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Comment cet entrepreneur a lancé une entreprise de fabrication à partir de zéro

Richard Martin a surmonté bien des obstacles pour réaliser son rêve: réinventer les terrains de jeux

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Dynamo, Richard Martin

Depuis 50 ans, Richard Martin rêve de construire des structures de jeux innovatrices pour les enfants, les jeunes et les adultes, quels que soient leur âge et leurs capacités.

Il lui aura fallu des années pour réaliser son rêve, mais il récolte enfin les fruits de sa patience et de son travail. Aujourd’hui, son entreprise de conception et de fabrication de terrains de jeux vend ses produits dans 50 pays.

«J’ai un frère handicapé qui a huit ans de moins que moi, raconte Richard Martin, qui place sa foi chrétienne et son héritage métis au centre de sa réussite d’entrepreneur. Adolescent, j'emmenais mon frère au terrain de jeux. Il ne pouvait pas beaucoup en profiter, parce qu’il n'avait pas l’usage de ses bras et de ses jambes.»

Inspiré par ces années d’adolescence passées dans des parcs, Richard Martin a fondé Dynamo Industries Inc. en 1994 à Plantagenet, en Ontario. Sa conception des jeux, unique en son genre, lui a permis de fonder à partir de zéro une entreprise qui compte aujourd’hui 50 employés.

«Je savais que je pouvais créer un terrain de jeux qui serait stimulant pour un enfant de douze ans ou plus et qui serait également amusant pour les plus petits, explique-t-il. Un terrain où les enfants ayant toutes sortes d’aptitudes, qu’ils soient aveugles, handicapés ou simplement en quête d’un certain niveau de difficulté, pourraient bouger et vivre de belles sensations.»

Les débuts de Dynamo

Richard Martin a passé les premières années de son entreprise à travailler seul, sillonnant l’Ontario pour vendre et distribuer des produits, installant même des structures de jeux importées d’Europe.

«J’aimais bien les produits d’Europe, mais je savais qu’il fallait du matériel très résistant pour le Canada. Je savais que je pouvais faire mieux.»

Il avait déjà conçu et fait breveter son propre équipement de jeux. Il s'est donc associé avec un atelier local de soudure pour mettre des prototypes au point, puis il est reparti sur les routes avec ses structures de jeux complexes dans une remorque.

«Je ne sais pas si je le referais aujourd’hui, se rappelle M. Martin. Parcourir les routes en me demandant comment allait se passer le rendez-vous suivant et si j'allais pouvoir continuer une journée de plus, tout en montant des structures tout seul parce que je n'avais pas les moyens d’embaucher. J’ai tenu grâce à ma foi et à ma vision.»

Dynamo, Richard Martin

Financer une croissance rapide

Au début des années 2000, Dynamo se développait rapidement, mais avec douze employés, Richard Martin ne pouvait toujours pas financer sa croissance.

«Les banques ne voulaient pas jouer le jeu, explique-t-il. Elles me répondaient toujours: “Vous progressez, vous y êtes presque”, mais j'étais frustré de toujours recevoir des réponses négatives.»

M. Martin a fini par obtenir un prêt des Services bancaires aux Autochtones de BDC. Ce financement lui a permis de développer son entreprise, d’investir dans le marketing et de mettre sur pied un réseau de distribution en Amérique du Nord lui permettant de combler le creux saisonnier du marché canadien.

L’enjeu de la sécurité

Dynamo faisait face à un enjeu unique en son genre. Les jeux étaient originaux et très différents de ce qui se faisait dans le secteur. Les structures d’escalade étaient plus hautes et munies de cordes et non de barres de sécurité. Elles bougeaient différemment.

«Les modèles étaient tellement nouveaux que l’une des principales difficultés a été de convaincre les clients éventuels que mon produit n’était pas dangereux,» raconte Richard Martin.

L’une des principales difficultés a été de convaincre les clients éventuels que mon produit n’était pas dangereux.

L’un des produits phares de Dynamo était un tourniquet doté de cordes. L’entreprise distribuait ce produit au moment où les tourniquets traditionnels ont été démontés dans toutes les aires de jeux d’Amérique du Nord.

«J'allais rencontrer des architectes urbains et des représentants municipaux avec un tourniquet haut de 15 pieds. Vous imaginez leur réponse. Je savais qu’il n’y avait pas de problème de sécurité, mais je devais les en convaincre.»

Richard Martin a rejoint l’Association canadienne de normalisation et son équivalent aux États-Unis. Il a appris tous les aspects des essais de sécurité pratiqués sur les aires de jeux et a contribué à élaborer de nouvelles normes pour certaines de ses idées.

Dynamo, Richard Martin

Couper les liens avec un fournisseur

En 2015, Richard Martin a découvert que le fournisseur sud-coréen avec lequel il travaillait depuis dix ans lui prenait ses idées pour construire ses propres produits qu’il vendait directement à des clients. Il a compris qu’il lui fallait fabriquer lui-même ses produits.

Il a trouvé un bâtiment « au beau milieu d’un champ » à Plantagenet, à 63 km à l’est d’Ottawa. Il l’a acheté avec l'aide de BDC, qui a financé l’intégralité du coût du bâtiment. Il a également travaillé avec les spécialistes de BDC pour optimiser ses activités.

«Du jour au lendemain, nous sommes passés de 18 employés, principalement du personnel administratif, à 50, se rappelle M. Martin. Une des périodes les plus stressantes de ma vie.»

Il a rapidement acquis de l’équipement de fabrication et embauché du personnel pour mettre en route son usine de production.

Du jour au lendemain, nous sommes passés de 18 employés, principalement du personnel administratif, à 50. Une des périodes les plus stressantes de ma vie.

«On a enregistré une croissance très rapide en deux ans. Je rapatriais tous les produits fabriqués en Corée du Sud, pour qu’on les fabrique nous-mêmes ici; on a réinvesti les bénéfices dans tout ce qui nous manquait, y compris des bureaux supplémentaires.»

Son entreprise de fabrication sur les rails, Richard Martin continue de poursuivre son rêve partout où celui-ci le mène. Il se rend périodiquement en Asie et en Europe pour dynamiser les ventes à l’étranger.

«Je rêve de donner à tous l’envie de venir et de revenir jouer dans les aires de jeux pour ce qu'elles sont: un lieu d’activité physique, de jeu, de défi et d’amusement, peu importe l’âge ou les capacités.»

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