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Une entreprise vouée à la croissance: comment un entrepreneur a su vaincre l’adversité

Temps de lecture: 5 minutes

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Shawn Kersey

Depuis ses débuts modestes dans le sous‑sol de sa maison en 2002, l’entreprise de Shawn Kersey, Data Wiring Solutions, établie à Halifax, est devenue une société de télécommunications prospère employant 150 personnes dans le Canada atlantique et en Ontario.

Durant son parcours, M. Kersey a essuyé plusieurs revers en démontrant une résilience exceptionnelle. Il a notamment connu de graves problèmes de trésorerie au moment du rachat des parts de son associé, alors qu’il procédait à une acquisition et à d’importantes expansions. À peu près à la même époque, son directeur financier est décédé et sa femme a appris qu’elle était atteinte d’un cancer.

Grâce à sa détermination – et à certaines décisions d’affaires judicieuses – M. Kersey a traversé ces épreuves et remporté un Grand Prix de l’Entrepreneur d’EY.

Voici ce que Shawn Kersey avait à dire sur:

…son éducation

Je suis né à Halifax, en 1966. Après mes études secondaires, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma vie. J’ai décidé d’étudier l’électronique à l’école de métiers locale. Dès la première journée, j’ai su que ce n’était pas pour moi.

Je me suis réinscrit à l’école secondaire pour améliorer ma moyenne et j’ai fait une demande d’admission à l’Université Dalhousie. Le premier jour, alors que je devais choisir mes cours, je me suis dit «ce programme ne me convient pas non plus».

J’ai travaillé pendant un an et ça m’a ouvert les yeux sur la réalité. J’étais ouvrier dans une entreprise de carrelage et de marbre. J’ai été mis à pied après huit mois et je me suis rendu compte que je devais apprendre un métier, car je n’aimais pas me retrouver au chômage. J’ai suivi une formation de deux ans en électronique. Ayant obtenu mon diplôme en 1988, j’ai décroché la même année un poste dans une entreprise de communication établie à Toronto.

…démarrer sa première compagnie

Pendant deux ans et demi, j’ai voyagé partout au Canada pour le compte de celle‑ci et acquis beaucoup d’expérience, notamment en câblage de télécommunications et en épissage et essai de fibre optique.

J’ai décidé de lancer ma propre entreprise de câblage de télécommunications en 1992, en offrant des services d’épissage de fibre optique. J’ai dirigé cette entreprise pendant sept ans avant de la vendre à un service public d’électricité local.

Je suis resté en tant que directeur pendant un peu plus d’un an avant de réaliser que je n’étais pas fait pour travailler pour une grande entreprise. Je n’étais pas heureux. C’était réellement étouffant.

…la croissance de son entreprise

En septembre 2002, j’ai démarré Data Wiring Solutions avec deux associés. Après avoir ciblé le marché résidentiel pendant un an, nous avons décidé d’offrir des services commerciaux de câblage de systèmes voix‑données et les contrats beaucoup plus importants ont commencé à affluer.

C’est à partir de là que l’entreprise a vraiment pris son envol. Pendant les deux premières années, nos bureaux se trouvaient dans le sous‑sol de ma maison. Nous avons ensuite emménagé dans des locaux de 150 mètres carrés (1 600 pieds carrés) et avons continué à prendre de l’expansion.

Après quelques années, mes associés ont décidé de poursuivre de nouveaux projets et un nouvel associé s’est joint à moi. Avec le temps, il est devenu évident que notre vision et notre méthode de gestion divergeaient et, en 2011, j’ai compris que le mieux pour l’entreprise était de racheter ses parts.

En mars 2012, j’ai fait l’acquisition d’une petite entreprise de câblage structuré à St. John’s, Terre‑Neuve. À peu près à la même époque, nous avions besoin d’un nouveau siège social à Halifax en raison de notre croissance. Nous avons trouvé un emplacement de 600 mètres carrés (6 500 pieds carrés) et effectué des travaux d’amélioration qui ont porté sa superficie à 1 100 mètres carrés (12 000 pieds carrés). Cela a mis nos flux de trésorerie à rude épreuve.

Au même moment, nous avons décroché un contrat en Ontario et avons dû y ouvrir un bureau comptant une vingtaine de techniciens et quelques gestionnaires. Pendant ce temps, à Halifax, nous ajoutions de 10 à 15 techniciens à notre effectif. Toute cette croissance accentuait la pression sur nos flux de trésorerie.

…reprendre le contrôle de son flux de trésorerie

Quand votre entreprise est en mode croissance, il est difficile de contrôler pleinement la situation, notamment les coûts. Trouver des techniciens et des camions était notre préoccupation première, mais nous négligions l’aspect financier. Pour une entreprise, croître est parfois plus difficile que de réduire ses activités.

À l’automne 2012, mon directeur financier est tombé malade et est décédé des suites d’un anévrisme cérébral. La même année, durant l’été, ma femme a reçu un diagnostic de cancer du sein.

Au même moment, notre problème de trésorerie s’aggravait à cause du rachat des parts de mon ancien associé, de la croissance de l’entreprise, de l’embauche de personnel et de l’expansion. J’ai réuni mon équipe de direction pour chercher des moyens de réduire les coûts. Nous avons examiné différentes sphères de l’entreprise où il était facile d’effectuer des compressions et nous avons rapidement éliminé les dépenses superflues. Nous avons aussi pris la dure décision de fermer certaines divisions moins performantes.

Nous avions obtenu des prêts de BDC pour le rachat des parts de mon associé et l’agrandissement du bureau. Pour nous aider, la Banque nous a accordé des congés de paiement et a accepté de renégocier les modalités de remboursement.

J’ai aussi proposé à plusieurs gestionnaires clés d’investir dans l’entreprise. J’ai recruté ainsi quatre nouveaux actionnaires, ce qui a contribué à stabiliser les flux de trésorerie et à nous remettre sur les rails. J’ai été très honnête à propos de la situation de l’entreprise, mais toutes les personnes sollicitées ont accepté d’investir.

…prendre le virage

En décembre 2012, ma femme a été opérée pour son cancer et nous avons pu clore ce chapitre. Elle va bien depuis. Ça a été une période éprouvante, pleine de bouleversements dans ma vie personnelle et professionnelle.

En mars 2013, nos réductions de coûts et le redressement de nos opérations avaient porté leurs fruits et nos finances s’étaient stabilisées. Depuis, nos résultats s’améliorent continuellement. En 2015, nous avons connu la meilleure année de notre histoire.

J’ai réussi à passer au travers parce que j’étais entouré de personnes fortes et compétentes. Lorsqu’on a un problème, il faut avoir quelqu’un à qui demander de l’aide. Ce sont ces gens qu’on n’oublie jamais. Je n’ai pas réussi tout seul. C’est le fruit d’un travail d’équipe.

En octobre 2015, j’ai reçu le Grand Prix de l’Entrepreneur d’EY dans la catégorie Technologie et communications pour le Canada atlantique. Après tout ce que nous avons traversé, le seul fait d’être reconnus pour le travail que nous avons accompli est un honneur pour mon entreprise et pour moi.

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