Perspectives économiques pour 2016: faible croissance en vue

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En raison de sa taille modeste et de son ouverture au reste du monde, l’économie canadienne est très sensible aux turbulences mondiales.

Par exemple, à l’heure actuelle, la forte croissance aux États‑Unis stimule notre secteur de la fabrication. Parallèlement, la faiblesse des prix des produits de base réduit considérablement les investissements dans le secteur des ressources et limite la croissance dans certaines régions du pays. Cette situation crée une économie «à deux têtes», dont la croissance en 2016 devrait être modeste.

La faiblesse de la demande pèse sur les prix des ressources

La faible demande mondiale maintient les prix des produits de base à un bas niveau. Notamment, l’économie de la Chine est en période de transition, ce qui a des répercussions sur sa croissance. Le marché chinois du logement s’effondre, et les autorités misent moins sur la construction d’infrastructures, ce qui fait baisser la demande pour de nombreuses ressources.

De plus, l’offre mondiale d’un grand nombre de produits de base, stimulée par les prix élevés, a considérablement augmenté ces dernières années.

Cette situation a donné lieu à des surplus, qui ont fait chuter les prix. Le secteur des ressources naturelles, qui avait favorisé la croissance de l’économie canadienne à la suite de la récession de 2008‑2009, est actuellement maussade, ce qui limitera la croissance en Alberta, en Saskatchewan et à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.

Le prix du pétrole stagne

Bien entendu, notre économie souffre particulièrement de la faiblesse persistante des prix du pétrole. La demande mondiale augmente, mais pas aussi vite que la production, stimulée par de nouvelles technologies comme la fracturation. Les prix devraient augmenter en 2016, mais légèrement.

Par conséquent, les acteurs de l’industrie du pétrole réduisent leurs coûts d’exploitation et limitent leurs investissements, ce qui nuit beaucoup à de nombreux secteurs au Canada. En outre, la baisse des prix du pétrole maintient le dollar à un faible niveau.

Toutefois, les nouvelles sont bonnes au sud de la frontière.

La croissance américaine stimule le secteur de la fabrication

Aux États‑Unis, la croissance de l’économie demeure forte, et les perspectives sont bonnes pour 2016. La solidité des dépenses de consommation favorise le marché du logement, et elle a propulsé les ventes de véhicules à des sommets historiques.

Voilà qui est excellent pour les entreprises d’exportation du Canada. La hausse de la demande américaine, combinée à la faiblesse du dollar canadien, continuera à avoir un effet positif sur les exportations et le secteur de la fabrication à l’échelle nationale.

Les provinces où le secteur de la fabrication est bien implanté, comme la Colombie‑Britannique, le Manitoba, l’Ontario et le Québec, seront les plus avantagées par la croissance aux États‑Unis, et la croissance canadienne leur sera en grande partie attribuable en 2016.

Une diversification salvatrice

Cette année, nous verrons pourquoi la diversité de l’économie canadienne est importante.

Alors que l’offre et la demande mondiales continueront à peser sur le secteur canadien des ressources naturelles, les exportations vers les États‑Unis soutiendront notre croissance économique.

Le résultat? En 2016, la croissance économique canadienne sera positive, mais modeste.