Bâtir un empire d’exploitation forestière à 19 ans | BDC.ca
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Comment cette entrepreneure a créé une grande exploitation forestière à l’âge de 19 ans

En visant une exploitation forestière durable, Bar S Ventures a trouvé son créneau, s'est diversifiée et a pris de l'expansion dans un secteur volatil

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Shelley Stewart

Shelley Stewart a su dès son jeune âge qu'elle voulait être entrepreneure. En grandissant sur la réserve Douglas Lake, en Colombie-Britannique, elle a appris des meilleurs: ses parents.

«J'ai acheté mon premier camion d'exploitation forestière à 19 ans, dit-elle. Mes parents, tous deux entrepreneurs, m'ont dit que je planifiais cela depuis l'âge de huit ans. Mon père était ouvrier forestier et passait beaucoup de temps loin de la maison. Je me disais que si j'avais un camion, je pourrais passer plus de temps avec lui.»

Malheureusement, Mme Stewart, qui a maintenant 35 ans, a appris que les relations d'affaires ne sont pas toujours aussi honnêtes que dans ses rêves d'enfance.

Une semaine après le lancement de ses activités en 2004, elle a constaté qu'elle s’était fait vendre un camion en mauvais état.

Elle ajoute: «Le camion était sur le point de casser en deux, parce que les longerons de cadre du châssis étaient fissurés. Plutôt que de réparer les fissures, le concessionnaire les avait recouvertes de peinture. Mais les membres des Premières nations sont reconnus pour leur résilience. J'avais déjà des contrats et je devais rembourser mon prêt pour ce camion, alors j'ai cherché du financement pour m'acheter un deuxième camion.»

En utilisant les revenus tirés du deuxième camion pour payer les deux camions jusqu'au règlement de la poursuite en justice, Mme Stewart et son petit ami (devenu son mari depuis) ont réussi à maintenir l'entreprise à flot, mais ils ne se sont versé aucun salaire pendant presque 18 mois.

Quinze ans plus tard, Shelley Stewart est une propriétaire d'entreprise primée et figure parmi les plus gros employeurs de sa communauté. Son entreprise, Bar S Ventures, effectue maintenant des opérations forestières complètes et compte 27 employés à temps plein.

«Si vous ne demandez rien, vous êtes certain d'échouer»

Shelley Stewart explique la stabilité et la croissance de son entreprise par la gestion prudente de ses finances. «Je prépare toujours des budgets, des prévisions de flux de trésorerie et de nombreuses projections, de sorte que je sais exactement dans quoi je m'embarque si j'achète une machine ou un nouveau camion. J'étudie d'abord tous les chiffres pour déterminer combien de revenus je peux générer en mettant en service une nouvelle machine. Je surestime les dépenses et sous-estime les revenus, et je tiens toujours compte d’éventuelles dépenses diverses.»

Cette approche prudente peut contribuer à rassurer des prêteurs. En 2015, Mme Stewart a obtenu un prêt de fonds de roulement des Services bancaires aux Autochtones de BDC pour se procurer 14 nouvelles pièces d'équipement, dont des débusqueuses, des abatteuses-groupeuses et des ébrancheuses-tronçonneuses. «Il peut être très difficile d'obtenir du financement, surtout si on est un jeune entrepreneur. Mais il faut être prêt à en faire la demande. Si vous ne demandez rien, vous êtes certain d’échouer.»

Connaissez votre secteur

Shelley Stewart admet que même la meilleure comptabilité ne peut pas toujours nous préparer aux coups durs dans le secteur. Mais il y a des choses qu'on peut faire pour maîtriser le destin de son entreprise.

«L'exploitation forestière est un secteur très cyclique. Avec ses hauts et ses bas, il est plutôt volatil.»

Les droits de coupe, les fermetures de scieries et l'incertitude provoquée par la négociation du nouveau traité commercial nord-américain ont mis de la pression sur Bar S Ventures.

Mais Mme Stewart a surmonté ces obstacles en négociant rigoureusement les contrats de son entreprise.

«Je fixe toujours une condition: notre entreprise doit détenir le contrat d'exploitation forestière en entier. J'ai les machines pour couper, débarder, charger et transporter les arbres, et j'ai l'équipement pour déplacer ces machines. J'ai même mon propre équipement pour ouvrir des voies d'accès.»

Shelley Stewart

Gardiens de la terre

«Je suis une fière Okanagane, dit Mme Stewart. Nous nous voyons comme les gardiens de la terre et de la forêt. C'est notre mission. Mon entreprise se démarque par son utilisation de la fibre. Quand nous regardons un arbre, nous tenons compte de toutes ses parties pour le marché.»

Habituellement, les scieries achètent les rondins, mais la plus grande partie des arbres finit sur un tas de déchets pour être brûlée.

«En plus de la bille de sciage, nous voyons les pièces hors format et les grumes de déroulage pour le contreplaqué, et la cime peut être transformée en pulpe, en poteaux ainsi qu'en planches et en échalas pour clôtures. En utilisant chaque partie de l'arbre, nous diversifions nos marchés et évitons le gaspillage, ce qui réduit l'empreinte carbone de notre exploitation.»

Bar S Venture protège également des arbres tricentenaires et maintient, près des voies d'eau, des zones sans machines ni coupes qui excèdent les normes sectorielles.

Les trois leçons de Shelley Stewart

1. Soyez prêt à travailler

«Vous devez être là pour votre entreprise 24 heures sur 24, sept jours sur sept. C'est votre réputation, votre nom, vos valeurs... pas question de vous déclarer malade.»

Elle confie qu'il est difficile de suivre un horaire et que les choses changent souvent rapidement. «Si personne ne m'appelle à 6 h pour me dire qu'on a un problème, ce n’est pas normal!»

2. Trouvez des façons créatives d'obtenir un financement

Shelley Stewart affirme que beaucoup d'entrepreneurs échouent parce qu'ils ne veulent pas demander d'argent. Elle consacre beaucoup de temps à la recherche de subventions, certaines propres au secteur, d'autres réservées aux femmes et aux entrepreneurs autochtones.

«Souvent, les gens ont peur de demander des fonds. Mais il faut utiliser ces types de programmes de prêt et de financement, parce que leurs administrateurs doivent démontrer qu'il y a une demande pour cela.»

3. Faites preuve de résilience

Shelley Stewart a connu son lot de revers, qu'il s'agisse de son premier camion défectueux ou d’une pièce d’équipement perdue en raison d’un incendie. Mais elle reste concentrée sur la recherche de solutions et la vision de son entreprise.

«Quand une de mes abatteuses-groupeuses a brûlé, j'ai appelé un concessionnaire dès le lendemain et je lui ai dit: “J'ai besoin d'une nouvelle machine. Je peux l'acheter ou la louer. Je réglerai plus tard les questions d'assurance. ” Si je ne peux pas couper des arbres, c'est toute mon exploitation qui est interrompue, et cela nuit autant à mes employés qu'à mes revenus.»

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