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Lettre économique mensuelle

Février 2018
Article vedette

Les salaires augmenteront-ils en 2018?

L’économie canadienne a connu une croissance impressionnante en 2017, avec la création de plus de 420 000 nouveaux emplois au cours de l’année. En janvier, le taux de chômage au pays se situait à 5,9 %. En situation de resserrement du marché du travail, nous devrions normalement nous attendre à une hausse des salaires, étant donné que le pouvoir de négociation se trouve dorénavant entre les mains des travailleurs. Ce n’est toutefois pas ce qui a été observé : les salaires n’ont pas beaucoup augmenté et nous sommes d’avis que cette situation est attribuable aux changements structurels au sein de l’économie. Malgré tout, les entrepreneurs devraient se préparer à subir de plus en plus de pression cette année en faveur d’une hausse des salaires.

La demande de main-d’œuvre demeure robuste, plus particulièrement dans certains secteurs

Malgré la hausse des embauches de l’an dernier, le nombre de postes affichés qui ne sont pas pourvus demeure élevé, soit 468 000 à l’échelle nationale au troisième trimestre de 2017. Le Québec a connu les hausses les plus significatives, suivi par la Colombie-Britannique et l’Ontario, selon Statistique Canada.

De nombreuses entreprises s’inquiètent de la pénurie de main-d’œuvre. Au cours des cinq derniers mois, environ 60 % des propriétaires de petites entreprises ont souligné de façon constante qu’une pénurie de travailleurs qualifiés et peu ou non qualifiés limitait la production et les ventes, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Malgré des variations importantes d’une province à l’autre, les secteurs dont la demande de main-d’œuvre est la plus soutenue sont notamment la fabrication, le transport et l’entreposage, l’hébergement et les services alimentaires, ainsi que les soins de santé et l’aide sociale.

La main-d’œuvre disponible diminue

Les travailleurs de la génération du baby-boom prennent leur retraite en laissant derrière eux un déficit, étant donné que les générations qui les suivent sont moins nombreuses.

La cohorte la plus jeune, celle des milléniaux et de la génération Z (population née après les années 2000), représente près de 50 % de la population active. Le fait que les membres de cette cohorte en sont encore à l’étape de perfectionnement et qu’ils ne sont donc pas dans une position de force pour négocier ou demander des hausses salariales est possiblement une des raisons pour lesquelles les salaires demeurent peu élevés.

Le fossé entre une génération nombreuse qui laisse place à une autre moins populeuse se fait sentir davantage dans certaines provinces. En réalité, au Québec, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador, la population active diminue depuis quelques années. En outre, il est peu probable que la situation s’améliore, sauf si ces provinces ont recours massivement à l’immigration.

Donc si le marché du travail se resserre, pourquoi les salaires n’ont-ils pas augmenté davantage?

Trois facteurs qui freinent la hausse des salaires

  1. La technologie et la mondialisation ont changé le marché de l’emploi : Le marché du travail dans les pays développés s’est transformé au cours des 20 dernières années en raison des avancées technologiques et des répercussions de la mondialisation. L’automatisation de nombreuses tâches habituelles a engendré des gains d’efficacité pour les entreprises, mais également des réductions du nombre d’employés requis pour un niveau donné de production. L’automatisation et la délocalisation de la production dans d’autres pays pour économiser des coûts ont entraîné une baisse des emplois nécessitant des qualifications moyennes. De nombreux travailleurs qui occupaient ce type d’emplois ne font plus partie de la population active ou ont trouvé des emplois à temps partiel ou temporaires qui nécessitent moins de qualifications et qui se situent de plus en plus dans le secteur des services. Cette situation a contribué en partie à la tendance à la baisse des salaires.
  2. La croissance lente de la productivité ralentit la hausse des salaires : Lorsqu’une économie est en situation de plein emploi ou presque, l’augmentation des salaires passe principalement par la croissance du taux de productivité. Une productivité accrue de la main-d’œuvre fait en sorte d’accroître la rentabilité des entreprises, qui, par la suite, embauchent plus de travailleurs pour poursuivre leur croissance. Plus le taux de rentabilité est élevé, plus les entreprises peuvent offrir de meilleurs salaires dans le but d’attirer la nouvelle main-d’œuvre dont elles ont besoin. Le taux de croissance annuel de la productivité au Canada s’est établi en moyenne à un maigre 0,4 % depuis 2011, ce qui est bien en deçà des taux de 3,2 % dans les années 60 et de 1 à 2 % observés entre 1970 et 2010, selon une analyse de Desjardins. Ce taux de croissance au ralenti a également eu une incidence sur la hausse des salaires.
  3. La part des rendements liés à la croissance qui revient aux travailleurs diminue : La part des revenus du travail dans le PIB du Canada est passée de 61 % en 1991 à 56 % en 2013, une tendance à la baisse qui a aussi été observée dans d’autres pays développés selon l’Organisation internationale du travail. Cela signifie qu’à l’heure actuelle, lorsque les taux de productivité et les bénéfices des entreprises augmentent, une plus grande part des revenus est distribuée aux actionnaires au lieu d’être versée aux travailleurs, ce qui a pour effet de maintenir une pression à la baisse sur les salaires.

Pourquoi les salaires doivent impérativement augmenter en 2018

Les changements structurels du marché de l’emploi ont maintenu les salaires à la baisse au cours des dernières années. Cependant, la plus grande vigueur de l’économie continue de réduire le nombre de travailleurs sous-utilisés, entraînant des capacités excédentaires au sein du marché du travail, comme les personnes qui travaillent à temps partiel, mais qui préféreraient travailler à temps plein. Un signe de diminution des capacités excédentaires au sein du marché du travail : 90 % des emplois créés en 2017 étaient des emplois à temps plein. Cette année, nous nous attendons à ce que la diminution de ces capacités, conjuguée aux défis démographiques que pose le départ à la retraite des baby-boomers, renverse les changements structurels du marché du travail (tel qu’il en a été question ci-dessus) et ait une influence positive sur les salaires.

À preuve, selon un sondage mené en janvier par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, environ 40 % des entreprises s’attendent à hausser les salaires de 3 % ou plus au cours des 12 prochains mois, même que la majorité d’entre elles s’attendent à des hausses de 5 % ou plus.

Mis à part les pressions causées par un resserrement du marché du travail, les hausses du salaire minimum d’un bout à l’autre du pays stimulent également l’augmentation des salaires, tout particulièrement en Ontario, en Alberta et au Québec. Lorsque les salaires des travailleurs qui touchent le salaire minimum augmentent, ceux des travailleurs qui gagnent près de ce salaire augmentent également. La hausse du salaire minimum entraînera donc vraisemblablement des hausses de salaire pour environ 11 % des travailleurs canadiens, selon la Banque du Canada.

Résultat

Les travailleurs devraient toucher des salaires plus élevés, tout particulièrement dans les secteurs où la demande est élevée, comme la finance, l’immobilier et le commerce de gros. Les provinces où la demande est la plus forte et où la population en âge de travailler est la moins nombreuse, notamment le Québec, la Colombie-Britannique et l’Ontario subiront la pression la plus forte pour augmenter les salaires (consulter le graphique). Cependant, l’importance et la durée de cet épisode de salaires à la hausse dépendront du taux de productivité de la main-d’œuvre et de la croissance économique accrue éventuels générés par l’injection de capitaux et l’investissement dans la formation de main-d’œuvre qualifiée.

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  • Les entrepreneurs doivent se préparer à augmenter les salaires et à bonifier leurs régimes d’avantages sociaux, tout particulièrement s’ils exercent des activités dans un secteur où la demande de main-d’œuvre de talent est élevée.
  • Ils doivent investir dans la technologie et la formation en vue d’accroître la productivité de la main-d’œuvre afin que celle-ci rivalise avec la concurrence.
  • De plus, les entrepreneurs doivent avoir un portrait démographique de leurs employés afin de voir venir les changements liés aux salaires dans leur secteur d’activité. Consultez l’outil de comparaison Pyramide de comparaison des âges de Statistique Canada pour votre région métropolitaine.
  • Consultez également le rapport suivant de la BDC sur les façons de faire d’autres entrepreneurs dans le contexte du marché du travail actuel, qui présente de nombreux défis : Préparez votre entreprise pour l’avenir—Tirez parti des tendances technologiques et démographiques.
Perspectives Canada

Pratiquement tous les secteurs de l’économie canadienne connaissent une croissance et celui du pétrole et du gaz mène le bal

La vigueur de l’économie mondiale et la reprise des cours du pétrole entraînent une expansion généralisée dans tout le pays. L’économie canadienne a connu une croissance de 3,4 % au cours des 11 premiers mois de 2017, comparativement à la même période en 2016. Le nombre d’emplois a diminué en janvier, en raison de pertes d’emploi à temps partiel. Il s’agit de la première baisse en pratiquement un an et demi. Les estimations pour 2018 vont dans le sens d’un taux de croissance modéré de 2,1 %. L’inflation semble être contrôlée, donc à l’heure actuelle, il est peu probable que la Banque du Canada procédera à une nouvelle hausse de taux en mars. Toutefois, des hausses de taux sont à prévoir plus tard au cours de l’année, compte tenu de l'expansion économique qui continue et le désir de la banque à normaliser les taux d'intérêt.

Le rendement solide des secteurs des ressources et de la fabrication est attribuable à la hausse du prix du pétrole de l’an dernier. Les entreprises pétrolières et gazières ont été incitées à faire explorer et produire. De cette incitation a découlé une demande accrue pour de l’outillage, ce qui a donné un coup de pouce aux fabricants d’équipement. Le graphique ci-dessous montre le lien entre la production des secteurs des ressources et de la fabrication d’équipement au Canada au cours des 10 dernières années.

Le marché des exportations au Canada témoigne également de la reprise des cours du pétrole. Les exportations d’énergie constituaient le principal moteur de la croissance des exportations de marchandises, laquelle s’est chiffrée à 5,3 % en 2017. Les exportations d’énergie se sont accrues à un taux remarquable de 32,5 % l’an dernier en valeur nominale et de 10 % en volume. Mis à part les exportations d’énergie, les exportations de marchandises ont quant à elles connu une croissance de seulement 1 % par rapport à 2016.

Par ailleurs, le taux d’inflation demeure tout juste en deçà de la cible de 2 % fixée par la Banque du Canada (consulter le graphique). Comme la Banque du Canada a relevé le taux de financement à un jour à 1,25 % en janvier, il est peu probable qu’elle relève à nouveau les taux en mars, à moins que les salaires augmentent de façon importante. Si la Banque du Canada devait relever son taux directeur en mars, la valeur du huard pourrait augmenter par rapport à celle d’autres devises, mais tout dépend des mesures adoptées par ces autres pays. D’autres hausses de taux seront vraisemblablement annoncées plus tard cette année, étant donné que l’économie se porte bien.

Qu’est-ce que cela signifie pour entrepreneurs?

  1. Les entreprises qui offrent des services aux sociétés du secteur pétrolier continueront de bénéficier de la reprise des cours du pétrole. Leurs propriétaires doivent donc envisager de profiter de cette occasion pour se diversifier et offrir leurs services dans d’autres secteurs.
  2. Compte tenu des hausses de taux ayant eu lieu récemment, certains ménages réduisent sans aucun doute leurs dépenses et consacrent des revenus disponibles aux versements plus élevés de prêt hypothécaire. Cette tendance s’accentuera si d’autres hausses de taux surviennent plus tard au cours de l’année, ce qui pourrait nuire aux entreprises du secteur des biens de consommation.
  3. Étant donné que l’économie mondiale connaît une croissance solide, le moment est bien choisi pour envisager des occasions de croissance à l’échelle internationale.
Perspectives États-Unis

L’économie américaine est en bonne posture à l’heure actuelle. Les taux d’intérêt augmenteront cette année, mais la hausse atteindra-t-elle un niveau suffisamment élevé pour atténuer l’inflation sans provoquer de récession?

L’année dernière, l’économie américaine a connu un bon rendement et cette tendance devrait se poursuivre en 2018. La croissance du PIB réel au cours du quatrième trimestre a été moins prononcée comparativement à celle des deux trimestres précédents et s’est établie à un taux annualisé de 2,6 %. De manière générale, on estime la croissance aux États-Unis à environ 2,3 % en 2017, soit une hausse marquée par rapport au taux de 1,5 % obtenu en 2016. Les dépenses de consommation ont constitué le principal moteur de la croissance économique l’année dernière. Au cours du quatrième trimestre, la demande accrue pour les biens de consommation a fait croître les importations à une vitesse jamais vue en sept ans. Cette hausse des importations était attribuable notamment à un dollar américain plus fort par rapport aux devises de nombreux partenaires commerciaux des États-Unis, ce qui rendait les importations plus abordables pour les Américains. Par conséquent, les principales raisons qui expliquent la perte de vitesse du taux de croissance au quatrième trimestre sont la hausse des importations et une baisse des stocks des entreprises.

L’expansion devrait se poursuivre en 2018

La récente réforme fiscale du gouvernement fédéral, qui a notamment baissé le taux d’imposition des sociétés, devrait vraisemblablement stimuler l’économie, ce pour quoi les estimations convergent pour établir le taux de croissance à 2,7 % pour 2018 aux États-Unis. Le principal risque qui guette l’économie est la surchauffe, de laquelle pourrait découler une hausse des taux d’intérêt plus rapide que prévu. Une économie américaine dynamique est une bonne nouvelle pour les exportateurs canadiens. Une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis signifierait probablement aussi un huard plus faible, ce qui placerait les exportateurs dans une posture enviable. Toutefois, cet élan d’optimiste pourrait être de courte durée si des hausses de taux considérables survenaient de manière successive et ralentissaient l’économie américaine.

Le taux directeur aux États-Unis demeure inchangé à la suite de la dernière réunion tenue par Mme Janet Yellen

Comme l’économie continue de croître à un rythme modéré, la Réserve fédérale américaine a maintenu son taux directeur à 1,5 % le 31 janvier dernier. Toutefois, en raison du resserrement apparent du marché du travail en janvier, il est possible que les pressions inflationnistes s’intensifient. Un bilan net de 200 000 nouveaux emplois a été créé le mois dernier et les salaires ont augmenté au rythme de 2,9 % pour l’année, soit la hausse la plus importante depuis juin 2009. Si l’économie poursuit sur cette lancée, une hausse de taux pourrait bien avoir lieu en mars, lorsque Mme Yellen cédera sa place à Jerome (Jay) Powell à la tête du Federal Open Market Committee (FOMC).

Qu’est-ce que cela signifie pour les entrepreneurs?

  1. L’économie américaine fait bonne figure et les exportateurs canadiens devraient profiter de la croissance soutenue chez nos voisins du Sud. Les entrepreneurs peuvent tirer profit de la demande accrue pour les biens de consommation en augmentant leurs parts de marché aux États-Unis.
  2. Étant donné qu’une hausse de taux aura probablement lieu en mars, si un écart demeure par rapport aux taux d’intérêt au Canada, la valeur du dollar canadien devrait baisser, ce qui rendrait le marché des exportations canadiennes plus attrayant.
  3. Par conséquent, demeurez à l’affût des changements de taux d’intérêt, car des hausses de taux successives feront augmenter les coûts d’emprunt pour les entreprises et les ménages, ce qui pourrait se traduire par une réduction des investissements et des dépenses, ce qui pourrait atténuer la croissance.
Revue du marché du pétrole—février 2018

Les prix du pétrole ont continué d’augmenter en janvier, à cause du maintien d’une offre déficitaire de pétrole brut à l’échelle mondiale. Le respect par l’OPEP de ses politiques de réduction de production et l’augmentation des activités de raffinage, particulièrement aux États-Unis, en Chine et en Inde, ont fait baisser les réserves de pétrole.

Les réserves de pétrole mondiales sont en baisse depuis le deuxième trimestre de 2017, à peu près en même temps que la stabilisation et la remontée des prix (consulter le graphique). Au cours du mois dernier, le prix du pétrole brut Brent se négociait en moyenne à 69 $ US le baril et le West Texas Intermediate (WTI), à 63 $ US le baril. La baisse des réserves de pétrole brut est attribuable à l’accroissement des activités de raffinage et à la diminution de la production exercée par les pays de l’OPEP et d’autres pays producteurs de pétrole

Le redressement des prix est stimulé en grande partie par les activités de raffinage, qui ont atteint des records…

Les activités de raffinage à l’échelle mondiale ont atteint des niveaux records au cours du quatrième trimestre de 2017, car les raffineries américaines fonctionnent de nouveau à plein rendement à la suite des ouragans, les raffineries chinoises ont atteint de nouveaux sommets et les raffineries indiennes ont été utilisées à leur capacité maximale.

… et par les réductions de l’OPEP

Le respect par l’OPEP et d’autres pays producteurs de pétrole de réduire la production de 1,8 million de barils par jour s’est avéré crucial dans la reprise constante du prix du pétrole. Tout au long de 2017, les intervenants respectaient ces mesures à 95 % en moyenne. En décembre, les pays ont réduit la production de plus de 1,8 million de barils/jour, selon l’Agence internationale de l’énergie. Cette baisse de production est attribuable à une diminution imprévue de la production au Venezuela.

… l’état lamentable du Venezuela monopolise l’attention

L’économie vénézuélienne est en chute libre depuis 2014 et a pratiquement diminué du tiers. La mauvaise gestion de l’économie et les récentes sanctions américaines sont les principales causes de la baisse de la production de pétrole, qui constitue la quasi-majorité des exportations du pays (et donc la principale porte d’entrée de la devise américaine dans le pays), ainsi que 50 % des recettes du gouvernement.

À son paroxysme, à la fin des années 90, le Venezuela produisait 3 millions de barils de pétrole par jour (Mb/j). En décembre dernier, la production du pays était réduite de moitié. Le Venezuela exporte principalement du pétrole brut lourd, qui ressemble au pétrole extrait des sables bitumineux au Canada. Au Venezuela, la production déjà faible pourrait continuer à diminuer afin de respecter les politiques de l’OPEP et de permettre à d’autres joueurs de prendre une plus grande part de marché.

À ce jour, les réductions imposées par l’OPEP ont suffi pour compenser les récentes hausses des réserves aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays producteurs qui ne sont pas membres de l’OPEP, mais cette situation ne peut vraisemblablement pas durée.

Les prix devraient demeurer élevés cette année afin de stimuler la production, tout particulièrement aux États-Unis, au Canada et au Brésil. L’Agence internationale de l’énergie s’attend à une hausse des réserves de l’ordre de 1,7 million b/j en 2018, soit une croissance de 1 million b/j de plus qu’en 2017. Cette hausse sera produite en grande partie aux États-Unis. Déjà à la fin de janvier, les États-Unis ont atteint les 10,2 millions b/j. En outre, la U.S. Energy Information Administration (EIA) prévoit que la production américaine atteindra en moyenne 10,6 millions b/j en 2018.

La demande suivra-t-elle le rythme de l’offre?

La demande de pétrole à l’échelle mondiale devrait demeurer relativement importante et s’accroître de 1,3 million b/j en 2018, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie. De plus, les États-Unis seront les principaux responsables de cette demande, étant donné que l’économie américaine continue de prospérer. Cependant, ces prévisions optimistes quant à la demande présentent des risques. Les pays à revenu intermédiaire sont de plus en plus nombreux à remplacer le pétrole par le gaz naturel, tant pour la production d’énergie que pour l’alimentation résidentielle. Entre 2014 et 2017 en Iran, en Iraq, au Pakistan, en Égypte et en Indonésie, la demande de pétrole a diminué de 500 000 barils/jour. La demande de pétrole de la Chine devrait également ralentir, étant donné que l’économie du pays s’oriente maintenant davantage vers les services au détriment de la production de biens.

Toujours, selon l’Agence internationale de l’énergie, les prix plus élevés viendront atténuer la demande. L’Agence estime qu’une hausse de 10 % du prix du pétrole brut Brent ferait chuter la demande d’environ 200 000 barils par jour. D’ailleurs, la demande a déjà commencé à ralentir en Europe en raison des hausses de prix.

Résultat

Les prix du pétrole ont augmenté alors que l’excédent des réserves a diminué. L’accroissement de la production, tout particulièrement aux États-Unis, viendra faire baisser les prix. Comme les pays membres de l’OPEP et les autres pays producteurs de pétrole doivent demeurer concurrentiels, il est fort probable qu’ils cesseront éventuellement de respecter l’accord de diminution de production. Enfin, la croissance plus faible de la demande signifie que les prix finiront vraisemblablement par diminuer.

Autres indicateurs économiques

La Banque du Canada pourrait maintenir son taux directeur à 1,25 % à sa réunion de mars

Après avoir relevé le taux de financement à un jour de 25 points de base le 17 janvier 2018, taux qui se chiffrait alors à 1,25 %, la Banque du Canada n’apportera probablement aucun autre changement en mars, à moins que les salaires et l’inflation ne causent la surprise et se mettent à augmenter. Les données les plus récentes indiquent que le taux d’inflation fondamentale demeure tout juste en deçà des 2 %, taux qui correspond au milieu de la fourchette cible de la Banque du Canada pour l’inflation.

L’envolée du huard s’est poursuivie en janvier

Le dollar canadien a clôturé le mois de janvier à 0,8135 $ US, en hausse par rapport à 0,7971 $ US enregistré à la fin de décembre. La valeur du huard s’est appréciée par rapport à celle du dollar américain en janvier, pour s’établir, en moyenne à 0,81 $ US au cours du mois, alors que la Banque du Canada relevait son taux de financement à un jour et que la Réserve fédérale américaine maintenait son taux directeur. Malgré cette hausse, les exportateurs canadiens ont continué de profiter de la faiblesse du huard par rapport au dollar américain pour commercer avec nos voisins du Sud. On s’attend à ce que les États-Unis procèdent à des hausses de taux en mars, ce qui ferait baisser la valeur du huard.

Début d’année 2018 en toute confiance pour les PME

L’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a fait un bon solide de trois points en janvier pour atteindre 62.7, soit le résultat le plus élevé depuis mai 2017. Depuis septembre, l’indice est assurément en hausse. Partout au pays, les dirigeants de petites entreprises sont de plus en plus confiants, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard et en Alberta, provinces dans lesquelles l’indice a chuté le mois dernier. En l’espace d’un an, la hausse récente des prix du pétrole brut a donné de l’aplomb aux provinces riches en pétrole. Le niveau de confiance à Terre-Neuve-et-Labrador s’est accru de presque six points au cours de 2017 et du double en Alberta. Le vent d’optimisme qui souffle sur le Québec fait en sorte que la province continue de surpasser toutes les autres. À l’échelle nationale, le niveau de confiance au sein du secteur des services professionnels a gagné huit points en janvier, après avoir chuté en décembre. Ce secteur se situe maintenant en deuxième place, après le secteur des finances et de l’immobilier.

Les conditions du crédit demeurent stables pour les petites entreprises

De manière générale, les conditions du crédit pour les entreprises se sont allégées au cours des derniers mois de 2017, selon l’Enquête auprès des responsables du crédit menée par la Banque du Canada. Alors que les modalités non tarifaires sont demeurées essentiellement inchangées, les grandes sociétés emprunteuses ont bénéficié de rétrécissements des écarts de taux, car les institutions financières se disputaient les clients. Cependant, pour les petites sociétés emprunteuses, les conditions de crédit sont demeurées les mêmes.

Indicateurs clés: Canada

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