Lettre économique mensuelle
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Lire plusFlambée des prix du pétrole – quelles implications pour l’économie canadienne et les entreprises?
Le prix du pétrole brut a bondi de 40 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient, passant de 65 $US le baril à la fin de février à près de 95 $US le baril de brut américain ces jours-ci. En réaction aux premières frappes israélo-américaines du 28 février, l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz – une voie maritime du Moyen-Orient cruciale pour le transit du pétrole. L’onde de choc s’est fait rapidement ressentir dans le marché énergétique, alors que le baril aura même dépassé la barre des 100 $US.
Les prix élevés ne baisseront pas de sitôt
On estime que plus de 20 millions de barils de pétrole par jour transitent en temps normal par ce point de passage clé, soit environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Cette route maritime n’est pas seulement dédiée au transport de la production de pétrole iranien, mais aussi celle d’importants pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, qui se dirige ensuite vers d’importants marchés d’importations dont la Chine, l’Inde et le Japon.
Cette flambée des prix s’explique principalement par les risques de voir l’offre de pétrole mondiale diminuer massivement. Les producteurs de la région ont déjà réduit leur offre de 10 millions de barils par jour, soit environ 10 % de la production mondiale. Mais le conflit a aussi entrainé la suspension de plusieurs raffineries et installations de traitement du gaz naturel pour des raisons de sécurité.
Bref, les prix pourraient très bien continuer à monter vertigineusement. Mais quand atteindront-ils leurs sommets et à quels niveaux – impossible de savoir.
Chose certaine, la volatilité se maintiendra et ce, au-delà du conflit alors que les barils risquent de rester bloqués dans le golfe pendant des semaines, voire des mois une fois la guerre terminée.
En route vers une récession?
Cette volatilité du marché énergétique a immédiatement plongé les marchés boursiers en eaux troubles, avec des cours boursiers en baisse et une montée des craintes de récession, ou pire l’amorce d’une période de stagflation.
Historiquement, deux des cinq dernières récessions au Canada sont associées à un choc pétrolier. La hausse du prix du brut, aussi rapidement et en si peu de temps, mènera-t-elle à une récession ? Probablement pas au Canada. On associe aux chocs pétroliers des impacts sur l’inflation, la consommation et donc la croissance et les taux d’intérêt, ce qui en font une cause potentielle de récession.
Notre analyse nous porte plutôt à croire que, même si le risque a effectivement augmenté, une récession n’est pas dans les cartes. D’une part, l’économie du Canada et des États-Unis est aujourd’hui beaucoup moins vulnérable aux chocs pétroliers, qu’en 1970-1980.
On prévoyait déjà une croissance économique modeste, donc la montée des prix du pétrole pourrait ralentir davantage l’économie alors que la montée des prix à la pompe limitera davantage le budget de dépenses de consommation des ménages.
Mais pour le Canada, la dynamique est un peu différente. Des hausses rapides de prix ont certes des effets sur la consommation. Mais l’importante part du secteur à l’activité économique du pays, spécifiquement de pétrole lourd, bénéficie aux régions productrices qui profitent de prix élevés sans subir les contraintes d’offre que vivent présentement leurs compétiteurs du Moyen-Orient.
Pire donc, une stagflation ?
Ce terme dérivé de la contraction des mots inflation et stagnation, décrit une période économique caractérisée par une forte inflation et une faible (voire même négative) croissance.
La source précise d’une stagflation demeure sujet à débat parmi les économistes. Toutefois, les deux derniers épisodes, ceux de 74-75 et 78-82, ont des éléments bien communs. Ils découlent d’une crise énergétique et ont été précédés par des périodes de politique monétaires expansionnistes – ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Malgré le choc sur les prix du pétrole, il est peu probable que la volatilité des prix, induite par des événements géopolitiques, soit considérée comme suffisamment structurelle pour inverser la tendance. Les prix du pétrole doivent rester élevés pendant des mois, et non seulement quelques jours ou quelques semaines, pour avoir un effet en cascade sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Une telle situation pourrait influencer les décisions des entreprises, en matière de tarification, puis finalement se refléter dans les mesures d’inflation privilégiées par la Banque du Canada. Donc, pour l’instant, pas de stagflation à l’horizon
Quels impacts pour l’économie alors ?
L’économie étant déjà au ralenti, la montée des prix des produits énergétiques haussera évidemment l’inflation globale au pays. Mais elle ne devrait pas, de manière durable, dépasser 3 % cette année. La diminution du pouvoir d’achat devrait contraindre davantage la demande pour d’autres types de biens et services, ce qui pourrait donc atténuer l’effet sur l’inflation globale.
Il serait fort surprenant, dans ce contexte, de voir des changements dans la politique de la Banque du Canada. Nos prévisions tablent encore sur le maintien du taux directeur à 2,25 % pour les prochains mois.
Par contre, même sans mouvement des banques centrales de part et d’autre de la frontière canado-américaine, l’incertitude devrait amener des hausses de taux d’intérêt effectifs pour les ménages et entreprises.
Par ailleurs, l’incertitude engendrée par le conflit aura rendu plus populaire certains investissements typiques moins risqués, comme les obligations américaines et le dollar américain, qui avaient été délaissés dans la dernière année.
En bref :
- Inflation globale plus élevée, mais ne restera pas au-delà de 3 % de manière durable au Canada
- Taux directeur se maintient à 2,25 %
- Taux d’intérêt effectif en légère hausse à cause de la prime de risque
- Forces opposées sur la devise canadienne qui devraient aussi limiter la volatilité du dollar canadien par rapport au billet vert
- Pas de récession, pas de stagflation, mais une croissance au ralentit
L’impact pour les entreprises
Pour les entrepreneurs canadiens, la hausse du prix du brut est un nouveau vent de face à affronter en 2026. Les coûts de production étaient déjà un enjeu pour plusieurs entreprises canadiennes et la situation s’accentuera, si les prix du brut demeurent élevés, car l’onde de choc sur les prix à travers la chaîne de production s’échelonnera sur une plus longue période. La hausse des prix à la pompe vient aussi directement réduire le pouvoir d’achat des ménages, ce qui pourrait ralentir davantage la demande pour vos biens et services, même hors énergie. Les marges seront encore plus compressées pour les producteurs des secteurs non énergétiques.
Concentrez vos efforts sur l’amélioration de la rentabilité :
- Révisez les processus internes pour éliminer les inefficacités
- Automatisez certaines tâches répétitives
- Externalisez les activités non stratégiques
- Cessez les produits ou services à faible marge
- Renforcez la discipline dans la gestion des coûts fixes
L'économie canadienne : en mode résilience et ralentissement
L’incertitude s’est accrue aux quatre coins du globe dernièrement, mais l’économie du Canada demeure résiliente face aux tensions commerciales et à la pression sur les prix du carburant.
Une bonne partie de cette résilience économique s’explique par l’importance de notre secteur des services. Alors que le contexte actuel de tarifs douaniers continue de susciter l’incertitude et de la volatilité dans le secteur des biens, dont la fabrication, les industries des services sont plus sensibles aux conditions économiques intérieures.
En décembre 2025, toutefois, le PIB autant du secteur des services que des biens a connu une hausse de 0,2 % par rapport à novembre.
La croissance économique en 2025 a finalement atteint 1,7 % - au-delà des attentes.
Un dernier trimestre en queue de poisson, mais ce n’est pas tout gris…
Au dernier trimestre, l’économie a toutefois enregistré un recul de 0,6 % (rythme annualisé). Les fondamentaux de l’économie canadienne ont pourtant connu une solide performance. Les dépenses de consommation et l’investissement des entreprises (hors résidentiel) ont en effet contribué positivement à la croissance du PIB. Le commerce international a aussi joué un rôle d’envergure et, somme toute, positif au cours du trimestre. Les exportations de biens et services canadiens ont augmenté de 1,8 %, tandis que les importations ont ralenti davantage. Au net, le commerce extérieur a aussi soutenu la croissance.
Qu’est-ce qui explique alors le recul du PIB? La liquidation des stocks des entreprises. Les inventaires ont effectivement reculé de manière importante, ce qui se traduit par une perte du produit intérieur. Il importe de souligner que, dans le contexte des tensions commerciales de 2025, la liquidation des inventaires est davantage une correction technique et non un signe avant-coureur de récession. Plusieurs entreprises, plus tôt dans l’année, avaient rempli leurs entrepôts pour se prémunir contre les droits de douanes. La production pourrait donc repartir dans les prochains mois, même avec une demande plus modeste.
La consommation reste le moteur
Tout porte à croire que la consommation restera le moteur de la croissance cette année. Mais le moteur est affaibli, ce qui maintiendra la croissance du pays, et donc vos perspectives de ventes, plus modestes. L’inflation était à 1,8 % en février. On peut se réjouir du faible niveau de croissance des prix au pays. Une inflation plus faible témoigne toutefois d’une demande déjà au ralenti, car les coûts de production des entreprises restent pour leur part sous pression. Les entreprises ne semblent pas aptes à transmettre ces hausses aux consommateurs.
Malgré des baisses additionnelles du taux directeur par la Banque du Canada en 2025, le service de la dette, c’est-à-dire la part du revenu disponible des ménages dédiée exclusivement à son remboursement, reste élevé.
Plus important encore, la part de ces paiements allouée exclusivement aux remboursements d’intérêt diminue tout aussi lentement. Le budget des ménages canadiens se voit donc toujours amputer par des taux d’intérêt et un remboursement de la dette élevés.
Le ralentissement prend d’assaut le marché du travail
Une correction importante de l’emploi a frappé le pays en février. Les 84 000 pertes d’emplois pendant ce mois s’avèrent non seulement élevées, mais aussi généralisées à l’ensemble des industries – signe que le ralentissement de la croissance s’installe un peu plus. Le taux de chômage a d’ailleurs grimpé à 6,7 %, une hausse de 0,2 points par rapport à janvier.
Le marché du travail s’est détérioré non seulement en nombre mais en qualité aussi, puisqu’il s’agit de 108 000 emplois temps-plein en moins et de 73 000 pertes pour le secteur privé seulement. Lorsque l’emploi se détériore, les revenus s’érodent, la consommation ralentit et les pertes d’emplois minent la confiance des ménages. Bref, bien qu’un mois ne fasse pas une tendance pour l’économie, il s’agit d’un signe supplémentaire de ralentissement de la croissance pour l’économie canadienne.
L’impact pour les entreprises
- La demande restera plus fragile, car l’érosion des revenus, l’endettement élevé et la détérioration du marché du travail limiteront les ventes malgré une consommation toujours active.
- Vos marges resteront difficiles à protéger, puisque vos coûts demeurent élevés alors que votre capacité à augmenter vos prix est limitée par une demande qui ralentit. La nouvelle montée des prix du brut devrait accentuer ces deux phénomènes.
- La gestion de l’incertitude reste primordiale puisque les tensions commerciales et les ajustements d’inventaires obligent les entreprises à planifier avec plus de prudence les investissements et la production.
Colombie-Britannique
Les perspectives économiques pour la Colombie-Britannique tablent sur une croissance de 1,2 % en 2026. Les fondamentaux de la consommation et de l'investissement ont été soumis à une pression considérable ces dernières années, les taux d'intérêt étant passés d'un niveau élevé en 2022-2023 à un niveau neutre en 2024-2025. Résultat : les consommateurs et les entreprises se sont sentis moins accablés par l'endettement en 2025, ce qui a permis aux ménages les plus endettés du pays (en moyenne) d'afficher de meilleurs résultats.
Le marché de l’emploi a perdu environ 20 000 postes en février. Si les secteurs des biens et des services ont tous deux enregistré des baisses d'ampleur similaire, le niveau d'emploi dans les industries productrices de biens s'est maintenu au-dessus de la moyenne de 2025, tandis que les industries de services ont vu l'emploi reculer sous leur pic estival.
Les ventes au détail ont connu une légère baisse en décembre, reculant de 0,6 %. Elles ont néanmoins augmenté de 2,6 % en 2025, ce qui figure parmi les meilleurs résultats des provinces et territoires canadiens. Toutefois, les fondamentaux de la consommation laissent entrevoir des perspectives à court terme plus moroses.
Les exportations du secteur du gaz naturel de la Colombie-Britannique pourraient susciter un intérêt nettement accru, propulsées par le conflit en Iran qui entraîne des bouleversements dans les chaînes d'approvisionnement mondiales en gaz naturel.
Alberta
L'économie de l'Alberta était déjà en position pour enregistrer une croissance d'environ 1,8 % en 2026. Alors que les prix du pétrole s'envolent à l'échelle mondiale, elle est bien placée pour continuer à surpasser de nombreuses autres provinces.
L'emploi est resté globalement stable en février, la province ayant créé 25 400 emplois à temps partiel tout en perdant 17 000 emplois à temps plein, ce qui s'est traduit par une perte nette de moins de 2 000 emplois. Le taux de chômage a encore baissé le mois dernier pour s'établir à 6,3 %. Les ventes au détail ont reculé en décembre, dernier mois pour lequel des données sont disponibles. La province a alors enregistré la plus forte baisse mensuelle parmi les provinces canadiennes.
La production pétrolière se maintient à des niveaux élevés. Les prix du WTI ont grimpé en flèche pour atteindre de 95 à 100 dollars américains le baril au début mars, et l'écart avec le WCS s'est légèrement creusé pour s'établir autour de 13,50 dollars américains, ce qui devrait soutenir l'économie de l'Alberta.
Les activités de forage ont légèrement baissées au cours des deux premiers mois de 2026, par rapport à 2025, ce qui témoigne d'investissements et d'opérations sur le terrain modestes, mais soutenus. Alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifiaient, les producteurs de l'Alberta sont bien placés pour augmenter leur production sans avoir à engager de dépenses massives afin de tirer parti de la récente hausse des prix.
Saskatchewan
L'économie de la Saskatchewan devrait connaître une croissance d'environ 1,7 % en 2026, ce qui lui permettra de conserver sa place parmi les provinces les plus performantes du Canada. Alors que l'accord entre le Canada et la Chine visant à réduire les droits de douane sur le canola et d'autres produits agricoles entre en vigueur ce mois-ci, nous nous attendons à une accélération de la dynamique en Saskatchewan.
Le marché du travail s'est détendu en février avec une perte nette de 5 500 emplois. Le taux de chômage est remonté à 5,6 %, mais reste parmi les plus bas du pays. Le sud-est de la Saskatchewan affichait un taux de chômage remarquablement bas de 2,7 %, indique Statistique Canada.
Les exportations devraient reprendre quelque peu dans la province, à mesure que les droits de douane chinois sur de nombreux produits agricoles seront réduits. Les exportations vers la Chine avaient chuté d'environ 40 % à la fin de 2025.
Manitoba
L'économie du Manitoba devrait connaître une croissance modérée d'environ 1,0 % en 2026, à parité avec le niveau national.
Le marché du travail présente un tableau contrasté en février. Alors que l'emploi a reculé de 4 000 personnes, le taux de chômage a baissé à 5,7 %, soit une diminution significative de 0,6 point par rapport à janvier, car moins de personnes recherchaient activement un emploi en février.
Du côté de l'industrie, les expéditions manufacturières continuent de ralentir, atteignant leur plus bas niveau en plus de deux ans. Les ventes manufacturières ont baissé de 8 % en janvier 2026, par rapport à l'année dernière.
Cette détérioration reflète le ralentissement économique qui a frappé la province à la suite de l'imposition de droits de douane, principalement sur les produits agricoles. La fabrication de produits alimentaires représente près d'un tiers du total des ventes manufacturières de la province.
La baisse des droits de douane chinois constitue une évolution positive qui laisse entrevoir une reprise en 2026, mais la prudence est de mise, compte tenu de l'incertitude qui règne sur le plan commercial et des prix élevés de l'énergie qui pourraient peser sur les coûts de transport.
Ontario
emploi est resté relativement stable en Ontario en février. Après une forte perte de 66 500 emplois en janvier, l'économie n’en a créé que 3 300 le mois suivant. Cependant, cette augmentation étant inférieure à la croissance de la population active, le taux de chômage est passé de 7,3 % à 7,6 %. Ces chiffres confirment un début d'année 2026 difficile pour l'économie ontarienne.
Le secteur manufacturier reste sous pression. L'emploi dans ce secteur a de nouveau reculé en février, portant le nombre total de pertes à environ 36 800 depuis le début de l'année, ce qui efface complètement les gains observés l'automne dernier.
Le secteur automobile a été particulièrement touché : les exportations de véhicules ont baissé en janvier et la production est en recul. Une partie de ce recul est due à des arrêts prolongés dans certaines usines, liés notamment à des travaux de maintenance et à des ajustements complexes dans le contexte des droits de douane.
Québec
Les données les plus récentes indiquent un faible début d’année pour la province, mais une série d’indicateurs doit encore être publiée pour confirmer la performance économique du Québec jusqu’à présent. Nous pensons que la province connaîtra une croissance modérée de 0,8 % en 2026.
Les exportations ont reculé en janvier, après avoir augmenté régulièrement au dernier trimestre de 2025. Bien que cette donnée ne confirme pas une tendance, elle montre néanmoins que les tensions commerciales avec les États-Unis continuent de peser sur les échanges.
L'emploi a également connu des difficultés en février : le marché du travail a perdu 57 000 emplois, faisant passer le taux de chômage de 5,2 % en janvier à 5,9 %. Il s'agit de la première baisse significative de l'emploi depuis 2022.
Le marché immobilier a également été sous pression depuis la fin de 2025. Les ventes de logements ont diminué en décembre et en janvier. Les prix sont toutefois restés élevés, avec une hausse de 5,8 % en janvier 2026 par rapport à 2025.
Nouvelle-Écosse
Le tourisme ne s'est pas encore remis de la pandémie, mais le nombre de visiteurs a continué d'augmenter depuis 2022 pour se rapprocher des niveaux d'avant la pandémie. Compte tenu de l'importance de ce secteur, le gouvernement a mis en place une stratégie pour les cinq prochaines années visant à maximiser le nombre de visiteurs tout au long de l’année et dans toutes les régions.
Le commerce est resté sous pression dans la province. Les exportations ont continué de baisser en début d'année, ce qui témoigne des effets persistants des droits de douane américains et chinois sur la province.
L'emploi s'est légèrement affaibli en février, faisant grimper le taux de chômage à 7,2 %. Toutefois, le niveau d'emploi est resté supérieur à la moyenne de 2025 et les pertes enregistrées en février ont été bien moins importantes qu'au niveau national.
La croissance des ventes au détail est restée positive (+3,3 %) en 2025 grâce à la stabilisation de l'emploi. Les performances devraient toutefois rester irrégulières, mais les négociations commerciales avec la Chine devraient stimuler le commerce et le commerce de détail. La province est toujours en voie d'enregistrer une croissance d'environ 1,2 % en 2026, dépassant légèrement la moyenne nationale.
Nouveau-Brunswick
Les exportations sont restées sous pression au Nouveau-Brunswick, enregistrant une baisse significative en début d'année (-11 %). La faiblesse persistante du commerce devrait maintenir le secteur manufacturier sous pression. La stagnation des chiffres de l'emploi dans le secteur manufacturier indique également une faiblesse persistante.
Le marché de l'emploi s'est légèrement affaibli en février, la plupart des pertes provenant des secteurs des transports et de l'entreposage, ainsi que de l'hébergement et de la restauration. Toutefois, le niveau d'emploi reste élevé, ce qui permet à l'économie de rester sur des bases solides malgré les récentes baisses.
Les ventes au détail ont augmenté de 4,8 % en 2025. La stabilité du marché du travail soutiendra les dépenses de consommation cette année. L'économie de la province devrait croître de 0,9 % en 2026, à la traîne par rapport à ses homologues de la région de l'Atlantique.
Île-du-Prince-Édouard
Les droits de douane imposés par la Chine et les États-Unis ont maintenu la pression sur les exportations de la province. Les baisses les plus marquées concernent les exportations de fruits de mer. L'île reste toutefois en bonne voie pour enregistrer une croissance de 1,2 % en 2026.
Le marché de l'emploi a été solide en 2025 et a démarré l'année sur de bonnes bases, avec deux mois de création d'emplois. Le taux de chômage est tombé à 7,2 % en février, contre 7,9 % à la même période l'année dernière.
Les consommateurs ont continué à dépenser malgré les tensions commerciales. Les ventes au détail, bien qu’irrégulières en 2025, ont tout de même augmenté de 2,9 %. Une croissance démographique plus rapide et un marché de l'emploi résilient devraient soutenir les dépenses de consommation ainsi que l'activité immobilière cette année.
Terre-Neuve-et-Labrador
La nouvelle guerre au Moyen-Orient a placé le détroit d'Ormuz au centre du conflit, propulsant les prix du pétrole vers de nouveaux sommets. La flambée des prix devrait se poursuivre tant que la guerre durera. Une forte baisse des prix est attendue une fois le conflit résolu, mais d'ici là, les producteurs de pétrole de la province devraient bénéficier de ces prix plus élevés.
Le marché de l'emploi s'est raffermi en février, avec la création de 2 100 postes. Cela marque le deuxième mois consécutif de hausse de l'emploi dans la province.
Les consommateurs ont lentement augmenté leurs dépenses au cours des derniers mois de 2025, les ventes totales ayant progressé de 3,8 % en moyenne l’an dernier. Les chiffres positifs du marché de l'emploi continueront d'alléger la pression sur les ménages et de soutenir les dépenses de consommation. Le PIB devrait croître de 1,1 % cette année, surpassant légèrement celui du Canada.