie américaine a progressé à un solide rythme de 3,2 % au premier trimestre, ce qui en a surpris plus d’un, puisqu’on s’attendait généralement à ce que la paralysie partielle du gouvernement fédéral ait des répercussions plus importantes.

Bien qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle, plus de la moitié de cette croissance trimestrielle est attribuable à un accroissement des stocks des entreprises et aux échanges commerciaux, les exportations ayant augmenté et les importations, diminué.

Les entreprises ont augmenté leurs stocks l’année dernière et au premier trimestre en prévision d’une hausse de l’ordre de 10 % à 25 % des droits de douane sur les produits chinois, dont bon nombre sont utilisés dans les chaînes d’approvisionnement partout dans le monde.

Par ailleurs, la paralysie du gouvernement a plongé de nombreux ménages dans l’incertitude – près de cinq millions de personnes (fonctionnaires et entrepreneurs) se sont retrouvées sans travail pendant la majeure partie de janvier. Par conséquent, la croissance des dépenses de consommation a ralenti pendant le trimestre et s’est établie à 1,2 %.

La baisse des dépenses de consommation explique également le recul des importations. Selon le Bureau of Economic Analysis, les véhicules automobiles et les biens de consommation ont largement contribué à la contraction des importations.

La croissance s’annonce plus vigoureuse au cours des prochains mois, car les entreprises ont accru de 9 % leurs investissements dans les produits de propriété intellectuelle, principalement les logiciels et la recherche-développement, ce qui devrait stimuler la productivité.

Le taux directeur reste stable

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine a maintenu son taux directeur à 2,5 % au début du mois, car l’inflation est demeurée inférieure à la cible (2 %) et le marché du travail a créé plus de 260 000 emplois en avril.

Le taux de chômage à l’échelle nationale est passé à 3,6 % en avril, son plus bas niveau des 49 dernières années. Les salaires ont progressé à un rythme de 3,2 % sur un an.

Compte tenu de la faiblesse de l’inflation, les employés ont vu leurs salaires réels augmenter sur un rythme de 1,5 % environ depuis décembre, alors que le rythme annuel avait été inférieur à 1 % au cours des trois dernières années. Pour les entreprises, toutefois, l’augmentation du coût de l’emploi demeure modeste, tout juste sous la barre des 3 %, ce qui est favorable à une poursuite de la création d’emplois.

Les dépenses de consommation augmenteront-elles?

Étant donné l’importance de la consommation pour l’économie américaine (70 % du PIB), les dépenses de consommation font l’objet d’une attention toute particulière. Les dépenses consacrées aux gros achats ont diminué de manière appréciable au premier trimestre, les ventes de véhicules automobiles ayant chuté de 18 %. Il se peut que l’incertitude du revenu ait contribué à ce recul, mais il ne fait aucun doute que les relèvements de taux de plus de 2 % depuis la fin de 2016 y sont aussi pour quelque chose.

Les ventes finales intérieures globales (somme des dépenses de consommation et des investissements des entreprises privées) ont progressé à leur rythme le plus lent depuis 2013. Certains observateurs, parmi lesquels figure le président Trump, se demandent si les taux d’intérêt ne sont pas trop élevés et s’ils ne freinent pas les dépenses intérieures.

La bonne nouvelle est que la stabilité des taux d’intérêt et l’effet positif de la croissance des salaires réels devraient entraîner une hausse des dépenses des ménages, ce qui soutiendra l’économie.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Les entreprises canadiennes qui exportent des biens de consommation aux États-Unis devraient constater une amélioration dans les prochains mois.
  2. Étant donné que la Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada marquent une pause dans le cycle de relèvements de taux (voir l’article sur le Canada), les taux d’intérêt devraient demeurer stables de part et d’autre de la frontière. Les entrepreneurs canadiens peuvent tirer profit du statu quo en investissant à des taux avantageux.
  3. Aux États-Unis, les entreprises investissent de plus en plus dans les logiciels et la recherche-développement et, par conséquent, leur productivité devrait augmenter. Les entrepreneurs canadiens devraient leur emboîter le pas s’ils ne veulent pas se laisser distancer.
Point sur le marché du pétrole

Les prix mondiaux du pétrole devraient se stabiliser pendant que les grands producteurs prendront le relais

La surabondance de pétrole sur le marché mondial à la fin de 2018 a fait chuter les prix de plus de 40 % entre octobre et décembre.

Devant cette situation, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix autres exportateurs, dont la Russie, se sont engagés à réduire leur production de 1,2 million de barils par jour à compter de janvier, ce qui a entraîné une remontée des prix (70 $ US le baril de Brent et 64 $ US le baril de WTI). Le marché est maintenant en train de renouer avec l’équilibre et de se stabiliser.

L’Iran et le Venezuela subissent des pressions en raison des sanctions américaines

Iran – L’automne dernier, le marché du pétrole avait anticipé une pénurie à l’approche de l’entrée en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran le 4 novembre. L’Iran produisait alors près de 4 millions de barils par jour (Mb/j), dont 2,5 millions étaient exportés. Les analystes s’attendaient à ce que les sanctions entraînent une diminution de l’offre sur le marché de l’ordre de 500 000 barils à 2 Mb/j.

Contre toute attente, les Américains ont accordé des dérogations à huit pays, notamment la Chine, l’Inde et la Corée du Sud, qui leur permettaient de continuer à importer du pétrole iranien. Avant que la nouvelle des dérogations se répande, l’Arabie saoudite a augmenté sa production, engendrant un surplus sur le marché vers la fin de 2018.

Les dérogations ont pris fin le 2 mai et les États-Unis semblent déterminés à porter à zéro les exportations iraniennes. Les pays ou les entreprises qui continuent d’acheter du pétrole iranien se verront interdire l’accès au système bancaire américain.

L’Iran pourrait toutefois contourner le système bancaire américain. Par exemple, l’Inde pourrait acheter du pétrole iranien avec des roupies, d’après le Times of India. Autre possibilité selon un article de Reuters: l’Iran pourrait expédier son pétrole clandestinement (à l’aide de documents falsifiés indiquant, par exemple, que le pétrole vient d’Iraq).

Venezuela – La production de pétrole au Venezuela a poursuivi sa chute spectaculaire. Elle s’est élevée à seulement 870 000 barils par jour en mars, soit 400 000 barils de moins qu’en février. Les graves problèmes de mauvaise gestion et de corruption qui secouent le pays sont à l’origine de cette chute.

Avec l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines le 28 avril, les entreprises qui utilisent le système financier américain doivent cesser de faire des affaires avec le producteur de pétrole de l’État vénézuélien, PdVSA. En outre, d’ici la fin juillet, les entreprises américaines dans le secteur du pétrole devront mettre fin à leurs activités au Venezuela.

Étant donné que le Venezuela et l’Iran produisent tous deux du pétrole brut lourd, la diminution de l’offre de pétrole en provenance de ces pays sur le marché mondial exerce des pressions à la hausse sur le prix du brut lourd partout dans le monde. À titre d’exemple, le baril de Western Canadian Select est passé de 17 $ US à 53 $ US entre novembre et avril.

La Russie, l’Arabie saoudite et les États-Unis prendront le relais de l’Iran et du Venezuela

Bien que l’Arabie saoudite soit déterminée à réduire sa production (9,8 Mb/j en mars, ce qui est nettement moins que l’engagement de 10,3 Mb/j de l’OPEP+), la hausse des prix mondiaux pourrait l’inciter à produire davantage. La baisse de la production en Iran et au Venezuela donnera l’occasion au pays de prendre le relais et de soutenir son économie, puisque 87 % des recettes publiques proviennent des hydrocarbures.

La Russie aussi voudra sans doute intensifier sa production, car les recettes tirées des hydrocarbures représentent 30 % de son PIB et 42 % du budget de l’État. Il reste à voir si l’accord de l’OPEP+ sera abandonné ou non. La prochaine réunion des membres du groupe OPEP+ est prévue en juin.

Comme les prix du pétrole sont en hausse, les producteurs américains augmenteront eux aussi leur production. Selon l’enquête sur l’énergie de la Banque fédérale de réserve de Dallas, le coût marginal d’extraction d’un baril de pétrole se situe entre 48 $ US et 54 $ US.

En résumé

Les prix devraient être instables au cours des prochains trimestres. Le prix d’équilibre du WTI et du Brent, qui se situe entre 60 $ US et 65 $ US le baril, pourrait fluctuer. Les prix pourraient d’abord augmenter dans la foulée de la baisse de l’offre mondiale, en raison des sanctions américaines contre l’Iran et le Venezuela, et redescendre par la suite lorsque l’Arabie saoudite et la Russie prendront le relais.

Autres indicateurs économiques

Le taux directeur demeure stable

Le 24 avril, la Banque du Canada a maintenu le taux directeur à 1,75 % comme prévu. Elle a toutefois revu à la baisse, de 1,7 % à 1,2 %, sa prévision de croissance du PIB réel pour 2019. Bien que la banque centrale soit moins optimiste qu’elle ne l’était au début de l’année, le taux directeur devrait rester inchangé d’ici la fin de l’année.

Le huard fait du surplace

En avril, le huard est demeuré relativement stable, avoisinant 0,75 $ US pendant un quatrième mois de suite. Il a perdu du terrain par rapport au billet vert, atteignant 0,74 $ US, après que la Banque du Canada a revu à la baisse sa prévision pour l’économie canadienne.

La confiance des entreprises s’effrite

Après une dégringolade de 3,1 points en mars, l’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a progressé de moins d’un point en avril, à 56,7. La diminution des carnets de commandes et des comptes débiteurs a assombri les perspectives de croissance des propriétaires d’entreprise. La hausse des prix du carburant et de l’énergie crée des problèmes pour les deux tiers des entreprises interrogées – un niveau inédit depuis 2014.

Les conditions du crédit aux entreprises restent relativement inchangées

Selon l’Enquête auprès des responsables du crédit menée par la Banque du Canada, les conditions de crédit pour les petites entreprises sont demeurées inchangées au premier trimestre de l’année. Les entreprises ont fait état d’un léger assouplissement des modalités tarifaires. Cet assouplissement se reflète sur le taux d’intérêt effectif pour les entreprises, qui est en baisse depuis cinq mois. Ce taux s’est toutefois raffermi quelque peu en avril, mais a fléchi de nouveau pour terminer le mois au même niveau qu’en mars, soit 3,54 %. Les conditions de crédit se sont assouplies pour les ménages en avril. Le taux d’intérêt effectif est inférieur à 3,9 % en ce moment, contre plus de 4 % au début de mars.

Indicateurs clés: Canada

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