Du soutien financier et des ressources pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Soutien pour les entreprises touchées par la COVID-19.

Jamais rassasié: pourquoi cet entrepreneur en série a voulu tout recommencer

Carburant aux défis, Georges Karam a tout laissé derrière lui pour faire croître une entreprise de technologie
Partager

À l’été 2018, Georges Karam se promet enfin de prendre un temps d’arrêt de six mois. C’est qu’il a travaillé fort depuis son arrivée en sol canadien au début des années 1990.

Il a notamment fondé les entreprises AHEEVA et Atelka avec son associé, François Lambert. Il a trouvé de nouvelles orientations pour ses entreprises, vendu, employé jusqu’à 3 000 personnes et généré des centaines de millions de dollars. Et comme tout bon entrepreneur, il a souvent dit «oui» sans trop réfléchir.

«Je me rappelle de notre premier contrat, soit de gérer un centre d’appels et 15 employés. Nous n’avions rien, pas la moindre ressource, mais sans y penser, j’ai dit “oui”. François [Lambert] m’a traité de fou, mais nous y sommes parvenus», se souvient-il.

Après la vente de ses entreprises, M. Karam travaille pour une grande entreprise montréalaise spécialisée en sécurité informatique et l’aide à croître à l’international. Mais sa soif d’entreprendre le rattrape rapidement.

«J’avais besoin d’autres défis. Et, de toute façon, je suis toujours insatisfait. C’est ça qui me pousse à aller plus loin en permanence. Les entrepreneurs ne l’avoueront pas, mais nous sommes très anxieux. Il faut toujours faire mieux.»

M. Karam sait déjà qu’après ces quelques mois de liberté retrouvée, il va probablement procéder à l’acquisition d’une entreprise. Il discute avec son courtier et lui lance au passage qu’il veut être mis au courant si des occasions d’acheter une belle entreprise se présentent.

Une occasion en or

Il s’était attendu à ce que cela prenne des mois, mais à peine quelques semaines plus tard, le téléphone sonne: une occasion rêvée se présente sous la forme de Cognibox, une entreprise de Shawinigan qui se spécialise dans la gestion du risque et de la conformité des sous-traitants.

«Je n’avais pas envie de lancer une autre entreprise ni d’investir passivement. Je voulais acheter une compagnie dans mon domaine – les nouvelles technologies –, qui avait du potentiel, et m’impliquer», explique M. Karam.

Il procède à l’achat après quelques mois de négociations. «Quand j’aime, je le sais tout de suite», affirme l’entrepreneur. Qui plus est, il a besoin de ce nouveau défi. «J’aime la gestion, les défis de croissance, les défis humains. C’est dans mon ADN.»

Les entrepreneurs ne l’avoueront pas, mais nous sommes très anxieux. Il faut toujours faire mieux.

Avec l’appui de BDC Capital comme investisseur minoritaire, il prend les rênes de l’entreprise en mai 2019. «Quand j’ai décidé d’aller vers Cognibox et de trouver des partenaires financiers, je voulais des partenaires qui sont plus patients. Je vois à long terme.»

Changer de culture pour gravir de nouveaux sommets

Si la distance représente un défi au quotidien, Shawinigan se situant à quelque 150 kilomètres de sa résidence dans la région de Montréal, M. Karam doit aussi parvenir à faire évoluer la culture d’entreprise pour réaliser son désir d’expansion internationale.

«Mon défi est très humain maintenant. C’est un changement de culture majeur que nous voulons effectuer.»

M. Karam mentionne notamment le besoin de renforcer les processus d’affaires de cette entreprise qui s’est développée organiquement au cours des 20 dernières années. Il veut également que ses employés voient grand. Comme lui.

«Ça prendra cinq, sept ou 10 ans, peu importe. Je veux que ce soit une réussite. Nous avons de bons produits, de bons clients. Nous pouvons compétitionner et être reconnus dans les plus hautes sphères.»

3 conseils de Georges Karam pour devenir un meilleur entrepreneur

1. Bâtissez la bonne équipe

Il ne faut pas simplement avoir une bonne équipe. M. Karam affirme qu’il importe encore plus d’avoir une équipe qui répond aux défis actuels de l’entreprise.

«Le succès d’un entrepreneur, ça vient de son équipe, affirme-t-il. Si tu n’as pas la bonne équipe en place, tu n’iras pas loin. C’est ce que je suis en train de bâtir avec Cognibox.»

2. Prenez le temps d’écouter

Les entrepreneurs sont des gens convaincus. Ils croient en leurs idées et ne tiennent pas toujours compte des conseils des autres, ce qui peut leur nuire, affirme Georges Karam.

«Prenez le temps d’écouter vos pairs, ceux qui ont réussi. C’est primordial: apprenez des erreurs des autres au lieu de devoir apprendre de vos propres erreurs. Ça ne sert à rien d’être têtu et de mourir avec une idée», lance-t-il.

3. Sachez quand céder votre place

Les entrepreneurs sont d’abord et avant tout des visionnaires, mais ils ne sont pas tous de bons gestionnaires. C’est pourquoi il importe de bien connaître ses forces et ses faiblesses, de bien s’entourer, et aussi, parfois, de savoir quand le temps est venu de passer le flambeau.

«À un certain moment, l’entrepreneur doit savoir se retirer et laisser sa place, se retirer des opérations et trouver la bonne personne pour mener à bien l’entreprise», soutient l’homme d’affaires.

Partager