Une entreprise de recyclage de Calgary aide sa clientèle à économiser en produisant moins de déchets

Harvest Recycling veut éviter que les déchets aboutissent dans des sites d’enfouissement

Temps de lecture: 5 minutes

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Peter Olorundimu

Peter Olorundimu, Fondateur, Harvest Recycling

Peter Olorundimu travaillait comme spécialiste en informatique quand il s’est mis à être de plus en plus préoccupé par les questions environnementales.

«La quantité de déchets qui se retrouvaient dans des sites d’enfouissement, soit des tonnes et des tonnes par mois, me paraissait incroyable», raconte M. Olorundimu.

«Je ne connaissais pas grand-chose au recyclage à l’époque, mais je me suis dit que quelque chose clochait et qu’il devait y avoir une meilleure solution.»

En 2010, M. Olorundimu a lancé Harvest Recycling, une entreprise qui fonctionnait alors à temps partiel. Ses débuts ont été modestes. Il travaillait seul avec un camion, le soir et la fin de semaine, tout en occupant un emploi à temps plein dans le secteur informatique.

«Je m’occupais des ventes, de l’exploitation et de la comptabilité, de tout en fait, se rappelle-t-il en riant. Il n’y avait que moi.»

Trois ans plus tard, il quittait son emploi de jour pour se consacrer à son entreprise de recyclage. Au fil des ans, son entreprise a pris de l’expansion. Elle compte maintenant sept employés à temps plein.

«Depuis que je me suis mis à travailler à temps plein, je n’ai jamais reculé», dit-il fièrement.

On peut éviter que beaucoup de matériaux aboutissent dans des sites d’enfouissement. C’est bon pour l’environnement, et cela permet aux entreprises d’économiser.

Réduire le nombre de déchets envoyés dans des sites d’enfouissement

«Nous récupérons toutes sortes de déchets chez différentes entreprises clientes, puis nous les apportons au bon endroit afin qu’ils soient éliminés de façon appropriée», explique M. Olorundimu.

Il explique à ses client.es potentiel.les que quelques simples changements suffiraient à améliorer leurs résultats financiers. Il compte 7-Eleven, Starbucks Coffee et Tim Hortons dans sa clientèle.

«En apportant des changements mineurs, par exemple en installant des bacs de recyclage pour les matières plastiques, on peut souvent éviter que beaucoup de matières aboutissent dans des sites d’enfouissement. C’est bon pour l’environnement, et cela permet aux entreprises d’économiser», ajoute-t-il.

«Nous tirons beaucoup de fierté de ce que nous faisons pour réduire la quantité de déchets qui aboutissent dans des sites d’enfouissement.»

Le parcours vers le recyclage

M. Olorundimu est né au Nigeria. Il est venu au Canada pour aller à l’université. En 1999, il a obtenu un diplôme en administration des affaires comprenant une majeure en informatique.

«Après avoir terminé mes études universitaires, j’ai travaillé pour des entreprises comme HP et Dell. J’ai également travaillé pour certaines entreprises de gestion immobilière, et c’est là que j’ai découvert qu’il y avait beaucoup de déchets», explique M. Olorundimu.

«Beaucoup de matières sont recyclables, comme les déchets plastiques et métalliques. Les usines de transformation des aliments et les restaurants produisent souvent beaucoup de déchets alimentaires. Il suffit de petits changements pour réduire la quantité de déchets envoyés dans des sites d’enfouissement. Dans les restaurants, je trouve environ 65 % de déchets alimentaires et 15 % de matières recyclables. Donc, seulement environ 20 % des déchets sont du type qui doit être envoyé dans des sites d’enfouissement. Nous aidons les gens à envisager leurs déchets différemment», dit-il.

Peter Olorundimu, Fondateur, Harvest Recycling

Aider les entreprises à réduire la quantité de déchets

M. Olorundimu pense que les gens sont parfois réticents à recycler leurs déchets parce qu’ils croient qu’il serait trop long de les trier.

«Dans la plupart des cas, j’ai l’impression que les entreprises pensent qu’il serait plus coûteux et plus long de récupérer leurs déchets et de les recycler. Elles pensent qu’il est plus facile de tout jeter à la poubelle et d’envoyer le tout dans un site d’enfouissement. Mais nous avons fait beaucoup de recherches pour trouver des méthodes de récupération simples et efficaces qui facilitent le tri des déchets», dit-il.

M. Olorundimu affirme que souvent, lorsque les entreprises voient ce que peut faire Harvest Recyling, elles sont ouvertes à ses idées.

«Nous avons un programme destiné particulièrement aux restaurants, et lorsque nous allons dans un restaurant montrer comment il fonctionne, on nous répond souvent “Vraiment? Et c’est tout?”»

Obtenir de l’aide de BDC

Bien qu’il soit diplômé en administration des affaires, M. Olorundimu a découvert que l’un de ses plus grands défis était le marketing. Comme il le dit: «Même si j’avais les connaissances de base nécessaires, on ne peut pas dire que je suis un expert en marketing.»

Il a entendu parler de la Banque de développement du Canada par d’autres entrepreneur.es.

«Je me suis dit “Pourquoi ne pas faire affaire avec une organisation qui aide tant les petites entreprises?” Cette banque est manifestement de mon côté», dit-il.

M. Olorundimu affirme que sa collaboration avec BDC Services-conseils l’a aidé à élaborer des stratégies de marketing numérique, à augmenter le nombre de visites de son site Web et à faire de la publicité en ligne.

«Les membres de l’équipe nous ont donné des idées sur la façon de procéder et des documents pratiques qui nous ont aidés à intensifier nos activités de marketing», se souvient-il.

Cela l’a aidé à offrir des services supplémentaires à ses client.es. L’accent demeure sur la réduction de la quantité de déchets envoyés dans des sites d’enfouissement, mais maintenant, M. Olorundimu offre également aux entreprises des services-conseils sur la gestion optimale des déchets. En plus du recyclage, les entreprises peuvent également composter leurs déchets organiques.

«Nous voulons avoir plus d’impact que si nous nous contentions de la collecte des déchets», explique-t-il.

S’adapter à la pandémie

Le début de la pandémie de COVID-19 a ralenti les activités de Harvest Recycling.

«Les activités de notre entreprise ont chuté d’environ 50 %», indique M. Olorundimu.

À ce moment, il craignait de devoir mettre à pied ses employé.es, mais il a fini par trouver une autre solution. Les membres de son équipe ont tous et toutes conservé leur emploi, mais leur nombre d’heures de travail et leur salaire hebdomadaire ont diminué.

«La situation se rétablit lentement. Nous avons dû improviser et repenser nos activités.»

Au fil du temps, la plupart des gens se rendent compte de la valeur qu’apportent les mesures écologiques et la mise en place d’un programme de recyclage.

Peter Olorundimu, Fondateur, Harvest Recycling

L’avenir de Harvest Recycling

M. Olorundimu affirme avoir constaté un changement d’attitude depuis le lancement de Harvest Recycling. Certaines des entreprises clientes ont ressenti le poids des pressions des consommateurs et consommatrices, qui ont de plus en plus d’intérêt pour les solutions écologiques.

L’adoption de mesures écologiques aide aussi les entreprises de sa clientèle à croître.

«Au fil du temps, la plupart des gens se rendent compte de la valeur qu’apportent les mesures écologiques et la mise en place d’un programme de recyclage. Si vous recyclez plus, vous produirez moins de déchets, ce qui vous fera économiser de l’argent.»

La prochaine étape du développement de son entreprise consiste à établir des franchises. M. Olorundimu se fixe comme objectif de lancer et d’exploiter trois franchises de Harvest Recycling en Alberta d’ici la fin de 2023. L’étape suivante consistera à étendre ses activités à d’autres provinces de l’Ouest canadien. D’ici cinq ans, il voudrait avoir des franchises dans les plus grandes villes canadiennes.

M. Olorundimu et son épouse ont deux fils âgés de 6 et 12 ans. Il dit être reconnaissant de leur soutien et de leur compréhension, et il pense à l’avenir pour ses fils.

«Lorsqu’on évite que des déchets aboutissent dans des sites d’enfouissement, cela se voit. J’ai un impact sur les générations futures.»

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