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Lettre économique mensuelle

Mars 2019
Article vedette

Pourquoi tout ce battage autour de la 5G? Est-ce qu’elle changera réellement nos vies?

La 5G – ou connectabilité mobile à Internet de cinquième génération – occupe une place importante dans les nouvelles ces jours-ci.

Pourquoi la 5G mérite-t-elle autant d’attention? Si vous ne savez pas au juste en quoi la 5G consiste et pourquoi elle est importante, vous n’êtes pas le seul. Selon certains rapports, même une partie de l’élite réunie à Davos ne comprenait pas de quoi il s’agissait.

Quelles améliorations apportera-t-elle? Notions de base de la 5G

La 5G est le nouveau stade d’évolution des réseaux sans fil. La 2G a permis de transmettre de la voix. La 3G a lancé la révolution des «applis» en engendrant un niveau avancé de connectabilité de données et de connectabilité mobile à Internet. La 4G a augmenté considérablement la vitesse de transmission pour répondre à l’augmentation massive du trafic de données entre des appareils mobiles.

C’est maintenant le tour de la 5G, qui se caractérise par un bond énorme de la vitesse, une fiabilité accrue et l’efficacité énergétique. Les améliorations que la 5G apportera sont décrites plus en détail ci-dessous.

Vitesse – 5G permettra une vitesse 10X plus rapide que 4G. Autrement dit, le débit passera de 10 mégabits par seconde à 100 mégabits par seconde! Le délai de téléchargement d’un film sur votre téléphone se mesurera en secondes plutôt qu’en minutes. De plus, la connexion sera stable – même si vous vous déplacez rapidement avec votre téléphone, le flux de données vers votre téléphone ne sera pas interrompu.

Communication en temps réel – La 5G devrait réduire le temps d’attente – le délai nécessaire pour que deux appareils communiquent ensemble – de 50-100 millisecondes (ms) qu’il est actuellement à 20 ms et même, selon la configuration du réseau, à un décalage aussi faible que 5 ms ou 1 ms. Dans le domaine des soins de santé, par exemple, cela permettrait à un médecin de commander à distance une sonde robotique pour effectuer une chirurgie.

Densité des connexions – La 5G rendra possible la connexion d’un nombre beaucoup plus grand d’appareils par kilomètre carré – un million plutôt que seulement 2 000 pour la 4G. Par conséquent, il est peu probable qu’Internet soit un jour encombré.

Cette densité a cependant une contrepartie. Le spectre utilisé pour la 5G a un impact direct sur la distance de propagation des signaux et le type de couverture fourni. En raison du mode de fonctionnement de la 5G, davantage de stations de base cellulaires seront nécessaires. Il s'agit probablement de petits dispositifs d’émission et de réception fixés aux poteaux de ligne de transmission. Un autre inconvénient est que les obstacles physiques peuvent bloquer les ondes 5G plus facilement; même les feuilles d’arbre peuvent les stopper, selon un compte rendu du Wall Street Journal.

L’industrie, dit-on, est en train de trouver des moyens de résoudre ce problème. L’une de ces technologies est la «formation de faisceau», qui consiste à diriger les signaux vers les appareils individuels plutôt que de diffuser les ondes dans toutes les directions (mode de fonctionnement actuel des technologies 3G et 4G).

Efficacité énergétique – La pile de votre téléphone devrait durer plus de 10 ans plutôt que deux ou trois ans comme c’est le cas actuellement. En outre, une fois que le réseau 5G sera entièrement mis en place, c’est le réseau et non votre téléphone qui assurera la majorité du traitement, de sorte que vous n’aurez pas à recharger la pile de votre téléphone aussi souvent. En fait, selon le chef de la direction de Verizon, Lowell McAdam, la charge d’une pile pourrait durer un mois! L’efficacité énergétique du réseau permettra de transmettre plus de données avec moins de ressources et diminuera par conséquent les coûts de fonctionnement.

L’une des caractéristiques importantes de la 5G qui n’a pas suscité beaucoup d’attention est la virtualisation de réseau. Actuellement, tous les appareils qui accèdent au réseau reçoivent la même priorité, ce qui crée souvent de l’encombrement durant les périodes de pointe. La 5G, par contre, autorisera la création de réseaux virtuels, de sorte que différents niveaux de service (temps d’attente, largeur de bande et sécurité) pourront être déployés sur la même infrastructure matérielle. C’est l’un des aspects de la 5G qui risque de causer le plus de perturbations, parce qu’il permettra aux entreprises de télécommunications d’exiger des taux modulés en fonction du niveau de service.

Comment la 5G changera-t-elle l’économie?

La technologie 5G pourrait transformer notre société. Les dispositifs – comme les téléphones, les véhicules, les drones ou d’autres objets – qui se connectent en nombre croissant à Internet seront capables de se «parler», c’est-à-dire de partager de l’information et d’exécuter des actions.

Imaginez quelques-unes des possibilités.

Les véhicules autonomes se fieront à une quantité énorme de données pour assurer la sécurité. Les systèmes installés à bord des automobiles transmettront des données autorisant la surveillance et la maintenance à distance. Leurs caméras collecteront des données sur l’environnement – personnes, animaux, autres véhicules, feux de circulation et autres infrastructures comme les bretelles d’accès et les bordures – pour éviter des accidents. Le système de localisation GPS informera le système de navigation du véhicule de l’endroit où il se trouve et des problèmes de circulation en vue sur son trajet. Les véhicules électriques et autonomes connectés à un réseau 5G pourraient révolutionner la manière dont les gens utilisent leur automobile. Une étude estime que l’utilisation d’un service comme Uber doté de véhicules électriques sans conducteur sera jusqu’à dix fois plus économique que l’achat d’une voiture. Cela pourrait entraîner une diminution importante du pourcentage de personnes possédant une voiture au cours des 20 prochaines années, avec d’éventuelles répercussions sur les secteurs de l’automobile, de l’assurance et du pétrole.

En se reposant sur la 5G, l’Internet des objets industriels permettra aux fabricants d’employer plus de robots et de machines communiquant en temps réel afin d’accroître l’efficacité de leur production. Le gain pourrait atteindre 82 %, selon l’enquête sur les perspectives du secteur de la fabrication réalisée en 2014 par l’American Society for Quality, grâce à une réduction du temps mort des machines et de la main-d’œuvre, du nombre d’erreurs et de la quantité de déchets.

Alors que des robots et des machines se chargent de plus en plus des tâches de fabrication courantes, on s'attend à une diminution des emplois traditionnels dans le secteur manufacturier des économies avancées, comme c’est le cas depuis les années 1970. On aura besoin d’une main-d’œuvre créative et au fait de la technologie pour fournir plus de services associés aux produits manufacturés.

Dans le secteur des mines, du pétrole et du gaz, les robots effectueront probablement une plus grande partie du travail dans les endroits éloignés. Des caméras et des capteurs surveilleront les oléoducs et, grâce aux données et à des techniques d’analyse avancées, les entreprises pourront prédire le moment où une fissure surviendra et déployer des robots pour empêcher une fuite majeure, ce qui réduira les coûts de main-d’œuvre et les accidents.

Le secteur logistique a déjà subi des changements spectaculaires en raison de la progression du commerce électronique et, sous l’impulsion de la 5G, cette transformation se poursuivra. La 5G permettant de commander des drones en temps réel, il sera possible de reconstituer des stocks et de livrer des colis dans des endroits éloignés, ce qui fera gagner du temps et réduira les coûts. Cela pourrait avoir des répercussions sur les secteurs de l’expédition et du camionnage.

Les villes intelligentes pourront gérer plus facilement la santé et la sécurité publiques. Par exemple, les services d’urgence répondront plus rapidement aux incidents. La criminalité pourrait reculer. La congestion routière devrait diminuer. Dotées de compteurs intelligents, les maisons et les entreprises consommeront l’eau et l’électricité plus efficacement et les fournisseurs de services publics fixeront des tarifs plus précis pour les heures de pointe et en dehors des heures de pointe, en utilisant les données de consommation afin de mieux prévoir les besoins en énergie. L’efficacité énergétique accrue devrait réduire la pollution. Selon la Commission mondiale sur l'économie et le climat, les économies engendrées par les villes intelligentes pourraient atteindre jusqu’à 22 000 G$ US d’ici à 2050.

C’est pour bientôt!

Aux États-Unis, Verizon et AT&T ont déployé un service 5G dans plusieurs villes l’an dernier, notamment Atlanta, Dallas, Sacramento, Los Angeles, Houston et Indianapolis, et projettent d’étendre leur couverture cette année. En Europe, au moins une ville de chaque pays de l’Union européenne est dotée de la 5G. La Corée du Sud lance son réseau 5G ce mois-ci (mars 2019). China Mobile a l’intention d’offrir un service 5G complet d’ici à la fin de cette année.

Au Canada, la 5G est actuellement mise à l’essai et une couverture plus générale est attendue en 2020.

Quelles sont les conséquences pour les entrepreneurs?

  • En connaissant bien cette technologie et ses avantages, les entrepreneurs pourront créer d’excitants produits et services et avoir une longueur d’avance sur la concurrence.
  • Pensez aux types de données qui permettraient à votre entreprise d’être plus efficace. En collectant plus de données et en les analysant, vous serez capable de découvrir des perfectionnements et de nouvelles applications pour vos clients.
  • Comment pourriez-vous mieux servir votre clientèle et offrir un meilleur soutien à votre personnel grâce à un service sans fil plus stable, plus rapide et connecté à un plus grand nombre d’appareils?
Perspectives Canada

Ce n’est pas une récession, seulement un ralentissement

Le ralentissement de l’économie canadienne en 2018 a alimenté les craintes que le pays se retrouve face à une récession prochaine, mais la conjoncture est encore favorable au maintien de la croissance cette année.

Certes, l’année dernière, la croissance de l’économie n’a été que de 1,8 %, un peu plus lente que prévu, le quatrième trimestre affichant le pire rendement de l’année.

Pour l’année dans son ensemble, les investissements des entreprises ont augmenté de 2 %, augmentation annulée partiellement par un repli de 2,3 % dans l’investissement immobilier résidentiel. En gros, les dépenses de consommation et les dépenses publiques ont été les moteurs de l’économie.

Chute des dépenses des ménages

Les consommateurs endettés, craignant d’avoir à composer avec des hausses de taux d’intérêt, ont ralenti leurs dépenses.

En 2017, la consommation des ménages avait augmenté de près de 4 %, tandis qu’en 2018, la croissance s’est divisée par deux, le taux le plus faible ayant été enregistré au quatrième trimestre (voir tableau). Alors que les dépenses en biens ont ralenti tout au cours de l’année et ont affiché un repli au quatrième trimestre, la consommation de services prend de l’ampleur à un rythme annuel de 2 %.

Gains dans le secteur de l’emploi, mais croissance salariale plus lente

Le marché de l’emploi canadien continue de faire bonne figure – le taux de chômage est demeuré stable à 5,8 % en février. Une telle situation est favorable aux dépenses de base des ménages, cependant la faible croissance des salaires limitera les grandes dépenses.

À l’échelle nationale, les salaires hebdomadaires ont augmenté de seulement 2 % en février, par rapport à l’année précédente. On constate d’importants écarts entre les régions du pays, les provinces productrices de pétrole étant les plus durement touchées. Entre-temps, la Colombie-Britannique et l’Ontario continuent de surpasser la moyenne nationale. L’augmentation des salaires a ralenti récemment au Québec en comparaison surtout avec une performance exceptionnelle à la fin de 2017 et au début de 2018.

Les exportations seront source de croissance

Les exportations devraient dépasser les importations en 2019 et devenir un moteur de croissance. Les exportations de biens et services ont augmenté de 3,3 % en termes réels l’année dernière, la plus forte croissance ayant été constatée au cours des deux derniers trimestres.

La progression des exportations est partiellement imputable à la faiblesse du dollar canadien, qui a reculé d’environ 5 % par rapport au dollar américain au cours des 15 derniers mois.

La Banque du Canada prévoit une croissance potentielle de 1,9 % pour l’économie canadienne en 2019. L’investissement s’annonçant plus faible cette année, la croissance sera probablement inférieure à cette estimation. L’inflation est bien contrôlée à 1,4 % en janvier, ce qui signifie qu’une hausse des taux à court terme est très improbable.

Quelles sont les conséquences pour les entrepreneurs?

  1. Les taux d’intérêt devaient demeurer stables au cours des prochains mois au vu de la croissance économique plus lente que prévu.
  2. Compte tenu de cette pause dans les hausses de taux, le moment est bien choisi pour aller de l’avant avec vos projets d’investissement qui vous permettront de devancer vos concurrents.
  3. Comme le dollar canadien ne devrait pas remonter à court terme, pensez à explorer le marché de l’exportation vers les États-Unis, où la demande reste solide.
Perspectives États-Unis

2018 a été une bonne année pour l’économie américaine

L’année 2018 a été excellente pour l’économie des États-Unis, qui a affiché une croissance de 2,9 %, stimulée par les baisses fiscales et la solidité de l’emploi.

Cependant, l’incidence des réductions fiscales ayant commencé à s’atténuer, le quatrième trimestre a accusé un certain retard par rapport aux deuxième et troisième trimestres. La croissance a ralenti dans le secteur des dépenses à la consommation par rapport aux trimestres précédents, mais le secteur a tout de même poursuivi sa montée au quatrième trimestre à un rythme solide annualisé de 2,8 %.

Pendant ce temps, les entreprises ont maintenu leurs investissements dans le matériel et la propriété intellectuelle, tandis que l’investissement résidentiel se repliait, quoique très modestement.

Malgré les nombreux efforts du président Donald Trump pour stimuler les échanges commerciaux, la croissance des importations est demeurée supérieure à celle des exportations et le déficit commercial américain a atteint les 621 milliards de dollars, un important facteur d’érosion de la croissance générale.

Le consommateur est le moteur de l’économie

Aux États-Unis, les dépenses de consommation représentent environ 70 % du produit intérieur brut, c’est pourquoi la confiance des consommateurs est un indicateur critique de l’économie. Après avoir exprimé des doutes en janvier, les consommateurs ont repris confiance en février, mais, selon le Conference Board, le climat n’est pas revenu au sommet atteint en octobre. La situation est toutefois de bon augure pour le premier trimestre de 2019.

Les faibles prix stimulent la consommation des ménages

L’inflation est bien maîtrisée et le taux d’inflation a reculé en raison de la chute des prix de l’énergie, plus particulièrement de l’essence. Actuellement, l’inflation de base s’établit tout juste sous la cible de 2 % de la Réserve fédérale.

Forte probabilité de stabilité des prix

Les salaires, le moteur classique de l’inflation, ne semblent pas une menace. Même si la croissance des salaires s’est poursuivie à un rythme vigoureux de 3,4 % en février par rapport au même mois l’année dernière, cette croissance n’a pas l’effet qu’elle a eu dans le passé sur l’inflation. L’une des raisons pourrait être que la main-d’œuvre a droit à une plus petite part du gâteau des revenus que par le passé, ce qui diminue son pouvoir de négociation à l’égard d’une augmentation des salaires.

De plus, les pressions concurrentielles exercées par un marché fortement globalisé contribuent à contenir l’inflation dans les économies avancées.

Faibles pressions inflationnistes des tarifs

Malgré les tarifs de 25 % et de 10 % imposés par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium provenant de nombreux pays, notamment le Canada, et les tarifs de 25 % imposés sur 50 milliards de dollars américains de marchandises chinoises importées, et les tarifs de 10 % imposés sur un autre bloc de 200 milliards de dollars américains de marchandises chinoises importées, le taux d’inflation n’a pas bronché.

Jusqu’à maintenant, la monnaie chinoise a absorbé une bonne partie du choc des tarifs douaniers, le renminbi s’étant déprécié par rapport au dollar américain, ce qui permet aux producteurs américains de continuer à acheter les marchandises chinoises à bon prix.

Si les gouvernements chinois et américain arrivent à résoudre leurs différends commerciaux, alors toute inquiétude au sujet de la remontée des prix s’estompera. Selon les médias, si un accord intervenait, l’on verrait une baisse des tarifs américains en échange d’une promesse de Beijing d’augmenter les importations de marchandises en provenance des États-Unis, notamment de produits agricoles, de produits chimiques et de voitures.

La décision est importante, puisque la prochaine étape dans la guerre commerciale contre la Chine serait de faire passer de 10 % à 25 % les tarifs douaniers imposés sur 200 milliards de dollars américains de marchandises chinoises importées, mesure qui pourrait certainement alimenter la hausse de l’inflation. Cela s’explique par le fait que les trois quarts de ces marchandises sont des marchandises intermédiaires, donc les producteurs devront trouver des solutions de rechange ou répercuter ces coûts plus élevés sur le consommateur.

La Fed fait preuve de patience

Étant donné le taux d’inflation qui frôle le taux cible et l’inquiétude grandissante au sujet d’un ralentissement économique mondial, il est fort improbable que la Réserve fédérale majore son taux directeur à court terme. Il faut dire que l’économie américaine démontre une grande résilience et que, si les négociations avec la Chine aboutissaient dans le bon sens, la Fed pourrait bien recommencer à hausser graduellement ses taux plus tard dans l’année.

Quelles sont les conséquences pour les entrepreneurs?

  1. La demande des États-Unis en produits d’exportation canadienne devrait demeurer vigoureuse, compte tenu de la forte demande de consommation constante et de la faiblesse du dollar canadien.
  2. Ça pourrait être le bon moment d’obtenir un prêt commercial, puisque la stabilité des taux d’intérêt aux États-Unis pourrait permettre aux banques canadiennes de consentir davantage de prêts. Les banques se financent en partie sur le marché interbancaire américain. En effet, le taux d'intérêt effectif des entreprises a récemment baissé.
  3. Un accord passé entre les États-Unis et la Chine renforcerait la confiance des entreprises à l’échelle mondiale.
Point sur le marché du pétrole

La chute de la production au Venezuela est une aubaine pour le pétrole canadien

Le manque d’investissements et l’inflation massive au Venezuela, auxquels s’ajoutent des sanctions additionnelles par les États-Unis, stimulent la demande pour le pétrole brut lourd du Canada.

Le Venezuela a produit seulement 1,26 million de barils par jour en janvier, selon l’Agence internationale de l’énergie, et sa production, qui est en chute libre depuis septembre 2017, continue de fléchir.

Avant que Hugo Chavez prenne le contrôle de la société pétrolière d’État Petróleos de Venezuela, S.A. (PdVSA), en 2002-03, le Venezuela produisait près de trois millions de barils de brut par jour.

La vaste majorité de la production du Venezuela est composée de pétrole lourd acide semblable à celui que le Canada extrait en Alberta. Environ 40 % des exportations du Venezuela sont destinées aux États-Unis, le reste se répartissant entre la Chine, l’Inde et la Russie. Les expéditions vers la Chine et la Russie servent à rembourser les prêts que ces pays ont consentis au Venezuela.

Les sanctions additionnelles imposées par les États-Unis qui entreront en vigueur à la fin d’avril devraient entraîner un autre recul de la production. Les estimations quant à l’ampleur de cette baisse varient considérablement, de 400 000 barils par jour, selon Rystad Energy, à un million de barils par jour, selon Citigroup.

Comme le graphique l’illustre, les États-Unis se tournent de plus en plus vers le Canada pour leurs importations de pétrole lourd acide. Les raffineurs américains ont effectué d’importants investissements pour accroître leur capacité de transformer le brut de cette qualité en essence, en carburéacteur et en carburant diesel.

En conséquence, l’écart de prix entre le West Texas Intermediate et le Western Canada Select (WCS) – qui constitue un paramètre de référence pour le pétrole lourd acide de l’Alberta – a sensiblement diminué depuis décembre et tourne actuellement autour de 12 $ US le baril. Le marché du pétrole brut lourd se chiffre à quelque neuf millions de barils par jour, selon IHSMarkit, et le Canada fournit environ le quart de cette quantité.

La Russie tarde à respecter ses engagements

Malgré le nouveau pacte qu’ils ont conclu avec l’Arabie saoudite et les autres pays producteurs de pétrole, la Russie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l’Iraq ne tiennent pas leurs engagements.

Le taux de conformité avec les réductions convenues a chuté à 67 % en janvier dans l’ensemble des pays participants. Cependant, ce pourcentage même est attribuable à l’Arabie saoudite, au Mexique, au Koweït et à l’Angola, qui ont fait plus que leur part dans la compression de la production. La Russie a réduit sa production de seulement 18 %, tandis que l’Iraq et le Kazakhstan ont nettement dépassé leur cible.

L’Arabie saoudite a annoncé qu’elle retrancherait 500 000 barils par jour de plus à sa production en mars. Néanmoins, les prix plus bas réclamés par le président américain Donald Trump pourraient inciter le Royaume à réajuster le tir.

Essor de la production aux États-Unis: pas de fin en vue

La production, qui reste vigoureuse aux États-Unis, a atteint un nouveau sommet de 12 millions de barils par jour en février. L’Energy Information Administration des États-Unis a récemment revu ses chiffres à la hausse et prévoit maintenant une production de 12,4 millions de barils par jour en 2019 et de 13,2 millions de barils par jour en 2020. Compte tenu des dernières compressions en Arabie saoudite et en Russie, les États-Unis sont devenus le plus important producteur de pétrole brut au monde.

En résumé

Considérant la production élevée aux États-Unis et peut-être une certaine hésitation de la Russie et d’autres producteurs à mettre en application les réductions de l’offre, il y a peu de chances que les prix du pétrole dépassent notablement leur fourchette actuelle de 55-65 $ US le baril. Le ralentissement du commerce mondial plombera également les prix.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada maintient le statu quo

Comme beaucoup s’y attendaient, la Banque du Canada a maintenu son taux de financement à un jour à 1,75 %, le 6 mars. La décision de la Banque du Canada tient compte du ralentissement plus prononcé que prévu de l’économie au quatrième trimestre de 2018, ainsi que de la faiblesse de l’inflation.

Le huard s’est déprécié en février

Le dollar canadien s’est déprécié par rapport au billet vert en février. Le huard a perdu un demi-cent au cours du mois et a terminé la période à un peu moins de 0,76 $ US. La croissance plus faible que prévu de l’économie canadienne à la fin de 2018 a exercé des pressions à la baisse sur le huard. Le dollar canadien est passé sous la barre des 0,75 $ US suivant le communiqué prudent de la Banque du Canada le 6 mars.

Hausse de la confiance des entreprises en février

L’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante montre une légère amélioration de l’optimisme des entrepreneurs pour un deuxième mois consécutif. Dans l’ensemble, la confiance des entreprises a augmenté de 3 points pour atteindre 59,0 à l’échelle nationale. La FCEI estime qu’un niveau de confiance satisfaisant devrait se situer autour de 65 ou plus. C’est la Nouvelle-Écosse qui fait meilleure figure au chapitre de l’optimisme ce mois-ci, et la seule dont le niveau se situe au-dessus du seuil de 65. En février, la confiance était plus élevée au Québec, en Ontario et en Alberta qu’en janvier; l’Alberta demeure la province la moins optimiste. En dehors du secteur primaire (agriculture et ressources naturelles), les niveaux de confiance pour la plupart des secteurs se situent entre le milieu de la cinquantaine et le début de la soixantaine.

Les conditions de crédit aux entreprises se sont assouplies davantage en février

Le taux d’intérêt effectif des ménages est resté inchangé en février, tout juste en dessous de 4 %. Il est intéressant de constater que le taux d’intérêt effectif pour les entreprises a continué de fléchir pour atteindre 3,67 %, soit le même taux qu’en octobre avant la dernière hausse de taux par la Banque du Canada. Jusqu’à présent, les taux d’intérêt effectifs des ménages et des entreprises ont augmenté de près de 100 points de base malgré la hausse du taux directeur de 125 points de base.

Indicateurs clés: Canada

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