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Lettre économique mensuelle

Juillet 2018
Article vedette

Le protectionnisme gagne du terrain

L’administration américaine adopte des politiques commerciales pour stimuler les exportations

La mise en œuvre de mesures protectionnistes, qui vont de l’application stricte des lois sur l’immigration à l’établissement de barrières tarifaires à l’encontre de plusieurs pays, est devenue l’une des principales priorités de l’administration américaine.

Depuis son entrée en fonction, le président Trump dit vouloir faire du « commerce équitable » avec le reste du monde. Pour le président et ses responsables commerciaux, cela semble passer par une forte réduction des déficits commerciaux avec les autres pays.

L’administration a imposé des tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de divers pays, dont le Canada. Elle a également instaurer des droits de douane élevés sur les importations en provenance de la Chine. De plus, les États-Unis ont ouvert l’Accord de libre-échange nord-américain à la renégociation, se sont retirés du Partenariat transpacifique et ont suspendu les négociations sur les accords commerciaux avec l’Europe.

Le département du Commerce a aussi multiplié les enquêtes relatives aux droits antidumping et compensateurs. À l’issue de ces enquêtes, des tarifs douaniers pourraient être imposés s’il est déterminé que les produits visés sont vendus à une valeur inférieure à ce que les États-Unis estiment être leur coût réel. Des entreprises canadiennes (dont le fabricant d’avions Bombardier et des entreprises du secteur du bois d’œuvre résineux et du papier journal) ont fait l’objet de telles enquêtes.

Les tarifs douaniers imposés par les États-Unis à ses partenaires commerciaux appellent à une riposte

En mars, l’administration américaine a imposé des tarifs d’importation sur l’acier et l’aluminium chinois et annoncé qu’elle ferait de même avec d’autres pays s’ils refusaient d’acquiescer à ses demandes.

Certains pays ont accepté de se plier aux exigences des États-Unis, mais le Canada, le Mexique, l’Union européenne et d’autres pays ont refusé. Des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur les importations d’aluminium sont donc entrés en vigueur le 1er juin.

Le Canada a répliqué en imposant des surtaxes équivalant à 16,6 milliards de dollars sur les importations américaines qui sont entrées en vigueur le 1er juillet. Celles-ci comprennent des droits de douane de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium et une vaste gamme de produits de consommation.

Le Mexique et l’Union européenne ont aussi pris des mesures de représailles et imposé des tarifs sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur divers produits d’exportation américains, dont le bourbon, le porc et les motocyclettes. Bon nombre des produits assujettis à ces tarifs ont été ciblés pour des raisons politiques, étant fabriqués dans des États fortement républicains.

Le Canada, le Mexique et l’Union européenne ont déposé des plaintes distinctes auprès de l’Organisation mondiale du commerce et remettent en question la légalité des tarifs américains sur les importations d’acier et d’aluminium en vertu du droit commercial international.

Puis, au début de juillet, les États-Unis ont imposé des tarifs d’importation de 25 % sur 34 milliards de dollars US de produits d’exportation chinois. Des droits de douane d’une valeur additionnelle de 16 milliards de dollars s’appliqueront aussi plus tard au cours de l’été. La Chine a riposté en imposant des tarifs équivalents sur les importations en provenance États-Unis.

Pour l’heure, les tarifs ont des conséquences relativement mineures, mais inégales

L’incidence des tarifs douaniers sur les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium semble être relativement limitée. Les exportations de l'acier et de l’aluminium ne représentent que 0,8 % du PIB du Canada et 2,5 % du total de ses exportations. L’économie canadienne connaît une croissance modérée que ces tarifs ne devraient pas venir compromettre, étant donné la forte demande américaine.

Selon l’Institut C.D. Howe, même si les tarifs entraînent une baisse des exportations vers les États-Unis, les répercussions sur le Canada n’équivaudront qu’à un léger recul du PIB réel, soit d’environ 0,11 %. L’impact se fera principalement sentir en Ontario et au Québec, où la majeure partie de l’acier et de l’aluminium est produite. Les producteurs canadiens verront vraisemblablement leurs marges bénéficiaires diminuer s’ils sont incapables de transférer la totalité des coûts des tarifs à leurs clients, et ils risquent de perdre des contrats et des parts de marché aux États-Unis.

Les mesures de rétorsion adoptées par le Canada se traduiront par une hausse des prix pour les importateurs canadiens d’acier, d’aluminium et de tout autre produit visé par les tarifs, ce qui nuira aux marges bénéficiaires des entreprises. Certains des produits assujettis aux nouveaux tarifs douaniers n’étant pas nécessairement fabriqués au Canada, les entreprises devront trouver des produits de substitution. Les consommateurs verront sans doute le prix de divers produits augmenter.

Aux États-Unis, l’acier et l’aluminium sont des intrants de production largement utilisés dans de nombreux secteurs d’activité. Les industries consommatrices d’acier représentent une part beaucoup plus importante de l’économie que les producteurs d’acier. Les secteurs de la construction, de l’automobile et la fabrication de machines comptent pour 80 % de la consommation d’acier au pays. La hausse du coût des intrants de production pourrait mener à des pertes d’emploi dans ces secteurs. À court terme, selon le Conference Board du Canada, les options pour les produits de substitution, en particulier pour l’aluminium canadien, sont limitées à l’intérieur des frontières.

Les exportateurs américains subiront par ailleurs les répercussions des contre-mesures tarifaires adoptées par les partenaires commerciaux des États-Unis, d’autant plus que des produits de substitution pour un grand nombre de biens de consommation et d’intrants commerciaux visés par ces mesures semblent être facilement accessibles.

L’histoire nous a appris que les mesures protectionnistes comme les tarifs douaniers et les quotas d’importation nuisent à tous, en particulier aux consommateurs les plus pauvres. Une baisse de la concurrence peut être synonyme d’augmentation des profits pour certaines entreprises à court terme, mais elle finit par affecter sur la productivité.

Parallèlement, l’offre de produits deviendra plus restreinte et les entreprises souffriront de la diminution des transferts de technologies entre pays par l’intermédiaire du commerce. Dans l’ensemble, ces mesures feront chuter les niveaux de consommation et de production et, si elles demeurent en place à leur niveau élevé actuel, l’économie américaine et mondiale s’en ressentira.

Si les mesures tarifaires sont une stratégie de négociations commerciales pour que tous les pays s’ouvrent à la pratique du commerce équitable, ce qui implique une amélioration des conditions de travail pour les travailleurs et un accès réciproque aux marchés, elles pourraient en définitive s’avérer avantageuses pour l’économie mondiale. Toutefois, si elles restent en place trop longtemps, elles pourraient affecter négativement l’ensemble de l’économie mondiale.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Le protectionnisme commercial pratiqué par les États-Unis devrait se maintenir à court terme. Cependant, lorsque les conséquences de la hausse des coûts commenceront à se faire sentir chez les consommateurs et les entreprises, l’administration américaine pourrait se voir obligée de se modérer. Demeurez optimiste, mais restez à l’affût de moyens d’affronter la tempête si votre entreprise est menacée.
  2. Diversifiez votre entreprise en trouvant de nouveaux fournisseurs et en mettant au point de nouveaux produits et services à vendre sur le marché international. Informez-vous sur les accords commerciaux conclus par le Canada avec l’Union européenne (AECG) et plusieurs pays de la ceinture du Pacifique (PTPGP).
  3. Si vous importez des marchandises assujetties aux droits de douane canadiens et que celles-ci entrent dans la production d'un bien exporté, vous pouvez demander au gouvernement canadien d'obtenir un rabais de 80 % sur les droits payés.
Perspectives Canada

La croissance économique ralentit à un rythme plus soutenable

La croissance économique au Canada a ralenti en avril pour s’établir à 2,5 % par rapport à l’année dernière, soit à un rythme plus lent qu’en février et en mars. La Banque du Canada demeure optimiste quant à la situation économique et prévoit une croissance d’environ 2,5 % au deuxième trimestre. Elle a par conséquent augmenté son taux directeur de 25 points de base pour le porter à 1,5 % ce mois-ci.

Les secteurs de la fabrication, des services publics ainsi que le secteur public sont ceux qui ont le plus contribué à l’augmentation du PIB en avril. Une croissance de la production manufacturière a été observée dans plusieurs sous-secteurs, la plus forte augmentation ayant été enregistrée dans le secteur de la fabrication de machines. Cette croissance est attribuable à la forte demande des exportations ainsi qu’à la hausse du prix des matières premières.

Le secteur du commerce de détail pâtit de l’augmentation des paiements d’intérêt qui contraint les ménages

Les secteurs du commerce de détail, de la construction, et de l’extraction minière, pétrolière et gazière ont pesé sur la croissance du PIB. La production a chuté dans tous ces secteurs par rapport à mars, mais a tout de même été plus élevée qu’à la fin de 2017 dans ceux de la construction et de l’extraction minière, pétrolière et gazière. En revanche, le secteur du commerce de détail a connu un recul par rapport à la fin de 2017, la croissance ayant ralenti au premier trimestre pour ensuite diminuer considérablement en avril. La réduction des dépenses des ménages causée par la hausse des taux d’intérêt et le resserrement des conditions d’octroi des prêts hypothécaires amènera son lot de défis pour le secteur du commerce de détail.

Le revenu des ménages continue de croître à un rythme soutenu, ayant augmenté de 5 % au premier trimestre de 2018 par rapport à il y a un an. Toutefois, les paiements d’intérêt ont augmenté à un rythme deux fois plus rapide, forçant les emprunteurs à réduire leurs remboursements de principal comparativement au quatrième trimestre. Le niveau d’endettement élevé des ménages, quoiqu’en baisse, est à l’origine de la hausse de 10 % des paiements d’intérêt, et ce malgré une hausse d’à peine 1 % des taux d’intérêt au cours de la dernière année.

Les pénuries de main-d’œuvre suffiront-elles à entraîner une hausse des salaires?

Dans plusieurs provinces, et plus particulièrement au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario, les salaires ont augmenté pour atteindre des niveaux supérieurs à la tendance historique, mais cette progression pourrait ralentir. Les salaires ont augmenté notamment pour contrer les pénuries grandissantes de main-d’œuvre, mais découle aussi de la hausse des salaires minimums, surtout en Ontario.

Les entreprises ayant de plus en plus de mal à trouver de la main-d’œuvre qualifiée, elles pourraient décider d’investir davantage dans la technologie. L’article du mois dernier faisait état de l’importante augmentation des investissements, y compris dans les machines et l’équipement, au dernier trimestre.

Parmi les autres facteurs qui contribuent au ralentissement de la croissance des salaires, notons l’augmentation du nombre de canadiens à la recherche d’emploi. Le taux de chômage a légèrement augmenté pour s’établir à 6 %, alors que de plus en plus de Canadiens, surtout chez les 15 à 24 ans, sont à la recherche d’un emploi.

Sans augmentation notable du salaire des travailleurs, le revenu des ménages, en particulier ceux qui se situent au bas de l’échelle des revenus, ne connaîtra pas de croissance significative, ce qui viendra ajouter aux difficultés du secteur du commerce de détail.

Le pouvoir d’achat des ménages stagnera alors que l’inflation continuera de grimper lentement, atteignant 2,5 % en croissance en juin par rapport à l’an dernier, un rythme plus élevé qu’en mai et avril.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Si vous êtes touché par la pénurie de main-d’œuvre, réfléchissez à ce que vous pouvez faire pour rendre votre entreprise plus attrayante aux yeux des employés potentiels. Tentez par exemple de déterminer ce qui inciterait un candidat talentueux à choisir votre entreprise. Misez sur vos forces pour améliorer la fidélisation de votre personnel et attirer de nouveaux talents.
  2. Si vous êtes aux prises avec des contraintes de capacité en raison de la pénurie de main-d’œuvre, vous pourriez envisager d’automatiser des tâches auparavant accomplies par des travailleurs. Ne tardez pas trop à investir, car les taux d’intérêt augmentent.
  3. Si vous œuvrez dans le secteur du commerce de détail, le pouvoir d’achat des ménages n’évolue probablement pas beaucoup. Songez à développer des produits qui sont plus abordables pour vos clients.
Perspectives États-Unis

La croissance de l’économie américaine devrait se poursuivre

En juin, comme anticipé, la Réserve fédérale américaine a encore augmenté son taux directeur de 25 points de base, le portant à 2 %. Le cycle de resserrement du taux directeur est en symbiose avec le raffermissement soutenu de l’économie, qui a connu une inflation modérée de 2,2 % en mai. L’augmentation du PIB a été révisé à 2,0 % sur une base annualisée au premier trimestre de 2018, une hausse légèrement inférieure au taux de 2,2 % estimé le mois dernier.

Malgré les récentes pratiques commerciales qui ont fait les manchettes et les craintes des entreprises quant aux répercussions négatives du protectionnisme sur les investissements rapportées à la Réserve fédérale, les dernières données montrent que les investissements des entreprises continuent d’être relativement élevés.

Comme il a été rapporté le mois dernier, la croissance au premier trimestre a été largement attribuable aux investissements accrus des entreprises, signe encourageant le maintien de la croissance. Après avoir longtemps préféré conserver leurs liquidités et racheter des actions à la suite de la Grande Récession, les entreprises investissent enfin dans les immobilisations de production et dans la propriété intellectuelle. Ces initiatives pour accroître la capacité devraient donner lieu à une augmentation de la productivité, laquelle devrait avoir une incidence positive sur les salaires et l’emploi. Toutefois, les salaires n’ont progressé qu’au rythme d’environ 2,7 % au cours de la dernière année, car il semble que beaucoup d’Américains réintègrent au marché du travail.

La croissance des salaires pourrait demeurer faible alors que de plus en plus de gens réintègrent le marché du travail

Les récentes données semblent appuyer cette hypothèse. Même si le taux de chômage a remonté légèrement à 4 % en juin, la hausse est en partie attribuable à une participation accrue au marché du travail, qui a gagné quelque 200 000 nouveaux travailleurs disponibles. Les autres raisons qui expliquent la hausse du taux de chômage sont toutefois moins positives : environ 200 000 personnes ont perdu leur emploi, bon nombre d’entre elles dans le secteur du commerce de détail, et le nombre de chômeurs à long terme a augmenté de près de 300 000.

Une faible croissance des salaires pourrait ralentir la croissance de la consommation

Si les entreprises ont tiré avantage des baisses d’impôts accordées à la fin de 2017 pour stimuler les investissements, ce n’est pas encore le cas des ménages. Malgré une augmentation du revenu réel disponible de près de 4 % au premier trimestre (sur une base annualisée), les dépenses des ménages n’ont progressé que de 0,9 %. Les ménages attendent peut-être une augmentation de leurs salaires pour accroître leurs dépenses.

Les baisses d’impôts pour les particuliers visaient surtout les contribuables gagnant un revenu élevé. Le taux d’imposition le plus élevé est passé de 39,6 % à 37 % et le seuil de la tranche des revenus à laquelle il s’applique a été relevé, passant de 480 000 $ à 600 000 $ (pour des codéclarants).

Les ménages bien nantis ont tendance à économiser davantage que les ménages à revenu faible ou moyen. Il reste à voir si les dépenses de consommation augmenteront au prochain trimestre, bien que les vacances estivales devraient y contribuer.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. L’économie américaine se porte bien et la croissance devrait se poursuivre. Bien que les politiques commerciales des États-Unis fassent les manchettes, l’exposition de son économie aux échanges commerciaux correspond à environ la moitié de celle du Canada, ce qui fait en sorte que le pays est moins vulnérable aux répercussions des mesures protectionnistes imposées par l’administration.
  2. Les taux d’intérêt continueront de progresser à mesure que l’économie poursuivra sa reprise, et les conditions financières mondiales devraient commencer à se resserrer. Le dollar américain s’appréciera encore par rapport au huard.
  3. Si vous œuvrez dans le secteur du commerce de détail, vous pourriez envisager de segmenter vos produits en fonction des revenus des ménages. Les moins bien nantis, qui ont une propension marginale à dépenser plus élevée, privilégieront les produits à faible prix.
Revue du marché du pétrole—juin 2018

Les prix mondiaux du pétrole demeurent élevés en juillet

L’OPEP augmente sa production pour répondre à la forte demande mondiale

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a commencé à augmenter sa production à la fin juin. Bien que les pays membres aient accepté de continuer à réduire leur approvisionnement du marché mondial de 1,8 million de barils par jour, ils se montreront plus flexibles quant aux cibles individuelles de chaque pays. Depuis plusieurs mois, on a observé un respect « excessif » de l’accord, à savoir que la production a diminué de 600 000 à 700 000 barils par jour de plus que ce qui était prévu. Ainsi, le nouvel accord conclu le 22 juin permettra aux pays qui en ont la capacité, comme la Russie et l’Arabie saoudite, de produire davantage de pétrole et de faire contrepoids à ceux qui en produisent moins, comme le Vénézuéla, le Mexique et la Libye. Les exportations de pétrole de l’Arabie saoudite et de la Russie remplaceront également celles de l’Iran, à qui les États-Unis ont de nouveau imposé des sanctions.

La production s’accélère aux États-Unis, en phase avec l’augmentation de la production de l’OPEP

À la suite de la conclusion du nouvel accord, l’Arabie saoudite a augmenté sa production de 500 000 barils par jour pour le mois de juin. Au même moment aux États-Unis, la production a atteint un nouveau sommet le mois dernier, s’établissant à 10,9 millions de barils par jour en moyenne, surpassant ainsi la production annuelle de l’Arabie saoudite pour 2016, année où elle a enregistré la production la plus élevée de son histoire.

Malgré l’augmentation de la production, les prix ont suivi une tendance à la hausse

En moyenne, le prix du West Texas Intermediate s’est établi à 68 $ US/baril et le prix Brent, à 74 $ US/baril au cours du dernier mois, ce qui représente respectivement une augmentation de 50 % et de 60 % par rapport à l’an dernier. Les prix ont continué de grimper malgré l’augmentation de la production par les pays membres de l’OPEP, principalement parce que les marchés s’attendaient à ce que celle-ci soit plus importante.

La consommation mondiale : l’élément moteur

Les prix du pétrole ont maintenu leur tendance haussière, ce qui s’explique principalement par la consommation soutenue à l’échelle mondiale. Selon le FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 3,9 % cette année, comparativement à 3,7 % en 2017.

L’économie américaine continue de bien se comporter, et la récente recrudescence des investissements des entreprises indique que la croissance devrait se poursuivre. Les activités de raffinage ont gardé un bon rythme, ce qui a eu pour effet de dynamiser d’autres secteurs de l’économie comme ceux des produits chimiques industriels, de la construction et du commerce de gros. La consommation d’essence des ménages devrait augmenter avec l’arrivée de la saison estivale, synonyme de nombreux déplacements. Tous ces facteurs font diminuer les stocks de pétrole brut, qui sont maintenant inférieurs à leurs niveaux de 2015.

Les marchés émergents contribuent aussi à soutenir la consommation mondiale de pétrole brut. L’Inde et la Chine, avec une croissance du PIB prévue de 7,3 % et de 6,6 %, respectivement, pour cette année, sont d’importants consommateurs de produits pétroliers. L’élimination des subventions pour le carburant en Inde dans la foulée du repli des cours du pétrole et la forte hausse des prix devraient freiner la croissance de la demande. Le développement économique du pays continuera toutefois de stimuler la demande de produits pétroliers, ce qui soutiendra les prix.

Il est trop tôt pour dire si les récentes mesures protectionnistes pèseront sur la demande et les prix du pétrole

Bien que les dernier tarifs sur les importations imposés mutuellement par les États-Unis et la Chine au début de juillet soient importants, il est encore trop tôt pour dire quel en sera l’impact.

Les prix du pétrole sont étroitement liés aux échanges commerciaux. L’Agence internationale de l’énergie estime que si le commerce mondial baisse de 5 %, la demande de mazout utilisé pour le transport maritime diminuera de 180 000 barils par jour. La demande de diesel connaîtrait alors aussi un recul, car c’est le carburant utilisé pour transporter les marchandises des installations portuaires aux magasins. La Chine est un grand importateur de pétrole américain depuis deux ans. Le pétrole brut en provenance des États-Unis figure toutefois parmi les produits assujettis à des droits de douane, ce qui devrait pousser les producteurs américains à trouver d’autres marchés.

Conclusion

La hausse des prix du pétrole ne montre pas encore de signe d’essoufflement, malgré l’augmentation de la production. Bien que la croissance de la demande ait ralenti au premier trimestre de 2018, la forte croissance aux États-Unis ainsi que dans certaines économies émergentes grandes consommatrices de pétrole semble soutenir cette tendance à la hausse. La solidité des facteurs économiques fondamentaux continue de soutenir les prix de référence dans une fourchette de 60 à 70 $ US le baril.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada augmente son taux directeur à 1,5 %

La Banque du Canada a augmenté son taux directeur à 1,5 %, comme le prévoyaient de nombreux analystes. La Banque estime que malgré la menace que présente le protectionnisme commercial pour la vigueur de l’économie mondiale, l’économie du Canada se rapproche des limites de sa capacité et le taux d’inflation demeure près de la cible de 2 % de la Banque. Elle juge en outre que les tarifs douaniers récemment imposés par les États-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium canadiens ont une incidence modeste sur la croissance et l’inflation au Canada.

Huard toujours faible sur fond de montée du protectionnisme aux États-Unis

En juin, dans un contexte de regain de protectionnisme aux États-Unis, le huard s’est déprécié par rapport au billet vert. La valeur du dollar canadien s’est établie en moyenne à 0,76 $ US au cours du mois, en baisse de près de 2 % par rapport à mai. L’écart grandissant entre le taux d’intérêt du Canada et celui des États-Unis, où le taux directeur est maintenant de 2 %, explique le maintien de la faiblesse du huard.

Les PME demeurent confiantes, mais d’importants écarts régionaux sont observés

La confiance des entrepreneurs canadiens est restée relativement stable en juin, selon l’étude de la FCEI sur la confiance des entreprises, mais on remarque des écarts importants entre les régions. L’Île-du-Prince-Édouard et le Québec demeurent les provinces les plus optimistes, ayant gagné quatre points chacune. Elles sont suivies de la Nouvelle-Écosse. L’Ontario a reculé de 2,3 points ce mois-ci, et la Saskatchewan, qui a perdu 4 points, se trouve nettement sous la barre des 50 points, niveau auquel les propriétaires d’entreprise prévoyant une mauvaise performance au cours de la prochaine année sont plus nombreux que ceux qui prévoient une amélioration de leur performance. La confiance est restée sensiblement au même niveau dans les autres provinces.

Les résultats varient également d’un secteur à l’autre. Le secteur des ressources naturelles a perdu plus de 10 points en juin (après avoir connu un recul de 12 points en mai) et se trouve maintenant sous le seuil des 50 points. Selon les propriétaires d’entreprise interrogés, le secteur le plus prometteur est celui des services professionnels.

Bien que les entreprises se portent bien en ce moment, les propriétaires s’inquiètent des contraintes de capacité. Les pénuries de main-d’œuvre (travailleurs qualifiés et semi-qualifiés), l’espace et le coût des intrants sont les obstacles les plus courants à la croissance de la production.

La bonne nouvelle est que la proportion de propriétaires d’entreprise affirmant que leur entreprise connaît une bonne performance en ce moment n’a jamais été aussi élevée.

Des conditions de crédit toujours favorables

Les entreprises canadiennes continuent de bénéficier de conditions de crédit favorables. Le taux d’intérêt effectif pour les entreprises a atteint 3,49 % à la mi-mai, avant de reculer à 3,40 % à la fin de juin. La hausse des taux hypothécaires a fait grimper les taux d’emprunt des ménages, qui sont néanmoins demeurés stables en juin. La progression des taux d’intérêt effectifs pour les entreprises et les ménages s’est accélérée au cours de la dernière année, la Banque du Canada ayant relevé le taux directeur de 1 %. La plus récente majoration, survenue le 11 juillet, se traduira vraisemblablement par une augmentation des taux d’emprunts dans les mois à venir.

Indicateurs clés : Canada

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