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D’employée à propriétaire: comment cette femme d’affaires a redressé les finances de son entreprise

La culture d’innovation de cette entreprise lui a permis de survivre aux années de vaches maigres

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Mary-Anne Carignan

Mary-Anne Carignan ne s’attendait pas à devenir propriétaire de Purkinje quand elle s’est jointe à l’entreprise en 2007. Elle prenait alors la direction générale des activités canadiennes avec une importante mission: redresser les finances de la PME qui perdait plusieurs millions de dollars annuellement.

Un an plus tard, l’arrivée d’un nouveau PDG change tout. Mme Carignan lui offre alors d’acheter l’entreprise de Montréal spécialisée dans l’informatisation de dossiers patients.

Ainsi passée de gestionnaire à entrepreneure, Mme Carignan s’attelle rapidement à la tâche d’assainir le bilan de l’entreprise.

Elle commence par rapatrier au Québec les activités de développement de produits qui avaient été délocalisées en Inde. Elle fait aussi une tournée des clients de l’entreprise pour faire leur connaissance et mieux connaître leurs besoins.

Résultats: l’entreprise a renoué avec la rentabilité, a presque quadruplé son effectif – qui est passé à 150 employés – et se prépare à maintenir une croissance à deux chiffres au cours des cinq prochaines années.

Une «vieille» entreprise en démarrage

Les nouveaux bureaux de Purkinje, dans le Vieux-Montréal, sont à l’image d’une jeune entreprise en démarrage: aires ouvertes et espaces de travail collaboratif pour faciliter la convivialité et les échanges d’idées, ou encore bureaux debout, canapés et atmosphère décontractée. Or, pour une entreprise qui a vu le jour il y a près de 45 ans, cela a de quoi étonner.

«On a l’esprit et l’énergie d’une start-up, constamment en mode innovation et développement de produits. Mais on a des assises financières solides et on gère le risque comme une entreprise mature», souligne Mary-Anne Carignan.

L’entreprise a été lancée en 1976, par deux médecins visionnaires qui ont voulu profiter à l’époque de l’avènement des micro-ordinateurs personnels et du traitement automatique de l’information pour en faire usage dans le domaine de la santé.

De la création initiale de modules médico-administratifs jusqu’au développement du dossier médical électronique (DME), en passant par des logiciels de facturation, Purkinje n’a jamais cessé d’investir dans la recherche et le développement de solutions visant à améliorer et à simplifier le travail des professionnels de la santé. «Il faut sans cesse innover. C’est le nerf de la guerre», affirme Mme Carignan.

Une longévité alimentée par l’innovation

C’est cette culture d’innovation qui a permis à Purkinje de survivre aux années difficiles qui ont précédé la venue de Mme Carignan.

Aujourd’hui, l’entreprise rivalise même avec les géants américains Allscripts, Cerner, Epic, MEDITECH et autres qui fournissent aussi des logiciels de gestion de dossiers médicaux. «On a déjà été en concurrence avec ces compagnies sur des projets que nous avons remportés», souligne fièrement Mme Carignan.

Purkinje

La PME montréalaise est au cœur des processus d’implantation du dossier clinique informatisé (DCI) dans le réseau québécois de la santé. Elle travaille notamment avec le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) sur les échanges de données de santé entre les systèmes des établissements de santé de la province.

«Nous avons connu une croissance importante au cours des dernières années et nous entendons poursuivre notre essor», se réjouit Mme Carignan.

Purkinje ne limite toutefois pas sa croissance au Québec, où elle sert cinq hôpitaux et 600 cliniques. Ses logiciels et autres solutions de technologie de l’information sont aussi utilisés dans 110 établissements de santé ailleurs au pays. Sa technologie a également été intégrée dans les hôpitaux et cliniques militaires des Forces armées canadiennes.

Un œil sur les États-Unis

L’entreprise entend élargir davantage son territoire et implanter son système de dossiers médicaux électroniques aux États-Unis, là où Mary-Anne Carignan avait déjà envisagé de prendre de l’expansion, en 2014, avant de renoncer à ce projet.

«On a vite compris que ce n’était pas le bon moment. Il y avait trop de concurrents et de produits offerts sur le marché», explique Mme Carignan.

Ce n’était cependant que partie remise. Purkinje entend cette fois s’y établir au moyen d’acquisitions, et ce, en ciblant des firmes qui possèdent une expertise complémentaire à la sienne. «Il y a beaucoup d’entreprises dont les produits n’ont pas nos caractéristiques et notre expertise en matière de gestion de données cliniques», précise-t-elle.

New York, Lausanne et… Montréal

Autre atout: Mary-Anne Carignan a des affinités avec le marché américain. Elle est en effet native de New York et y a fait des études prémédicales avant de devenir vice-présidente d’une entreprise américaine de services de santé.

«Je connais bien la culture et la mentalité d’affaires, qui sont bien différentes de celles au Canada», note-t-elle.

Au milieu des années 1980, Mme Carignan s’est rendue en Europe, où elle a travaillé pendant près de 10 ans à Lausanne au sein d’une multinationale américaine.

Ses fonctions chez ce géant américain l’ont notamment amenée à travailler en Croatie et en Belgique. C’est d’ailleurs à Anvers qu’elle a rencontré son mari, un québécois, avant de le suivre au Québec en 1998. Elle a travaillé comme directrice générale chez Fusion MD et Catalyst Group, deux organisations axées sur les soins de santé et la technologie dans le marché nord-américain, avant d’entrer chez Purkinje.

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