Lettre économique mensuelle

Septembre 2022
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La hausse des salaires: un phénomène qui perdure?

Les salaires sont à la hausse depuis plusieurs mois déjà. La compétition pour les travailleurs étant féroce au pays, avec un taux de chômage à un creux historique, l’augmentation des salaires n’est donc pas surprenante. En plus de la pression exercer sur les coûts des entreprises, cette tendance risque de se transformer en spirale inflationniste. Faisons le point sur les salaires et les facteurs qui influeront leurs directions dans les prochains mois.

Portrait de la situation

Au début de la pandémie, le Canada a perdu près de 3 millions d’emplois. Le salaire moyen avait alors bondi de 10 % en avril et mai 2020, en variation annuelle. Les augmentations salariales n’étaient pourtant pas en cause, mais plutôt l’élimination d’emplois plus précaires avec des salaires moins élevés.

Plus de deux ans se sont écoulés depuis le choc initial et avec un taux de chômage national qui a atteint un nouveau plancher à 4,9 % au courant de l’été, il va sans dire que le marché du travail s’est remis sur pied. Le niveau d’emploi a dépassé son sommet prépandémique il y a quelques mois déjà.

Toutefois, une nuance s’impose: l’emploi demeure en deçà de sa tendance prépandémique, c’est-à-dire du niveau qu’il aurait dû atteindre si la création d’emploi au pays avait augmenté au rythme de son élan à long terme, avant l’émergence de la COVID. Contrairement à l’emploi, les salaires semblent poursuivre sur une nouvelle tendance bien au-delà des niveaux établis avant la pandémie.

L’ampleur qu’ont prise les augmentations salariales en 2022 est significative. Le salaire horaire a augmenté de 4,0 % en moyenne depuis le début de l’année alors que la moyenne historique prépandémique tablait sur une croissance à 2,7 %. En août 2022, la croissance du salaire horaire s’est établit à 5,4 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit de la plus importante variation annuelle depuis les vingt dernières si on exclut la pandémie.

Ces augmentations salariales découlent en partie des conditions actuelles du marché du travail. Le taux de chômage vient de remonter à 5,4 % mais demeure historiquement bas et le nombre de postes vacants est sans précédent (plus d’un million). D’autre part, le rythme de croissance des salaires est intimement lié à l’inflation qui se maintient aussi à des niveaux historiquement élevés depuis les derniers mois.

La compétition pour la main-d’œuvre entraine les entreprises à hausser les salaires

Les entrepreneurs connaissent trop bien l’une des raisons derrière ces augmentations fulgurantes: le manque de main-d’œuvre disponible. Un problème qui était déjà bien présent au Canada mais qui aura été exacerbé par la pandémie.

Or, les statistiques révèlent peu de signes d’assouplissement de la demande de travailleurs alors que plus d’un million d’emplois étaient toujours vacants en juin. Le nombre de chômeurs au pays (équivalent aux personnes en recherche active d’emplois) était alors sensiblement au même niveau.

Pour contrer le manque de personnel, une majorité d’entreprises augmentent les salaires. Parmi celles qui s’attendent à devoir composer avec des pénuries de travailleurs, 46 % ont bonifié leurs offres salariales aux nouveaux employés et plus de 64 % ont fait de même pour leurs employés actuels.

Il n’est donc pas surprenant de voir les salaires augmenter plus rapidement dans les provinces et les industries où les enjeux de main-d’œuvre sont plus sévères. C’est notamment le cas au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Colombie-Britannique, ainsi que dans les secteurs manufacturier et de la construction.

Une pression exacerbée par l’inflation

La pénurie de main-d’œuvre n’est pas le seul facteur qui explique les récentes hausses de salaires. Les conditions économiques influencent aussi la dynamique des salaires. Avec la montée actuelle des prix et des taux d’intérêt, les travailleurs en ont de moins en moins pour leur argent. Pour suivre le rythme de cette inflation galopante, les travailleurs réclament de meilleurs salaires. D’ailleurs, signe que le contexte économique influe grandement sur l’offre de travail, même les entreprises qui n’anticipent pas d’enjeu de main-d’œuvre augmentent aussi la rémunération de leurs nouveaux et présents employés.

Ces derniers mois, l’inflation a progressé au rythme le plus rapide jamais atteint depuis des décennies. Et ce, en raison de facteurs pourtant non liés à la hausse des salaires qui ont maintenant emboîté le pas. Les anticipations envers la persistance de l’inflation jettent une nouvelle ombre au tableau. Les gens estiment en effet que l'inflation est une menace permanente pour leur mode de vie, ce qui les amène à demander des salaires plus élevés.

La Banque du Canada s’inquiète pour sa part de voir que les attentes inflationnistes ont augmenté dans tous les horizons de temps, à court et long terme.

La croissance significative des coûts associés à la force de travail aura un impact notable sur les bénéfices des entreprises qui sont déjà sous pression face à l’augmentation des coûts des intrants en général. Le transfert de ces coûts croissants vers les consommateurs représente un risque de se transformer en spirale inflationniste.

Encore loin d’une spirale

La pression augmente certes, mais on est encore loin d’une telle spirale. D’ailleurs, on s’attend à ce que l’inflation ralentisse dans les prochains mois, ce qui devrait aussi tempérer les anticipations des ménages et la pression sur les salaires.

L’économie est aussi appelée à ralentir. Bien qu’un atterrissage en douceur de l’économie canadienne demeure notre scénario de base, les craintes de récession augmentent. Ce ralentissement repose sur une baisse de la demande qui apporterait ainsi un peu de répit au marché du travail tendu d’aujourd’hui. Une part de la pression sur les salaires devrait se résorber au fur et à mesure que ces facteurs cycliques s’estompent.

Le répit serait toutefois momentané. D’une part, les salaires sont beaucoup plus rigides que les prix des matières premières et sont donc moins susceptibles de s'inverser malgré un ralentissement économique. De plus, les problèmes de main-d’œuvre au Canada sont davantage de nature structurelle à cause du vieillissement de la population qui perdurera encore plusieurs années, et ce, malgré les cibles d’immigration ambitieuses du pays.

L’impact sur votre entreprise

  • Les salaires devraient continuer à augmenter à un rythme plus élevé qu’ils ne le faisaient avant la pandémie, mais l’ampleur des récentes hausses ne deviendra pas la nouvelle norme du monde des affaires.
  • Des facteurs temporaires liés aux conditions économiques devraient, dès le début de 2023, apporter un peu de répit aux pressions salariales que vous subissez depuis quelque temps. Les entreprises doivent demeurer sur le qui-vive, car les attentes inflationnistes sont élevées, mais d’autres stratégies peuvent vous aider à optimiser vos coûts.
  • Investissez dans la technologie et la formation pour améliorer l’efficacité de votre entreprise et assurer la pérennité de votre succès à long terme, car les enjeux liés au manque de main-d’œuvre perdureront pendant plusieurs années encore.
Perspectives Canada

Déjà le début du ralentissement économique

L’économie canadienne a connu une solide première moitié d’année 2022. Au terme du deuxième trimestre, l’activité économique a cru au rythme annualisé de 3,3 % par rapport aux trois premiers mois de l’année.

En revanche, les défis se multiplient alors que les hausses de taux d’intérêt se sont accélérées à vitesse grand V récemment. L’économie semble ralentir plus rapidement que prévu. Le PIB se serait en effet déjà contracté de 0,1 % entre juin et juillet selon les estimés préliminaires de Statistique Canada.

Le ralentissement du résidentiel s’accentue

Le secteur résidentiel avait fortement contribué à la reprise économique canadienne depuis la pandémie. Les industries de la construction et des services immobiliers, qui représentent environ 20 % de l’économie canadienne, ont été parmi les premiers secteurs à avoir retrouver leur niveau prépandémique.

Mais, le ralentissement observé sur le marché de la revente immobilière ces derniers mois pèse lourd dans les plus récentes données du PIB. L’investissement résidentiel a reculé de 27,6 % entre le premier et second trimestre, ce qui a retranché plus de 3 points à la croissance économique au deuxième trimestre.

Malgré ce recul, l’investissement résidentiel demeure historiquement très élevé et toujours bien au-dessus des niveaux qui prévalaient avant l’exubérance apportée au marché par la pandémie. Ainsi, malgré l’ampleur de la correction qui frappe l’industrie, il s’agit davantage pour l’instant d’un retour à la tendance historique plutôt qu’un effondrement.

Le ralentissement du secteur est attribuable à la forte augmentation des taux d’intérêt ces derniers mois. La Banque du Canada a relevé son taux directeur de 300 points depuis le début de l’année passant de 0,25 % à 3,25 % aujourd’hui. Les secteurs les plus réactifs aux hausses de taux – le marché résidentiel, la construction, et les biens durables – devraient continuer à subir l’impact des hausses de taux passés et futurs.

Il y a toutefois une exception à la règle jusqu’à présent: les mises en chantier. Celles-ci semblent garder le cap alors que les besoins en logements demeurent aigus, ce qui adoucit l’impact sur le secteur.

La consommation se rééquilibre

Les ménages canadiens ont augmenté le rythme de leurs dépenses de consommation (+6,9 % de croissance annualisée par rapport au T1). Confrontées à des taux d’intérêt en hausse et à une inflation vertigineuse, la diminution du pouvoir d’achat des ménages canadiens les pousse à revoir leurs allocations budgétaires.

Les dépenses en services et en biens semi et non durables ont amplement suffi à contrecarrer le recul important de la consommation des biens durables.

D’une part, l’assouplissement des mesures sanitaires en février et mars derniers aura donné un élan printanier aux industries de proximité avec la clientèle. Les secteurs de l’hébergement, de la restauration, des arts et spectacles, ainsi que l’industrie du transport, auront été les principaux contributeurs à la croissance du PIB au dernier trimestre.

Le retour au bureau aura évidemment aussi contribué au regain d’engouement pour ces services, de même que pour la consommation de biens semi durables comme les vêtements et les souliers. Avec l’été qui achève et l’augmentation du travail en mode hybride, ces secteurs devraient continuer à jouir d’une bonne demande.

Les gains d’emplois sont de plus en plus difficiles

Le marché du travail est habituellement un indicateur économique retardé, c’est-à-dire qu’il évolue avec un certain décalage temporel par rapport à l’évolution des conditions économiques. Ainsi, un ralentissement économique s’accompagne habituellement quelques mois plus tard d’une hausse du taux de chômage.

Alors que l’économie canadienne continue à prospérer, pour l’instant du moins, les gains d’emplois se font de plus en plus rares. Le chômage a augmenté à 5,4 % en août (comparativement au plancher de 4,9 % atteint en juillet), et l’emploi a décliné pour un troisième mois consécutif.

L’économie a perdu 113 500 emplois au cours des trois derniers mois. Il s’agit d’une perte plutôt marginale dans le contexte actuel, car le marché du travail est très serré et les postes vacants restent élevés.

Le déséquilibre entre l’offre et la demande de travailleurs explique une bonne partie du ralentissement de l’emploi à ce stade-ci du cycle économique. Un ralentissement plus prononcé de l’activité économique au pays pourrait toutefois se traduire en de nouvelles hausses du taux de chômage à moyen terme.

Où en est la Banque du Canada dans tout ça?

Les dernières perspectives économiques pourraient amener la Banque du Canada à freiner son resserrement de la politique monétaire dès l’automne.

La bonne croissance du PIB réel au deuxième trimestre s’est toutefois avérée inférieure aux prévisions de la Banque du Canada. Le ralentissement annoncé pour juillet, jumelé à l’emploi anémique des derniers mois, alimente ainsi davantage les craintes de récession au pays.

D’autant plus qu’on note des signes d’amélioration plus rapide des chaînes d’approvisionnement et que les prix de l’essence sont redescendus, contrairement aux attentes de la banque centrale.

Toutefois, tant que l’inflation ne montera pas de signe clair de stabilisation, nous pensons que la Banque du Canada continuera sur sa lancée et haussera le taux directeur une autre fois d’ici la fin de l’année, avant d’entamer une courte pause pour évaluer l’impact des dernières hausses à postériori dès le printemps 2023. Nous ne nous attendons toutefois pas à ce que le taux directeur dépasse 4 % d’ici là.

L’impact sur votre entreprise

  • En dépit de l’incertitude économique qui gagne de l’ampleur, l’économie canadienne demeure en bonne posture pour continuer sa croissance. Les entreprises doivent toutefois s’attendre (et se préparer) à un ralentissement.
  • La demande demeure robuste, mais un retour à la normale s’est amorcé chez les consommateurs. Que ce soit du côté du marché résidentiel ou des biens durables – c’est un retour aux tendances prépandémiques qui s’est entamé alors que la consommation d’autres types de biens et de services poursuit sa reprise mais est aussi appelée à se modérer après le rebond estival.
  • Les entreprises à la recherche de travailleurs ne semblent pas trop bénéficier des quelques pertes d’emplois engendrés au pays pendant l’été. Le taux de chômage reste faible et les travailleurs en forte demande. Dans le contexte économique actuel d’incertitude, assurez-vous d’avoir un bon plan de rétention en place pour assurer votre roulement à moyen terme.
Perspectives États-Unis

Tout n’est pas noir

La situation économique américaine inquiète de plus en plus d’entreprises et de consommateurs. Après un premier trimestre qui s’est conclu en baisse avec un taux de croissance négatif de 1,6 %, voilà que le second trimestre pointe vers un autre recul, à -0,6 %. Malgré les signes de ralentissement du PIB, tout n’est pas noir pour l’économie américaine.

L’économie entre les mains des consommateurs

Évidemment, les hausses de prix et des coûts de financement ont limité le pouvoir d’achat de nombreux américains depuis le début de l’année. Les dépenses de consommation réelles se sont essentiellement maintenues au niveau atteint au deuxième trimestre alors que l’inflation américaine atteignait probablement son sommet. Le recul des prix de l’énergie aura stimulé une légère reprise de celles-ci en juillet.

La fin des stimulus fiscaux et des suppléments à l’assurance emploi, depuis 2021, ont tempéré l’accroissement du revenu disponible des ménage. Or, malgré la forte croissance de l'emploi, le potentiel de croissance de la consommation est limité.

D’ailleurs, la force du marché du travail et l’allègement des pressions sur les prix en juillet ne suffisent pas à contrecarrer le pessimisme des Américains fasse à la situation économique. L’indice de confiance des consommateurs demeure à un niveau qui prévalait historiquement uniquement en période de récession.

Dans un tel contexte, la baisse de certains prix dans les mois à venir pourrait accroître la consommation et ainsi ramener le PIB en territoire positif. Les perspectives de croissance aux États-Unis ne présagent toutefois pas de gains importants.

La production redécolle

La production industrielle a augmenté de 0,6 % en juillet – un gain de 3,9 % par rapport à la même période l’an dernier. Cette hausse repose principalement sur une reprise importante de la production automobile qui a atteint un nouveau record.

Il s’agit d’un autre signe d’atténuation des contraintes d’approvisionnement et témoigne aussi que leurs effets restreignent davantage la production qu’un éventuel ralentissement de la demande face à la hausse des taux d’intérêt.

L’emploi est toujours en territoire expansionniste

Août marque un vingtième mois consécutif de gains au chapitre des emplois aux États-Unis.

Évidemment, après le bond de plus d’un demi-million d’emploi créer en juillet seulement, les 315 000 créer en août marque un ralentissement.

Malgré un taux de chômage reparti à la hausse, ce dernier est toujours très faible à 3,7 % et cache une autre bonne nouvelle: l'augmentation de 0,2 points par rapport à juillet repose sur l’entrée de quelque 800 000 américains sur le marché du travail.

Le bassin de travailleurs en hausse pourrait donc atténuer la pression sur les entreprises confrontées au manque de personnel. En juillet, les États-Unis comptaient deux offres d’emploi par chômeur et plus de 11 millions de postes vacants.

Alors… En récession?

Pas si vite. Le risque de récession aux États-Unis est bien réel et pourrait du même coup entraîner le Canada, son principal partenaire commercial, en récession également. Depuis 1970, chaque récession canadienne est survenue en même temps qu'une récession américaine.

Toutefois, les plus récents indicateurs économiques américains sont toujours en territoire expansionniste et profitent de la robustesse du marché du travail et d’une consommation qui devrait remonter. L’adoucissement des contraintes de production devrait aussi contribuer à soutenir l’activité économique.

L’impact pour votre entreprise

  • La consommation américaine devrait reprendre dans la seconde moitié de l’année alors que les consommateurs profiteront du ralentissement de l’inflation pour retrouver une partie de leur pouvoir d’achat. Une telle situation, jumelée à un faible dollar canadien, s’avère de bon augure pour les exportations canadiennes.
  • L’assouplissement des pressions sur les chaînes d’approvisionnement se reflète non seulement dans les prix, mais également dans la production industrielle. L’augmentation de l’offre industrielle, notamment de véhicules, devrait contribuer aux efforts des banquiers centraux à contrôler l’inflation de part et d’autre de la frontière.
Point sur le marché du pétrole

Retour aux prix d’avant-guerre, pour combien de temps?

En août, les principaux indices de références du brut, le Brent et le WTI, se sont échangés en moyenne à 98 $US et 91 $US le baril respectivement. Les indices sont à la baisse depuis juillet et cette nouvelle tendance se poursuivait au début septembre alors que le baril de brut s’échangeait aux prix établis avant le déclenchement de la guerre en Ukraine.

La demande ralentit sur fond de crainte de récession

Il n’y a pas que l’Amérique du Nord qui doit jongler avec les craintes croissantes de récession. L’incertitude économique liée à la montée des taux d’intérêt fait son chemin aux quatre coins du globe et porte atteinte à la demande énergétique mondiale.

Les nouvelles fermetures en Chine, en réponse aux plus récentes éclosions de COVID-19, accentuent la pression aux attentes de persistance de l’inflation et au ralentissement de la demande qui accompagne ce phénomène.

L’incertitude économique fait flancher l’OPEP et ses alliés

Les risques accrus de récession et le ralentissement de la demande énergétique qui s’ensuivrait ont amené l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés à annoncer une réduction de leur cible de production pour octobre. Il y aura ainsi 100 000 barils de brut de moins par jour sur le marché, comparativement aux niveaux de septembre, ce qui représente 0,1 % de la demande mondiale.

Cette réduction, bien que minime pour l’instant, n’est pas porteuse de bonne nouvelle pour les consommateurs ou les décideurs qui s’efforce de contenir l’inflation. Alors que les prix sont à la baisse, ce recul de production de l’OPEP+ suggère que la coalition cible un baril à au moins 90 $US.

Un ralentissement économique mondial plus prononcé que celui attendu présentement pourrait ainsi restreindre davantage l’offre dans les prochains mois afin de tenter de maintenir les prix élevés.

Le G7 poursuit ses mesures de représailles sur la Russie

La Russie pourrait être frappée par une nouvelle sanction économique. Elle toucherait le pétrole, sa principale ressource financière dans sa guerre contre l’Ukraine. Les ministres des Finances des pays du G7 ont en effet adoptés à l’unanimité l’imposition d’un plafonnement des prix du pétrole russe.

Les autorités russes ont rapidement réagi en mettant en garde l’Occident que ce type d’action entraînerait des ruptures sur leur propre marché pétrolier. La Russie entend rediriger son pétrole vers l’Asie si une telle mesure était mise en place.

Même si les importations de pétrole russe sont déjà sous embargo en Amérique du Nord, les pays européens commencent à peine à se défaire de l’emprise du pétrole en provenance de la Russie. D’ailleurs, les sanctions européennes à l’encontre du pétrole russe ne visent que le pétrole transigé par voie maritime, pour l’instant, alors que le délestage complet n’est pas prévu avant la fin de l’année.

En bref…

Alors que les craintes de récession prennent de l’ampleur mondialement, les prix du pétrole et du gaz ont commencé à baisser. Bien qu'ils restent élevés, les cours du brut ont retrouvé leurs niveaux d’avant la guerre en Ukraine.

Le ralentissement anticipé de la demande ne sera pas suffisant pour faire flancher les prix bien davantage, au grand désarroi des consommateurs et banquiers centraux qui essaient tant bien que mal de contrôler l’inflation.

L’OPEP et ses alliés ont annoncé leurs intentions de limiter l’offre de brut, signe que ces derniers préfèrent maintenir les prix élevés plutôt que de se rallier aux demandes de l’ouest qui tente de stabiliser les prix des matières premières pour soutenir leurs économies. De nouvelles sanctions contre le pétrole russe pourraient également accroître la portée des décisions de l’OPEP à l’avenir.

Autres indicateurs économiques

Nouvelle hausse de taux, et pas la dernière

La Banque du Canada est déterminée à rapporter l’inflation à sa cible de 2 %. C’est pourquoi elle a augmenté son taux directeur de 75 points de base supplémentaires le 6 septembre, portant ce dernier à 3,25 %, et ce même si les signes de ralentissement économique augmentent. La banque centrale mise beaucoup plus sur la stabilisation du niveau général des prix que la croissance du PIB. L’inflation semble avoir atteint un sommet en juin à 8,1 % comme elle s’est chiffrée à 7,6 % en juillet et que les prix de l’essence continuent à baisser depuis. Toutefois, la pression se généralise davantage selon les mesures d’inflation fondamentale ce qui nous amène à entrevoir une autre hausse de taux dès octobre.

Le dollar canadien toujours en baisse

Le huard continue à perdre des plumes au rythme de la correction de nombreuses matières premières, dont le pétrole. Les craintes de récession mondiales gagnent de l’ampleur ce qui favorise également le dollar américain par rapport à la devise canadienne. Le dollar canadien s’établit à 76 cents américains en septembre jusqu’à présent. Les prix du brut pourraient ralentir encore un peu et l’incertitude économique s’accélère. Ces deux phénomènes devraient peser encore davantage sur le huard. Il ne serait pas surprenant que le dollar canadien oscille autour de 0,75 $US pour le reste de l’année.

La confiance des entreprises se stabilise en août

Même si la croissance économique continue, les entreprises se sont montrées plus pessimistes cet été. En août, l'indice à long terme du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) s’est maintenu à un niveau faible. Ceci indique que de plus en plus d’entreprises sont inquiètes face à la direction que prendra l’économie ces douze prochains mois. Un indice supérieur à 50 implique tout de même que la majorité de chefs d'entreprise est optimiste quant à l'avenir que l’inverse.

Les coûts de financement en hausse

Le taux directeur étant le patron des autres taux d’intérêt au pays, le rythme du resserrement de la politique monétaire par la Banque du Canada se traduit par l’accélération des taux effectifs pour les ménages et les entreprises. Avant le dernier relèvement au taux directeur de septembre, la Banque du Canada avait augmenté le taux de référence de 2,25 points par rapport à mars. Au même moment, le taux d’intérêt effectif pour les ménages n’avait augmenté que de 1,84 point et celui pour les entreprises de 2,22 points sur le même horizon de temps. Qu’est-ce qui explique cette différence? Eh bien, les entreprises ont typiquement plus tendance à se financer à taux variables ou à court terme alors que plusieurs taux chargés aux ménages sont fixés pour de plus longues périodes. Nonobstant, tous deux continueront à subir la pression de la hausse continue des taux.

Indicateurs clés: Canada

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