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Un processus de développement de produits réussi


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Johan Lasalle, président, DroneXperts

Lorsqu’il a commencé à fabriquer des drones, Johan Lassalle a dû surmonter un défi auquel font face beaucoup d’entreprises en phase de développement de produits, à savoir la tentation de dire oui à toutes les demandes de personnalisation de la part des clients.

M. Lassalle est président de DroneXperts, une entreprise de conception, de fabrication et de télépilotage de drones servant à la collecte de données spécialisées pour le compte d’entreprises ou de gouvernements. DroneXperts a également des points de vente à Québec et à Montréal.

«À ses débuts, une entreprise ne peut se permettre de laisser passer des occasions d’affaires», explique M. Lassalle, qui a commencé à fabriquer des drones dans son garage à Sainte-Marie de Beauce, au sud de Québec. «Convaincu que tout était possible, je disais oui à toutes les demandes des clients.»

Résister à l’envie de personnaliser

Comme beaucoup d’entrepreneurs engagés dans le développement de produits, M. Lassalle était inondé de demandes pour des fonctions particulières. Or, il a réalisé qu’il ne pouvait répondre à chacune d’elles s’il voulait faire croître son entreprise et rejoindre un vaste public.

Accepter ces demandes aurait été trop coûteux et fastidieux et aurait entraîné ce qu’on appelle la personnalisation à outrance, c’est‑à‑dire l’ajout d’une multitude de fonctionnalités qui augmentent excessivement la complexité d’un produit.

«Chaque client a ses besoins et c’est facile de s’éparpiller,» souligne l’entrepreneur de 28 ans. «Nous avons appris à dire non.»

L’histoire de DroneXperts remonte à 2011, époque où M. Lassalle travaillait à la mise au point d’un système innovateur permettant de stabiliser les appareils photo en vol. L’utilisation des drones à des fins commerciales était alors encore à ses débuts, et la capacité de M. Lassalle d’être à l’écoute des besoins de chaque client l’a aidé à démarrer son entreprise.

«Nous nous sommes forgé une réputation et taillé une place sur le marché, mais nous devions chaque fois investir beaucoup d’argent et de temps.»

Collecte de données

L’entreprise utilise maintenant les drones pour collecter des images et des données spécialisées pour l’arpentage, l’agriculture, le génie civil, des projets municipaux et des productions vidéo. DroneXperts compte parmi ses partenaires Rio Tinto Alcan, Hydro‑Québec et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

«Les grandes entreprises ne veulent pas de superflu,» explique M. Lassalle. «Lorsque le chargé de projet responsable des drones à l’Institut de recherche d’Hydro‑Québec m’a demandé si l’on pouvait faire l’inspection des pylônes et des lignes électriques avec un drone, je lui ai répondu: “Dites‑nous exactement ce qu’il vous faut et nous vous montrerons ce que nous sommes capables de faire."»

La passion de M. Lassalle pour l’aéronautique, la robotique et le modélisme a commencé durant son enfance en Guyane française.

«Mon père travaillait pour le Centre spatial guyanais,» dit‑il. «J’ai donc grandi entouré d’ingénieurs.»

Formation de pilote d’avion

Arrivé au Québec à l’âge de 20 ans, il a suivi une formation de pilote professionnel d’avion puis d’instructeur de vol avant de jeter les bases de DroneXperts.

Jonathan Dupont Champagne (26 ans) se joint à M. Lassalle en tant qu’investisseur, et DroneXperts obtient des certificats d’opérations aériennes pour ses premiers contrats avec Transports Canada, en 2013.

À la technologie développée par M. Lassalle pour faire voler des drones équipés d’appareils photo professionnels, M. Champagne a apporté ses compétences en gestion administrative. Leurs premiers clients ont été des entreprises locales de production vidéo.

«Ça a pris des mois de recherche et développement. Chaque fois qu’on réglait un problème, un autre surgissait, raconte M. Lassalle. Malheureusement, nos clients à l’époque avaient des moyens très limités. Nous perdions de l’argent.»

Se doter d’une solide structure financière

C’est l’arrivée d’un troisième investisseur, Marc‑Olivier Bleau (29 ans), qui a favorisé la croissance de DroneXperts.

L’entreprise a reçu un autre important coup de pouce à la fin de 2014, lorsqu’une firme d’arpentage de Québec a vu le potentiel de DroneXperts et réuni un groupe d’investisseurs. «Cela a été un moment décisif. Ils nous ont propulsés à un niveau supérieur.»

DroneXperts, un client de BDC, a ouvert une boutique à Québec et un établissement à Montréal pour la vente et le service de réparation.

Les prix des drones vendus à la boutique vont de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars. Les drones sur mesure que DroneXperts construit pour ses clients coûtent de 20 000 $ à 150 000 $.

Plan de recrutement

L’entreprise, qui compte sept employés, prévoit en embaucher de huit à dix autres d’ici l’été 2015. «Nous avons des contrats qui entrent. Nous devons donc être prévoyants et prendre le temps de former nos employés.»

«Nous avons une structure solide et sommes prêts à passer à un niveau supérieur de croissance, conclut M. Lassalle. «Nous avons ce qu’il faut pour réussir.»

Leçons apprises:

1. Savoir dire non

Déterminez la force de votre entreprise et concentrez‑vous là‑dessus. «N’essayez pas de courir plusieurs lièvres à la fois, » dit Johan Lassalle, président de DroneXperts. «Vous risqueriez de ne rien réussir.»

2. Bien s’entourer et déléguer

La plupart des entrepreneurs ont tendance à vouloir tout gérer. «La performance et la qualité du travail en souffrent. Faites confiance à vos collaborateurs et déléguez.»

3. Ne pas se précipiter

Il faut se donner des bases solides avant de se lancer à la chasse aux contrats. M. Lassalle conseille de prendre le temps de se poser les bonnes questions et de demander l’aide de spécialistes, que ce soit en finance, en marketing ou en ressources humaines.


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