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Mieux diriger son entreprise: comment cette entrepreneure s’y est prise pour retrouver sa passion

La designer Judith Portier a dû prendre du recul pour mieux planifier sa croissance

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Judith Portier

Les projets ne cessaient de s’accumuler sur la table à dessin de Judith Portier et ses réalisations s’enchaînaient à un rythme effréné – à un point tel que la jeune designer d’environnements ne savait plus où donner de la tête.

«La multitude de projets, et le nombre d’heures qu’on y passait, nous forçaient à maintenir une cadence de travail qui devenait insoutenable à long terme», reconnaît Judith Portier, dont l’entreprise Design par Judith Portier se spécialise dans la conception et l’aménagement de sites d’événements et de festivals, de kiosques et d’autres installations éphémères dans des lieux publics.

Mme Portier avait vu son atelier de création connaître une croissance importante depuis son lancement en 2011. Or, après plusieurs années de croissance sans arrêt, la designer montréalaise ressentait un certain essoufflement.

Au lieu de chercher des solutions elle-même, elle est plutôt allée chercher des conseils d’experts en vue d’améliorer ses compétences en gestion et de les mettre en application dans son entreprise.

Les outils pour réussir

La jeune femme d’affaires montréalaise «n’avait jamais pensé devenir entrepreneure un jour». Mais après avoir collaboré à plusieurs projets comme pigiste pour différentes agences de création, elle a naturellement commencé à avoir envie de mener à bien ses propres idées et réalisations pour des clients à elle.

Pour ce faire, elle a suivi différentes formations portant sur le lancement et la croissance d’une entreprise. «Je voulais me donner les bons outils pour me lancer dans une telle aventure», précise-t-elle.

Ces formations en entrepreneuriat ont porté leurs fruits et les contrats ont commencé à s’enchaîner.

La firme appose notamment sa signature sur des projets liés aux événements Igloofest et C2MTL, ou encore au festival de musique Osheaga, ainsi qu’à l’aménagement de boutiques-conteneurs au Jardin botanique de Montréal et à la création d’expositions temporaires pour l’Office national du film.

Elle participe aussi à la création d’un espace permettant au public de découvrir l’histoire de l’Orchestre symphonique de Montréal au moyen d’œuvres numériques ou audiovisuelles.

«Je ne voyais plus clair.»

Mais le rythme de croissance effréné de l’entreprise finit par nuire à l’efficacité de Mme Portier. «À force de dire oui à tous les projets, j’étais essoufflée, je ne voyais plus clair», explique-t-elle.

Constatant qu’il y a un monde de différence entre le rôle d’entrepreneure et celui de gestionnaire, Judith Portier s’est tournée vers BDC pour obtenir de l’aide pour faire le point sur la situation et l’avenir de l’entreprise. La Banque lui a présenté un coach d’affaires qui a travaillé avec elle pour l’aider dans son cheminement.

Ce coaching l’a d’abord amenée à travailler sur un concept aussi simple que la mission de l’entreprise. «On m’a demandé pourquoi je me levais le matin, et de me rappeler où je m’en allais, mentionne-t-elle. Des questions fondamentales auxquelles je n’avais plus le temps de penser.»

Judith Portier

Choisir des projets de plus grande valeur

Cet exercice lui permis de mieux définir ses aspirations personnelles et professionnelles afin de mieux cibler les projets sur lesquels elle souhaitait travailler. Le manque de structure l’amenait à consacrer temps, efforts et argent à des contrats qui étaient peu rentables ou ne l’étaient pas du tout.

«On travaille parfois pendant six mois sur des projets qui ne dureront que trois jours, ajoute-t-elle. Aussi bien choisir ceux qui sont plaisants, qui allument une étincelle et qui apportent une plus grande valeur, notamment envers notre engagement durable», précise Judith Portier.

Aujourd’hui, l’entreprise choisit plus particulièrement les projets qui lui permettent de valoriser ses compétences. Si elle continue toujours à rayonner dans diverses sphères d’activité, une seule raison justifie ses choix. «Nous sélectionnons des projets qui bonifient notre expertise et nous rendent plus efficaces», dit Mme Portier.

Outre le fait d’en arriver à prioriser ses projets, Mme Portier a aussi adopté un processus de planification stratégique annuelle qui lui permet de mieux définir et d’encadrer ses objectifs d’affaires. «Un horizon d’un an, c’est ce qui me convenait le mieux, mais j’ai aussi un plan d’action pour chaque semaine et chaque mois de l’année», explique-t-elle.

L’art de déléguer

Consciente qu’elle devait porter plusieurs chapeaux à la fois, la designer-entrepreneure-gestionnaire-touche-à-tout tenait aussi à délaisser son rôle opérationnel afin de consacrer plus de temps au développement de l’entreprise qui compte quatre employés.

«J’avais atteint ma capacité maximale à gérer tous les projets», souligne Mme Portier. Elle dit avoir appris l’importance de déléguer des tâches en clarifiant les rôles et responsabilités de ses employés.

Elle est aussi davantage en mesure de communiquer avec son équipe. «Avant, je n’osais pas trop partager certains aspects de l’entreprise, comme le volet financier, mais je réalise l’importance de le faire.»

Mme Portier se dit maintenant prête à amorcer un nouveau cycle de croissance. Elle vient d’ailleurs de conclure une entente de partenariat avec une firme de design de la région d’Ottawa, spécialisée dans le design d’expositions muséales. Elle souhaite du même coup élargir ses horizons géographiques en participant à des projets un peu partout au Canada et, qui sait, peut-être aussi ailleurs dans le monde.

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