Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Lettre économique mensuelle

Mars 2021

Feature article

La récession de la COVID-19: Pourquoi cette fois-ci est différente

Bien qu’il soit encore trop tôt pour dresser le bilan de la récession causée par la COVID-19, nous savons que le Canada a connu sa pire performance économique depuis la période de l’après-guerre. Un an de confinements intermittents, de fermetures d'entreprises, de travail à distance ou encore de fermetures d’écoles auront eu un impact énorme sur l’économie.

Ce mois-ci, nous nous penchons sur les grandes tendances qui se dégagent des récessions et si celles-ci sont à prévoir dans le contexte de la reprise actuelle? Qu’est-ce qui distingue la COVID-19 des autres récessions?

Une récession, ça ne tombe pas du ciel

Le Canada a connu cinq récessions depuis 1970, et douze depuis 1929. Ces derniers temps, les récessions canadiennes ont évolué pour devenir des événements moins fréquents mais plus graves, selon l'Institut C.D. Howe.

Les récessions durent habituellement entre trois et neuf mois; la plus récente, celle de 2008-2009, a perduré sept mois. Les périodes de reprise, c’est-à-dire le retour au niveau d’activité économique d’avant crise, sont généralement longues parce que la croissance économique est faible.

Les récessions ne se produisent pas uniquement parce que l'économie est en croissance depuis une décennie, non plus. Les cycles économiques passés au Canada démontrent que les récessions ont été provoquées soit par des hausses de taux d'intérêt agressives, soit par un choc économique quelconque (souvent un choc pétrolier).

Après la pluie, le beau temps

Après une récession vient la reprise. Cette relance débute lorsque l’économie recommence à croître et se termine lorsqu’elle atteint son niveau prérécession – du creux à l’ancien sommet.

Une caractéristique des récessions précédentes est que le niveau de croissance de l’économie avant la crise n’était pas soutenable. On parle souvent de surchauffe de l’économie ou de bulle. Dans un tel contexte, il est donc plus difficile de retourner au niveau atteint avant la chute.

Tant par la façon dont elle a débuté que par la reprise prévue, la récession causée par la COVID est vraiment particulière – un vrai cygne noir.

Avant que la pandémie ne frappe, la croissance avait déjà commencé à ralentir au Canada et on s'attendait à un atterrissage en douceur, pas à une récession.

Maintenant, tout indique que la reprise sera plus rapide que par le passé, même si le Canada a connu la pire chute de PIB enregistré depuis des décennies. Trois facteurs expliquent pourquoi nous prévoyons une reprise plus rapide de l'économie.

1. Un impact mitigé sur les capacités de production

Une récession type engendre évidemment une baisse de l’activité économique qui se traduit en baisse d’investissement et pertes d’emplois. Les récessions mènent donc à une destruction des ressources productives d’une économie. Le capital physique devient souvent obsolète et les travailleurs, en chômage trop longtemps, se découragent.

Durant cette récession, les restrictions sanitaires ont certainement mis à mal certains types d'actifs. Les espaces à bureaux sont désertés et les avions cloués au sol.

En contrepartie, ces restrictions ont forcé des entrepreneurs à investir en technologie et prendre le virage numérique plus rapidement qu'anticipé. Ces mesures pourraient cette fois-ci mitiger l’impact de la récession sur la productivité.

Le chômage est toujours élevé au Canada (8,2 % en février). Cependant, plusieurs secteurs ont récupéré assez rapidement les emplois perdus en mars et avril. Des pénuries de main-d’œuvre commencent même à se manifester dans certaines industries et les restrictions à l’immigration pourraient compliquer la situation. Lorsque les restrictions sanitaires seront levées et que l’économie repartira de plus belle, les travailleurs ne seront peut-être pas au rendez-vous. Les enjeux de main-d’œuvre pourraient freiner la reprise économique canadienne.

2. L’effet de richesse de la COVID-19

La pandémie a créé un effet de richesse qui révèle un autre aspect particulier de cette récession. Contrairement aux crises précédentes, le bilan financier des entreprises et des ménages a été épargné.

L'incapacité de dépenser due aux confinements et autres mesures sanitaires, combinée aux transferts gouvernementaux, ont entraîné une hausse importante de l’épargne chez les consommateurs. Au fur et à mesure que les restrictions seront levées, une partie de ses réserves accumulées sera retirée et réinjectée dans l’économie.

L’aide gouvernementale destinée aux entreprises, comme la subvention salariale, semble aussi avoir porté fruit. Depuis le début de la pandémie, il y a même une tendance à la baisse du nombre de faillite d’entreprise. Les transferts gouvernementaux devraient demeurer en place jusqu’à ce que la situation économique se résorbe et continueront à limiter l’impact de la récession sur les entreprises.

3. Des faibles taux d’intérêt

L'injection massive de liquidités dans l'économie devrait entraîner une hausse généralisée des prix (inflation) en réponse à la forte demande qui suivra la réouverture. Les taux d’intérêt devraient demeurer accommodants pour une bonne période.

La Banque du Canada, comme d’autres banques centrales d’ailleurs, pourrait se montrer plus flexible sur le contrôle qu’il fera de cette inflation dans l’avenir afin de soutenir une croissance économique solide et durable. Bien que les taux remonteront indubitablement un jour, les banques centrales ont appris du passé et on ne peut que s’attendre à une augmentation graduelle et contrôlée des taux.

L’impact sur votre entreprise

Les récessions font évidemment bien des victimes, mais plusieurs entrepreneurs ont réussi à faire preuve d’une grande résilience pendant la crise de la COVID-19. L’heure est à la relance et l’environnement économique découlant de cette récession diffère des dernières crises économiques canadiennes.

  • Les secteurs aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre avant la crise pourraient vite se retrouver en eau chaude lorsque l’économie rouvrira. Pensez à des solutions pour mitiger l’impact sur votre entreprise.
  • Les transferts gouvernementaux ont soutenu des entreprises durant la crise, mais des opportunités de transition d’entreprise se dessinent. Sachez flairer les bonnes affaires pour une croissance durable.
  • Les taux d’intérêt resteront bas. Il s’agit d’un environnement avantageux pour vos projets de développement.

La lumière au bout du tunnel

Finalement, l’économie canadienne aura été plus épargnée que prévu par la deuxième vague. La croissance devrait revenir plus équilibrée au fur et à mesure de l’assouplissement des restrictions sanitaires. L’optimisme devrait commencer à gagner les secteurs les plus infligés par la pandémie jusqu’ici.

L’économie en convalescence

C’est officiel, 2020 aura été la pire année d’un point de vue économique pour le Canada (et probablement de bien d’autres points de vus aussi). Le produit intérieur brut a en effet reculé de 5,4 % par rapport à 2019 et enregistré sa pire performance.

Malgré un bilan épidémiologique sombre, l’économie a somme toute bien encaissé l’impact de la deuxième vague. Le PIB a d’ailleurs enregistré un gain de 2,3 % au dernier trimestre de 2020 (9,6 % en terme annualisé). Rappelons tout de même que plusieurs entreprises, notamment dans le commerce de détail, étaient toujours ouvertes au quatrième trimestre.

Le portrait sera probablement moins rose au premier trimestre de 2021. Pour l’instant, Statistique Canada prévoit une augmentation d'environ 0,5 % du PIB réel pour janvier 2021 – au moment où les mesures de confinement étaient remises en place dans tout le pays. Le PIB a stagné en décembre (+0,1 %) par rapport au mois précédent, laissant la croissance économique à environ 97 % de son niveau prépandémique.

Le gouvernement continue de mettre la main à la pâte

La situation épidémiologique étant bien différente aujourd’hui, les gouvernements ont annoncé des assouplissements de mesures sanitaires d’un océan à l’autre. Ces annonces sont de bon augure pour les industries les plus impactées à ce jour par la pandémie, notamment celles de la restauration, des loisirs et du tourisme.

Les importantes livraisons de vaccins et la diminution des nouveaux cas sont porteuses d’espoir pour les entreprises, mais la situation demeure difficile pour plusieurs d’entre elles qui continuent à s’adapter. Le gouvernement a annoncé le maintien des subventions aux salaires et aux loyers jusqu’au 5 juin. Plus de la moitié des entreprises canadiennes se sont prévalues de ces mesures d’urgence au quatrième trimestre de 2020.

259 000 emplois récupérés

La réouverture de certains commerces dans plusieurs régions au Canada a ravivé l’emploi en février. Près de 260 000 emplois ont été récupérés. Les secteurs les plus touchés par les restrictions sanitaires en janvier ont connu les plus fortes hausses d'emplois (+65 000 dans l'hébergement et les services de restauration et +122 300 dans le commerce de gros et de détail).

Le taux de chômage demeure élevé par rapport à il y a un an, avant que la pandémie ne touche le Canada. Il était de 5,7 % et il est maintenant de 8,2 %. Les données sur l’emploi restent toujours loin de la situation qui prévalait au Canada avant la crise. Malgré tout, des progrès ont été réalisés.

La relance repose de plus en plus sur l’immobilier

Bien que les récentes statistiques sur l’économie canadienne soient de bon augure, la croissance économique canadienne n’est pas équilibrée et représente un risque pour la reprise.

L’investissement résidentiel a poursuivi sur sa lancée au quatrième trimestre de 2020 en augmentant de 4,3 % (rythme annualisé). La tendance devrait se poursuivre au premier trimestre de 2021 alors que la valeur totale des permis de bâtir a connu un bond de 8,2 % en janvier et atteint un nouveau sommet historique.

Les investissements des entreprises contribuent aussi à l’activité économique. Or, les dépenses en immobilisations pour les structures non résidentielles devraient également augmenter cette année, indique Statistique Canada qui prévoit même un recouvrement total de ce type d’investissement. Avec une croissance prévue de 7,5 % par rapport à 2020, le montant alloué surpasserait même le niveau enregistré en 2019. On observe toutefois très peu d’investissements en construction non résidentielle en ce début d’année.

Statistique Canada s’attend également à ce que l’investissement en machinerie et équipement augmente en 2021, de 6,2 %. Cette hausse ne compensera pas les pertes de 2020, mais devrait aider la relance pour l’année en cours.

L’impact sur votre entreprise

  • Davantage de vaccins seront disponibles au Canada dans les prochaines semaines. Le nombre de nouveaux cas quotidiens est en baisse. Les gouvernements ont commencé à assouplir les mesures de confinement un peu partout au pays, ce qui supportera la croissance durant la première moitié de l’année. Assurez-vous que votre entreprise est prête à répondre à la demande qui s’annonce.
  • Tirez avantage des différents programmes d’aide à la relance mis en place pour les entreprises.
  • Le secteur de la construction et des autres industries qui y sont liées, comme les quincailleries, les moulins à scie, les producteurs d’acier bénéficieront de l’engouement des ménages et des entreprises pour la rénovation et l’immobilier.

U.S. economy at a glance

L’économie américaine sort de l’hibernation plus tôt que prévu

Un vent de bonnes nouvelles souffle sur la reprise économique au sud de la frontière. Les Américains viennent de gagner deux mois sur l’échéancier de leur campagne de vaccination et les nouveaux transferts fédéraux arrivent dans les comptes bancaires des citoyens.

La vaccination va bon train

Les États-Unis auraient suffisamment de doses d’ici la fin mai pour permettre de vacciner tous les adultes, a affirmé le président Biden.

Il faudra évidemment attendre ultérieurement pour que toutes ces doses soient effectivement administrées. C’est une bonne nouvelle pour l’économie américaine qui s’attendait à recevoir une telle quantité d’ici la fin juillet. La campagne de vaccination pourra donc être devancée de deux mois. De plus, le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID continue de diminuer, même si l'économie reprend.

Les transferts fédéraux à la rescousse

L’économie américaine profite du plan de soutien de 900 milliards adopté à la fin de 2020, qui a soutenu les dépenses de consommation en début d’année. Alors que le revenu personnel a enregistré une hausse de 10 % au mois de janvier (par rapport à décembre), la consommation a augmenté de 2,4 %. C’est le premier véritable gain des dépenses de consommation depuis que la deuxième vague du virus a frappé les États-Unis.

Le nouveau plan de relance de 1,9 trillion de dollars signé par M. Biden contient plusieurs éléments qui amélioreront directement le bilan financier des ménages.

Ce plan comprend 1 400 $ de paiements directs aux particuliers, une augmentation de 300 dollars par semaine des allocations de chômage fédérales jusqu'au 6 septembre et une aide aux personnes en difficulté pour payer leur loyer et leur hypothèque pendant la pandémie.

Ces nouvelles mesures fiscales renfloueront les coffres des ménages encore davantage dans les prochains mois alors que les consommateurs reprennent tranquillement confiance en l’économie. La réouverture des commerces dans des États d’importance comme le Texas devrait continuer à soutenir la consommation.

Le marché du travail reste le maillon faible de la reprise américaine

La confiance des consommateurs, les revenus et l’épargne montrent des signes encourageants pour une reprise soutenue par la consommation. Cependant, l’emploi demeure fragilisé par la pandémie. La fermeture d’écoles et de garderies, la situation sanitaire et les prestations de chômage nuisent au rétablissement du marché du travail.

Malgré la création de 379 000 nouveaux emplois en février et une baisse marginale du taux de chômage de 0,1 point à 6,2 %, le marché de l’emploi américain est encore loin de son niveau prépandémique. D’ailleurs, les pertes d’emploi permanentes sont toujours à un niveau élevé.

Contrairement à d’autres pays développés dont le Canada, en excluant même le secteur du loisir et de l’hôtellerie qui est le plus affecté par la pandémie, le portrait est à peine plus rose.

L’emploi total en février était à 94 % de son niveau prépandémique d’il y a un an. En excluant le secteur du loisir et de l’hôtellerie, il était légèrement en deçà de 96 %. Ce secteur a néanmoins connu la plus forte augmentation d’emploi en février alors que les restrictions sanitaires s’estompaient à travers le pays.

L’emploi devrait continuer à croître au rythme de la réouverture de l’économie, mais la relance du marché du travail demeure fragile.

Le support de la Fed va se poursuivre

Tant que le marché du travail ne fera pas meilleure figure, la Fed poursuivra son programme d’assouplissement quantitatif et gardera le taux directeur au plancher afin de maintenir les taux d’intérêt bas, et ce même si l’économie montre des signes prometteurs.

Alors que près de 10 millions d’Américains étaient toujours sans emploi en février, le président de la banque centrale, Jérôme Powell, s’est dit prêt à tolérer des niveaux d’inflation un peu plus élevés avant de relever les taux. Et ce, tant que le marché du travail ne démontrera pas une reprise solide et diversifiée.

L’impact sur votre entreprise

  • La diminution de nouveaux cas de COVID-19 aux États-Unis et le devancement de la campagne de vaccination favoriseront la réouverture de l’économie américaine.
  • Les nouveaux stimuli budgétaires supporteront la consommation aux États-Unis et les entreprises qui exportent pourront alors bénéficier de l’engouement des ménages américains.
  • Les taux d’intérêt aux États-Unis vont demeurer faibles, ce qui soutiendra notamment l’investissement résidentiel et la consommation.

Oil market update

Le pétrole gagne du terrain grâce à la campagne de vaccination

Un élan d’optimisme s’est emparé des marchés pétroliers. Les cours du brut ont retrouvé leurs niveaux prépandémiques.

L’augmentation de la demande, soutenue par le déploiement des campagnes de vaccination un peu partout sur la planète et les restrictions d’offre par l’organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (OPEP+), ont porté fruit.

Les cours du brut devraient continuer leur ascension, mais de manière plus tempérée.

Redressement complet des prix du brut

Les cours du pétrole ont connu une chute brutale au début de la pandémie. Le Brent s'échangeait à moins de 10 $US le baril alors que le WTI affichait même un prix négatif – les pires niveaux jamais enregistrés.

Les prix du pétrole ont connu une augmentation rapide au mois de mai, mais les cours ont atteint un plateau oscillant aux alentours de 40 $ le baril qui était bien en deçà de leurs niveaux prépandémiques. En fait, les prix ont commencé à se remettre réellement de l’impact de la COVID-19 seulement en novembre 2020 – une fois que des vaccins se sont avérés efficaces.

Depuis cette annonce, les cours du pétrole connaissent une forte ascension (+85 % depuis novembre). Le prix des principaux indicateurs, le WTI et le Brent, ont même dépassé leurs niveaux prépandémiques.

Cet élan ne devrait pas ralentir de si tôt. La réouverture de l’économie mondiale, appuyée par le déploiement de campagnes de vaccinations un peu partout dans le monde, devrait continuer à soutenir la reprise des prix du brut.

Vers une hausse de l’offre?

L’effondrement de l’activité économique mondiale (et donc de la demande de pétrole) en avril dernier a poussé l’organisation des pays exportateurs de pétrole à réduire sa production de 9,7 Mb/j afin de soutenir les prix du brut. En février, les membres de l’OPEP+ retenaient toujours plus de 7 Mb/j.

On aurait cru que l’appât du gain aurait déjà poussé les producteurs à augmenter l’offre de brut sur les marchés. Pourtant, lors de la dernière rencontre de l’OPEP+ le 4 mars, l’organisation a décidé de maintenir les restrictions durant le mois d’avril. Le contexte étant encore trop incertain pour ouvrir les vannes, elle entend réévaluer la situation au début du mois prochain.

Reprise fragile de la demande

L’élan d’optimisme sur les marchés du brut devrait se poursuivre au fur et à mesure que l’activité économique mondiale reprend, que les commerces rouvrent et que la population se déplace plus massivement. Le Fonds monétaire international a d’ailleurs revu à la hausse ses prévisions pour la croissance du PIB globale dans son dernier rapport, ce qui devrait soutenir la reprise de la demande de pétrole, surtout durant la deuxième moitié de 2021.

Toutefois, la demande chinoise (le plus important pays importateur de brut) pourrait ralentir plus tard dans l’année alors que les mesures budgétaires de relance s’estompent. Pour l’instant, la croissance de l’activité industrielle chinoise poursuit son élan.

Il faudra aussi attendre quelques années avant que les producteurs retrouvent des niveaux de demande similaires à ceux précédent la pandémie puisque les voyages aériens demeureront limités encore quelque temps. Le transport aérien est un des secteurs d’activité qui consomme le plus de pétrole. La demande mondiale ne se résorbera totalement qu’une fois que le secteur aérien aura repris de l’ampleur.

En bref

Depuis l’annonce de vaccins efficaces l’automne dernier, les cours du brut se sont totalement relevés de leur chute historique durant la première vague de COVID-19.

Le regain d’optimisme et la réouverture des économies dans le monde devraient continuer à soutenir les prix du pétrole au deuxième trimestre. Toutefois, un possible ralentissement de la demande chinoise jumelé à de futures augmentations de l’offre par l’OPEP+ pourraient tempérer la croissance dans les prochains mois.

Other economic indicators

La Banque du Canada garde le cap

La Banque du Canada maintient le taux directeur à sa valeur plancher (0,25 %) et poursuit son programme d’assouplissement quantitatif. Malgré une amélioration des perspectives économiques depuis la dernière annonce de janvier, le conseil des gouverneurs estime que la situation continue de justifier un soutien extraordinaire. Toutefois, la montée des pressions inflationnistes et l'amélioration des perspectives économiques pourraient pousser la banque à revoir son programme d’assouplissement quantitatif dès avril.

Un huard au-dessus de 0,80 $

Le dollar canadien (CAD) est passé sous la barre des 0,70 $ en mars 2020. Un an plus tard, il se situe maintenant à environ 0,80 $ – une hausse de 16 %. Le huard continue de s'apprécier par rapport au billet vert américain grâce à la vigueur des prix des matières premières (dont le pétrole) et la préférence des investisseurs pour les actifs plus risqués (le dollar américain étant la devise la plus sûre). Le dollar canadien devrait poursuivre sur sa tendance haussière alors que la demande pour les matières premières augmentera au fur et à mesure que les économies se relèveront grâce aux campagnes de vaccination.

Élan d’optimisme chez les entrepreneurs

La mise en branle des campagnes de vaccinations à travers le pays et l’assouplissement des mesures sanitaires d’un océan à l’autre se font sentir par le milieu des affaires. L’indice de court-terme du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a gagné plus de 10 points alors que celui de long-terme en a gagné près de 4.

L’indice de court-terme (mesurant les anticipations des trois prochains mois) demeure sous la barre de 50 en atteignant 42 au mois de février. Un indice inférieur à 50 signifie que le nombre de dirigeants qui s'attendent à ce que les performances de leur entreprise soient plus faibles dans le futur est supérieur à celui qui s'attendent à ce qu'elles soient plus fortes.

Évidemment cet optimisme n’est pas généralisé. Les secteurs les plus touchés par la pandémie à ce jour notamment, la restauration, l’hébergement et le secteur des arts et loisirs, enregistrent encore des indices de court-terme aux alentours de 22-23.

Les taux d’emprunt à la hausse malgré des politiques monétaires accommodantes

Les conditions de crédit au Canada demeurent accommodantes. Le taux d’intérêt effectif, c’est-à-dire le taux d’emprunt moyen en vigueur pour les ménages à l’égard de nouveaux prêts, n’a pas bougé depuis le début de février. Il demeure autour de 2,5 %.

On dénote toutefois, une augmentation du taux effectif moyen auquel sont assujettis les entreprises canadiennes. Ce taux est passé de 2,15 % à la fin de janvier, à 2,3 % au début de mars. Une hausse de 15 points de base en quelques semaines alors que la Banque du Canada n’a rien changé à la direction de sa politique monétaire.

Cette hausse de taux d’intérêt est en fait, un effet collatéral de l’amélioration des perspectives économiques. Effectivement, le marché anticipe une reprise de l’économie et de l’inflation plus rapide ce qui pousse les taux obligataires à la hausse. Les fluctuations du taux de rendement des obligations se reflètent sur les taux des banques. Par exemple, les banques canadiennes utilisent le taux sur les obligations 5 ans comme indice de référence pour déterminer les taux hypothécaires. Ainsi, les taux effectifs pourraient continuer à augmenter même si la Banque du Canada garde une politique monétaire aussi accommodante.

Indicateurs clés: Canada

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