Propriétaires et locataires doivent travailler ensemble
logo BDC

Propriétaires et locataires doivent travailler ensemble

Avec la réouverture de l’économie, l’utilisation des bâtiments et des espaces commerciaux est appelée à changer

Partager

Les propriétaires de commerces et leurs locataires devront collaborer et travailler davantage en équipe pour trouver des solutions aux défis que pose la réouverture de l’économie.

L’idée selon laquelle ils n’ont pas besoin les uns des autres ne tient pas la route dans le contexte actuel, d’après Daniel LaBossière, vice-président adjoint, Développement des affaires – BDC, à Winnipeg.

Chaque partie doit comprendre ce que l’autre a vécu pendant la pandémie de COVID-19 et l’arrêt de l’activité économique. Pour cela, elles doivent communiquer.

Collaborer pour trouver des solutions

«Si vous parlez et prenez le temps de comprendre les difficultés de chacun, vous avez plus de chances de trouver une solution collaborative», explique M. LaBossière.

«Si la communication entre les parties est absente ou conflictuelle, il devient très difficile de trouver une solution durable ou de résoudre le problème», ajoute-t-il.

Les deux parties font face à des obstacles. Les propriétaires ne veulent pas perdre leurs locataires et se retrouver avec des locaux vacants, tandis que les locataires veulent ramener leur entreprise à son niveau d’avant le contexte de la COVID-19.

Voici trois éléments sur lesquels les propriétaires et les locataires peuvent se concerter pour trouver des solutions:

1. Report des loyers et baux

Les locataires devraient se familiariser de nouveau avec les termes de leur convention de bail avant d’entamer des discussions sur tout type de modification, tel que le report du loyer qui devra être remboursé, note M. LaBossière.

Ainsi, le locataire sera préparé à la discussion et plus susceptible de trouver des solutions créatives, précise-t-il. Les propriétaires seront probablement plus réceptifs, si leur propre situation n’est pas critique et si leur créancier hypothécaire est flexible.

M. LaBossière souligne qu’il est important de se rappeler qu’un bail est un contrat légal et qu’il peut être difficile d’y mettre fin

Les deux parties doivent être conscientes que le remplacement d’un locataire ne peut se faire de façon précipitée.

«Soyez plus coopératifs et considérez que vous êtes tous dans le même bateau. Une communication ouverte stimule la créativité», dit M. LaBossière.

Selon lui, les programmes gouvernementaux de subvention des loyers peuvent encourager les propriétaires à offrir des réductions de loyer, ce qui pourrait les aider à conserver des locataires.

2. Changement d’usage

Lorsque la pandémie a entraîné la fermeture d’entreprises pendant plusieurs mois, les consommateurs se sont adaptés en commandant davantage de biens et de services en ligne.

«Tout cela va compliquer la possibilité de ramener ces revenus à leur niveau d’avant la COVID-19, indique M. LaBossière. Maintenant, vous allez devoir convaincre ces personnes de se déplacer pour faire leurs achats.»

Dans le cas des centres commerciaux, les propriétaires devront recréer une destination de magasinage. «Les gens sont encore très inquiets lorsqu’il s’agit de se rendre dans de grands lieux publics.»

Les propriétaires vont devoir reconfigurer leur espace locatif de manière proactive en tenant compte du fait que certains locataires auront besoin de moins d’espace alors que d’autres en requerront davantage, notamment pour le stockage.

Certains détaillants pourraient constater que leur activité en ligne a augmenté au point qu’il est possible de réduire considérablement l’espace réservé aux produits ou d’utiliser l’espace pour l’entreposage et l’expédition. Ils pourraient ne pas être en mesure de se permettre une grande superficie.

Ou encore, ils pourraient avoir des salles d’exposition dans des centres commerciaux ou d’autres espaces où les gens verraient des marchandises (par ex., des meubles) ou essaieraient des articles (par ex., des chaussures) et les commanderaient ensuite en ligne, explique M. LaBossière. Cela permettra également de réduire la quantité d’espace commercial nécessaire.

3. Les effets du travail à domicile

Les immeubles de bureaux pourraient se retrouver avec une multitude de locataires au lieu d’une poignée de grands locataires occupant un bâtiment, en raison d’un plus grand nombre d’employés travaillant à domicile.

«Ils alterneront entre le moment où ils entrent et celui où ils sortent du bureau. Les espaces de bureau ne pourront pas accueillir tout le monde en même temps», souligne M. LaBossière.

L’époque où tout le monde était au bureau ne sera plus la norme et l’espace de travail sera très réduit.

Les bureaux pourraient être utilisés pour des formations et des réunions de groupes spécifiques. L’emplacement des postes de travail sera flexible et des protocoles de nettoyage seront mis en œuvre après leur utilisation, selon M. LaBossière.

«L’époque où tout le monde était au bureau ne sera plus la norme et l’espace de travail sera très réduit», précise-t-il.

«Nous pourrions voir les immeubles de bureaux tendre vers un modèle d’utilisation plus diversifiée dans le cadre duquel un même bâtiment abriterait des bureaux, des unités résidentielles et différents types d’entreprises.»

Les propriétaires vont devoir faire davantage d’efforts pour attirer les locataires dans un immeuble à usages multiples, ajoute M. LaBossière.

Y a-t-il un bon côté à tout cela?

Il pourrait y avoir des possibilités d’achat pour ceux qui exploitent des entreprises viables et aussi des possibilités de location pour les locataires qui cherchent à renouveler leur bail. On pourrait également assister à une augmentation de l’offre immobilière sur le marché, ce qui pourrait faire baisser les prix du marché immobilier et diminuer le coût de location au pied carré.

Mais M. LaBossière met en garde contre les risques auxquels ceux qui investissent et fournissent des locaux commerciaux pourraient faire face pendant et après cette pandémie.

«Je crois que pour les propriétaires qui achètent des biens d’investissement comme des bureaux et des centres commerciaux linéaires, il y a beaucoup de risques et d’incertitudes concernant la qualité des locataires et la façon dont ils ont été touchés par la pandémie.»

Pour obtenir davantage de renseignements sur les moyens d’aider votre entreprise à faire face à la pandémie de COVID-19, veuillez consulter le site www.bdc.ca/infocoronavirus.

Partager

v17.9.0.10395