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Une bière produite à l’énergie solaire: un exemple de la rentabilité de l’énergie verte pour les entreprises locales

La Foghorn Brewing Company adopte une approche progressive vers la durabilité
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Foghorn Brewing Company

Dans un parc industriel grisâtre de Quispamsis, au Nouveau-Brunswick, des machines vrombissantes font couler des jets de bière dans des canettes en aluminium et en referment le couvercle sur le col de mousse blanc.

Ce pourrait être n’importe quelle microbrasserie au Canada, si ce n'était des grands panneaux solaires à l’extérieur.

«Nous avons un engagement très fort envers notre collectivité, et l’un de ces engagements est la gérance de l’environnement», explique Steve Russell, copropriétaire, avec Andrew «Esty» Estabrooks, de la Foghorn Brewing Company.

Après sa création en 2016, la brasserie Foghorn est rapidement devenue trop grande pour son premier établissement. Tandis qu’ils s’apprêtent à ouvrir une deuxième brasserie en 2019, M. Russell et M. Estabrooks se sont posé une question importante: que pouvons-nous faire pour l’environnement?

En collaboration avec des entreprises locales du Nouveau-Brunswick, les associés ont profité de leur projet d’expansion pour effectuer une série de mises à niveau écologiques de leur bâtiment, notamment un investissement dans un ensemble de panneaux solaires.

«C’est une analyse coût-avantage, affirme M. Russell, mais, pour nous, les avantages vont au-delà de l’argent.»

Un partenariat durable

L’engagement de la brasserie Foghorn envers l’environnement n’est pas un cas isolé parmi les propriétaires d’entreprises canadiennes. Une étude réalisée en 2021 par BDC révèle que 84 % des entrepreneurs estiment qu’il leur incombe de protéger l’environnement. Une conviction personnelle est le principal facteur à l’origine des mesures entreprises par la majorité de ces propriétaires d’entreprises (63 %).

M. Russell, qui a grandi dans une banlieue de Saint John, a quitté la province pour poursuivre ses études en Colombie-Britannique et en Ontario. C’est avec trois diplômes en poche (mais aucun n’ayant de lien avec l’exploitation d’une brasserie) qu’il est retourné au Nouveau-Brunswick pour travailler comme associé en recherche dans le domaine des soins de santé.

Se sentant sous-utilisé et impatient, il a commencé à rêver de créer sa propre microbrasserie. Il a élaboré un plan d’affaires, mais comme il n’avait aucune expérience brassicole, ce n’est qu’après être entré en contact avec M. Estabrooks qu’il a vu son plan se concrétiser. Possédant déjà de l’expérience comme maître-brasseur dans l’industrie de la bière artisanale de l’Atlantique, M. Estabrooks a pris en charge l’aspect technique de l’entreprise brassicole tandis que M. Russell en supervisait l’aspect commercial.

Pour les deux fondateurs, la gérance de l’environnement fait partie de leur engagement envers la collectivité locale. M. Estabrook est, comme M. Russell, originaire du Nouveau-Brunswick, plus précisément de la ville de Woodstock.

Foghorn Brewing Company Foghorn Brewing Company

C’est une analyse coût-avantage. Mais, pour nous, les avantages vont au-delà de l’argent.

Des mesures concrètes pour un avenir plus vert

Dès le début, les associés ont pris soin d’être aussi écologiques que possible. Tout le carton qu’ils utilisent est soigneusement recyclé. Les grains restants provenant du processus de brassage trouvent leur chemin vers des agriculteurs locaux pour nourrir le bétail, les porcs et les poulets.

Les deux fondateurs sont fiers de ce qu’ils ont accompli, mais M. Russell s’empresse de souligner que la brasserie Foghorn a encore beaucoup à faire avant de devenir une installation à énergie zéro.

«Ce sont là des petits gestes que probablement toutes les personnes peuvent faire, mais qu’elles ne font pas nécessairement», affirme M. Russell.

Une entreprise plus écologique grâce à l’achat d’un bâtiment

En 2019, quand est venu le moment pour la brasserie Foghorn de déménager dans une installation de brassage plus grande, ce qui a été rendu possible grâce à un prêt de BDC, M. Russell et M. Estabrooks voulaient faire plus.

Comme ils étaient locataires de leur première brasserie, les changements qu’ils pouvaient apporter étaient limités. Or, ils étaient maintenant propriétaires de leur propre espace; ils ont donc modernisé l’éclairage, abandonnant les tubes fluorescents en faveur de DEL, ont installé trois thermopompes pour réguler la température et ont ajouté un échangeur thermique pour améliorer l’efficacité de leur cuve à eau froide, réduisant ainsi l’énergie nécessaire à son fonctionnement. Ils ont également installé leur propre fosse septique pour traiter les eaux usées provenant du processus de brassage.

C’est dans l'énergie solaire qu’ils ont fait le plus gros investissement. La brasserie Foghorn a travaillé avec The Smart Energy Company pour installer un ensemble de panneaux solaires au sol, ce qui a nécessité environ trois semaines.

Spécialement conçus pour les vents violents du Nouveau-Brunswick, ces panneaux solaires résistent à des conditions météorologiques qui mettraient en pièces d’autres installations solaires. Contrairement à d’autres installations solaires au sol qui utilisent des capteurs et des moteurs complexes pour faire pivoter les panneaux, cette installation ne comporte aucune pièce mobile. Les panneaux utilisent à la fois la lumière directe du soleil et la lumière qui se réfléchit sur le sol pour générer de l'énergie. Leur construction en acier épais et très résistant les protège également de l’air salin corrosif provenant de l’Atlantique.

Placée contre l’un des murs de leur bâtiment, l’installation solaire est rapidement devenue une partie intégrante du paysage industriel. M. Russell explique que la plupart des jours, il la remarque à peine.

«Ce n’est qu’un truc gigantesque au côté duquel vous passez en voiture le matin», dit-il en riant.

Bien que ces changements apportés à l’équipement n’aient pas été bon marché, la brasserie Foghorn a maintenu le prix de ses bières. L’étude sur l’environnement réalisée en 2021 par BDC révèle que 41 % des entrepreneurs absorbaient le coût de leurs efforts en matière de durabilité.

Un regard vers l’avenir

M. Russell déborde d’idées pour rendre la brasserie Foghorn encore plus écologique.

Un de ses rêves est d’installer un système de récupération de CO2. Les grandes brasseries disposent de systèmes de plusieurs millions de dollars qui captent le CO2 produit pendant le processus de fermentation, liquéfient le gaz, puis le réinjectent dans la bière pour lui donner ses bulles et sa mousse caractéristiques. Les microbrasseries comme Foghorn ont plutôt tendance à libérer le gaz de fermentation et à acheter des réservoirs de dioxyde de carbone, ce qui génère une empreinte écologique plus importante.

En attendant que ces systèmes puissent être installés dans les petites brasseries, M. Russell et M. Estabrooks se contentent volontiers d’une énergie plus renouvelable.

Pour brasser de la bière, il est nécessaire de moudre des grains, de faire bouillir du liquide, de le refroidir, puis de l’entreposer. Même pour une microbrasserie comme Foghorn, le processus nécessite beaucoup d’énergie. Il faudra 18 ans pour rentabiliser les panneaux solaires, car l’électricité que ceux-ci produisent ne suffit pas à la consommation de base de la brasserie.

Si l’argent n’était pas un obstacle, les deux entrepreneurs installeraient suffisamment de panneaux solaires pour compenser largement toute l’énergie qu’ils utilisent.

Mais pour l’instant, la crise de la COVID a mis un frein à tout plan de rénovation ambitieux. En effet, la perte des ventes de bière par l’entremise d’établissements autorisés, comme les bars et les restaurants (y compris le bar de la brasserie Foghorn), pendant le confinement du Nouveau-Brunswick a réduit leurs marges de profit.

Néanmoins, M. Russell ne regrette pas leurs investissements, malgré la chute de leurs profits durant la pandémie.

«Nous voulions simplement faire notre part pour l’environnement, affirme-t-il. C’est quelque chose qui cadre avec nos valeurs et qui nous tient particulièrement à cœur.»

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