Étude | Par Lily Alameh et Mathieu Galliot, économiste, BDC État de l’entrepreneuriat 2026: s’adapter à un monde qui s’accélère

Lecture de 25 minutes

Publié le 15 octobre 2026

Faits saillants

Afin de mieux comprendre l’évolution de la réalité des PME canadiennes, BDC a réalisé son sondage 2026 sur l’état de l’entrepreneuriat après l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs et a comparé les résultats à ceux de 2025.

Costs remain a major concern, but competition is intensifying

  2025 2026 2026 (PME touchées par les tarifs)
Défis principaux

Coût des intrants (31 %)

Baisse de la demande (26 %)

Concurrence accrue (24 %)

Coût des intrants (33 %)

Concurrence accrue (31 %)

Droits de douane (29 %)

Tarifs (54 %)

Hausse des coûts (36 %)

Perturbations des chaines d’approvisionnement (31 %)

L’urgence de s’adapter gagne du terrain

  • Près d’une PME sur deux (48 %) estime que l’environnement d’affaires s’accélère
  • La majorité (59 %) de PME croient que les entreprises qui tardent à s’adapter seront désavantagées.

L’expansion et la rentabilité sont les grandes priorités de l’ensemble des PME

  2025 2026 2026 (PME touchées par les tarifs)
Priorités clés

Améliorer la rentabilité (40 %)

Expansion (34 %)

Maintenir notre clientèle actuelle (28 %)

Intelligence artificielle (14 %)

Expansion (46 %)

Améliorer la rentabilité (40 %)

Maintenir notre clientèle actuelle (29 %)

Réduire les coûts (28 %)

Intelligence artificielle (22 %)

Expansion (52 %)

Améliorer la rentabilité (32 %)

Intelligence artificielle (28 %)

Des PME plus proactives

Amélioration de la productivité 88 % ont pris au moins une mesure contre 74 % en 2025.
Diversification des fournisseurs 54 % ont commencé à faire affaire avec un nouveau fournisseur pour réduire les coûts et limiter les risques
Diversification de l’offre de produits et services 39 % ont ajouté ou développé des produits et services pour mieux composer avec l’incertitude et soutenir leur rentabilité

Mot de l’économiste en chef

Pierre Cléroux, vice-président, Recherche et économiste en chef

Les dernières années ont été ponctuées par une succession de chocs pour les PME canadiennes. Après avoir dû composer avec l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement économique, elles évoluent maintenant dans un contexte marqué par une concurrence plus intense, des coûts qui demeurent élevés et des tensions commerciales persistantes.

Or, les résultats de notre étude montrent que les entrepreneures et entrepreneurs ne restent pas sur la défensive. Bien au contraire. Les PME canadiennes s’adaptent à ce nouvel environnement et cherchent activement des moyens de renforcer leur compétitivité. Elles investissent davantage dans l’acquisition de la clientèle, l’amélioration de leur productivité, l’adoption de l’intelligence artificielle et la diversification de leurs marchés, de leurs fournisseurs et de leurs sources de revenus.

Les PME canadiennes s’adaptent à ce nouvel environnement et cherchent activement des moyens de renforcer leur compétitivité.

Le changement le plus marquant cette année est sans doute le retour des ambitions de croissance. Aujourd’hui, 46 % des PME placent l’expansion parmi leurs principales priorités, comparativement à 34 % en 2025.

Cet intérêt renouvelé pour la croissance ne fait toutefois pas disparaître les préoccupations financières. En effet, l’amélioration de la rentabilité demeure la deuxième priorité la plus citée, mentionnée par 40 % des PME.

Les PME directement touchées par les tarifs américains font également preuve d’une grande résilience. Malgré les pressions sur leurs coûts et leurs chaînes d’approvisionnement, elles continuent de miser sur la croissance et multiplient les initiatives pour diversifier leurs marchés, améliorer leur productivité et renforcer leur rentabilité.

Notre étude met également en évidence l’importance croissante de l’intelligence artificielle (IA) dans les stratégies d’affaires des PME. De plus en plus d’entreprises jugent que l’adoption ou l’utilisation accrue de l’IA est une priorité a fortement augmenté. En effet, cette proportion est passée de 14 % en 2025 à 22 % en 2026, et atteint 28 % parmi les PME directement affectées par les tarifs américains. Cette hausse montre que les entreprises veulent utiliser la technologie pour gagner en efficacité. Cette tendance s’inscrit dans une transformation numérique plus vaste. Toutefois, les retombées dépendront de leur capacité à intégrer ces outils de façon structurée, à les adapter à leurs besoins opérationnels et à former leurs équipes.

Les PME reconnaissent aussi de plus en plus que leur capacité à s’adapter rapidement constitue un avantage concurrentiel. Une majorité d’entre elles (59 %) estiment que les entreprises qui tardent à s’adapter risquent de prendre du retard.

La productivité demeure également au cœur de leurs efforts. Ainsi, 88 % des PME ont mis en place au moins une mesure pour l’améliorer, comparativement à 74 % en 2025.

Ce rapport montre aussi que la concurrence est devenue le principal défi des PME canadiennes. Elle est maintenant considérée comme un défi important par 31 % des entreprises, alors que cette proportion était de 24 % en 2025. Dans une économie où la croissance de la demande demeure modeste, les occasions d’affaires sont plus limitées et les entreprises doivent redoubler d’effort pour se démarquer et protéger leurs marges.

L’intensification de la concurrence pousse les PME à renforcer leur proposition de valeur. Pour se distinguer, elles misent principalement sur la qualité de leurs produits ou services, l’ajustement de leur stratégie de prix et le renforcement de leurs activités de marketing.

Dans l’ensemble, le portrait qui se dégage est celui de PME qui transforment les contraintes en occasions. Elles s’adaptent, investissent dans leurs capacités et cherchent activement à bâtir leur croissance.

Introduction: un monde qui change

Les PME canadiennes évoluent dans un environnement d’affaires qui change rapidement. Le ralentissement économique, la hausse des coûts, la concurrence accrue, les avancées technologiques et les tensions commerciales transforment le paysage des affaires.

Cependant, après plusieurs années marquées par la prudence et la résilience, les entrepreneures et entrepreneurs ne se contentent plus de s’adapter: ils passent à l’action.

C’est dans ce contexte que l’édition 2026 de l’étude de BDC sur l’état de l’entrepreneuriat met en lumière l’évolution des priorités des PME canadiennes. Malgré un contexte économique toujours exigeant et l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs douaniers américains, davantage d’entreprises misent sur la croissance, investissent dans leur productivité, accélèrent l’adoption de l’intelligence artificielle et diversifient leurs marchés, leurs fournisseurs et leurs sources de revenus.

Ces résultats témoignent de l’émergence d’un nouvel état d’esprit entrepreneurial. Dans un environnement où la concurrence s’intensifie et où les occasions d’affaires sont plus disputées, les entreprises cherchent non seulement à renforcer leur capacité d’adaptation, mais aussi leur capacité à agir.

La concurrence s’intensifie

La concurrence est devenue un défi plus important pour les PME canadiennes. En 2026, 31 % d’entre elles la citent parmi leurs principaux défis, comparativement à 24 % en 2025.

Cette hausse reflète un environnement économique plus exigeant. Même si davantage de PME souhaitent croître, elles doivent le faire dans un contexte où la demande progresse lentement. Lorsque l’activité économique ralentit, les entreprises se disputent un nombre plus restreint d’occasions d’affaires.

Les pressions sur les coûts demeurent un défi majeur pour les entreprises. Le tiers des PME (33 %) mentionnent encore la hausse du coût des intrants ou des matières premières comme un enjeu important. Ces pressions continuent de réduire la rentabilité et les marges des entreprises, même si la concurrence prend désormais une place plus importante dans leurs préoccupations.

Depuis le sondage de 2025, de nouveaux tarifs ont été imposés sur certains produits canadiens, notamment sur le bois d’œuvre résineux, certains meubles, les produits dérivés de l’acier et de l’aluminium, ainsi que sur une vaste gamme de produits fabriqués par des PME canadiennes. Dans ce contexte, la proportion de PME qui considèrent les tarifs douaniers comme étant un défi est passée de 19 % à 29 % en 2026. Les tarifs continuent de freiner les investissements des entreprises.

Coûts et chaînes d’approvisionnement, deux défis majeurs pour les PME directement touchées par les tensions commerciales

Outre les tarifs douaniers, qui représentent le principal défi pour les entreprises directement touchées, deux enjeux se démarquent: la hausse des coûts des intrants (36 %) et les perturbations des chaînes d’approvisionnement (31 %).

La concurrence accrue constitue également un défi important. Plus du quart (27 %) des PME touchées par les tarifs américains la considèrent comme un enjeu majeur.

D’autres défis de fond demeurent bien présents, sans toutefois dominer: la pénurie de main-d’œuvre qualifiée touche près d’une PME sur quatre (23 %) et l’accès au financement demeure un défi pour 16 % des entreprises, soit une sur six.

Graphique 1: Défis principaux des PME au cours des 12 derniers mois

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat, n=996 pour 2026 (deuxième vague) et n=1481 pour 2025. Les répondantes et répondants ayant choisi «je ne sais pas» ont été retirés.

Croissance et rentabilité au cœur des priorités

Après une année marquée par l’incertitude entourant les tarifs douaniers et la mise en pause de plusieurs projets, les PME canadiennes semblent retrouver un certain appétit pour la croissance.

Comme le montre le graphique 2, l’expansion des activités, qu’elle soit locale, provinciale ou internationale, est devenue la priorité la plus souvent citée pour les 12 prochains mois. En 2026, 46 % des entrepreneures et entrepreneurs la placent parmi leurs principales priorités, comparativement à 34 % en 2025.

Cette volonté de croissance ne se fait toutefois pas au détriment de la discipline financière. L’amélioration de la rentabilité demeure la deuxième priorité la plus importante, mentionnée par 40 % des PME en 2026. Dans un contexte de faible croissance économique, de coûts élevés et de droits de douane persistants pour certaines entreprises, la rentabilité reste une préoccupation stratégique de premier plan.

Les PME accordent également une grande importance à la fidélisation de leur clientèle. Ces résultats suggèrent qu’elles cherchent non seulement à croître, mais aussi à protéger leurs marges dans un contexte qui demeure complexe et inégal selon les secteurs.

L’un des changements les plus marqués par rapport à 2025 concerne l’IA. La proportion de PME qui considèrent l’adoption ou l’utilisation de l’IA comme une priorité est passée de 14 % à 22 % entre 2025 et 2026. Cette hausse reflète l’intérêt grandissant des entreprises pour les gains d’efficacité et de productivité que peuvent offrir ces technologies.

Dans l’ensemble, les priorités des PME canadiennes en 2026 témoignent d’un équilibre entre prudence et ambition. Si la maîtrise des coûts et la rentabilité demeurent essentielles, les entrepreneures et entrepreneurs semblent davantage tournés vers l’avenir qu’il y a un an.

Les PME touchées par les tarifs cherchent à réduire leur dépendance au marché américain

Plus de la moitié des PME directement touchées par les tarifs (52 %) disent que trouver une nouvelle clientèle et percer de nouveaux marchés est leur priorité principale, que ce soit à l’international ou ailleurs au Canada. Elles cherchent ainsi à réduire leur dépendance au marché américain et à limiter les effets négatifs des tarifs.

Près du tiers (32 %) veulent améliorer leur rentabilité, tandis que 28 % cherchent à réduire leurs coûts.

Graphique 2: Priorités des PME pour les 12 prochains mois

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat, n=992 pour 2026 (deuxième vague) et n=1485 pour 2025. La catégorie expansion est la somme des catégories: Acquérir une nouvelle clientèle dans notre province, se développer à l’international et se développer dans d’autres provinces.

L’intelligence artificielle prend aussi plus de place dans leurs plans. Elle figure parmi les priorités de 28 % des PME touchées par les tarifs, comparativement à 22 % de l’ensemble des PME.

Face aux tensions commerciales, ces entreprises misent donc sur une approche proactive, axée sur l’expansion au-delà des États-Unis, les gains d’efficacité et l’amélioration de la rentabilité.

Virage 1: Les PME renouent avec leurs ambitions de croissance

La proportion des PME qui ont des ambitions de croissance a fortement augmenté par rapport à l’année dernière (78 % contre 67 % en 2025). De nombreuses entreprises concentrent maintenant leurs efforts sur la croissance.

Au cours des 12 derniers mois, près des deux tiers des PME (64 %) ont gagné de nouvelles clientes et de nouveaux clients dans leur propre région. Près du tiers (29 %) en ont acquis dans d’autres régions du Canada, et 15 % ont élargi leur clientèle à l’extérieur des États-Unis. Malgré les tarifs, 11 % des PME ont pu attirer de nouvelles acheteuses et de nouveaux acheteurs aux États-Unis.

Même si les entreprises les plus exposées aux tarifs américains continuent de faire face à d’importants défis, la plupart poursuivent leurs efforts de croissance. Plus de la moitié (58 %) ont acquis de nouvelles clientes et de nouveaux clients dans leur région, 47 % ont réussi à le faire dans d’autres régions du Canada, et 26 % l’ont fait à l’extérieur des États-Unis.

Malgré les tarifs, 18 % des PME ont également réussi à attirer des clientes et des clients des États-Unis.

Pour rejoindre une clientèle située à l’extérieur de leur province, les PME misent surtout sur le bouche-à-oreille et les références (37 %), le marketing numérique et la publicité en ligne (37 %), ainsi que la vente directe par l’entremise d’un site Web ou d’une plateforme de commerce électronique (35 %).

Les stratégies de marketing varient selon le secteur d’activité. Les entreprises technologiques privilégient davantage les canaux numériques, alors que les manufacturiers misent plus souvent sur les rencontres en personne. Nos recherches montrent qu’il est essentiel de diversifier ses canaux de marketing pour atteindre une clientèle dont le parcours d’achat est plus fragmenté que jamais.

Les résultats de cette année montrent donc des PME davantage tournées vers le développement de nouveaux marchés.

Graphique 3: Ambitions de croissance des PME

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat, n=975 pour 2026 (deuxième vague) et n=1323 pour 2025 Ambition de croissance: croissance modérée + croissance importante + transformation radicale

Virage 2: l’adoption de l’IA passe à la vitesse supérieure

L’IA s’impose de plus en plus comme une priorité stratégique pour les PME canadiennes. Alors qu’elle était encore largement perçue comme une technologie émergente il y a quelques années, elle figure maintenant parmi les priorités d’affaires de 22 % des PME, comparativement à 14 % en 2025.

Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation numérique. Selon l’étude BDC sur la maturité numérique, 36 % des PME ont déjà un plan d’adoption technologique qui inclut l’IA, et 96 % ont investi dans des technologies numériques en 2025. Les entreprises qui utilisent déjà l’IA comptent poursuivre sur cette lancée: 72 % prévoient augmenter leurs investissements en IA au cours des 12 prochains mois.

Le graphique 4 montre toutefois que cette transition progresse à des rythmes différents selon les secteurs. Les secteurs de la technologie et de l’information ainsi que du transport et de l’entreposage sont ceux où l’IA est la plus souvent considérée comme une priorité. C’est de cas de 33 % et de 32 % des PME dans ces secteurs respectivement. Le secteur manufacturier suit avec 24 %.

Ces secteurs sont souvent davantage concernés par l’automatisation, l’analyse de données et la gestion des opérations. L’IA peut y générer des gains rapides, notamment pour la planification, les ventes, l’automatisation de certaines tâches et la gestion des stocks.

À l’inverse, l’IA est moins souvent une priorité dans le secteur primaire, la construction ainsi que dans l’hébergement et la restauration. Pourtant, elle peut aussi aider ces entreprises à améliorer plusieurs tâches, par exemple:

  • l’administration et la gestion;
  • la planification;
  • le service à la clientèle.

Pour les PME, le défi ne consiste donc pas seulement à adopter l’IA, mais à l’intégrer de façon utile et structurée. Les résultats de l’étude BDC sur la maturité numérique montrent que les entreprises tirent davantage de valeur de l’IA lorsqu’elles:

  • disposent d’un plan d’adoption;
  • forment leurs équipes;
  • utilisent des données internes de qualité.

Dans le contexte actuel, marqué par une croissance économique modérée, une concurrence accrue et des pressions persistantes sur les marges, l’IA représente un levier important pour améliorer la productivité, un facteur sur lequel les PME une influence directe.

Graphique 4: Pourcentage des PME qui font de l’adoption de l’IA une des priorités pour les 12 prochains mois, par secteur

Source: Sondage BDC de la Semaine de la PME 2026, n=1491 (première vague)

La productivité au premier plan

Dans un contexte économique plus difficile et plus concurrentiel, les PME canadiennes sont plus nombreuses à prendre des mesures pour gagner en efficacité. En 2026, 88 % d’entre elles ont mis en place au moins une initiative pour améliorer leur productivité, comparativement à 74 % en 2025.

L’adoption de nouvelles technologies (30 %) demeure le principal moyen utilisé pour accroître la productivité. Toutefois, les PME ne se limitent pas à l’ajout de nouveaux outils. Le graphique 5 montre que 28 % d’entre elles ont renforcé l’utilisation des technologies déjà en place, en hausse marquée par rapport à 20 % en 2025.

Les entreprises investissent également davantage sur la formation du personnel. Près de trois entreprises sur 10 (28 %) ont accru leurs efforts de formation, contre 22 % l’an dernier. Cette progression pourrait s’expliquer par l’accélération de la transformation numérique et à l’adoption plus rapide de l’IA. Pour tirer pleinement parti des nouvelles technologies, il ne suffit pas d’investir dans les outils. Il faut aussi développer les compétences nécessaires pour les utiliser efficacement.

Les entreprises qui ont des ambitions de croissance sont particulièrement actives sur ce plan. Parmi elles, 94 % ont pris des mesures pour améliorer leur productivité, comparativement à 69 % de celles qui cherchent surtout à maintenir leurs activités.

Les plus jeunes propriétaires d’entreprise se démarquent également. Parmi les entrepreneures et entrepreneurs de moins de 35 ans, 99 % ont misé sur des initiatives visant à accroître la productivité, comparativement à 78 % chez les 55 ans et plus.

Dans l’ensemble, les PME misent sur la technologie, la formation et l’automatisation pour renforcer leur compétitivité et soutenir leur croissance.

Graphique 5: Actions prises par les PME au cours des 12 derniers mois pour augmenter leur productivité

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat, n=992 pour 2026 (deuxième vague) et n=1470 pour 2025. Les répondants et répondantes ayant choisi « je ne sais pas » ont été retirés.

La différenciation comme réponse à une concurrence accrue

Dans un contexte de concurrence plus intense, les PME cherchent à se démarquer. La grande majorité d’entre elles (85 %) ont mis en place au moins une mesure pour se différencier de leur concurrence.

Le prix demeure un levier important. Près du tiers des PME (31 %) ont ajusté leur stratégie de prix au cours des 12 derniers mois pour composer avec la hausse de la concurrence.

Les PME misent aussi sur l’amélioration de leur offre, que ce soit au niveau du service à la clientèle (33 %) ou de leurs produits ou services (30 %).

Le graphique 6 montre également que les PME investissent dans leur image de marque (27 %) et renforcent leurs activités de marketing (27 %) pour attirer la clientèle.

Les entreprises manufacturières se démarquent particulièrement. Soumises à des pressions économiques accrues depuis l’entrée en vigueur des tarifs, elles sont nombreuses à prendre des mesures pour se distinguer de la concurrence. Parmi elles, 55 % ont misé sur la qualité du service et presque la moitié (48 %) ont ajusté leur prix, comparativement à 31 % pour l’ensemble des PME.

Graphique 6: Actions prises par les PME au cours des 12 derniers mois pour se différencier de leurs compétiteurs et compétitrices

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat 2026, n=992 (deuxième vague). Les répondantes et répondants ayant choisi « je ne sais pas » ont été retirés.

Repenser l’approvisionnement et diversifier l’offre

Au cours des 12 derniers mois, plus de la moitié des PME (54 %) ont commencé à travailler avec un nouveau fournisseur. Cette proportion s’élève à 72 % parmi les PME directement touchées par les tarifs américains.

Cette diversification des sources d’approvisionnement se fait surtout au niveau local. Plus du tiers (36 %) des PME ont trouvé un nouveau fournisseur dans leur province, tandis que 20 % se sont tournées vers une autre province canadienne. Une plus faible proportion a trouvé un nouveau fournisseur à l’extérieur des États-Unis (8 %) ou aux États-Unis (4 %). Dans un contexte d’incertitude commerciale, les PME semblent donc privilégier des fournisseurs canadiens ou situés hors des États-Unis.

La réduction des coûts est la principale raison qui pousse les PME à changer de fournisseur. Près de la moitié (49 %) citent cet objectif. Pourtant, ces décisions ne sont pas uniquement motivées par des considérations financières. La fiabilité des fournisseurs est un facteur important pour 37 % des PME, tandis que 30 % recherchent une meilleure relation d’affaires ou un meilleur service.

Les tensions commerciales influencent également certaines décisions d’approvisionnement. Parmi les entreprises qui ont changé un fournisseur, 30 % l’ont fait pour remplacer un fournisseur américain, tandis que 20 % cherchaient explicitement à privilégier l’achat canadien. 

Graphique 7: Proportion des entreprises ayant commencé à travailler avec un nouveau fournisseur au cours des 12 derniers mois

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat 2026, n=549 (deuxième vague).. Les répondantes et répondants ayant choisi « je ne sais pas » ont été retirés.

Un fabricant de serres en cèdre veut diversifier ses exportations au-delà des États-Unis

Scott Frost et Britt Frost de Cedar-Built Greenhouses, à Abbotsford en Colombie-Britannique.

Cedar-Built Greenhouses, située à Abbotsford, en Colombie-Britannique, vend des trousses de serre fabriquées à la main à partir du légendaire cèdre rouge de l’Ouest.

Son chef de la direction, Scott Frost, songeait depuis des années à diversifier les exportations de son entreprise au-delà des États-Unis. Lorsque l’administration américaine a commencé à imposer des droits de douane sur les produits canadiens, la situation est devenue beaucoup plus urgente.

L’entreprise n’était pas elle-même assujettie aux droits de douane américains, mais ses ventes au sud de la frontière ont tout de même chuté de 30 %. «Si la clientèle américaine pense que nos produits pourraient être assujettis à des droits de douane, elle ne prend même pas la peine d’aller plus loin, explique Scott Frost. Les gens vont simplement voir ailleurs. Cela les rebute dès le départ.»

Scott Frost s’est tourné vers BDC pour obtenir de l’aide afin d’exporter vers d’autres pays.

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Les PME agissent pour diversifier leur offre

Les PME multiplient les stratégies de diversification pour mieux composer avec l’incertitude, maintenir leur rentabilité et soutenir leur croissance.

Au cours des 12 derniers mois, plus du tiers des PME (36 %) ont acquis de nouvelles clientes et de nouveaux clients à l’extérieur de leur province. Au-delà de la diversification géographique, près de quatre PME sur 10 (39 %) ont également diversifié leur offre de produits ou de services.

Cette stratégie est encore plus répandue parmi les entreprises touchées par les tarifs américains, où 58 % ont élargi leur offre.

La diversification des produits et services est également plus fréquente chez les entreprises de taille moyenne (75 %) et dans le secteur manufacturier (plus de 60 %). Le phénomène est encore plus prononcé chez les PME qui visent une transformation majeure de leurs activités (62 %) ou une croissance importante (61 %).

Graphique 8: Évolution du niveau de diversification des PME au cours des 12 derniers mois (en matière de produits et services)

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat 2026, n=915 et n=368 et n=369 pour les entreprises touchées par les tarifs américains (deuxième vague).. Les répondantes et répondants ayant choisi « je ne sais pas » ont été retirés

Face aux tarifs, les PMES touchées multiplient leurs stratégies pour réduire l’impact

Les PME touchées par les tarifs américains mettent en place plusieurs mesures pour en limiter les répercussions.

Trois stratégies arrivent en tête. Près du quart des PME:

  • diversifient leurs chaînes d’approvisionnement vers des pays non visés par les tarifs (24 %)
  • cherchent à développer de nouveaux marchés moins exposés aux tarifs (24 %)
  • sont à la recherche de subventions ou de programmes gouvernementaux pour compenser les coûts tarifaires (24 %).

Ces PME misent aussi sur leur offre et la productivité. Près d’une sur cinq offre de nouveaux produits ou services non visés par les tarifs. Une proportion similaire intensifie ses efforts de marketing et investit dans l’automatisation afin de réduire ses coûts de production.

Graphique 9: Actions prises par les PME directement touchées par les tarifs américains pour limiter l’impact

Source: Sondage BDC sur l’État de l’entrepreneuriat 2026, n= 372 (deuxième vague).

Chez Aeris Protective Packaging, on voit loin pour réduire les risques et propulser la croissance

Michael Leiberman, cofondateur et président, Aeris Protective Packaging Inc., se sert d’une machine dans son usine.

Aeris Protective Packaging, à Montréal, s’est taillé une place dans le marché des emballages protecteurs en se spécialisant dans les articles fragiles de grande valeur, comme les ordinateurs, les instruments de musique et les pièces automobiles.

À son sommet, 80 % de ses affaires étaient menées aux États-Unis. Pendant des années, cette concentration a été fructueuse. Puis, une série de perturbations est survenue. La pandémie de COVID-19 a été le premier gros signal d’alarme.

La volatilité des politiques commerciales est ensuite venue compliquer la situation. Les tarifs douaniers ont changé du jour au lendemain. Les transporteurs percevaient des droits et refusaient de les rembourser. Le coût des matières premières a explosé.

Cette imprévisibilité a mis une chose en évidence: il fallait que l’entreprise diversifie ses activités dans les marchés où elle était déjà présente.

Lisez la suite ici.

Les propriétaires d’entreprise passent à l’action: apprendre et s’entourer

Dans un environnement d’affaires plus exigeant, marqué par l’incertitude économique, la hausse des coûts et une concurrence accrue, les PME doivent s’adapter rapidement. Près d’une sur deux (48 %) estime que l’environnement évolue plus vite qu’il y a deux ans, tandis que 59 % croient que les entreprises qui tardent à s’adapter risquent de perdre du terrain.

Face à ces changements, les entrepreneures et entrepreneurs passent à l’action. Partout au pays, elles misent sur l’expansion, l’amélioration de la productivité, la diversification de leurs activités et la recherche de nouveaux fournisseurs pour renforcer leur capacité d’adaptation et demeurer compétitives.

Tableau: Mesures prises par les PME dans un contexte d’accélération des affaires, par région

  Priorisent l’expansion Agissent pour augmenter la productivité Diversifient leur offre de produits ou de services Travaillent avec un nouveau fournisseur
Colombie-Britannique 43 % 88 % 42 % 59 %
Alberta 46 % 88 % 40 % 59 %
Saskatchewan 51 % 88 % 36 % 52 %
Manitoba 31 % 91 % 35 % 51 %
Ontario 45 % 86 % 37 % 50 %
Québec 50 % 89 % 41 % 55 %
Provinces de l’Atlantique 55 % 85 % 41 % 63 %

Mais les entrepreneures et entrepreneurs ne se limitent pas au développement de leurs entreprises. Elles et ils investissent aussi pour développer leurs propres compétences. En 2026, elles et ils ont été plus plusieurs à:

  • participer régulièrement à des activités de réseautage;
  • chercher de l’accompagnement;
  • suivre de la formation.

Ces démarches témoignent d’une volonté de mieux s’adapter à un environnement qui évolue rapidement et d’acquérir les outils nécessaires pour saisir de nouvelles occasions de croissance. 

Ainsi, plutôt que de freiner les ambitions entrepreneuriales, le contexte actuel semble encourager les propriétaires d’entreprise à investir davantage dans le développement de leurs compétences.

Le réseautage gagne en popularité

Les activités de réseautage continuent d’apporter des avantages à la grande majorité (97 %) des entrepreneures et entrepreneurs qui y participent.

Cette année, plus de la moitié (55 %) ont participé à au moins une activité par mois, comparativement à 45 % en 2025.

Selon les propriétaires d’entreprise, les événements de réseautage permettent d’obtenir des conseils utiles et de trouver de nouvelles sources d’inspiration. Ces activités aident aussi à préserver la motivation et à créer des occasions de partenariat.

Graphique 10: Fréquence de participation des entrepreneures et entrepreneurs à des activités de réseautage

Source: BDC, sondage sur l’État de l’entrepreneuriat, n=1 476 en 2026 (première vague) et n = 1474 en 2025

La popularité du mentorat également en hausse

La proportion des propriétaires d’entreprise qui ont une mentore ou un mentor a augmenté en 2026. Elle est passée de 42 % en 2025 à 58 % cette année.

Les entrepreneures et entrepreneurs qui ont de plus grandes ambitions de croissance sont plus susceptibles d’être accompagnés. C’est le cas de 75 % de celles et ceux qui visent une croissance significative, comparativement à 30 % de celles et ceux qui souhaitent maintenir leurs activités au niveau actuel.

L’accompagnement peut aider les propriétaires d’entreprise à éviter certaines erreurs de gestion, particulièrement en début de parcours. Les résultats suggèrent aussi une corrélation avec la rentabilité. Parmi les personnes qui bénéficient de mentorat, 67 % se disent satisfaites de leur niveau de rentabilité, comparativement à 33 % de celles qui n’en ont pas.

Graphique 11: Proportion des entrepreneures et entrepreneurs ayant une mentore ou un mentor par ambition de croissance

Source: BDC, sondage sur l’état de l’entrepreneuriat, n= 200 à 560 (première vague)

Les formations sont aussi courues

Dans un environnement d’affaires qui évolue rapidement, la formation demeure un moyen important pour développer ses compétences et soutenir la croissance de son entreprise.

En 2026, plus de la moitié des propriétaires (53 %) ont déclaré avoir suivi une formation, comparativement à 40 % en 2025.

Les sujets les plus populaires étaient la stratégie d’entreprise, le marketing et le développement personnel. Ces choix montrent une volonté d’améliorer à la fois la performance de l’entreprise et les compétences en leadership.

Graphique 12: Type de formation suivie par les entrepreneures et entrepreneurs

Source: BDC, sondage sur l’état de l’entrepreneuriat, n= 802 pour 2026 (première vague) et 606 pour 2025. Les répondantes et répondants ayant choisi « je ne sais pas » ont été retirés.

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Méthodologie et remerciements

Enquête en ligne menée auprès de cheffes et chefs d’entreprise ainsi que de décideuses et décideurs provenant du panel Forum Research et d’autres panels affiliés.

Période de l’enquête

Première vague: du 8 au 29 juin 2026 (1 500 répondants et répondantes)

Deuxième vague: du 4 au 13 septembre 2026 (1 000 répondants et répondantes)

Facteurs de pondération

Les données ont été pondérées en fonction de la région et du nombre de personnes employées.

Marge d’erreur

Pour un échantillon probabiliste de 1 500 ou 1 000 répondants et répondantes, la marge d’erreur maximale est de ± 2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Toutefois, comme ce sondage repose sur un échantillon non probabiliste, les informations ci-dessus sont fournies à titre indicatif uniquement.

Le sondage de 2025 a été mené auprès de 1 502 propriétaires d’entreprise et membres du panel en ligne Sago Asking Canadians, du 17 juillet au 1er août 2025.

Remerciements

Cette étude a été rendue possible grâce à la collaboration Alexandra Fioriello, Annie Jolicoeur, Roseline Joyal-Guillot, Catherine Schwartz et Samuel St-Pierre Thériault. 

Elle est fondée sur des données de sondage et des renseignements publics analysés et interprétés par BDC. Toute erreur ou omission relève de la seule responsabilité de BDC. Tous les chiffres de cette étude ont été arrondis. Le lectorat est exclusivement responsable de son usage de l’information présentée dans ce document.