Septembre 2026

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Les tarifs douaniers font monter les enjeux pour les entreprises canadiennes

Un choc ciblé, et non un déclencheur de récession

Le Canada fait face à un nouveau choc tarifaire, mais pas nécessairement à une crise généralisée de l'économie. Les plus récentes mesures américaines visent des biens qui représentent environ 5 % des exportations canadiennes. En conséquence, BDC Économie n'a révisé que modestement ses prévisions de croissance du PIB réel, qui passent de 1,0 % à 0,9 % pour 2026 et de 1,5 % à 1,3 % pour 2027.

Ces révisions témoignent d'un ralentissement de l'activité économique, mais non d'un effondrement. La croissance devrait demeurer positive, même si elle reste inférieure au potentiel de l'économie canadienne. 

En d’autres termes, les droits de douane risquent plutôt de ralentir l’économie que de la plonger dans une récession.

Cette distinction est importante. L'exposition du Canada aux produits visés est suffisamment importante pour amputer la croissance, mais trop concentrée pour entraîner le type de contraction généralisée généralement associé à une récession. Les dépenses des ménages et des administrations publiques devraient continuer de soutenir l'activité économique, tandis que l'essentiel de l'ajustement devrait être absorbé par les investissements des entreprises, les exportations et les secteurs directement touchés par les mesures tarifaires.

Les petites entreprises subissent la pression la plus forte

Pour les entrepreneurs, toutefois, les moyennes nationales n'offrent qu'un réconfort limité. On estime que plus de 25 000 entreprises canadiennes exercent leurs activités dans des secteurs visés par les nouvelles mesures tarifaires, dont environ 5 500 exportent vers les États-Unis. Ces entreprises sont réparties dans une centaine de secteurs selon la classification SCIAN à six chiffres, ce qui montre que le choc est beaucoup plus diversifié que ne le laissent croire les grandes catégories sectorielles. Plus important encore, les petites entreprises représentent plus de deux entreprises sur cinq parmi celles qui sont directement exposées.

La taille de l'entreprise influence fortement sa capacité à absorber un choc commercial. Un grand exportateur peut généralement diversifier sa clientèle, réorienter une partie de sa production ou accepter temporairement une compression de ses marges. Une petite entreprise est souvent davantage dépendante d'un nombre restreint de clients ou de contrats et dispose de ressources financières plus limitées. Dans ce contexte, un ralentissement des commandes peut rapidement se traduire par des pressions sur les liquidités, une réduction des stocks ou le report de projets d'embauche.

C'est pourquoi le risque le plus important n'est peut-être pas le droit de douane lui-même, mais les ajustements qu'il déclenche. Une baisse des ventes exerce une pression sur les flux de trésorerie, ce qui peut limiter l'accès au financement et retarder les investissements nécessaires pour accroître la productivité et maintenir la compétitivité de l'entreprise.

Une exposition concentrée dans des secteurs stratégiques

La répartition sectorielle du choc renforce cette préoccupation. Outre l'agriculture, les entreprises potentiellement touchées par cette nouvelle vague de droits de douane se retrouvent notamment dans la fabrication diversifiée, la fabrication d'instruments de mesure, d'équipements médicaux et de contrôle, les produits en plastique, les produits métalliques fabriqués ainsi que les machines à usage général.

Il ne s'agit pas uniquement de producteurs de biens finis. Plusieurs de ces entreprises fabriquent des composants spécialisés, des biens d'équipement ou des intrants destinés à d'autres entreprises. Les répercussions économiques pourraient donc se propager au sein des chaînes d'approvisionnement sous la forme d'une diminution des commandes, d'un allongement des délais de paiement et d'un ralentissement de la demande pour des services connexes tels que le transport, l'entretien ou les services professionnels.

L’exposition régionale ne reflète qu’une partie de la réalité

Les répercussions des nouveaux droits de douane varieront considérablement d'une province à l'autre. Les produits visés par les mesures américaines représentent environ 14 % des exportations de la Colombie-Britannique vers les États-Unis, comparativement à 11 % au Québec et à 9,5 % en Ontario. Toutefois, la part des produits touchés ne permet pas, à elle seule, de mesurer les conséquences économiques potentielles.
L'importance des exportations vers les États-Unis dans l'économie provinciale est tout aussi déterminante. Les exportations de biens vers le marché américain représentent environ 7 % du PIB de la Colombie-Britannique, contre près de 20 % au Québec et en Ontario. Autrement dit, même si la Colombie-Britannique affiche la plus forte proportion d'exportations directement visées par les nouveaux tarifs, l'activité économique du Québec et de l'Ontario demeure beaucoup plus dépendante du marché américain des biens.

Cette différence contribue à expliquer pourquoi nous prévoyons un impact sur la croissance économique plus marqué dans les provinces du centre du pays. La croissance du PIB réel devrait s'établir à seulement 0,6 % au Québec et en Ontario, en 2026, comparativement à 0,9 % en Colombie-Britannique.

Les coûts se répercuteront au-delà des exportateurs, sans pour autant raviver l'inflation

Les droits de douane ne touchent pas uniquement les entreprises exportatrices. Les mesures de rétorsion canadiennes risquent également d'augmenter le coût des machines, des équipements et des intrants intermédiaires importés. Les mécanismes d'exemption et les remises disponibles devraient limiter les répercussions sur les prix à la consommation, mais certaines entreprises pourraient néanmoins absorber une part importante de ces coûts additionnels.

Pour les entreprises concernées, les options demeurent limitées. Celles qui ne peuvent pas répercuter la hausse des coûts sur leurs clients devront composer avec une réduction de leurs marges bénéficiaires. Celles qui augmentent leurs prix risquent de voir la demande s'affaiblir dans un contexte économique déjà fragile. Enfin, celles qui reportent leurs investissements pour préserver leurs liquidités pourraient compromettre leurs gains de productivité futurs.
Ainsi, l'effet macroéconomique sur l'inflation devrait demeurer relativement modeste, mais les conséquences microéconomiques pourraient être importantes pour les entreprises directement touchées. Les pressions se feront davantage sentir dans les coûts de production, les marges bénéficiaires et les décisions d'investissement que dans l'évolution générale des prix à la consommation.

Le taux de change pourrait atténuer certaines de ces pressions tout en en accentuant d'autres. Un dollar canadien plus faible augmente la valeur en dollars canadiens des revenus tirés des exportations vers les États-Unis et peut améliorer la compétitivité-prix des exportateurs. En contrepartie, il renchérit le coût des biens d'équipement, des intrants et des composantes importés.

Pour les entreprises qui exportent et importent simultanément, la question n'est donc pas de savoir si un dollar canadien plus faible est « bon » ou « mauvais ». L'enjeu est plutôt de déterminer si les revenus libellés en dollars américains compensent la hausse des coûts en devises étrangères et si les fluctuations du taux de change surviennent avant que les prix et les contrats puissent être renégociés.

Le risque le plus important demeure le ralentissement de l'investissement

Le principal risque macroéconomique associé à cette combinaison de coûts commerciaux plus élevés et d'incertitude accrue est un nouveau report des investissements des entreprises. Depuis les premières annonces tarifaires américaines au début de 2025, les entreprises canadiennes ont généralement adopté une approche prudente en matière d'investissement. Malgré quelques rebonds ponctuels, les dépenses en immobilisations sont demeurées au mieux stagnantes, les entreprises privilégiant souvent la préservation de leurs liquidités dans un contexte commercial difficile à prévoir.

Les investissements non résidentiels ont ainsi reculé de 1,6 % au premier trimestre de 2026 avant de rebondir de 8,9 % au deuxième trimestre. Cette évolution traduit toutefois davantage une trajectoire irrégulière qu'un véritable cycle d'expansion soutenu. Après plusieurs trimestres de faiblesse, les entreprises semblaient néanmoins retrouver une certaine confiance avant la plus récente escalade tarifaire.

Le sondage de BDC de juillet 2026 faisait état d'un solde positif des intentions d'investissement de 22 %, tandis que 58 % des entreprises prévoyaient concrétiser leurs projets d'investissement au cours des 12 mois suivants. Il s'agissait d'un signal encourageant, d'autant plus que les besoins de financement commençaient à évoluer. Après avoir essentiellement servi à soutenir les opérations courantes pendant plusieurs trimestres, le financement était de plus en plus orienté vers des projets de croissance, de productivité et de modernisation.

Or, la nouvelle montée des tensions commerciales risque de freiner cet élan. Même si les effets directs des droits de douane demeurent concentrés dans certains secteurs, l'incertitude qu'ils génèrent pourrait inciter les entreprises à repousser certaines décisions d'investissement. C'est pourquoi les conséquences économiques les plus durables pourraient moins provenir des tarifs eux-mêmes que de leur capacité à prolonger une période déjà marquée par l'attentisme des entreprises.


Gérer l’incertitude sans freiner la croissance

Il s'agit sans doute du principal enjeu économique pour les entrepreneurs. Les droits de douane entraînent des coûts immédiats, mais une faiblesse persistante de l'investissement risque d'avoir des conséquences beaucoup plus durables sur la compétitivité des entreprises canadiennes. Les entrepreneurs ne peuvent pas contrôler l'évolution de la politique commerciale, mais ils peuvent évaluer leur vulnérabilité et adapter leur stratégie en conséquence.

Concrètement, cela signifie identifier la part des revenus qui dépend du marché américain, distinguer les intrants exposés aux droits de douane des autres coûts de production, évaluer la rentabilité selon différents scénarios de taux de change et de tarifs, et prioriser les investissements susceptibles d'améliorer la productivité ou de diversifier les marchés. Ces mesures n'élimineront pas le choc, mais elles peuvent réduire le risque qu'une perturbation commerciale temporaire se transforme en perte permanente de compétitivité.

L'économie canadienne devrait être en mesure d'absorber cette nouvelle vague de mesures tarifaires. La majorité des exportations canadiennes demeurent exemptes de nouveaux droits de douane et la demande intérieure continue de soutenir l'activité économique. Cette résilience ne doit toutefois pas être confondue avec une immunité. Pour des milliers de fabricants, de producteurs de machines, d'entreprises du secteur des plastiques et d'exportateurs spécialisés, l'ajustement sera rapide et exigeant sur le plan financier.

Les entreprises les mieux placées pour traverser cette période seront celles qui réussiront à préserver leur liquidité sans compromettre leurs projets d'amélioration de la productivité, à diversifier leurs débouchés sans négliger leurs marchés les plus rentables et à intégrer l'incertitude dans leur planification plutôt que de suspendre leurs décisions d'investissement. La bonne nouvelle est que les entreprises canadiennes ont progressivement développé leur capacité d'adaptation aux tensions commerciales. L'expérience des dernières années montre que, même dans un environnement marqué par les différends commerciaux et l'incertitude, l'économie canadienne demeure capable de poursuivre sa croissance.

Ce que cela signifie pour les entrepreneurs

  • Allez au-delà des manchettes et mesurez votre exposition réelle. Évaluez votre dépendance au marché américain, aux produits visés par les droits de douane ainsi qu'aux intrants importés susceptibles de voir leur coût augmenter.
  • Protégez vos investissements les plus productifs. Dans un contexte d'incertitude, privilégiez les projets qui améliorent la productivité, réduisent les coûts unitaires ou renforcent votre avantage concurrentiel.
  • Mettez vos marges et vos liquidités à l'épreuve. Évaluez l'impact de différents scénarios de tarifs douaniers, de taux de change, de coûts d'intrants et de besoins de financement afin d'identifier les principales vulnérabilités de votre entreprise.
  • Renforcez graduellement la résilience de votre organisation. Diversifiez vos marchés, vos fournisseurs et vos sources d'approvisionnement lorsque cela est possible, tout en préservant les relations commerciales qui demeurent les plus rentables.
Perspectives canadiennes

Le Canada a évité la récession, mais l’économie perd de nouveau de l’élan

Le Canada a évité la récession, mais demeure engagé dans une période de croissance faible et inégale. La hausse annualisée de 3,3 % du PIB réel au deuxième trimestre et l'amélioration de la demande intérieure ont été des signaux encourageants. Toutefois, le recul des échanges commerciaux en juillet, la persistance des pressions inflationnistes liées à l'énergie et la perte de 41 700 emplois en août rappellent que la reprise demeure fragile et vulnérable aux chocs.

Le rebond est bien réel, mais sa composition incite à la prudence

L'économie canadienne a enregistré de meilleurs résultats au premier semestre de 2026 que ce qui était anticipé auparavant. La croissance du PIB réel du premier trimestre a été révisée à la hausse, passant d'une contraction annualisée de 0,1 % à une progression de 0,3 %, avant d'accélérer à 3,3 % au deuxième trimestre. Ce résultat écarte le scénario de « récession technique » qui dominait les discussions au début de l'année. La reprise a également été suffisamment généralisée pour être significative. Les dépenses des ménages ont augmenté à un rythme annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre, l'investissement résidentiel a rebondi de 10,4 % après avoir reculé de 10,6 % au premier trimestre, tandis que l'investissement des entreprises a repris de la vigueur, porté par une hausse de 6,5 % des dépenses en construction non résidentielle et un bond de 22,6 % des investissements en machines et matériel.

Le graphique sur les contributions à la croissance montre toutefois pourquoi ce rebond ne doit pas être interprété comme le début d'une expansion soutenue. Au premier trimestre, le commerce extérieur a retranché 3,6 points de pourcentage à la croissance, alors que les stocks y ont contribué pour 4,2 points. Au deuxième trimestre, la situation s'est pratiquement inversée : le commerce extérieur a ajouté 4,4 points à la croissance, tandis que les stocks ont soustrait 4,9 points. Ces mouvements de grande ampleur se sont essentiellement compensés sur l'ensemble du premier semestre, mais ils illustrent aussi la forte volatilité qui continue de caractériser l'économie canadienne.

Les composantes plus fondamentales de la demande, ont toutes largement contribué à la croissance du deuxième trimestre, notamment la consommation et l’investissement. L’économie continue de croître, mais sa vigueur dépend encore en partie des fortes fluctuations du commerce et des stocks plutôt que d’une accélération soutenable.

Les données commerciales de juillet laissent entrevoir un début de troisième trimestre plus modéré

Les premières données disponibles pour le troisième trimestre sont moins encourageantes que ne le laissait présager la forte croissance observée au deuxième trimestre. L'indice du volume des importations de marchandises est passé de 110,4 en juin à 112,8 en juillet, soit une hausse mensuelle de 2,2 %. À l'inverse, l'indice du volume des exportations a reculé de 108,5 à 106,8 au cours de la même période, ce qui représente une baisse de 1,6 %. L'écart entre les deux indices s'est ainsi creusé pour atteindre 6,0 points en juillet. En termes simples, le Canada a importé davantage de biens tout en exportant moins, ce qui laisse entrevoir une contribution négative du commerce net à la croissance au début du troisième trimestre.

Cette évolution permet également de mieux mettre en perspective l'importante contribution du commerce extérieur à la croissance du deuxième trimestre. Au cours de cette période, les exportations de biens et services ont progressé de 15,1 % en rythme annualisé, alors que les importations n'ont augmenté que de 2,3 %, ce qui a fortement soutenu la croissance du PIB.

La tendance observée en juillet suggère toutefois un changement de dynamique. Bien que les volumes d'exportation demeurent supérieurs à leur niveau de janvier, ils ont légèrement reculé par rapport au sommet atteint en juin. Les volumes d'importation, pour leur part, ont atteint leur niveau le plus élevé depuis le début de l'année.

Un seul mois ne suffit évidemment pas pour définir la trajectoire d'un trimestre entier. Néanmoins, ce début de trimestre suggère que le commerce extérieur est davantage susceptible de freiner la croissance au troisième trimestre que de lui fournir l'impulsion exceptionnelle observée au deuxième trimestre. Ce constat est d'autant plus notable qu'il survient alors que les négociations commerciales avec les États-Unis semblaient évoluer dans une direction plus favorable.

L'inflation est maîtrisée hors énergie, mais la Banque du Canada demeure prudente

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. Les plus récentes données sur l'inflation expliquent à la fois pourquoi elle peut maintenir le statu quo et pourquoi elle ne laisse pas entrevoir de nouvel assouplissement à court terme. L'inflation globale a atteint 3,0 % en juillet, comparativement à 2,8 % en juin et à 1,8 % en février, soit le dernier mois avant que le conflit en Iran ne perturbe les marchés énergétiques. En revanche, l'inflation excluant l'énergie est demeurée beaucoup plus stable, s'établissant à 2,2 % en juillet. L'écart de 0,8 point de pourcentage entre ces deux mesures indique que l'accélération récente de l'inflation provient principalement du secteur de l'énergie plutôt que d'une hausse généralisée des prix.

Cette distinction est importante pour la conduite de la politique monétaire. L'inflation hors énergie demeure proche de la cible de 2 % de la Banque du Canada, tandis que le taux directeur de 2,25 % se situe à l'extrémité inférieure de sa fourchette neutre estimée. La Banque peut donc, dans une certaine mesure, faire abstraction des fluctuations des prix de l'énergie tant que celles-ci ne se transmettent pas au reste de l'économie.
Toutefois, la remontée de l'inflation globale de 1,8 % à 3,0 % en seulement cinq mois est trop importante pour être ignorée. Comme l'a souligné le gouverneur Macklem, la hausse des coûts énergétiques peut progressivement se répercuter sur les coûts de transport, de production et de distribution. Les risques inflationnistes à court terme ne proviennent donc plus des tensions commerciales et des tarifs douaniers, mais davantage de possibles effets de débordements liés à l'énergie.

Dans ce contexte, la Banque du Canada dispose de peu d'arguments pour réduire rapidement ses taux d'intérêt. Pour les ménages comme pour les entreprises, une baisse imminente du coût du crédit apparaît donc peu probable tant que les pressions inflationnistes liées à l'énergie demeureront élevées. 

L’emploi a reculé en août, mais le marché du travail ne s’effondre pas

L'emploi a diminué de 41 700 postes en août, après trois mois consécutifs de progression. Ce recul est certes décevant, mais il fait suite à un gain cumulatif de 181 100 emplois au cours des trois mois précédents. Malgré ce revers, le niveau d'emploi demeurait supérieur de 216 500 postes à celui d'août 2025, ce qui correspond à la plus forte hausse annuelle observée depuis le début de 2026. Dans ce contexte, le rapport d'août s'apparente davantage à un essoufflement de la dynamique récente qu'à un véritable retournement du marché du travail.

La trajectoire observée depuis le début de l'année demeure toutefois irrégulière. Après avoir perdu 24 800 emplois en janvier et 83 900 en février, l'économie en a regagné 14 100 en mars avant d'en perdre de nouveau 17 700 en avril. Malgré cette volatilité, le Canada comptait environ 26 800 emplois de plus en août qu'à la fin de 2025.

Ces données sont cohérentes avec une économie qui continue de croître, mais à un rythme modéré et marqué par d'importantes fluctuations mensuelles. À lui seul, le recul observé en août est loin de signaler une récession. Il survient toutefois dans un contexte où les données commerciales pointent vers un début de troisième trimestre plus modeste et suggère que les entreprises demeurent prudentes en matière d'embauche.

Ce que cela signifie pour votre entreprise

  • Les exportateurs devraient continuer à planifier en fonction d'une demande étrangère chancelante. L'élargissement du déficit commercial rappelle également que la croissance économique pourrait ralentir davantage si les exportations ne se redressent pas au cours des prochains mois.
  • Élaborez vos plans de financement en supposant, pour l'instant, un taux directeur de 2,25 %. Les entreprises à forte intensité énergétique devraient évaluer séparément leur exposition aux coûts du carburant, du transport et des intrants, puisque les pressions inflationnistes proviennent principalement d'une composante qui demeure volatile même lorsque l'inflation sous-jacente est maîtrisée.
  • Les conditions d'embauche pourraient devenir moins tendues, sans pour autant régler les pénuries de main-d'œuvre. Comme nous l'avons expliqué dans une précédente édition de la lettre économique, les pressions démographiques continueront de limiter l'offre de travailleurs. Le principal signal à retenir est celui d'une plus grande prudence dans les intentions d'embauche, et non celui d'une hausse généralisée de la disponibilité de la main-d'œuvre.
  • La reprise du deuxième trimestre améliore les perspectives à court terme, mais elle ne garantit pas une accélération durable de la croissance. Prévoyez des ventes inégales et conservez une certaine flexibilité dans la gestion des stocks, des effectifs et du fonds de roulement, alors que plusieurs indicateurs pointent vers une croissance plus modérée au cours des troisième et quatrième trimestres.
Perspectives provinciales

Colombie-Britannique

L'économie de la Colombie-Britannique continue de montrer des signes de stabilisation, même si certains vents contraires commencent à se manifester. L'emploi a légèrement reculé en août et le taux de chômage a augmenté pour atteindre 6,5 %. L'amélioration observée dans les industries de services s'est poursuivie, mais elle a été partiellement contrebalancée par un léger recul de l'emploi dans les secteurs producteurs de biens. Bien que le marché du travail demeure moins vigoureux qu'il y a un an, le niveau d'emploi s'est généralement stabilisé après un début d'année 2026 difficile.

Les dépenses de consommation ont progressé de seulement 0,1 % en juin, après avoir bondi de 2,5 % en mai. Une partie de cette hausse reflète toutefois l'augmentation des prix plutôt qu'un raffermissement de la demande. Les volumes réels de ventes au détail sont demeurés stables et les ventes de base se sont affaiblies, ce qui laisse croire que les ménages demeurent prudents dans un contexte d'incertitude économique persistante.

La récente escalade des droits de douane américains représente un risque supplémentaire pour la province. La Colombie-Britannique figure parmi les provinces les plus exposées aux produits nouvellement visés par les mesures américaines. Le secteur forestier est particulièrement vulnérable en raison de sa forte dépendance au marché américain et des contraintes commerciales auxquelles il fait déjà face. Les nouveaux droits de douane devraient ainsi peser sur les exportations, l'investissement des entreprises et l'emploi dans les secteurs concernés.

Le marché de l'habitation demeure également faible. Les ventes résidentielles ont reculé de 6,7 % en juillet par rapport à la même période l'an dernier et sont restées près de 19 % sous leur moyenne des dix dernières années. Les prix des propriétés ont continué de s'effriter légèrement, tandis que l'activité cumulative depuis le début de l'année demeure inférieure aux niveaux observés en 2025. Une reprise soutenue du marché immobilier tarde donc toujours à se matérialiser.

Dans l'ensemble, l'économie britanno-colombienne paraît plus stable qu'au début de l'année, mais la croissance devrait demeurer modeste. Un marché du travail moins dynamique, la faiblesse persistante du secteur de l'habitation et l'incertitude accrue entourant le commerce avec les États-Unis devraient continuer de freiner l'activité économique jusqu'à la fin de 2026.

Alberta

En 2026, l'Alberta demeure la grande économie provinciale la plus performante au pays. Alors que l'incertitude commerciale et le ralentissement de la croissance démographique pèsent sur l'activité économique dans plusieurs régions du Canada, la province continue de bénéficier de prix élevés de l'énergie, d'exportations robustes et d'investissements soutenus dans les secteurs liés aux ressources naturelles.

Le secteur énergétique reste au cœur des perspectives économiques de l'Alberta. Bien que les cours du pétrole aient reculé par rapport aux sommets atteints au printemps, ils demeurent supérieurs à ceux de l'an dernier et continuent de soutenir les recettes publiques, la rentabilité des entreprises et les revenus d'exportation. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient ont maintenu les marchés énergétiques sous pression plus longtemps que prévu, ce qui continue de favoriser les producteurs albertains.

Même si les entreprises du secteur privilégient toujours la discipline financière et le rendement aux actionnaires, la production poursuit sa progression. L'activité de forage demeure élevée et le nombre d'appareils de forage actifs atteint ses plus hauts niveaux depuis plusieurs années. Si les prix de l'énergie demeurent favorables, l'investissement dans les machines, l'équipement et les infrastructures liées au secteur pourrait également s'accélérer au cours des prochains trimestres.

Le marché du travail continue d'afficher de meilleurs résultats que dans la plupart des autres provinces, malgré un certain essoufflement récent. Bien que l'économie ait perdu près de 9 000 emplois en août, le niveau d'emploi demeure nettement supérieur à celui observé un an plus tôt. L'Alberta fait également partie des rares provinces où la croissance démographique demeure relativement vigoureuse. Malgré cela, le ralentissement de la croissance de la population active a contribué à une baisse de 0,2 point de pourcentage du taux de chômage malgré les pertes d'emplois enregistrées récemment. Les dépenses de consommation ont légèrement reculé en juin, principalement en raison de la baisse des prix de l'essence.

Le commerce extérieur demeure un important facteur de soutien pour l'économie albertaine. La province est moins exposée aux secteurs les plus touchés par les récentes mesures tarifaires américaines et continue de profiter d'une demande soutenue pour ses exportations d'énergie et de ressources naturelles. La vigueur des prix des matières premières ainsi que la diversification graduelle des marchés d'exportation contribuent à atténuer les effets de l'incertitude persistante entourant les relations commerciales nord-américaines.

Dans l'ensemble, l'Alberta aborde les derniers mois de 2026 avec des fondements économiques plus solides que ceux de la plupart des provinces canadiennes. BDC prévoit actuellement une croissance du PIB réel de 2,4 % en 2026, suivie d'un ralentissement modéré à 2,0 % en 2027.

Saskatchewan

La Saskatchewan devrait figurer parmi les économies provinciales les plus performantes en 2026. Alors que l'incertitude commerciale continue de peser sur plusieurs provinces canadiennes, la Saskatchewan demeure soutenue par des marchés des matières premières favorables, un secteur des ressources résilient et d'improtants projets miniers.

Les industries des ressources naturelles restent au cœur des perspectives économiques de la province. La hausse des prix du pétrole continue de soutenir les producteurs d'énergie, mais le secteur minier demeure le principal moteur de croissance. Après avoir atteint un sommet record de 12,8 milliards de dollars en ventes de minéraux en 2025, l'industrie continue d'afficher de solides résultats en 2026.

La production minière a légèrement ralenti en juin, mais les niveaux cumulés depuis le début de l'année demeurent robustes pour la plupart des principaux produits. La production de potasse poursuit sa progression, soutenue par une demande mondiale toujours forte pour les engrais. De son côté, le marché de l'uranium continue de bénéficier de l'intérêt croissant pour l'énergie nucléaire, malgré certaines interruptions temporaires de production liées à des travaux d'entretien.

Les perspectives à moyen terme de la province demeurent également étroitement liées au secteur minier. L'activité de construction associée à plusieurs grands projets continue de soutenir l'investissement et la confiance des entreprises. Bien que ces projets ne modifient pas de façon significative les perspectives de croissance pour 2026, ils renforcent la position de la Saskatchewan comme l'une des destinations les plus attrayantes au Canada pour les investissements dans les ressources naturelles.

À l'extérieur du secteur des ressources, la conjoncture est plus chancelante. L'activité manufacturière montre des signes d'amélioration par rapport au début de l'année, particulièrement dans les industries liées à l'agriculture et à l'exploitation minière. Les conditions commerciales demeurent toutefois difficiles, même si la Saskatchewan est moins exposée aux industries touchées par les droits de douane que plusieurs autres provinces.

Le marché du travail a également connu une évolution inégale cette année, ce qui a contribué à la faiblesse relative des ventes au détail. Plus récemment, toutefois, les conditions se sont améliorées. En août, la province a créé plus de 4 000 emplois à temps plein. Malgré un recul de l'emploi à temps partiel, l'emploi total a tout de même progressé de 2 600 postes au cours du mois.

BDC prévoit actuellement une croissance du PIB réel de 1,8 % en 2026 et de 1,7 % en 2027 pour la province.

Manitoba

L'économie du Manitoba devrait enregistrer une croissance modérée en 2026. La diversification de sa base industrielle, la résilience de la consommation des ménages et un marché du travail relativement solide devraient permettre à la province de traverser une période de croissance plus lente. Toutefois, le regain d'incertitude commerciale à la suite des récentes mesures tarifaires représente un défi croissant pour l'économie provinciale.

La province a perdu environ 7 000 emplois en août et le taux de chômage a augmenté de 0,5 point de pourcentage pour atteindre 5,5 %. Malgré cette détérioration, le marché du travail demeure l'un des principaux atouts du Manitoba. Bien que la croissance de l'emploi ait ralenti par rapport au début de l'année, la province continue d'afficher l'un des taux de chômage les plus faibles au pays.

L'activité manufacturière s'est également nettement raffermie depuis le début de l'année. Après une période de faiblesse à la fin de 2025 et au début de 2026, les ventes manufacturières ont repris de la vigueur au printemps et sont demeurées élevées durant l'été. Une part importante du secteur manufacturier est concentrée dans la transformation agroalimentaire, les équipements de transport et d'autres industries étroitement liées à l'économie des Prairies, ce qui a contribué à soutenir la production malgré un environnement extérieur difficile. Ce redressement est particulièrement encourageant compte tenu de l'importance du secteur manufacturier pour l'économie manitobaine et pour les chaînes d'approvisionnement de l'Ouest canadien.

Le commerce demeure toutefois la principale source de risque baissier. La plus récente vague de droits de douane américains, combinée aux mesures de rétorsion canadiennes, risque de compliquer davantage les perspectives des entreprises manitobaines. La province est plus exposée aux perturbations du commerce que plusieurs autres administrations en raison de son importante base manufacturière et de son intégration aux chaînes d'approvisionnement nord-américaines. La hausse des prix de l'énergie continue également d'accroître les coûts de transport et de logistique, un enjeu important pour une économie qui dépend fortement du déplacement des marchandises vers les marchés canadiens et internationaux.

Malgré ces défis, le Manitoba aborde la deuxième moitié de l'année avec plusieurs facteurs de soutien. Un marché du travail relativement résilient a contribué à soutenir les revenus des ménages, tandis que l'amélioration récente de l'activité manufacturière devrait continuer d'appuyer la croissance à court terme. Néanmoins, les tensions commerciales persistantes et l'incertitude géopolitique accrue devraient limiter le rythme d'expansion de l'économie au cours des prochains trimestres.

BDC prévoit actuellement une croissance du PIB réel de 1,2 % en 2026, suivie d'une légère accélération à 1,4 % en 2027.

Ontario

L’économie de l’Ontario a montré des signes de résilience à l’approche de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane. Les données du marché du travail indiquent que l’activité économique s’est raffermie au deuxième trimestre. Entre les deuxièmes trimestres de 2025 et de 2026, l’emploi a progressé de 67 000 postes, grâce principalement à la création d’emplois à temps plein, à la croissance de l’emploi dans le secteur privé et du travail autonome, ainsi qu’à des gains dans les secteurs des services et de la production de biens. Au cours de la même période, le taux de chômage a reculé dans l’ensemble de la population et dans la plupart des groupes démographiques, tandis que la croissance des salaires horaires, à 3,2 %, a dépassé l’inflation, qui s’est établie à 2,3 %.

L’instauration de droits de douane de 50 % sur plus de 500 produits devrait toutefois ralentir la croissance au cours des prochains trimestres, sans pour autant l’interrompre. L’Ontario figure parmi les provinces les plus vulnérables aux nouvelles mesures commerciales, les produits visés à l’article 338 représentant environ 10 % de ses exportations, principalement dans le secteur manufacturier. Les répercussions devraient être concentrées dans certaines industries et chez les entreprises les plus exposées, ce qui limitera les effets sur l’économie provinciale dans son ensemble, même si la croissance s’en trouvera affaiblie.

Malgré ces obstacles, plusieurs facteurs continuent de soutenir l’économie ontarienne. La consommation des ménages demeure relativement résiliente et d’importants projets d’investissement contribuent à maintenir l’activité. Nous nous attendons donc à ce que l’économie de l’Ontario poursuive sa croissance jusqu’à la fin de 2026 et en 2027, mais à un rythme plus modéré qu’au cours des dernières années.

Québec

L’économie du Québec est à nouveau mise à l’épreuve. De nouveaux droits de douane sont entrés en vigueur en août, touchant environ 11 % des exportations de la province dans plusieurs secteurs. La croissance inférieure à son potentiel devrait persister, car les incertitudes commerciales et le ralentissement du marché du travail continuent de peser sur l’activité. La croissance du PIB est désormais estimée à 0,6 %, soit légèrement en deçà de nos prévisions précédentes.

Le marché du travail reste atone. Les créations d’emplois enregistrées en juin et juillet ont été entièrement effacées par les pertes subies en août, ce qui a replongé l’emploi dans une tendance à la baisse.

Le marché immobilier reste également sous pression. Les ventes de logements ont reculé de 4,6 % depuis le début de l’année, tandis que la hausse des prix est restée soutenue. L’activité résidentielle ne devrait pas connaître de reprise significative, car le ralentissement de la croissance démographique et la faiblesse du marché du travail continuent de peser tant sur les ventes de logements que sur l’investissement résidentiel.

Sur une note plus positive, les dépenses de consommation sont restées résilientes malgré un resserrement du marché de l’emploi. Les ventes au détail ont augmenté de 3,6 % depuis le début de l’année, tandis que les ventes du secteur manufacturier ont augmenté de 6,6 %, soutenues par de fortes hausses dans l’électronique et une croissance modérée dans les secteurs de l’automobile et des machines.

Les dépenses publiques et les mesures ciblées devraient également contribuer à atténuer en partie l’impact des droits de douane sur les entreprises et les ménages touchés.

Nouvelle-Écosse

La croissance de la Nouvelle-Écosse reste soutenue par des fondamentaux nationaux solides. Les ménages continuent à dépenser, les ventes au détail ayant progressé de 5 % depuis le début de l’année, tandis que l’emploi montre des signes de reprise.

Le marché du travail s’est raffermi au cours de l’été : L’emploi a augmenté au deuxième trimestre, puis à nouveau en août, avec la création de 7 000 emplois depuis mai. Ce regain de dynamisme constitue une évolution positive pour l’économie provinciale.

Le commerce reste toutefois sous pression, les exportations se situant toujours en dessous des niveaux de l’année dernière. De nouveaux droits de douane devraient venir s’ajouter à ces difficultés, affectant environ 5 % des exportations de la province.

Mais les investissements stratégiques, le soutien des pouvoirs publics et le renforcement du marché de l’emploi devraient contribuer à soutenir la croissance. Nos prévisions restent inchangées : le PIB réel devrait progresser d’environ 1,3 % en 2026.

Nouveau-Brunswick

L'économie du Nouveau-Brunswick reste sur la voie d'une croissance modérée cette année, nos prévisions restent inchangées à 1,2 % pour 2026.

Le marché du travail reprend progressivement des forces. Après des pertes d’emplois en avril, mai et juin, l’emploi a légèrement progressé en juillet et août. Dans l’ensemble, le nombre d’emplois est supérieur d’environ 2 000 à celui du début de l’année.

L’amélioration de l’emploi a soutenu les dépenses de consommation, les ventes au détail ayant progressé de 4,9 % depuis le début de l’année.

Le secteur manufacturier a connu un léger recul en juin, mais les niveaux sont restés supérieurs à ceux de l’année dernière. Les ventes totales ont fortement rebondi, progressant de 16 % depuis le début de l’année, portées par la bonne santé des produits pétroliers et charbonniers ainsi que par l’industrie agroalimentaire.

Les conditions commerciales se sont également améliorées, les exportations totales ayant augmenté d’environ 10 % depuis le début de l’année. Les exportations de produits énergétiques et de fruits de mer ont été les principaux moteurs de cette dynamique. Les nouveaux droits de douane ne touchent qu’une petite partie des exportations du Nouveau-Brunswick, environ 1,9 %, et ne devraient pas affecter la province.

Île-du-Prince-Édouard

L’économie de l’Île-du-Prince-Édouard connaît un ralentissement dans un contexte de croissance démographique plus modérée et de tensions commerciales persistantes. Malgré tout, la province devrait tout de même afficher une croissance supérieure à la moyenne nationale cette année, le PIB réel devant augmenter de 1,5 % en 2026.

Le marché du travail reste atone. L’emploi n’a pratiquement pas augmenté depuis le début de l’année, tandis que le taux de chômage oscille autour de 7,9 %.

Les ventes au détail ont progressé pendant six mois consécutifs, ce qui témoigne de la résilience des dépenses de consommation. Une saison touristique dynamique a probablement apporté un soutien supplémentaire tout au long de l’été.

Les exportations vers les États-Unis ont reculé de 7 % depuis le début de l’année, tandis que celles vers la Chine ont fortement augmenté de 33 %, soutenues par l’accord conclu entre le Canada et la Chine. Le secteur manufacturier reste également sous pression, avec des ventes totales en baisse de 2,5 % depuis le début de l’année. Les nouveaux droits de douane touchent environ 1 % des exportations de l’île, ce qui devrait limiter leur impact global sur les échanges commerciaux.

À l’avenir, une demande intérieure résiliente et une reprise plus soutenue des exportations seront essentielles pour maintenir la croissance jusqu’à la fin de l’année.

Terre-Neuve-et-Labrador

La province est toujours sur la voie d’être l’une des économies provinciales les plus performantes en 2026, avec une croissance de 3,0 %.

Le conflit en cours au Moyen-Orient continue d’exercer une pression sur les cours du pétrole, ce qui profite aux producteurs pétroliers de la province. Bien que la production totale ait légèrement ralenti au début de l’été, les niveaux restaient supérieurs d’environ 50 % à ceux de l’année dernière. 

En l’absence de résolution claire du conflit au Moyen-Orient, les cours du Brent devraient rester élevés pendant plus longtemps.  Également, Les exportations de minerais ont rebondi en juillet, atteignant leur plus haut niveau depuis 2024. Les exportations de produits de la mer ont également augmenté de 10,3 % depuis le début de l’année. 

Le marché du travail semble se redresser, avec la création de 1 200 emplois depuis juin. Le taux de chômage se situe désormais à son plus bas niveau, autour de 8,6 %. Les dépenses de consommation ont accéléré, progressant de 3,76 % depuis le début de l’année (de janvier à juillet) par rapport à la même période en 2025. La construction de logements est en légère hausse en 2026, mais les ventes résidentielles restent à des niveaux inférieurs à ceux de l’année dernière. 

Dans l’ensemble, la résilience du marché de l’emploi devrait permettre de maintenir la solidité des dépenses de consommation ; les prix élevés des matières premières, la vigueur des exportations et la poursuite des investissements dans les projets liés aux ressources naturelles stimuleront la croissance cette année, avant qu’elle ne ralentisse en 2027.