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Comment évaluer l’entreprise à acquérir

Temps de lecture: 5 minutes

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Déterminer la valeur d'une entreprise que vous voulez acquérir est un exercice complexe. Il s'agit d'une tâche laborieuse, qui est loin d'être une science exacte. L'évaluation fournit une valeur théorique qui vous donnera une idée du juste prix à payer pour l'entreprise.

Vous ne devez pas vous fier au seul jugement de votre comptable ou du vendeur. Il est recommandé de faire appel à un spécialiste de l'évaluation d'entreprises pour qu'il produise un rapport indépendant. Bien qu'il s'agisse d'un domaine non réglementé, l'Institut canadien des experts en évaluation d'entreprises (ICEEE) (en anglais) fournit des lignes directrices et un code de déontologie.

En règle générale, il vous sera rarement possible de comparer votre acquisition potentielle avec une transaction semblable. Les données disponibles à l'égard de ce genre de transaction privée sont plutôt rares et, bien souvent, elles ne s'appliqueront pas à votre situation. Il se peut également que les modalités soient trop liées à un secteur d'activité particulier pour être utiles et que des circonstances particulières – telles que le paiement d'une prime par l'acheteur en vue d'éliminer la concurrence – viennent fausser la valeur réelle de l'entreprise.

Trois niveaux d'assurance

Selon l'ICEEE, il existe trois sortes de rapport allant du plus approximatif au plus détaillé:

  • Rapport de calcul: sert à obtenir une estimation approximative aux fins de la planification initiale.
  • Rapport d'estimation: idéal pour les négociations préalables, la planification de la relève et les situations qui comportent des enjeux importants, mais soumis à des limitations budgétaires.
  • Rapport exhaustif/d'opinion: approprié dans les situations qui présentent des risques élevés ou des enjeux importants ou lorsqu'il y a des poursuites judiciaires.

Pour préparer son rapport, l'évaluateur procède à un examen des faits et des données financières historiques, après quoi il fait les ajustements nécessaires pour tenir compte des circonstances spéciales. Il formule ensuite une conclusion en clarifiant les incidences de son évaluation sur la valeur estimée. L'évaluateur émet en outre une réserve liée à l'étendue du mandat, qui varie en fonction de la qualité du rapport fourni.

Travaux requis

Pour fournir un rapport de calcul, l'évaluateur examine et analyse l'information financière et peut avoir des rencontres avec la direction.

Le rapport d'estimation suit la même démarche, mais est plus exhaustif. L'évaluateur calcule les bénéfices «normalisés» en ajustant les dépenses et les revenus exceptionnels et non récurrents tirés des états financiers historiques. Ceci peut comprendre les salaires et les primes de la direction, lesquels peuvent être inférieurs ou supérieurs à la valeur marchande, laquelle sera ensuite ajustée pour refléter les normes actuelles du marché.

Dans le rapport exhaustif, l'évaluateur émet une opinion. Ce rapport fournit une analyse plus approfondie de l'entreprise et passe en revue les éléments suivants:

  • Brevets, règlements et conventions d'actionnaires
  • Contextes économique et sectoriel de l'entreprise
  • Conjoncture du marché et concurrence
  • Clientèle et contrats, carnet de commandes
  • Contrats et engagements avec les fournisseurs
  • Visite des installations de l'entreprise
  • Données financières et prospectives
  • Justification du choix des taux d'actualisation et de capitalisation selon des modèles financiers reconnus

Principes d'évaluation fondamentaux

La première étape dans la démarche d'établissement d'un prix consiste à fixer la juste valeur marchande de l'entreprise. Les trois grands principes d'évaluation sont les suivants:

  • La valeur est tributaire des attentes
  • La valeur est tributaire des flux de trésorerie futurs
  • La valeur dépend des immobilisations matérielles

Méthodes d'évaluation

Il existe deux méthodes de base pour déterminer la valeur d'une entreprise:

  • Valeur de l'actif
    • Valeur comptable: valeur nette de l'entreprise, obtenue en soustrayant le passif de l'actif. Les valeurs reposent sur les états financiers; toutefois, les biens immeubles sont habituellement ajustés pour refléter la valeur marchande courante.
    • Valeur de liquidation: suppose que l'entreprise procède à la vente de tous ses actifs et qu'elle rembourse toutes ses dettes. L'excédent représente la valeur de l'entreprise.
  • Bénéfices et flux de trésorerie
    • Actualisation des flux de trésorerie: valeur fondée sur la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs d'une entreprise.
    • Valeur d'exploitation: suppose que l'entreprise poursuivra le cours normal de ses activités. Cette valeur est calculée en multipliant les bénéfices prévus par un multiple des bénéfices pour arriver à la valeur des bénéfices capitalisés.

Techniques d'évaluation

Les techniques les plus couramment utilisées pour calculer la valeur d'une entreprise comprennent notamment:

  • La capitalisation du bénéfice net représentatif: une valeur peut être attribuée aux bénéfices futurs provenant de l'acquisition. Pour obtenir la valeur d'exploitation, un multiple de capitalisation est appliqué aux bénéfices de l'entreprise et aux éléments d'actif hors exploitation à la valeur marchande courante.
  • La capitalisation du flux monétaire représentatif: identique à la technique ci-dessus, sauf que ce sont les flux de trésorerie qui sont capitalisés plutôt que les bénéfices.
  • L'actualisation des flux monétaires prévisibles: consiste à déterminer les flux monétaires futurs les plus probables et à trouver la valeur actuelle en les actualisant à la date de l'évaluation.
  • La détermination de l'actif net redressé: repose sur le calcul de la juste valeur marchande de l'actif, moins tous les éléments de passif. Elle s'applique aux entreprises qui ont des biens immeubles considérables inscrits dans leur bilan ou dont la valeur tient à leur actif plutôt qu'à leur exploitation.

Pour plus d'information, consultez le guide Étapes vers le capital de croissance offert sur le site web d'Entreprises Canada.

Autres règles

Dans certains secteurs de l'industrie des services, la valeur d'une entreprise est évaluée selon un multiple des recettes. Par exemple, un bureau de courtier d'assurances vaut de 1 à 1,5 fois les commissions touchées pour une période déterminée par négociation.

Au bout du compte, ce qui détermine les conditions d'achat et le prix final, ce sont les négociations entre vous et le vendeur.


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