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Lettre économique mensuelle

Mai 2018
Article vedette

Prix des logements : quelle est la tendance? Et pourquoi est-ce important?

Le marché ralentit actuellement et cela pourrait mettre les consommateurs endettés sous pression

La chute des prix des maisons fait souvent les manchettes ces derniers temps. C’est compréhensible, étant donné que plus des deux tiers des ménages canadiens sont propriétaires de leur maison, et que ce seul actif représente 36 % de leur richesse.

Au cours des dernières années, les prix élevés de l’immobilier ont généré une importante richesse pour les Canadiens et l’économie en général. L’augmentation de la valeur des maisons, même sur papier seulement, donne l’impression aux propriétaires qu’ils sont plus riches, ce qui les incite à emprunter et à dépenser.

Maintenant que la valeur des maisons connaît une croissance plus lente, et même une baisse dans certaines régions, ce modèle de consommation devrait normalement s’inverser, c’est-à-dire que les propriétaires devraient adopter une attitude plus prudente en matière de dépenses. En retour, ce changement devrait ralentir l’économie, du moins à court terme. Cependant, à long terme, les principes fondamentaux derrière la demande constante de logements, particulièrement dans les centres urbains, demeurent positives.

Trois principales causes du ralentissement de la croissance des prix des logements

1. Nouveaux règlements en C.-B. et en Ontario

Dans le but de freiner la hausse des prix, les gouvernements de la Colombie-Britannique et de l’Ontario ont notamment imposé des taxes aux acheteurs non-résidents dans le but de limiter une éventuelle spéculation qui ferait grimper les prix.

En août 2016, le gouvernement de la Colombie-Britannique a imposé une taxe de 15 % aux acheteurs étrangers dans la grande région de Vancouver. En avril 2017, le gouvernement de l’Ontario a adopté une mesure similaire qui couvre Toronto et la grande région du Golden Horseshoe. Puis, en février, le gouvernent de la Colombie-Britannique a augmenté la taxe imposée aux acheteurs étrangers, qui s’élève maintenant à 20 %, et a élargi la région soumise à cette taxe à des zones au-delà de la grande région de Vancouver.

2. Nouvelles règles pour les prêts bancaires

L’automne dernier, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) a annoncé la mise en place de règles plus contraignantes pour les prêts bancaires, en vigueur depuis le 1er janvier. Les banques doivent désormais s’assurer que les emprunteurs de prêts hypothécaires non assurés soient en mesure de payer soit un taux d’intérêt de 2 % supérieur à celui figurant sur le contrat, soit le taux d’intérêt de référence sur cinq ans publié par la Banque du Canada (le plus élevé des deux).

Cette mesure touche les nouveaux acheteurs d’une maison qui souhaitent contracter une hypothèque et les propriétaires actuels qui désirent renouveler leur hypothèque auprès d’une autre banque. Cette année, un nombre inhabituellement élevé de prêts hypothécaires arrivent à échéance et devront être renouvelés, soit 47 % contrairement au 25 % à 35 % que l’on connaît habituellement, selon la CIBC.

3. Taux d’intérêt plus élevés

La Banque du Canada a commencé à augmenter le taux cible du financement à un jour en juillet dernier, le faisant passer de 0,5 % à 1,25 %, actuellement. Les banques commerciales ont également augmenté leurs taux d’emprunt : le taux d’intérêt effectif pour les ménages a augmenté d’environ 0,5 %.

Quelle sera l’incidence?

Récemment, les prix moyens ont baissé sur les marchés en effervescence de Vancouver et de Toronto. Le prix moyen dans la grande région de Toronto a atteint un sommet d’environ 920 000 $ en avril dernier. En mars cette année, le prix moyen était d’environ 785 000 $. Bien que la situation soit moins spectaculaire dans la grande région de Vancouver, le prix moyen a atteint un sommet de 1,1 million $ en mai 2017. Les prix ont reculé un peu, mais semble s'être stabilisé autour d’un million de dollars.

Cette diminution de prix moyens s’explique par une baisse du nombre de transactions. Entre mars 2017 et mars 2018, le nombre de ventes de maisons a diminué de 40 % dans la grande région de Toronto et de 30 % dans la grande région de Vancouver, alors que les ventes dans d’autres marchés importants ont diminué d’environ 14 %, selon les données de l’Association canadienne de l'immeuble.

La croissance économique du Canada risque de ralentir

L’une des conséquences importantes de ce ralentissement est que les propriétaires de maison auront une valeur nette moindre sur laquelle emprunter, si la valeur des logements recul.

Certains propriétaires utilisent la valeur nette qu’ils ont accumulée à titre de garantie pour avoir accès à du crédit, crédit avec lequel ils peuvent payer pratiquement tout : rénovations sur la maison, voitures, sorties au restaurant, etc.

De plus, la remontée des taux d’intérêt signifie que le remboursement des prêts hypothécaires coûte plus cher, ce qui réduit le revenu disponible. Le printemps dernier, Manuvie a déterminé que 72 % des propriétaires ayant une hypothèque auraient du mal à effectuer leurs versements mensuels si ceux-ci augmentaient de 10 %, ce qui correspond à une hausse des taux hypothécaires de 1 %. Les taux d’intérêt hypothécaires ont augmenté de 0,5 % depuis juillet 2017.

Les Canadiens ressentent déjà les effets de l’augmentation des taux d’intérêt. Les paiements d’intérêts et les remboursements de dettes ont respectivement augmenté de 9,2 % et de 6,7 % au quatrième trimestre de 2017 comparativement à l’an dernier. (Voir le graphique).

En raison de l’endettement élevé des ménages canadiens (2,1 billions de dollars en dettes hypothécaires et non hypothécaires à la fin de 2017), le gouverneur de la Banque du Canada estime que l’économie est 50 % plus sensible aux augmentations des taux d’intérêt qu’auparavant.

Ainsi, la Banque du Canada doit augmenter les taux d’intérêt suffisamment pour pouvoir gérer les pressions inflationnistes, mais pas au point de causer des problèmes de liquidités pour les ménages, ce qui pourrait augmenter le nombre de défauts de paiement. Les bilans des banques seraient alors touchés, ce qui restreindrait leur capacité à prêter et aurait des répercussions défavorables sur l’ensemble de l’économie.

Les bases d’un marché immobilier équilibré

La bonne nouvelle, c’est que l’augmentation du revenu disponible et la croissance de la population soutiennent le marché du logement.

Les salaires augmentent de plus en plus au Canada, ce qui fait en sorte que les consommateurs ont plus d’argent disponible dans leurs poches. (Pour plus de détails sur l’augmentation des salaires, référez-vous à de notre lettre économique du mois de février.)

Parallèlement, la population du Canada continuera d’augmenter à un rythme d’environ 1,2 % au cours des prochaines années, les deux tiers de cette croissance étant attribuables à l’immigration selon Statistique Canada. Bien qu’elle soit modeste, la croissance de notre population présente deux aspects positifs pour la demande de logements.

  • D’une part, le vieillissement de la population ne va pas nécessairement réduire la demande de logements. Les chercheurs de la Banque des règlements internationaux affirment que, dans les pays riches comme le Canada, les personnes âgées vont rester dans leurs maisons puisque, bien souvent, elles en sont entièrement propriétaires, et qu’il est stressant de déménager. Cela contribuera à soutenir la demande de nouveaux logements.
  • D’autre part, les résidents non permanents qui viennent au Canada aujourd’hui sont souvent des travailleurs et des étudiants plutôt que des réfugiés comme c’était le cas il y a 20 ans, ce qui signifie qu’ils sont plus susceptibles de fonder un foyer. Selon une étude de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, les résidents non permanents ont tendance à acheter des maisons plus chères (ou au moins de même valeur) que les résidents permanents. Cela contribuera également à une demande constante en matière de logement.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Parallèlement à la hausse continue des taux d’intérêt, les entreprises pourraient assister à une baisse des dépenses des consommateurs provoquée par une diminution du revenu disponible des ménages.
  2. Si votre entreprise est exposée au secteur immobilier, sachez que ce ralentissement devrait ramener le marché à un rythme d’expansion plus soutenable.
  3. Le marché immobilier connaît une période de ralentissement, mais on ne prévoit pas de krach.
Perspectives Canada

L’économie du Canada croît modérément

L’économie canadienne maintient un bon rythme. Après une légère contraction en janvier, le produit intérieur brut du Canada a rebondi en février, affichant une croissance de 0,4 %. La Banque du Canada s’attend à une croissance annualisée de 1,3 % pour l’ensemble du trimestre, et donc à un nouveau raffermissement de l’expansion.

La fabrication et la construction sont les secteurs qui ont affiché le meilleur rendement jusqu’à présent cette année.

La construction demeure robuste, particulièrement en Colombie-Britannique

Le secteur de la construction demeure vigoureux, la construction résidentielle ayant connu une augmentation de 5,8 % sur une base annualisée au cours des deux premiers mois de l’année, et ne montre aucun signe de ralentissement.

À l’échelle nationale, les municipalités ont accordé aux développeurs des permis de bâtir d’une valeur totale de 8,4 milliards de dollars au cours du mois de mars, une hausse de 3,1 % par rapport à février, principalement en vue de la construction d’immeubles d’appartements au Québec et en Colombie-Britannique et d’immeubles commerciaux en Colombie-Britannique, en Alberta, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Le secteur des ressources reprend de la vigueur

Le secteur de l’extraction minière et de pétrole et de gaz a regagné une partie du terrain perdu en janvier et demeure à un niveau élevé sur une base annualisée, étant donné que le niveau de production se situe très près de celui de l’an dernier, qui était très élevé.

L’extraction de charbon poursuit son recul, mais l’extraction de potasse a connu une remontée importante en février, après cinq mois de croissance négative.

L’exportation de produits énergétiques a connu une reprise en mars, après avoir affiché un ralentissement à l’automne dernier. L’exportation de minéraux et de produits minéraux demeure toutefois faible, tout comme l’exportation de produits forestiers.

La production manufacturière contribue à la hausse des exportations

Les exportations de marchandises ont connu une hausse de 3 % en valeur réelle en mars. Toutefois, elles se situent à ce jour à un niveau inférieur à celui de l’an dernier, où elles avaient été solides. Les exportations de produits manufacturés, dont les machines et le matériel industriels, le matériel électrique et électronique et les aéronefs, témoignent de la solide production manufacturière en février.

Les exportations d’automobiles n’ont pas encore retrouvé leur niveau de 2015, ce qui s’explique partiellement par la demande des consommateurs américains qui est axée sur des modèles fabriqués au pays ou au Mexique.

Le commerce de véhicules automobiles, et plus particulièrement la question des règles d’origine, est à l’ordre du jour de la ronde de négociation de l’ALENA ce mois-ci. Le président Donald Trump a indiqué vouloir parvenir à un nouvel ALENA avant l’élection présidentielle du 1er juillet au Mexique et les élections au Congrès américain, à l’automne.

La diversification des marchés d’exportation sera essentielle à l’augmentation des exportations du Canada

Les échanges commerciaux du Canada sont dominés par les États-Unis puisqu’environ 75 % de nos exportations de biens et 55 % de nos exportations de services sont destinées à nos voisins du sud. Les exportateurs canadiens pourraient ainsi tirer avantage d’une diversification de leurs marchés.

Par exemple, depuis deux décennies, les échanges commerciaux du Canada avec la Chine concernent principalement les matières premières. La deuxième économie mondiale est cependant en pleine transformation, passant d’une économie axée sur l’exportation à une économie davantage axée sur le marché intérieur, compte tenu de la part croissante de la classe moyenne. Ce changement représente une occasion pour les exportateurs canadiens de vendre davantage de produits à valeur ajoutée, tels que des aliments fabriqués, des véhicules automobiles et divers services demandés par les Chinois. Le Conference Board du Canada prévoit qu’entre 2018 et 2022, les exportations de marchandises du Canada vers la Chine augmenteront de 4,4 %, et les exportations de services, de 5,4 %.

En Europe, l’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne l’automne dernier a donné au Canada un accès privilégié à un marché de plus de 510 millions de personnes représentant 22 % du PIB mondial. L’Union européenne achète 4,5 % de nos exportations, et le Royaume-Uni, un autre 3,5 %. Ce nouvel accord commercial élimine ou réduit de façon importante les tarifs sur la grande majorité des biens et des services. L’accord a une grande portée et couvre notamment l’investissement, les marchés publics, la mobilité de la main-d’œuvre et les normes réglementaires.

L’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), un accord commercial entre l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam, a quant à lui été signé en mars. Cet accord nous ouvre les portes d’un marché de 495 millions de personnes, dont la production économique annuelle globale se chiffre à 10 billions de dollars américains, soit 13 % du PIB mondial. L’accord, une fois ratifié par tous les pays, éliminera ou réduira les tarifs sur la grande majorité des produits.

La croissance des exportations devrait être plus marquée au cours du trimestre

La Banque du Canada s’attend à un rebondissement des exportations au cours du trimestre, sous l’effet de la forte demande mondiale et des améliorations sur le plan des transports.

Avec la reprise de la production et des exportations, l’inflation devrait continuer d’augmenter

L’inflation continue à augmenter progressivement, l’Indice des prix à la consommation ayant grimpé de 2,3 % en mars. Certains prévisionnistes s’attendent à ce que la Banque du Canada augmente son taux directeur d’un quart de point de pourcentage cet été. Dans le cas contraire, l’élargissement de l’écart avec le taux directeur américain exercera davantage de pressions à la baisse sur le huard.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Si l’économie progresse à un rythme confortable, à moins d’une hausse des capacités, l’inflation devrait augmenter, ce qui fera grimper les taux d’intérêt.
  2. Comme les taux d’intérêt sont relativement bas à l’heure actuelle, le moment est propice aux investissements visant à améliorer la capacité de votre entreprise à servir davantage de clients et de nouveaux marchés.
  3. Si vous songez à percer de nouveaux marchés d’exportation, renseignez-vous sur les avantages des nouveaux accords économiques avec l’Europe et certaines économies de l’Asie. L’outil Info-Tarif Canada vous donne des renseignements détaillés sur les tarifs par type de produit et par pays de destination.
Perspectives États-Unis

L’économie américaine poursuit sa croissance régulière

La croissance économique américaine poursuit une croissance régulière. Le rythme annualisé de 2,3 % au premier trimestre est moins rapide comparativement à 2,9 % au quatrième trimestre de l’an dernier, et ce en dépit de l’entrée en vigueur d’importantes baisses d’impôt.

Les dépenses de consommation, les investissements dans le secteur résidentiel, les exportations et les dépenses publiques ont ralenti par rapport au trimestre précédent. À l’inverse, les stocks ont augmenté, situation principalement attribuable au secteur du commerce de gros. Les importations, qui ont été très importantes au quatrième trimestre, ont marqué le pas. Les échanges commerciaux ont ainsi été un contributeur net à la croissance.

Comme l’activité de reconstruction avait été intense au quatrième trimestre en raison des tornades de l’automne dernier, les résultats du premier trimestre peuvent sembler un peu faibles en comparaison. De plus, le temps très froid du début de janvier a probablement incité certains consommateurs à rester à la maison.

Les ménages ont effectivement choisi d’économiser une part plus importante de leur argent, même si le revenu personnel disponible a connu une croissance vigoureuse à un taux annualisé de 3,4 %, comparativement à 1,1 % au quatrième trimestre, ce qui s’explique principalement par les baisses d’impôt qui sont entrées en vigueur en janvier.

L’investissement dans les capacités a augmenté, mais moins qu’au quatrième trimestre

Certaines sociétés ont choisi d’accélérer leurs rachats d’actions plutôt que d’investir leurs économies d’impôt. Selon Birinyi Associates, en février, la valeur des rachats était déjà le double de celle à pareille date l’an dernier.

D’autres entreprises pourraient avoir mis leurs plans d’investissement en suspens, en attendant que Washington énonce plus clairement ses politiques commerciales. Il nous faudra davantage de données pour déterminer s’il y aura une reprise des investissements qui contribuera à un cercle vertueux d’accroissement des capacités, d’augmentation des salaires et de hausse des dépenses.

L’inflation est à la hausse, et les conditions financières commencent à se resserrer

Il y a eu un ralentissement des dépenses, mais pas des hausses de prix. L’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation, a atteint 2,4 % en mars. La mesure privilégiée de la Réserve fédérale (l’indice de base des dépenses de consommation personnelles) a été un peu moins élevée, à 1,9 %. Au début du mois, la Fed a choisi de maintenir son taux d’intérêt directeur à 1,75 %, mais la plupart des analystes s’attendent à une augmentation d’un quart de point de pourcentage à la mi-juin. Les taux des obligations du gouvernement sont aussi en hausse, celui des obligations à 10 ans s’établissant depuis peu aux environs de 3 %.

En avril, le taux de chômage est passé de 4,1 % à 3,9 %, atteignant ainsi son niveau le plus bas en 18 ans. Cela dit, bien que les employeurs aient créé 164 000 nouveaux emplois nets, la baisse du taux de chômage est en grande partie attribuable au départ de plus de 230 000 travailleurs du marché du travail, dont de nombreux baby-boomers prenant leur retraite.

Cette réduction de la population active devrait exercer des pressions à la hausse sur les salaires. Ceux-ci ont d’ailleurs poursuivi leur croissance en avril, affichant une augmentation de 2,6 % par rapport à l’an dernier, mais cette croissance est toujours inférieure au rythme prévu par la plupart des analystes en raison du faible taux de chômage.

La confiance des consommateurs a chuté de mars à avril, mais demeure au-dessus de la moyenne historique. Selon l’Université du Michigan, la réforme fiscale et les tarifs à l’importation se sont neutralisés, et les consommateurs semblent considérer que l’économie se porte très bien.

Dans l’ensemble, l’économie américaine croît régulièrement, et pourrait connaître un essor marqué si les entreprises investissaient leurs économies d’impôt afin d’accroître leurs capacités et d’augmenter les salaires, ce qui se traduirait par une augmentation de la consommation des ménages.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. Bien qu’il y ait eu un ralentissement de la consommation au dernier trimestre, les baisses d’impôt devraient commencer à se traduire par une augmentation des investissements, ce qui sera avantageux pour les entreprises canadiennes qui vendent aux États-Unis.
  2. Les rendements des obligations d’État américaines sont en hausse, ce qui augmente la demande pour le dollar américain. De ce fait, le huard s’affaiblit par rapport au billet vert, ce qui est également favorable aux exportateurs canadiens.
  3. Dans un contexte de hausse continue des taux d’intérêt aux É.-U., les coûts d’emprunt de gros vont augmenter pour les banques canadiennes, ce qui les incitera à augmenter leurs propres taux. Si vous prévoyez investir, il pourrait être judicieux de bloquer un taux le plus rapidement possible.
Revue du marché du pétrole—février 2018

Les indices de référence mondiaux du pétrole se sont établis à 66 $ US le baril (WTI) et à 71 $ US le baril (Brent) en moyenne en avril, dans un contexte de recul des stocks et de montée des tensions au Moyen-Orient

Les stocks de pétrole se rapprochent de leur moyenne sur cinq ans (voir le graphique), les raffineries ayant été bien occupées en raison du temps plus froid que prévu ces derniers mois aux États-Unis et en Europe, qui a fait augmenter la demande pour l’huile de chauffage et le propane.

La baisse de la production, excepté aux États-Unis, a fait baisser les stocks de pétrole

En mars, les producteurs membres et non membres de l’OPEP ont restreint la production de pétrole au-delà de ce qu’ils avaient convenu. Alors que l’accord de réduction de l’approvisionnement prévoyait une diminution de 1,8 Mb/j, les producteurs ont réduit leur production de 2,4 Mb/j. Le Mexique a produit environ 300 000 barils par jour de moins que prévu, car ses champs pétrolifères parviennent à maturité et sont moins productifs. Qui plus est, le Venezuela a produit 600 000 barils par jour de moins que convenu en raison de la mauvaise gestion économique au pays.

Même le Canada a restreint l’offre en raison de la faiblesse du cours du baril de Western Canadian Select

En mars, la production pétrolière canadienne a également diminué de 235 000 barils par jour, l’escompte auquel le Western Canadian Select (WCS) se négociait par rapport au West Texas Intermediate (WTI) ayant presque doublé par rapport à son niveau habituel. Le WCS se négocie toujours à un cours moindre que celui du WTI en raison de la différence de qualité (le WCS est plus lourd et a une plus haute teneur en soufre) et des coûts de transport plus élevés vers la côte du golfe du Mexique. Étant donné le bas prix, les producteurs canadiens ont avancé leurs plans de maintenance visant une diminution des stocks.

L’importance de l’escompte s’explique principalement par les capacités insuffisantes des pipelines

Pour acheminer leur produit vers l’insatiable marché américain, les producteurs se sont tournés vers le transport ferroviaire et le transport routier, qui coûte très cher. Selon le Financial Post, un camion à une capacité d’à peine 200 barils de pétrole, comparativement à 60 000 barils pour un train ou à un débit de 600 000 barils par jour pour le pipeline Keystone, soit l’équivalent de 3 000 camions. L’écart entre le cours du WCS et du WTI a commencé à se rétrécir à la fin mars, dans un contexte de diminution des stocks et de l’offre. Il y a également eu une bonne nouvelle dans le dossier du pipeline Trans Mountain, la Cour d’appel fédérale ayant rejeté, le 23 mars dernier, la demande du gouvernement de la C.-B. de porter en appel une décision de l’Office national de l’énergie permettant à Kinder Morgan Canada de déroger à certains règlements locaux durant les travaux d’agrandissement du pipeline.

Certaines décisions juridiques susceptibles de nuire à la construction du pipeline demeurent toutefois en suspens. Malgré tout, le premier ministre Trudeau a déclaré, le 9 avril, que le pipeline Trans Mountain était dans l’intérêt du Canada et que le gouvernement fédéral étudiait différentes possibilités, notamment un investissement direct ou des garanties financières pour le projet.

Compte tenu de la diminution des stocks de pétrole dans l’Ouest canadien et de la volonté d’acheminer le produit aux États-Unis par tous les moyens de transport disponibles, on s’attend à ce que l’écart entre les prix du WTI et du WCS demeure relativement stable, dans les 15 à 20 $ US le baril. Kinder Morgan doit prendre sa décision quant au pipeline Trans Mountain à la fin mai. Si la société décidait de poursuivre le projet, le cours du WCS se stabilisera à son niveau actuel. Si elle décidait de l’annuler, on s’attend à ce que les marchés aient une réaction négative à court terme, puis à ce que les prix renouent avec leurs niveaux fondamentaux en quelques mois.

L’extraction est en baisse, sauf aux États-Unis, où la production s’accélère

Les États-Unis continuent d’augmenter leur production, qui atteint de nouveaux sommets tous les mois.

L’Agence internationale de l’énergie constate toutefois que certaines contraintes deviennent plus sérieuses. Les salaires sont à la hausse, les matériaux coûtent de plus en plus cher et les pipelines reliant le Bassin permien au terminal d’exportation de Houston sont sur le point d’atteindre leur pleine capacité. La capacité des pipelines demeurera problématique jusqu’au milieu de 2019, moment où de nouvelles infrastructures devraient être achevées. Signe clair de l’importance des coûts du transport : la côte atlantique américaine achète du brut nigérian, celui-ci coûtant moins cher que le brut acheminé par train depuis la région de Bakken, au Dakota du Nord, une fois les coûts de transport sont pris en considération.

Les risques géopolitiques jouent sur les prix

Sur un marché du pétrole où les stocks ont diminué et où l’offre et la demande se sont rapprochées, les risques géopolitiques accroissent la volatilité des cours.

La décision du président Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 a fait grimper les prix du pétrole, qui se négociait aux environs de 70 à 77 $ US le baril dans les jours suivants. La production pétrolière de l’Iran se situe à près de 4 Mb/j, dont environ 2,7 Mb/j sont destinés à l’exportation. Bien que les craintes d’une pénurie aient fait augmenter les prix, il est peu probable que cela se concrétise, car la Russie et l’Arabie saoudite, qui ont restreint leur offre sur le marché mondial afin de faire augmenter les prix, disposent encore d’une importante capacité de production.

À plus long terme, la véritable question est de déterminer si la mise en valeur des champs pétroliers et gaziers de l’Iran se poursuivra dans un contexte de renouvellement des sanctions américaines. Ces sanctions visent notamment les sociétés étrangères qui font affaire avec la banque centrale d’Iran et les empêchent, en pratique, d’accéder au système bancaire américain.

Conclusion

Les prix du pétrole ont récemment atteint de nouveaux sommets en raison de la diminution des stocks mondiaux, qui se sont rapprochés de leur moyenne sur cinq ans grâce au ralentissement soutenu de la production. Du fait de cette baisse des stocks, les risques géopolitiques se traduisent par une volatilité accrue des prix du pétrole. Les prix resteront élevés à court terme. La solidité des fondamentaux peut soutenir des prix de l’ordre de 55 à 65 $ US le baril.

Autres indicateurs économiques

Hausse du taux directeur peu probable

La prochaine décision de la Banque du Canada concernant le taux directeur sera annoncée le 30 mai. Plusieurs prévisionnistes n'anticipent pas de hausse des taux d’intérêt avant la réunion de juillet. Nous pouvons nous attendre à ce que la Banque du Canada surveille de près les données sur la dette des Canadiens, car le rythme plus lent adopté par la Banque du Canada par rapport à son homologue américaine semble être en grande partie attribuable à l’endettement des ménages. La Réserve fédérale américaine a choisi de ne pas modifier son taux directeur lors de sa réunion du 2 mai.

Le huard a reculé en avril, principalement en raison de l’écart entre les taux d’intérêt

Le dollar canadien s’est apprécié par rapport au billet vert au début d’avril, atteignant les 79,7 cents US au milieu du mois. Il a cependant perdu le terrain gagné par la suite, s’établissant à 77,9 cents US à la clôture des marchés le 30 avril, soit un niveau semblable à celui du début du mois. Ainsi, malgré des cours du pétrole à leur plus haut depuis la chute des prix de 2014 et le maintien par la Fed de son taux directeur à 1,75 %, l’écart entre les taux d’intérêt américain et canadien persiste et a maintenu le huard sous la barre des 80 cents.

Nouveau recul de la confiance des PME en avril

La confiance des PME canadiennes s’est encore effritée, comme en témoigne l’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui a connu en avril un recul de 4,1 points pour s’établir à 56,6, soit un troisième repli mensuel consécutif. Bien que la confiance soit en baisse d’un océan à l’autre, l’indice demeure au-dessus des 50 points dans toutes les provinces, ce qui signifie que les propriétaires d’entreprise qui s’attendent à de meilleurs résultats dans les douze prochains mois sont plus nombreux que ceux qui envisagent une performance plus faible. La proportion de propriétaires d’entreprise s’attendant à un rendement plus faible a toutefois crû de 5 points de pourcentage pour atteindre 22,8 %, soit la proportion la plus élevée en deux ans. De même, le nombre d’entreprises indiquant un volume de commandes en carnet et de comptes débiteurs inférieur à la normale a également augmenté au cours du dernier mois, ce qui pourrait laisser présager un ralentissement de l’économie.

L’accès au crédit demeure relativement facile pour les PME

La plupart des entreprises bénéficient toujours d’un accès facile au crédit. Selon l’Enquête auprès des responsables du crédit menée par la Banque du Canada, les conditions de crédit pour les petites entreprises se sont légèrement assouplies au cours du premier trimestre. Sans surprise, les taux d’intérêt effectifs pour les entreprises continuent de grimper, les institutions financières transférant graduellement les hausses du taux directeur à leurs clients. La Banque du Canada a affiché un taux d’intérêt effectif pour les entreprises de 3,42 % à la fin du mois d’avril, ce qui représente une augmentation de 55 points de base depuis la première hausse de taux de la Banque, en juillet dernier. La croissance du crédit aux entreprises a connu un ralentissement depuis quelques mois, mais demeure tout de même positive.

Indicateurs clés : Canada

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