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Lettre économique mensuelle

Janvier 2019
Article vedette

Comment trouver les travailleurs dont votre entreprise a besoin

La vigueur de l’économie, le vieillissement de la population et la faible croissance des effectifs entraînent des pénuries de main-d’œuvre dans de nombreuses régions du Canada.

Nous avons récemment publié une étude selon laquelle environ 40 % des entrepreneurs canadiens ont de la difficulté à trouver les travailleurs dont ils ont besoin. Les pénuries de main-d’œuvre freinent la croissance de nombreuses entreprises, les rendent moins concurrentielles et compromettent la qualité de leurs biens et services.

De plus, notre étude révèle que la croissance de la population active du Canada devrait demeurer à près de zéro pendant encore au moins dix ans, à cause du départ à la retraite des baby-boomers, ce qui n’augure rien de bon quant aux pénuries de main-d’œuvre.

Malgré cela, des stratégies existent pour pallier ces pénuries dans votre entreprise. Parmi les plus importantes, l’une consiste à puiser dans les bassins de main-d’œuvre sous-utilisés et la seconde, à définir une proposition de valeur aux employés afin de rendre l’entreprise plus attrayante tant pour les recrues que pour le personnel en place.

Comment accéder à des bassins de talents inexploités

Les femmes, les immigrants récents, les Autochtones et les personnes handicapées sont sous-représentés dans notre main-d’œuvre. Dans une allocution prononcée en mars 2018, Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, a indiqué que la population active du Canada pourrait augmenter d’un demi-million de personnes si ces ressources inexploitées étaient mieux intégrées.

Le graphique A présente une comparaison entre les taux globaux d’activité1 de ces groupes. Il est à noter que les taux d’activité de tous les groupes sont considérablement inférieurs au taux d’activité des hommes.

Accroître la participation des femmes à la population active

Bien que le nombre de femmes sur le marché du travail n’ait cessé d’augmenter depuis les années 1950, leur taux d’activité reste nettement en deçà de celui des hommes.

Selon la théorie économique, l’accès à des services de garde d’enfants peu coûteux et à des prestations de congé parental plus généreuses stimule généralement le taux d’activité des femmes. La logique veut donc que l’accès à des garderies subventionnées, à des horaires flexibles et à la possibilité de télétravailler rendra votre entreprise plus attrayante pour les mères et les parents en général.

Les avantages de ce genre sont susceptibles d’encourager les parents au foyer à réintégrer le marché du travail. Pour en savoir plus sur ce que vous pouvez faire pour devenir un employeur plus attrayant, lisez la section ci-après sur l’élaboration d’une proposition de valeur aux employés.

Recruter des nouveaux arrivants

Divers programmes et organismes gouvernementaux peuvent vous aider à recruter des nouveaux arrivants. Certains d’entre eux sont décrits plus en détail dans le tableau ci-dessous. Vous trouverez une liste plus exhaustive dans notre étude sur la pénurie de main-d’œuvre.

Trouver des employés autochtones

La population autochtone du Canada est jeune et c’est le segment qui connaît la croissance la plus rapide au pays. Au cours de la prochaine décennie, environ 400 000 Autochtones devraient atteindre l’âge de travailler. Pour promouvoir et favoriser l’emploi des Autochtones, le gouvernement fédéral offre des programmes relatifs au marché du travail par l’entremise d’organisations appelées « signataires d’entente autochtone » situées partout au pays.

Ces organisations aident les chercheurs d’emploi autochtones à entrer en contact avec les employeurs et offrent des programmes de formation et de perfectionnement des compétences. Communiquez avec le signataire d’entente autochtone de votre région afin d’évaluer les possibilités de recrutement.

Comment élaborer une proposition de valeur aux employés

Vous pouvez rendre votre entreprise plus attrayante pour vos employés actuels et futurs en élaborant une proposition de valeur aux employés (PVE) formelle. Une PVE définit la vision de votre entreprise, les valeurs qu’elle défend et les raisons pour lesquelles une personne talentueuse choisirait d’y travailler. L’élaboration d’une PVE s’effectue en trois étapes, brièvement décrites ci-après. (Pour une description plus détaillée, veuillez consulter notre étude sur la pénurie de main-d’œuvre.)2

  1. Cherchez à comprendre comment vos employés perçoivent votre entreprise—Recueillez des renseignements sur ce que les employés apprécient le plus dans leur travail et sur les raisons pour lesquelles ils restent. Vous pouvez obtenir ces réponses en effectuant des sondages, en réalisant des entrevues de fin d’emploi, en recueillant les commentaires d’anciens employés ou en discutant de façon informelle avec les employés.
  2. Établissez les principaux arguments de vente de votre entreprise auprès des employés—Il peut s’agir de programmes de perfectionnement des compétences, de possibilités d’avancement ou d’un bon équilibre entre le travail et la vie personnelle. Utilisez ces renseignements pour rédiger une PVE qui correspond à la vision et aux objectifs stratégiques de votre entreprise. Une bonne PVE vous permettra de vous démarquer de vos concurrents.
  3. Communiquez le message aux employés actuels et potentiels—Trouvez des façons créatives de diffuser votre PVE auprès du personnel en place et des recrues potentielles. Communiquez votre PVE tout au long du processus de recrutement, notamment en la publiant sur votre site Web.
  4. Respectez votre PVE—Il arrive souvent que les PVE ne produisent pas les résultats escomptés, parce qu’elles vantent excessivement certains attributs. Dans ces cas-là, on observe un écart entre les promesses et la réalité. Assurez-vous que les membres de votre direction et les autres intervenants sont capables et à l’aise de respecter votre PVE.

Une PVE vous aidera à faire la promotion de votre entreprise auprès des employés de la même façon que vous faites celle de vos produits et services auprès de vos clients. Elle aidera à cibler vos efforts pour retenir les meilleurs employés et attirer de nouveaux talents. Il s’agit d’une stratégie peu coûteuse qui peut engendrer d’excellents résultats.

Lisez l’exemple de Riverside Lobster, grand exportateur néoécossais de homard vivant et cuit, pour voir comment cette entreprise combat la pénurie de main-d’œuvre grâce à des initiatives pratiques en matière de RH.

Riverside Lobster peut compter sur des installations de traitement à la fine pointe de la technologie et sur des marchés internationaux prêts à payer le prix fort pour tout le homard qu’elle est en mesure d’expédier. Le problème, c’est qu’il manque en moyenne 30 travailleurs par jour à son usine de Meteghan River, sur la pointe sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Chaque jour, l’entreprise envoie des autobus jusqu’à 100 kilomètres au nord pour aller chercher les travailleurs chez eux. Elle offre aussi des régimes de soins médicaux et de retraite à ses 270 employés dans le but de les fidéliser. Cependant, comme plus de la moitié de sa main-d’œuvre est âgée de plus de 55 ans, la pénurie est appelée à s’aggraver, ce qui freine les ambitieux plans d’expansion de l’entreprise.

Riverside Lobster fonde donc ses espoirs sur les immigrants. Elle emploie déjà environ 50 travailleurs étrangers temporaires, principalement originaires du Mexique et du Chili. Le programme pilote d’immigration au Canada atlantique, grâce auquel les entreprises peuvent embaucher des travailleurs qualifiés ou des étudiants diplômés étrangers qui peuvent faire une demande de résidence permanente, représente toutefois une solution à plus long terme. L’entreprise espère attirer 100 travailleurs au cours des cinq prochaines années par l’intermédiaire de ce programme.

Une pénurie de logements sévit également dans les régions rurales de la Nouvelle-Écosse. Par conséquent, Riverside Lobster possède des unités qu’elle loue aux travailleurs étrangers et à leur famille (loyers subventionnés). Elle envisage aussi de construire—avec la participation du gouvernement—jusqu’à 16 unités locatives subventionnées de plus destinées aux familles d’immigrants. Elle a également l’intention d’ouvrir une garderie subventionnée à proximité de l’usine. L’objectif consiste à convaincre les familles d’immigrants de s’établir dans la collectivité et à garder les travailleurs.

Ce que cela signifie pour les entrepreneurs

  1. Compte tenu des facteurs démographiques et de la forte croissance économique, les pénuries actuelles de main-d’œuvre risquent de persister.
  2. Si vous avez de la difficulté à recruter du personnel, songez aux bassins de talents qui ont tendance à être sous-représentés, notamment les femmes, les nouveaux arrivants au Canada et les Autochtones.
  3. Pensez à faire la promotion de votre entreprise auprès de vos employés de la même façon que vous le feriez auprès de vos clients. L’élaboration d’une proposition de valeur aux employés vous aidera à ce chapitre.

1. Le taux d’activité correspond au nombre de personnes actives exprimé en pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus. Le taux d’activité d’un groupe en particulier (âge, sexe, état matrimonial, etc.) s’entend du nombre de personnes actives de ce groupe exprimé en pourcentage de la population de ce groupe. Les estimations sont des pourcentages, arrondis au dixième le plus proche.
2. D’après une approche décrite par Michael Page, une entreprise de services-conseils en RH établie au Royaume-Uni. Michael Page, décembre 2016, « Create a great employee value proposition » https://www.michaelpage.co.uk/advice/management-advice/attraction-and-recruitment/create-great-employee-value-proposition.

Perspectives Canada

L’économie continuera de croître, mais plus lentement

À l’aube de la nouvelle année, l’économie canadienne semble prête à poursuivre sa croissance, mais à un rythme moins rapide, en raison de vents contraires plus forts.

Le principal écueil est la hausse des taux d’intérêt qui limitera les dépenses de consommation et la croissance du marché de l’habitation. Parallèlement, la baisse des prix du pétrole et d’autres produits de base aura une incidence sur les investissements des entreprises, plus particulièrement dans l’Ouest canadien.

Malgré l’effet compensatoire de l’augmentation des exportations, nous prévoyons une croissance du PIB inférieure aux 2 % atteints en 2018.

L’environnement international reste positif

Sur une note positive, l’économie canadienne continuera de bénéficier d’un environnement international sain en 2019, sur fond de croissance soutenue de l’économie mondiale.

La croissance de la plupart des grandes économies développées devrait s’accélérer modérément, entraînant une baisse de leur taux de chômage. Nous nous attendons à ce que les États-Unis prennent encore une fois la tête du peloton avec une croissance vigoureuse en 2019. Cette performance du principal partenaire commercial du Canada, conjuguée à la baisse du dollar canadien, soutiendra les exportations en 2019.

La confiance des entreprises au Canada demeure forte malgré les nombreuses incertitudes qui planent sur les entrepreneurs. Il est toutefois peu probable que cette confiance se traduise par une hausse des investissements des entreprises.

Les intentions d’investissement s’affaiblissent

Les intentions d’investissement pour 2019 sont inférieures à celles de 2018. Une pénurie de main-d’œuvre freine la croissance des entreprises et leurs investissements au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. La baisse des prix des produits de base a également une incidence négative sur les investissements en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba. Par conséquent, les investissements des entreprises, source importante de croissance au cours des deux dernières années, ne joueront pas un rôle aussi marqué en 2019.

Les répercussions de la hausse des taux d’intérêt

L’économie canadienne se porte très bien depuis deux ans et tourne presque à plein régime. Le taux de chômage se situe actuellement à 5,8 %, son niveau le plus bas en 40 ans.

La Banque du Canada a lentement relevé les taux d’intérêt au cours des 18 derniers mois, afin de réduire l’effet stimulant des faibles taux sur l’économie.

Compte tenu de cette augmentation, les Canadiens doivent consacrer une plus large part de leur revenu disponible aux intérêts, ce qui en laisse moins pour la consommation. Cependant, le marché de l’emploi demeure dynamique, et le nombre de Canadiens qui travaillent est en progression. Par conséquent, en 2019, la consommation continuera à s’accroître, mais suivant une cadence plus lente.

La hausse des taux d’intérêt et les nouvelles règles encadrant les prêts hypothécaires endiguent la croissance du marché de l’habitation. Les mises en chantier résidentielles ont commencé à plafonner en 2018 et connaîtront un ralentissement en 2019. Le nombre de maisons vendues diminuera également.

Les prix des produits de base sont en baisse

Les prix des produits de base ont chuté au cours des six derniers mois, ce qui a limité la croissance dans les régions productrices de ressources du pays. Plus particulièrement, les prix du pétrole sont passés de 65 $ à 50 $ le baril pendant cette période. Selon nous, il s’agit d’un fléchissement temporaire et les prix devraient remonter dans la fourchette allant de 60 $ à 65 $ en 2019. Néanmoins, cette situation fera mal aux investissements des entreprises.

Conclusion

Après deux années de croissance soutenue, l’économie canadienne se prépare à décélérer en 2019. Les taux d’intérêt ne devraient pas augmenter beaucoup, ce qui maintiendra le dollar canadien autour de 75 cents US.

Ce que cela signifie pour les entrepreneurs

  1. Les débouchés pour les exportateurs demeurent attrayants. La demande américaine est forte et la faiblesse du huard favorisera les exportations.
  2. La croissance des ventes au détail diminue à mesure que les taux d’intérêt augmentent. Les détaillants devraient adapter leur planification en conséquence.
  3. Vu le ralentissement de la croissance économique, les taux d’intérêt n’augmenteront probablement pas autant en 2019. Il s’agit donc d’un bon moment pour investir dans votre entreprise, surtout pour compenser l’impact d’une pénurie de main-d’œuvre par l’ajout d’équipement, de machinerie et de technologies.
Perspectives États-Unis

L’économie américaine devrait connaître une autre année solide en 2019

L’économie américaine a surpassé toutes les autres économies développées en 2018, affichant une croissance de près de 3 %. L’année à venir s’annonce favorable elle aussi, car la réforme fiscale de 2018 continue de soutenir les investissements des entreprises et les dépenses de consommation.

En 2018, l’économie a prospéré, malgré les tensions commerciales, la hausse des taux d’intérêt et la faiblesse du marché de l’habitation. Stimulée par les réductions d’impôts, la croissance du PIB s’est traduite par un marché de l’emploi en plein essor. À 3,7 %, le taux de chômage se situe actuellement à son plus bas niveau depuis 50 ans.

La création d’emplois devrait se poursuivre en 2019, poussant le chômage sous le seuil que le gouvernement américain considère comme celui du plein emploi. Certes, de plus en plus d’entreprises font état de difficultés à embaucher du personnel et la croissance des salaires s’accélère. Celle-ci s’établit aujourd’hui à un taux annualisé de 3 %. Essentiellement, l’économie américaine tourne à plein régime.

Une croissance alimentée par les dépenses de consommation

En 2019, le principal moteur de la croissance sera la consommation, stimulée par les réductions d’impôts et la vigueur du marché du travail. Les investissements des entreprises, auxquels profitent aussi les allègements fiscaux, devraient également soutenir la croissance. Les dépenses publiques et le marché de l’habitation joueront un rôle mineur, mais positif.

Néanmoins, des vents contraires soufflent sur l’économie.

  1. En raison du resserrement du marché de l’emploi, de nombreuses entreprises ont de la difficulté à trouver de nouveaux employés, ce qui nuit à leur capacité d'expansion.
  2. Après quatre hausses des taux d’intérêt en 2018 pour refroidir l’économie, on s’attend à d’autres hausses en 2019. Les taux plus élevés devraient commencer à peser sur les dépenses de consommation.
  3. Les enjeux commerciaux et politiques avec la Chine représentent un risque pour l’économie américaine et engendrent de l’incertitude.

L’économie entre dans une phase de transition, pas de récession

Après 10 années de croissance, l’économie américaine entre dans une période de transition. La hausse des taux d’intérêt marque la fin de la politique monétaire expansionniste, et la réforme fiscale de l’an dernier sera progressivement éliminée en 2020.

Par conséquent, la forte croissance de 2018 et de 2019 devrait ralentir en 2020 pour atteindre un niveau plus modéré de moins de 2 %. Nous n’entrevoyons cependant aucune récession à l’horizon à ce stade-ci. Il ne semble y avoir aucun déséquilibre majeur, et malgré la hausse des taux d’intérêt, l’économie ne devrait pas basculer en récession.

Conclusion

Après une année de forte expansion, l’économie américaine continuera d’enregistrer une croissance très vigoureuse en 2019, sous l’impulsion d’une politique budgétaire avantageuse. L’élimination progressive des réductions d’impôts et la poursuite de l’augmentation des taux d’intérêt devraient, selon nous, entraîner un ralentissement en 2020.

Ce que cela signifie pour les entrepreneurs

  1. L’économie américaine continuera d’offrir de belles possibilités aux exportateurs canadiens en 2019.
  2. On s’attend à ce que le dollar canadien demeure à un niveau bas en 2019, soit autour de 75 cents US. L’écart entre les taux d’intérêt du Canada et des États-Unis et la baisse du prix du pétrole exercent des pressions sur notre monnaie. C’est une bonne chose pour les exportateurs, mais les importateurs en dollars américains vont en pâtir.
Point sur le marché du pétrole

Les prix du pétrole se stabiliseront-ils cette année?

Au cours des dernières semaines, les prix du pétrole ont fortement chuté au Canada et ailleurs dans le monde. De plus, l’écart entre les prix canadiens et ceux payés aux autres producteurs s’est élargi. À quoi devons-nous donc nous attendre pour 2019?

L’offre excédentaire fait baisser les cours mondiaux

Les prix mondiaux du pétrole sont volatils et sensibles aux événements géopolitiques. Ainsi, ils ont été influencés par l’imposition, le 4 novembre, de sanctions américaines sur l’Iran. La perspective que ces sanctions puissent soustraire jusqu’à 2 millions de barils par jour (b/j) a fait monter les prix du Brent et du West Texas Intermediate (WTI) en septembre et octobre.

Puis, à la mi-novembre, les prix sont redescendus, l’offre ayant augmenté pour les quatre raisons suivantes :

  1. Les États-Unis ont accordé plus de dérogations à leurs sanctions que ce que le marché avait prévu, ce qui a accru l’offre. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine, l’Inde, la Turquie et la Corée ont obtenu de telles dérogations sur au moins 870 000 b/j.
  2. L’Arabie Saoudite et la Russie ont pompé davantage de pétrole (environ 300 000 b/j de plus) en octobre qu’en septembre.
  3. La production a atteint un sommet de 11,5 Mb/j aux États-Unis, une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.
  4. La confiance à l’égard de la croissance mondiale s’est affaiblie. Le FMI et l’OCDE ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2019 et 2020, dans un contexte de ralentissement des échanges dû aux tensions entre les États-Unis et la Chine.

L’offre mondiale est donc tout simplement trop élevée par rapport à la demande, ce qui a fait perdre au WTI 35 % de sa valeur depuis octobre.

Les pays membres de l’OPEP et certains pays non membres se sont rencontrés en décembre, et des producteurs, notamment l’Arabie saoudite et la Russie, ont convenu de réduire leur production de 1,2 Mb/j, ce qui devrait contribuer à rééquilibrer le marché et à soutenir les prix. Ces deux pays ont tout intérêt à honorer cet engagement, parce qu’ils ont besoin de prix plus élevés pour réduire leurs importants déficits budgétaires.

Si l’Arabie saoudite et la Russie demeurent les chefs de file de la gestion de l’offre de pétrole, il convient de se rappeler que les États-Unis sont désormais le premier producteur de brut au monde. Néanmoins, si la réduction de l’OPEP est respectée, les prix mondiaux devraient augmenter lentement dans les prochains mois.

Le fossé se creuse au Canada

Le prix du Western Canadian Select (WCS) est passé sous la barre des 13 $ US à la mi-novembre : un différentiel sans précédent par rapport aux prix mondiaux.

La piètre performance des dernières semaines découle d’une insuffisance persistante de la capacité des pipelines. Après une augmentation de 345 000 b/j en 2017, la production de pétrole albertain s’est accrue de 400 000 b/j en 2018. Ainsi, la production actuelle dépasse la capacité de transport.

Confronté à un écart record entre les prix de son pétrole et les prix mondiaux, le gouvernement de l’Alberta a annoncé, le 2 décembre, une réduction obligatoire temporaire de la production de 325 000 b/j. Il prévoit aussi acheter 80 locomotives et 7 000 wagons pour accroître la capacité de transport ferroviaire. Ces mesures ont immédiatement fait grimper le prix du WCS, comblant en partie le fossé.

Conclusion

Les derniers mois ont été éprouvants pour le secteur pétrolier canadien. On peut cependant s’attendre à ce que l’accord de Vienne ait une incidence positive sur les prix mondiaux et à ce que les mesures prises par le gouvernement de l’Alberta permettent de réduire l’écart entre ceux-ci et les prix canadiens en 2019.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada maintient le statu quo

Le 9 janvier, la Banque du Canada a maintenu le taux du financement à un jour à 1,75. La prochaine décision de la Banque concernant le taux directeur est prévue le 6 mars. Au moment d'écrire ces lignes, la plupart des analystes s'attendent à deux autres hausses de taux en 2019.

2018 : une année difficile pour le huard

Le dollar canadien a continué de se déprécier par rapport au billet vert en décembre. Le huard est passé sous la barre des 74 cents pour la première fois depuis mai 2017 et a clôturé l'année à peine au-dessus de 0,73 $ US. Cela correspond à une perte de valeur de 6,5 cents en 2018. La faiblesse des prix du pétrole brut et l'écart croissant des taux d'intérêt entre le Canada et les États-Unis exercent des pressions à la baisse sur le dollar canadien.

La confiance des PME dégringole en décembre

La confiance des petites entreprises a chuté en décembre, selon l'indice du baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). L'indice a perdu 7,6 points depuis novembre et a atteint 53,6 points, un creux depuis mars 2016. La confiance des PME albertaines s'est considérablement détériorée, diminuant de 8,7 points entre décembre et novembre à la suite de la chute des prix du pétrole. Le pessimisme est répandu dans presque tous les secteurs de l'économie canadienne. Le secteur des transports est le seul indice qui a augmenté ce mois-ci, tandis que les 12 autres secteurs couverts par la FCEI ont tous connu une perte de confiance.

Les conditions de crédit sont stables

Les taux d'intérêt effectifs pour les entreprises et les particuliers sont demeurés inchangés en décembre, légèrement sous 4 %. Bien que les taux d'intérêt continuent d'augmenter peu à peu, les conditions du crédit demeurent accommodantes. Selon l'Enquête auprès des responsables du crédit de la Banque du Canada, on a même observé un assouplissement général des conditions du crédit aux entreprises au quatrième trimestre de 2018. Cet assouplissement est attribuable à la concurrence des institutions financières pour les prêts aux grandes sociétés, tandis que les conditions sont demeurées les mêmes pour les petites sociétés et les sociétés commerciales.

Indicateurs clés : Canada

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