Choisir la personne qui vous succédera: pourquoi le bon choix est plus important que l’égalité

En tant que parent, vous avez toujours travaillé fort pour traiter vos enfants équitablement. Mais si vous êtes propriétaire d’entreprise et que le moment est venu de vous retirer et de choisir la personne qui vous remplacera, c’est l’avenir de l’entreprise qu’il faut prioriser.
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Si vous fondez votre choix uniquement sur l’égalité, par exemple en laissant vos enfants partager la direction de l’entreprise, cela peut:

  • affaiblir la prise de décisions
  • créer des conflits internes
  • compromettre l’avenir de votre entreprise

Vous devez plutôt choisir la personne qui est la mieux placée pour diriger l’entreprise. L’égalité est importante, bien sûr, mais dans un contexte extérieur à l’entreprise, par exemple dans le cadre de la planification successorale.

«L’équité est une chose, mais si vous voulez être équitable et que vous vous y prenez de la mauvaise façon, vous pourriez mettre en péril l’entreprise que vous avez mis des années à bâtir», déclare Devesh Dwivedi, conseiller d’affaires en chef, BDC Services-conseils.

Si cinq personnes gèrent l’entreprise, elle n’est en réalité dirigée par personne.

Comment l’équité peut miner un transfert d’entreprise

Vous pourriez avoir la tentation de diviser la direction de l’entreprise entre vos enfants de sorte que tout le monde se sentira inclus. Mais cela peut créer de la confusion et ralentir la prise de décisions. La direction d’une entreprise fonctionne rarement si elle partagée.

Si cinq personnes gèrent l’entreprise, elle n’est en réalité dirigée par personne, dit Devesh Dwivedi. Les membres du personnel reçoivent des lignes directrices contradictoires et la stratégie est diluée.»

Celui-ci a déjà travaillé avec des propriétaires d’une entreprise qui avaient cinq enfants, et tous étaient intéressés à en devenir PDG. Les parents étaient d’abord tentés de donner à chaque enfant des pouvoirs égaux. Mais après avoir examiné les répercussions que cela aurait sur la capacité de communiquer une vision claire pour l’entreprise et de rallier toute l’équipe à elle, ils ont reculé. Ils ont évalué les compétences, l’expérience et les intérêts de chaque enfant, puis ont choisi un seul leader.

Un accent démesuré sur l’égalité peut aussi avoir une incidence sur votre propre avenir financier. Pour bien des propriétaires d’entreprise, l’entreprise représente la plus grande partie de leur patrimoine et de leur revenu potentiel au moment de leur départ. Si l’entreprise est en difficulté à cause d’un leadership faible, cela peut avoir une incidence qui dépasse le transfert lui-même et mettre en péril votre revenu de retraite.

Comment choisir la bonne personne pour vous succéder

Creusez plus loin que le simple intérêt dans l’entreprise. Un enfant peut avoir le désir de diriger l’entreprise, mais ne pas avoir encore les compétences ou l’expérience voulues pour réussir. Réfléchissez à ces éléments:

  • leadership et expérience en gestion
  • connaissance du secteur et compréhension des opérations
  • compétences stratégiques et financières
  • crédibilité auprès du personnel
  • préparation émotionnelle à diriger

Dans certains cas, une successeure prometteuse ou un successeur prometteur a peut-être simplement besoin de davantage de préparation. Des plans de perfectionnement, du mentorat ou des mandats structurés peuvent aider à déterminer si la personne est prête et quelles sont les mesures à prendre si elle ne l’est pas.

 Parfois, tout le monde veut être PDG parce que c’est une fonction associée au contrôle. Mais si vous creusez un peu, peut-être qu’une fonction différente dans l’équipe de direction doit être envisagée pour certains de vos enfants.

Que faire si plusieurs enfants veulent gérer l’entreprise?

Lorsque plusieurs enfants expriment le désir de diriger l’entreprise, évaluez les forces de chacun et les fonctions à accomplir dans l’entreprise.

L’intérêt est un bon signe, mais ce n’est pas suffisant. Vous devriez déterminer si chaque enfant possède les compétences, l’expérience et le tempérament voulus pour diriger l’entreprise.

Une solution pourrait consister à attribuer divers postes de direction plutôt que de désigner des co-PDG. Par exemple, un enfant peut diriger les opérations tandis qu’un autre se concentre sur les finances ou le marketing.

«Parfois, tout le monde veut être PDG parce que c’est une fonction associée au contrôle, dit Devesh Dwivedi. Mais si vous creusez un peu, peut-être qu’une fonction différente dans l’équipe de direction doit être envisagée pour certains de vos enfants.»

Une structure de direction claire permet à plusieurs membres de la famille de contribuer à l’entreprise tout en assurant une bonne gouvernance de celle-ci.

Que faire si aucun des enfants ne manifeste de l’intérêt?

Il arrive que des propriétaires présument que leurs enfants reprendront éventuellement l’entreprise. Or, il arrive fréquemment que ceux-ci préfèrent faire carrière ailleurs. Si cela se produit, la première chose à faire est de comprendre pourquoi.

Par exemple, certains enfants pourraient avoir une attitude négative à l’égard de l’entreprise après avoir vu leurs parents faire de nombreux sacrifices personnels pour la bâtir. Dans d’autres cas, ils ont simplement d’autres intérêts et ambitions.

Devesh Dwivedi a déjà travaillé avec des propriétaires d’une entreprise prospère de services aux champs pétrolifères en Alberta. Lorsque les parents ont demandé à leurs enfants adultes s’ils souhaitaient reprendre l’entreprise, ils ont tous décliné.

Mais plus tard, ces mêmes parents ont développé une nouvelle entreprise fondée sur des biens immobiliers commerciaux qu’ils avaient accumulés. Lorsqu’ils se sont adressés à leurs enfants au sujet de cette entreprise, plusieurs étaient intéressés. En réalité, ce n’était pas qu’ils ne voulaient pas rester dans l’entreprise familiale. C’est la nature de l’entreprise elle-même qui ne les intéressait pas.

Si aucun membre de la famille n’est disposé ou convenable, la ou le propriétaire pourrait devoir envisager d’autres options, comme structurer un rachat par les cadres, vendre l’entreprise à un tiers ou recruter une dirigeante ou un dirigeant à l’externe.

Que faire si un enfant souhaite prendre la relève, mais ne convient pas?

Il se pourrait que l’enfant qui est le plus intéressé par l’entreprise ne soit pas celui qui est le plus prêt à en prendre les rênes.

Dans certains cas, c’est le moment qui pose problème, et non la personne. Un plan de perfectionnement peut aider un enfant enthousiaste à se préparer à vous succéder.

Par exemple, si un enfant vient d’obtenir un diplôme universitaire, envisagez de lui faire occuper plusieurs postes au sein de l’entreprise avant de lui confier des responsabilités de direction. En travaillant d’abord dans divers services et avec les membres du personnel de première ligne, l’enfant acquerra une compréhension approfondie de l’entreprise et gagnera de la crédibilité.

Ce type de préparation lui permettra d’acquérir l’expérience et les relations qui l’aideront à réussir comme leader.

L’équité entre frères et sœurs

Une préoccupation fréquente chez les propriétaires d’entreprise est la façon de traiter tous leurs enfants équitablement lorsque seul un d’entre eux prend les rênes de l’entreprise.

On pense souvent que les propriétaires donnent l’entreprise à la successeure choisie ou au successeur choisi. Mais en réalité, le membre de la prochaine génération achète généralement l’entreprise, parfois au coût de millions de dollars. Cela peut exiger un emprunt important, mais l’achat de l’entreprise est ce qui permet à sa ou son propriétaire de financer sa retraite.

Cette distinction, si elle est bien comprise, peut aider à étayer les discussions relatives à l’équité entre les enfants. Par exemple, vous pouvez résoudre la question de l’équité lors de la planification successorale, pour que les enfants qui ne participent pas à l’entreprise reçoivent d’autres actifs, par exemple:

  • placements (p. ex. actions, obligations, fonds mutuels)
  • polices d’assurance
  • biens immobiliers

Dans le cadre d’un autre projet de transfert d’entreprise familiale, Devesh Dwivedi a découvert qu’une jeune femme avait été écartée des premières discussions de planification parce que les autres membres de la famille croyaient sincèrement qu’elle n’avait aucune participation ni aucun intérêt dans l’entreprise.

Quand il l’a appelée pendant une réunion de famille pour confirmer cette hypothèse, elle a surpris tout le monde dans la pièce en infirmant avec véhémence cette supposition. «Elle a expliqué que, pendant que ses parents bâtissaient l’entreprise, elle avait aidé à élever ses frères et sœurs plus jeunes, ce qui avait permis aux parents de consacrer de longues heures à l’entreprise», dit Devesh Dwivedi.

Cela a représenté un moment décisif pour la famille; on a soudainement reconnu son apport indirect. Les parents ont pu prendre cela en considération en cherchant à être équitables.

Point à retenir: lorsqu’il s’agit de déterminer qui a aidé à bâtir l’entreprise, assurez-vous d’examiner le portrait dans son ensemble.

Chaque famille a sa propre dynamique. Le processus doit tenir compte de toutes les personnes impliquées et des objectifs de l’entreprise. 

Considérations en matière de planification successorale lorsqu’il y a des enfants

Même si la relève en entreprise et l’héritage sont des éléments séparés, ils peuvent aider les propriétaires d’entreprise à traiter leurs enfants équitablement dans l’ensemble. Il est recommandé de travailler avec des spécialistes juridiques et des finances pour établir les structures qui conviennent. Voici certains facteurs à considérer:

  • séparer la propriété des postes de gestion
  • déterminer si les actions seront des actions avec ou sans droit de vote
  • décider de la façon dont l’héritage sera réparti au moyen du plan successoral
  • établir les structures de gouvernance pour gérer les conflits

Des communications franches avec tous les membres de la famille sont essentielles.

La ou le propriétaire doit également décider de la façon dont les conflits seront résolus, avant qu’il s’en produise.

«Convenez des règles avant que le jeu commence, conseille Devesh Dwivedi. Si vous attendez qu’un conflit éclate, toute règle sera jugée injuste par quelqu’un.»

Erreurs fréquentes à éviter

Il arrive qu’une ou un propriétaire prenne des décisions en matière de relève en se fiant à ses émotions ou à des suppositions qui ne tiennent plus, ou encore choisisse le mauvais moment ou ne sache pas comment évaluer le degré de préparation de la personne qui lui succéderait. Voici certaines des erreurs courantes:

  • se baser sur la position dans la famille ou le sexe pour choisir la successeure ou le successeur
  • présumer que l’éducation est le seul facteur qui rend une personne apte à diriger l’entreprise
  • éviter les conversations difficiles avec les membres de la famille
  • confondre l’intérêt dans l’entreprise et la capacité de la diriger
  • repousser la planification de la relève jusqu’à ce que cela devienne urgent

En fin de compte, chaque famille et chaque entreprise est unique, et la planification de la relève ne doit jamais être basée sur un modèle déjà fait.

«Chaque famille a sa propre dynamique, dit Devesh Dwivedi. Le processus doit tenir compte de toutes personnes impliquées et des objectifs de l’entreprise.»

Prochaine étape

Pour en savoir plus sur le transfert de votre entreprise, téléchargez le guide gratuit de BDC intitulé Préparer son plan de sortie

De plus, l’équipe de BDC Services-conseils peut vous aider à établir un plan de relève qui assurera la pérennité de votre entreprise et préservera l’harmonie dans votre famille.